‹ Complément de l'histoire des Beni-Zeiyan, rois de Tlemcen, ouvrage du cheikh Mohammed Abd'al-Djalil al-TenessyChapitre 77 sur 90 · COMPLÉMENT DE L*HISTOIRE DES BENI-ZEIYAX · texte numérisé non relu

COMPLÉMENT DE L*HISTOIRE DES BENI-ZEIYAX

tombeau du docteur cidi Mohammed Ibn-Youssouf Al- Senous8y. « C'était, dit Tauteur du Bosfan, un habile jurisconsulte, un homme vertueux et ami de Dieu. Il se distingua par des actions dignes de mémoire et par des mœurs tout à fait irréprochables. Il avait fait ses premières études auprès de son père Yahia et de Timam cidi Mohammed Ibn-Moussa al-Wadjdihaiya (1), mufti de Tlemcen et l'un de ses plus grands savants. On lui attribue un certain nombre de miracles. Ayant voué sa carrière à l'enseignement, il se mit à expliquer la Rissêlah avec les passages qui y correspondaient dans Ibn-el-Hâdjeb al-Farehy, et quand il enseignait Ibnel-Hadjeb il le comparait et l'expliquait à Taide de la Rissêlah : telle était sa méthode ; telle était aussi celle qui avait été suivie et adoptée par son maître cidi Mo* hammed Ibn-Moussa. Beaucoup de savants se formèrent à son école, entre autres son fils Mohammed Abou'l- Sadât le jeune^ le cheikh Saîd Al-Makkary el-Aly Al- Attâfy et autres qu'il serait trop long de nommer. »

2* Cidi Mohammed ben- Ahmed al-Wadjdihaiya, que Tauteur du Bostan nomme son maitre et son vénérable patron. «C'était, ajoute Ibn-Mariam, un ami de Dieu, un homme vertueux, s'acquiltant exactement des prières, des offices et des litanies, dont il s'était imposé la récitation. Sa profession était celle d'instituteur des enfants. A son écolo s'était formé plus de trente jeunes élèves. A ses prières et bénédictions se trouvait attachée une vertu miraculeuse des plus extraordinaires. Jamais infirme no le visita, qu'il ne revint guéri ; aucune affaire sérieuse ne lui était recommandée, sans qu'elle obtint de Dieu une issue favorable et satisfaisante. Ce saint homme termina sa carrière vers la fin de Tannée 950 de l'hégire

(1) Dans notre exemplaire du Bostan, ce nom est ici et ailleurs écrit et ponctué : Al-Wadjdihaïya, avec un ya final, orthographe qui permet de le prononcer aussi Al-Wadjdihaiji.

RÈGNE DES DEUX FILS d'aBOU-MOHAMMED ABD'aLLAH. 457

(1543 de J.-C), la troisième du règne du sultan Abou- Zeiyan-Âhmed. »

3* Le cheikh Mohammed Ibn-Saîd, plus connu sous le nom d'AI-Hadjj, le Pèlerin.

Ibn-Mariam, dans son dictionnaire biographique, nous donne les renseignements suivants sur la vie de ce docteur. Mohammed al- Hadjj était originaire de la vallée de la Mina(l) d'où lui venait son surnom d'Ai-Minaw}/; on lui donnait encore le nom ethnologique d'Ai-Ournîdyj parce qu'il était né dans les montagnes des Béni- Ouimîdj qui s'étendent au sud de Tlemcen. C'était un savant jurisconsulte, un homme vertueux, un saint, un éminent et célèbre Soufi, un grand contemplatif et fort avancé dans la vie spirituelle. C'est sous la direction de son oncle maternel, le cid Mohammed Ibn-el-Hadjj qu'il étudia le droit, la rhétorique, les principes fondamentaux de la religion, la logique, la grammaire et l'art poétique. « Il fut favorisé, ajoute son biographe, du don des miracles et il en opéra un certain nombre. Sa conduite fut toujours exemplaire et à l'abri de tout reproche. » Nous avons rapporté plus haut (p. 446) les paroles qu'il prononça à l'occasion de son fils qui avait été jeté dans les fers par le sultan Abou-Abd'- Allah al-Thâbity, paroles qui ne tardèrent pas à avoir leur entier accomplissement. Il s'occupa d'abord deTinstruction de son propre fils, Mohammed ibn-el-Hadjj,puis il eut pour élèves cidi Mohammed al-Adgham, cidi Ahmed-al-Abarkan (le Noir), Al-Zakoûty, le docteur Zeiyan al-Attâfy et une foule d'autres personnages distingués, qu'il serait trop long de nommer. Dans tous les actes de sa vie il se conformait scrupuleusement aux préceptes et à la tradition de Tapôtre de Dieu, très verse

(ij La Mina est une rivière qui prend sa source dans le» montagnes de Tiaret dans la province d'Oran, et va se jeter dans le Chélif, un peu à l'Est de Mostaghanem.

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dans le droit, ses décisions faisaient loi ; il était considéré comme un maître sans égal pour la lecture du livre sacré. Â toutes ces excellentes qualités il joignait le mérite de la mortification, car il restait à jeun pendant toute la journée, et il passait les nuits à veiller et à prier. Au surplus, il était souvent ravi en extase et favorisé de célestes révélations. Il mourut en 955 de Fhégire (1548 de J.-C), et fut enseveli à côté de son professeur, le cid Ahmed Ben-eMiadjj.

Tels sont les renseignements biographiques plus ou moins authentiques, que nous empruntons à Fauteur du Bost&n sur les personnages dont nous venons de ré« sumer la vie et qui ont jeté une certaine auréole de gloire sur les derniers jours d'une dynastie qui allait iB'éteindre et disparaître à jamais de la scène politique et gouvernementale de ce monde. Nous avons, selon notre habitude, traduit ces renseignements sans commentaire, laissant à chacun la liberté de les interpréter et de les comprendre comme il lui convient.

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