RÈGNE DES DEUX FILS D*ABOU-MOHAMMBD ABD* ALLAH
dangereuse, et commandée par des ohefs présomptueux ot fort peu au courant de la topographie de la plage barbaresque, devait échouer au grand préjudice de l'honneur du drapeau chrétien, en imprimant dans les cœurs un sentiment de terreur et de pusillanimité, qui arrêta longtemps et jusque vers le milieu de ce siècle, tout projet de conquête et de vengeance contre cet infâme repaire de corssKres et de brigands des mers.
Comme fait nécrologique se rapportant à l'histoire de la dynastie des Beni-Zeyan, nous citerons la mort d'une princesse de la famille royale, dont le nom se lit dans une épitaphe découverte en ces derniers temps dans 1« cimetière du Vieux-Château et déposée au Musée de la ville de Tlemcen. Cette princesse, qui s'appelait Aiechàh était fille du sultan Abou-Abd'AUah, fils de Mohammed Al-Thâbity. Il y est dit qu'elle était décédée le mardi 15 du mois de dhou'lhidjjah. La date de Tannée a malheu* reusement disparu sur la plaque de marbre ; mais il est à peu près sûr qu'elle so rapporte au commencement du règne de notre sultan Abou-Zeiyan, c'est-à-dire à l'année 950 ou 951 de Thégire (1544 ou 1545 de notre ère (1).
Parmi les hommes recommandables par leur savoir ou par leurs verius, qui furent témoins de ces querelles de famille, de ces compétitions suscitées par des princes qui, pour arriver, ne craignaient pas de sacrifier Thonneur et l'indépendance du royaume,d'avoir même recours au crime, si le succès des intrigues le demandait, nous citerons quelques noms, dont les biographes arabes nous ont transmis le souvenir.
1® Le premier qui so présente à nous est celui du cheikh cidi Mohammed Ibn-Yahia al-Medioûny, surnommé AbouH'Sadâty qui mourut vers Tannée 950 de Thégire (1543 de notre ère) et^fut enseveli près du
(1) Ch. Brosselard, Mémoire épigraphique et historique sur les tombeaux des émirs Beni-Zeiyan, p. 119.