‹ Complément de l'histoire des Beni-Zeiyan, rois de Tlemcen, ouvrage du cheikh Mohammed Abd'al-Djalil al-TenessyChapitre 7 sur 90 · RÈGNE U*ABOU-YAHIA YAGHHM0H4GEN · texte numérisé non relu

RÈGNE U*ABOU-YAHIA YAGHHM0H4GEN

même aucune part à la conspiration. « Mais, ajoute le même historien. Dieu seul sait ce qui en est (1) ». Le savant traducteur, M. le baron de Slane, fait remarquer dans une note que le texte arabe de ce chapitre est mal rédigé et que Ton a de la peine à comprendre ce que Tau* teur a voulu dire. Afin de répandre quelque jour sur l'événement dont il est ici question, nous allons transcrire le récit que nous en donne le frère d'Ibn-Khaldoun. «Le prince dos Musulmans, dit Âbou-ZacariaYahia, avait pris à son service, parmi les troupes chrétiennes qui avaient fait partie de l'armée almohade, un escadron composé de deux mille cavaliers. Or, un jour de mercredi 25* de rebie second de Tannée 652, il passa en revue toutes les troupes de son armée sur la place Almoniah^ en dehors des remparts de la capitale . Les chrétiens le trahirent lorsqu'il vint à passer près de leur arrière-garde et ils mas« sacrèrent son frère Mohammed ; puis le chef de leurs officiers, saisissant le roi par le corps, le serra contre ses bras ; mais celui-ci, plus fort que son adversaire, parvint, grâce à Dieu, à se débarrasser de ses mains et se mit à crier au secours. Alors les gens de sa nation tirant les épées de leurs fourreaux massacrèrent tous les chrétiens jusqu'au dernier, en sorte que. de toute cette troupe de scélérats il ne survécut pas œil qui voit. Telle est, ajoute Thistoire, la raison pour laquelle jusqu'à ce jour les descendants d'Yaghrmorâcen s'abstiennent de prendre à leur solde des troupes chrétiennes ».

Ce récit place le massacre du frère d'Yaghrmorâcen avant l'attentat commis contre le roi, ce qui est conforme à la disposition du texte arabe d'Abd-el-Rahman Ibn-Khaldoun. Je suis donc porté à croire qu'il n'y a rien à changer à ce texte, ni à déplacer dans la traduc-

(1) Histoire des Berbères ^ tome in> p^ 354 de la traductiooi et tome II, p. 119 du texte arabe.

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tioiiy comme a jugé à propos de le faire M. le baron de Slane. Du reste^ en comparant les deux récits, on voit aussi qu'ils ne sont point d'accord sur la manière dont s'accomplit l'attentat en question. N'ayant pas à notre disposition d'autre tes:te que celui de nos deux historiens, il nous est impossible de contrôler leur récit pour décider quel est celui des deux qui s'est le plus rapproché de la vérité dans l'exposé du fait particulier dont il s'agit (1).

(1) Parmi les ouvrages qui auraient pu éclairer notre critique nous regrettons surtout la perte des opuscules d'un savant Tlemcénien qui avait beaucoup écrit sur Thistoire des premiers rois de la dynastie d'Yaghrmoràcen, comme nous l'apprend Yahia Ibn-Khaldoun dans son Histoire des Béni- A bd^elwady {îol. 7 r«). Il s'appelait Âbou-Abd'allah Mohammed Ibn-Hadiah el Koreischy et se disait de la postérité du célèbre conquérant de l'Afrique Okbah Ibn- Nafie el Fihry. Juriconsulte, cadhi, prédicateur, Ibn-Hadiah trouvait encore le temps de s'occuper de poésie, et il a composé dans ce genre des pièces qui sont citées avec admiration par ses contemporains. Nous donnerons plus loin la biographie do ce savant.

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