‹ Complément de l'histoire des Beni-Zeiyan, rois de Tlemcen, ouvrage du cheikh Mohammed Abd'al-Djalil al-TenessyChapitre 80 sur 90 · CHAPITRE XXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXII

La domination tnrqae Jusqn^à la 'conquête française.

Nous avons vu qu'après la déchéance et la fuite . du dernier roi de Tlemcen, Mouley Hassan, en 1555, le commandement supérieur de Tlemcen fut confié à un agha. Dès lors, les forts de la ville, ainsi que les principales places de Tancien royaume, furent occupés par les soldats turcs, pendant que les Espagnols restaient les maîtres de la ville d'Oran et de Mersa'l-Kébir. Les premières années qui suivirent cette conquête ne présentent aucun fait digne de mémoire; sur cette époque rhistoire garde le silence le plus complet, le plus regrettable : il nous faut aller jusqu'au règne de Mustafa Ben-Chelâghram, pacha d'Alger, pour rencontrer quelque fait se rattachant à l'histoire de Tlemcen.

En effet, en glanant chez les divers écrivains musulmans ou chrétiens qui se sont occupés de l'histoire de l'Algérie et du Maroc, nous avons pu recueillir un certain nombre de faits plus ou moins considérable et se rapportant à ces contrées.

Héritiers des traditions politiques des sultans du Maroc, les Chérifs, devenus maîtres de cet empire, prétendaient avoir des droits sur la possession de la ville et de la province do Tlemcen. Déjà une première fois, nous l'avons vu, ils avaient envahi cette contrée et occupé l'ancienne capitale des Beni-Zeiyan qu'ils n'avaient abandonné, qu'après une terrible défaite, infligée par les troupes des Turcs. Cet échec n'avait point

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abattu leur audace, ni réprimé leurs prétentions, ils n'avaient cessé d avoir les yeux tournés vers les malheureux débris d'un Etat qui leur semblait destiné à devenir la proie du conquérant le plus audacieux et le plus fort.

Profitant des troubles et des divisions qui régnaient dans le pays, encouragés d'un autre côté par les chefs des tribus arabes, ennemis éternels dos Turcs, les Marocains firent une incursion dans le beylik de Tlemcen^ sous la conduite du prince Zeidan, fils du chérif Moule'^? Ismaïl. Ils s'étaient avancés à Timproviste, pillant (^ ^ ravageant tout sur leur passage, jusque dans le voisinage du territoire des Beni-Amer, au Sud de la vill d'Oran. Ceux-ci, se voyant menacés sous leurs tentes, s réunirent et livrèrent aux envahisseurs un comba sanglant dans une localité appelée Zenboudj oUOus (l'olivier sauvage du mifieu).

L'armée du chérif essuya une défaite complète, et i ne dut lui-même son salut qu'à un fuite précipitée (liO^^ do l'hégire, 1695 de J.-C).

L'année suivante, le chérif Mouley Ismaïl, qui nourrissait toujours le projet do s'emparer de la Régences d'Alger et de venger l'honneur de ses armes, faisait lei^ préparatifs d'une nouvelle expédition, quand il reçut d^ Constantinople l'ordre de renoncer à son dessein et de^ vivre en paix avec les habitants de l'Algérie et le pachaqui gouvernait ce pays.

Eu effet, le sultan ottoman Soleyman III, dont le^ pacha d'Alger reconnaissait la suzeraineté, avait envoyé H la cour de Mouley Ismaïl une ambassade avec un firman qui contenait cette injonction. Le chérif qui nés?voulait point se brouiller avec le puissant monarque de^ rOrient, jugea à propos de se soumettre et promit d^ rester tranquille dans ses Etats.

Sur ces entrefaites, Mouley Ismaïl, ayant partagé le^ commandement de son empire entre ses enfants, avait

confié celui des provinces orientales à celui de ses Gis qui avait été battu par les Turcs Tannée précédente.

On comprend qu'il était difficile au prince Zeidan, qui se trouvait installé dans le voisinage et presque en présence de ses vainqueurs, de se contenir et de réprimer ses idées de revanche.

Malgré les recommandations de son père^ malgré la paix et Talliance qui régnaient alors entre les deux empires, celui du Maroc et celui des Tiu*cs, il se mit à faire des incursions sur le territoire des Algériens ; puis, enhardi par ses succès, il marcha sur Tlemcen même, et, s'en étant emparé, il en expulsa la garnison turque ; poursuivant son expédition, pillant et ravageant tout sur son passage, avec la ferme intention de remettre toute la province sous l'empire du Maroc, il arriva, avec ses troupes triomphantes et chargées de butin, sous les murs de Mascarah, qui était alors un poste militaire très important et la résidence d*un bey chargé de la défense de l'Ouest et du Sud de la Régence algérienne.

Dans ce moment le commandant de la place, ditThistorien arabe que nous suivons (1), était absent, occupé ailleurs par une expédition militaire. « Mouley-Zeidan, ajoute Abou-Mohammed al-Zeiyâny, ayant pénétré dans la ville, saccagea la maison du bey, pilla tout ce qui bomba sous sa main, lits, habillements, ustensiles de

(1) Abou'l-Kâsscm bcn-Ahmed al-Zeiyâny, auteur d'une histoire générale des dynasties musulmanes, qui porte le titre de Kitébo'l Tordjeman. (Manuscrit de ma collection, fol. 192 8*). -Cet écrivain, cjui avait été attaché à la cour des empereurs du Maroc, florissait ians le premier quart du présent siècle. Au moment où nous ccriwons ces lignes, nous apprenons qu'un long extrait de cet ouvrage, loiit il existe quelques rares copies en Algérie, vient de paraître avec texte et traduction par les soins d'un savant professeur à L^Ecole des langues vivantes orientales, M. O. Houdas : c'est le quinzième et dernier chapitre du Tordjeman^ qui traite de l'hisloiro de la dynastie régnante des Chérifs du Maroc.

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cuivre-, et, après avoir commis toutes sortes de dégâts, il s'en retourna.

« A la nouvelle de cette hardie et hostile incursion, le sultan, son vieux père, se mit en colère contre lui, puis il lui ôta le gouvernement de l'Est, dans la crainte de rompre la paix qu'il avait promise au sultan Soleyman, quand celui-ci lui avait écrit à ce sujet. » Ceci se passait en 1110 de Thégire (1699 de notre ère).

Cet acte de ménagement, de modération et même de bonne politique, qui semblait devoir contribuer au niaintien de la paix jurée et des bons rapports entre les deux Etats^ ne servit de rien, car Tannée suivante (il il de rhégire = 1700 de notre ère), les Turcs se mirent en campagne contre les Marocains et une armée formidable commandée par lebeymême, Mustafabou-Chelughram, dont la maison avait été saccagée et pillée, partit d'Alger, se dirigeant vers l'Ouest. Le but de cette prise d'armes, de cette campagne qui s'ouvrait si inopinément, ne pouvait échapper à la perspicacité, à l'intelligence du vieux sultan de Maroc ; sans hésiter il se mit à la tête de ses troupes, marcha à la rencontre des Turcs, les mit en pleine déroute, et reprit triomphant laroute de son royaume. « Malheureusement, dit l'auteur arabe que nous citons, le sultan perdit beaucoup de monde en route; un grand nombre de soldats moururent de soif, entre autres une quarantaine d'hommes do la ville de Fez (1).» Mouley Ismaïl fut même sur le point d'être pris ou tué dansle combat, il laissa sa lance au pouvoir des ennemis, et ne dut son salut qu'à la vigueur de son cheval (2).

Le nom de Mouley Ismaïl fit, à cette époque, en France, assez de bruit, pour nous permettre de dire ici un mot du caractère et des mœurs de ce prince, qui

(1) Al'Tordjeman, fol, 191 v^.

(2) R. Thomassy, Des relations politiques ci commerciales de la France avec le Maroc, Paris, 1842, p. 90,

mourut le 22 mars 1727, aprèç un règne de quarantesix ans. Habile politique, actif, bon guerrier, il a terni réclat de son règne par de nombreux actes de cruauté. Après une bataille, où il demeura vainqueur, il envoya dix mille têtes à Maroc et à Fez pour y être attachées aux murs en guise de trophées. Une autre fois il fit mourir dans d'affreux tourments un de ses principaux ministres, accusedeprevarication.il se plaisait à faire combattre des criminels avec des lions quHl tenait renfermés dans un parc ; il présida lui-même au supplice de Tun de ses fils qui avait pris les armes contre lui : après lui avoir fait couper le poignet droit, il trancha lui->même la tète au bourreau, qui avait exécuté ses ordres. On l'accuse aussi d'avoir fait étouffer un autre de ses fils, le prince Zeidan, entre deux matelas. Il avait dans les prisons de ses Etats vingt-cinq mille esclaves chrétiens et trente mille criminels condamnés aux travaux forcés.

Doué d'un tempérament ardent et insatiable, il entretenait dans son harem un nombre considérable de femmes et de concubines, qui lui donnèrent cinq cent vingthuit garçons et autant de filles (1).

Il existe encore aujourd'hui dans le Tafileltt une tribu entière composée des descendants de Mouley-lsmaïl. Mais ce quia surtout rendu son nom fameux en France, c'est la demande en mariage qu'il fit faire par son ambassadeur à Paris, cidi Abd'Âllah ben-Eissa, de la princesse de Conti, proposition qui ne reçut aucune réponse de la part du roi Louis XIV, mais dont le ridicule ne manqua point d'être relevé par les courtisans et par les poètes de l'époque (2).

L'expédition que nous venons de mentionner avait été pour les troupes marocaines un désastre plutôt

(i) Al'Tordjeman, fol. 193 v»

(2) Le duc de Nevers, J.-B. Rousseau, Perijyny, auteurs cités par M. Perd. Hocfer dans VUnivers pittoresque. Empire du 3/aroc, pag. 362, notes 1 et 2.

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qu'une entreprise brillante et fructueuse ; elle ôta pour longtemps^ sinon pour toujours, Tenvie aux Chérifs de franchir les frontières de leur empire pour aller attaquer leurs voisins, les vassaux du sultan de Constantinople, et revendiquer, les armes à la main, leurs prétendus droits sur la ville et le territoire de Tlemcen. Cette ville se trouva dès lors tranquille et à Tabri de toute attaque du côté de TOuest; mais elle souffrait beaucoup de la domination des Turcs, et leur présence était considérée par elle comme le pire des malheurs. C'est dans cette disposition des esprits^ qu'en 1139 de Thégire (1738 de J.-C.) les Hadars, ou habitants arabes de Tlemcen, s'étant coalisés avec les Koroughlis, levèrent hardiment rétendard de la révolte, chassèrent le caïd turc et se déclarèrent libres et indépendants (1).

Les Tlemcéniens jouirent pendant quelques années des avantages périlleux de leur autonomie sous les auspices d'un gouvernement de leur choix ; mais isolés dans leur révolte et sans appui du côté de l'étranger, ils ne tardèrent pas à s'attirer sur les bras les armos de leurs anciens et redoutables maîtres, les Turcs d'Alger. Othman, boy de Mascarah, venait de pacifier la province doTOuest on la débarrassant des désordres et des brigandages causés par la turbulente tribu des MohnU; pour mettre la dernière main à son œuvre, il ne lui ros« tait plus qu'à faire rentrer Tlemcen dans le devoir et à la soumettre à son autorité.

Ayant donc réuni autour de lui ses Turcs et les contingents fournis par les tribus arabes de son beylik, il marcha contre la ville rebelle. Après quelques jours do siège et de terribles attaques, il pénétra dans la place

(1) C'est à ccKc époque <|uo le Lcy de Mascarah, Yousscf, fils de liou-Chelaghrain, alla chercher à Tlemcen un refuge contre les intrijj^es et les embûches do son khalifah, Mohhy cUdyn al-Maseràty. II ne survécut pas bien longtemps à sa fuite, car il mourut bientôt après de la peste.

qu'il livra au pillage et, s'étant emparé du oaïd, que les habitants de la ville avaient élu pour les commander (1), il renvoya prisonnier à Alger, où il fut écorché vivant par les soldats de VOudjak^ indignés qu'un prétendant eût osé se mettre à la tête d'une population soulevée contre leur autorité.

Cette expédition aussi rapide que bien conduite avait forcément amené la soumission des habitants de Tlem« cen et rétabli sur euxTautorité turque, mais elle n'avait pas suffi pour obtenir la soumission des esprits et leur faire accepter définitivement le joug de la domination étrangère : on sait, du reste, et l'histoire en témoigne à chaque page, que le fond du caractère des Tlemcéniens est d'être impatient et turbulent. Ces tendances malvoil-^ lantes, cette haine sourde que Ton nourrissait contre les Turcs, éclatèrent dans l'événement que nous allons raconter, et se personnifièrent dans un saint marabout, qui habitait le village de Aïn-ef-Houf, dans le voisinage de Tlemcen. Cidi Mohammed ben Aly al-Edrissy, tel était son nom, prétendait descendre du célèbre fondateur de la dynastie des Edrissites.qui avaient régné à Fez. Il se disait chérif, c'est-à-dire noble et issu du prophète des Arabes ; il faisait profession de soufisme et il était, en cette qualité, affilié à la secte des Derkàouah^ qui se piquent de suivre à la lettre les préceptes de TAlkoran, de renoncer aux plaisirs de ce monde, et de vivre dans la tempérance et la plus extrême pauvreté (2).

(1) Les historiens nousdonnentlenomdo ce gouverneur; il s'appelait Redjem AL'Dedjàoui, c'est-à-dire originaire de la ville de Bougie. Quant au bey Othman, il mourut à Mascarah en 1183 de Vhégire (i780de J.-C), après un commandement de 19 ans.

(2) Les Derkâouah reconnaissent pour fondateur ou patriarche de leur secte, un marabout du nom de cidi Al-Arby ben- Ahmed al- Derkâouyi, natif de Derka, village situé dans le voisinage de Fez. Il florissait dans cette ville vers le milieu du XI* siècle de l'hégire, et s'y était fait une gronde réputation de science et de sainteté.

500 COMPLÉMENT DE L'hISTOIRB DBS BENI-ZBIYAN.

Cidi Mohammed ben-Âly al-Edrissy jouissait d'un grand orédit auprès des Arabes qui habitaient dans le voisinage de Tlemcen ; ils se réunissaient en foule auprès de lui et il ne cessait de leur prêcher la haine contre les Turcs, de leur annoncer la fin prochaine delà domination de ces barbares, et du fond de sa retraite il jetait le trouble et le désordre parmi les populations arabes naturellement ennemies des Turcs. Une foule de fanatiques dociles à sa voix s'étaient rassemblés autour de lui à Aïn-el-Hout, et menaçaient d'envahir la ville dans laquelle il comptait, du reste , un grand nombre de partisans et d'admirateurs.

Le bey de Mascarah, Hadjy-Khalil, voulant couper court à ces symptômes de révolte, se mit à la tête d^un corps de troupes assez considérable et se dirigea vers Tlemcen. Il campait sous les murs de cette ville, quand un orage épouvantable, accompagné d'une pluie de pierres, disent les traditions populaires, se dcchaina contre le camp des Turcs, renversa la tente du bey et le fit périr avec plusieurs de ses officiers (1195 de l'hégire = 1781 de notre ère).

Le khalifah ou Ueutenant du bey prit aussitôt le commandement de l'expédition, mais effrayé par ce désastre que Ton attribuait à la puissante intervention du

Ses partisans sont aujourd'hui très répandus dans l'Algérie et dans les contrées voisines ; ils forment une sorte de confrérie ou plutôt de franc-maçonnerie fort dangereuse, ennemie de la domination française y et que notre gouvernement a le plus grand intérêt à surveiller. M. Ch. Brosselard a décrit Thistoire et rorigine de cette secte dans son excellent ouvrage intitulé : Les Khouans. Il y a dans la collection de mes manuscrits arabes un volume intitulé : Chauro'l-Taouyah fy'Medhebi'USoufiyah, quintescence de l'esprit qui régne dans la secte des Soulis d'après les maximes du chérif Al-Arby Ibn- Ahmed el-Derkâouyi, par Abou'l-Hassan cidy Aly, fils de cidy Abd'el-Rahman el-hassany el-Amrâny mort à Fez enii92 de l'hégire (1778de J.-C). C'est un 8" de 1^7 feuilles, d'une écriture maghrébine assez élégante, et copié dans cette ville en 1244 (1828).

saint maraboutjOU plutôt désespérant de pouvoir lutter avec avantage contre le fanatisme ardent des populations qui voyaient dans cet événement une punition infligée par le ciel et un fait extraordinaire dû aux prières d'un saint vénéré, prit le sage parti de se réconcilier avec lui, en lui rendant hommage : étant allé le trouver dans sa solitude, il lui offrit une forte somme d'argent et le combla de présents, aimant mieux acheter la paix à ce prix que de chercher à l'obtenir par la voie toujours dangereuse des armes. Croyant avoir ainsi calmé les esprits et éteint^ du moins pour le moment, l'enthousiasme de notre marabout, il quitta le pays et s'en retourna au chef-lieu de son commandement. Cet événement, qui fut considéré comme miraculeux, ne contribua pas peu à accroître le crédit et la réputation de cidi Mohammed ben-Âly al-Edrissy ; dès lors sa maison d'Ain el-Hout obtint toute sorte de privilèges et d'immunités, tels que le droit d'asile inviolable et celui de prélever sur les pèlerins et les Arabes des environs les tributs de la visite [al-ziàr&h) et de la prière {Aldhikr). La famille de ce marabout s'est perpétuée depuis dans les environs de Tlemcen ; elle avait encore des représentants à Aïn el-Hout, lorsque toute la province de l'Ouest de l'Algérie tomba sous le pouvoir de nos armes (1).

Après avoir évité, comme nous venons de le raconter, les maux de la guerre, les habitants de Tlemcen ne purent échapper à deux fléaux non moins redoutables, la peste, qui en 1786 ravagea le Nord de l'Afrique depuis Alexandrie jusqu'au Maroc, et la famine qui sévit, en particulier, à Alger et dans toute la partie occidentale de la Régence. Ajoutez à ces horribles fléaux un tremblement de terre, qui fit de la ville d'Oran un amas

(!) Walsîn Esterhazy, De la domination turque sur Vancîenne Régence d*Alger. Paris, 1840, p. 188 et 18U.

502 COMPLÉMENT DB L'HISTOIRB DES BENI-ZBITAN.

de ruines, se fît sentir jusqu'à Tiemcen et répandit Tépouvante même chez les Douairs et les Arabes qui campaient dans la contrée.

Sur ces entrefaites, pour achever la ruine du pays, le feu de la guerre se ralluma sous lo souffle d'un nouveau fanatique, ennemi déclaré du joug étranger. Ben-Chérif, marabout de la confrérie des Derkâoua et originaire des Oulêd Bou-Ramah, s'était acquis une grande réputation de sainteté, de savoir et de pouvoir surnaturel. Il fabriquait des Djedouel ou tableaux .talismaniques, auxquels on at« tribuait une grande eflîcacité contre toutes sortes de maladies et d'infirmités ; Ton avait aussi une confiance sans bornes dans ses prières, et de toutes parts on accourait auprès de lui pour obtenir un soulagement, une guérison ou seulement une bénédiction.

Il ne paraissait jamais en public sans être revêtu de la Khirc&hj ou froc bariolé des Soufis. Doué du reste, d'une physionomie noble et distinguée, il en relevait la beauté par la longueur majestueuse de sa barbe, par la gravité de sa voix, par la dignité, enfin, de tout son maintien, ce qui ne manquait point d'attirer sur sa personne non seulement l'attention , mais aussi la vénération de tous ceux qui rapprochaient. Pondant plusieurs années il avait habité la province d'Oran et pris une part active à la guerre que l'un de ses confrères, du nom de Ben-Arach, avait soutenu en 1222 (1808) contre les Turcs dans le bcylik de Constantine.

Ben-Chorif, étant arrivé dans la province d'Oran où son nom était très connu, se mit à prêcher l'expulsion des Turcs, invitant tous les Arabes au recouvrement de leur indépendance nationale. Il gagna à son parti un grand nombre de tribus, entre autres, les Beni-Amer et les Flitas, et il finit par se voir entouré d'un corps d'armée plein d'enthousiasme et d'ardeur et prêt à marcher résolument contre l'ennemi.

Ayant donc réuni ses forces à celles de Ben-Araoh, il leva rétendart de la révolte dans la province d'Oran, où les Beni-Amer se levèrent en masse et embrassèrent son parti.

Bientôt tout le pays se déclara en sa faveur et s'arma contre la domination étrangère : toutes les petites villes de Tintérieur reconnurent le pouvoir des deux marabouts ; Tlemcen elle-même et Mascara, le chef-lieu du boylik, s'étaient déclarées en leur faveur, et les Turcs n'avaient plus guère que les villes de la côte dans lesquelles ils se trouvaient bloqués.

Ce soulèvement général, qui semblait préluder à la chute définitive de la domination turque dans ce pays, se trouva tout à coup arrêté dans sa marche et dans sa durée par Pintelligence et Tactivité du nouveau gou<verneur d'Oran, Mohammed Mokhallès.

Ayant appris que les révoltés avaient choisi pour rendez-vous une localité appelée Souft-eZ-Hâd, (le marché du dimanche), chez les Beni-Amer, et que c'était là que s'étaient déjà rassemblés les cavaliers de cette tribu, il partit incontinent et alla leur livrer bataille. Atta* qués ainsi à Timproviste, les cavaUers des Benl-Amer ne purent résister à l'impétuosité de cette Mtaque ; plus de six têtes tombèrent sous le yatagan des soldats turcs. Les deux marabouts échappèrent au massacre par la fuite et se réfugièrent dans le Maroc avec les débris de leur armée.

Le vainqueur se rendit alors à Tlemcen qui avait abandonné le parti des rebelles, mais où la famine avait suscité la discorde et la guerre civile entre les habitants, les Koroughlis, d'une part, et les Hadars, dé l'autre. Le bey d'Oran mit fin à leurs différents en introduisant dans la ville neuf cents chameaux chargés de blé, qu'il avait fait prendre dans les silos den Beni- Amer, la tribu arabe la plus riche de la province, mais aussi la plus acharnée contre la domination turque.

504 COMPLÉMENT DE l'HISTOIRE DES BBNI-ZEIYAN.

Après avoir pacifié les esprits et rétabli Tordre dans Tlemcen, Hadjy Mohammed retourna triomphalement dans la capitale de son beylik. Quant au sort ultérieur des deux marabouts qui s'étaient mis à la tête de cette malheureuse expédition, voici les réflexions que fait à ce sujet l'historien dont nous n'avons guère fait ici qu'abréger le récit. « Ceux, dit-il, que le succès avait réunis, ne tardèrent pas à se diviser dans la disgrâce. > Retirés dans la petite ville de Têza, dans le Maroc, les deux marabouts Derkâoua devinrent d'implacables ennemis y et Ben-Cliérif Qnit par faire étrangler son ancien maître. Il se sauva après ce crime dans une autre ville du Maroc, appelée Mezirda où il épousa la fille d'un marabout appelé Bou-Terfas. Il mourut peu de temps après de la peste, a Ainsi, ajoute le même auteur, périrent misérablement ces deux hommes qui avaient été sur le point de renverser la puissance turque dans le Maghreb, et qui avaient pu rêver pour eux la domination sur ces pays (1) ».

Bou-Terfas, héritier des prétentions de son beau-père, ou désireux de venger la défaite de celui-ci, entreprit en 1227 de l'hégire (1813 de J.-C.) une autre expédition contre les Turcs; la fortune ne seconda pas davantage son audace, car il fut battu, près de Nédromah, avec tous ceux qui avaient pris part à la révolte, par le bey d'Oran, Mohammed Bou-Kabous, et refoulé honteusement chez les Beni-Snassen, ce qui lui ôta Tenvie de songer à de nouvelles tentatives (2).

L'année, où eut lieu cette expédition, a laissé un souvenir désastreux dans le pays : il y tomba une grande quantité de neige, et le froid fit périr beaucoup d'hommes et de chevaux; à Tlemcen, l'hiver fut des plus

(i) Walsin Esterhazy, De la domination turque dnna l'ancienne Régence dWlgeVy p. 208.

(2) Loco supra laudato.p. 210,

rigoureux. Cette année est désignée par les Arabes sous le nom d'Année de Bou-Terfas.

Malgré ces malheurs publics, malgré ces échecs et ces défaites essuyées par les populations indigènes, l'esprit d'indépendance et la haine contre les Turcs ne cessèrent de les animer : jusqu'à la dernière heure de la domination de ces étrangers, la tranquillité du pays fut troublée par les intrigues et les menées séditieuses des marabouts.

La conquête française, loin de calmer ces fâcheuses dispositions des esprits, ne fit que surexciter le fanatisme des Arabes, qui trouvèrent que ce n'était plus avec des coreligionnaires qu'ils avaient affaire, mais avec des étrangers infidèles et ennemis éternels de l'Âlkoran. C'estalors que, profitant des troubles causés par cette invasion inattendue, les Marocains, qui n^avaient jamais cessé d'ambitionner la possession de l'ancien royaume des Beni-Zeiyan, tentèrent de s'emparer de la ville de Tlemcen. Un petit corps d'armée commandé par un parent de Mouley Âbd'el-Rahman, sultan du Maroc, pénétra dans la province d'Oran et attaqua à l'improviste le camp français de Lella-Maghrnia (20 mai 1844). Il fut combattu et repoussé par le général de Lamoricière.

La guerre se poursuivit entre les Marocains et les Français avec des chances plus ou moins favorables des deux côtés ; elle se termina par la célèbre bataille de risly, qui couvrit le drapeau français d'une gloire impérissable et abattit pour toujours les prétentions des Chérifs sur nos possessions africaines.On sait, du reste, que la grande insurrection qui, presque au début de la conquête française, faillit en anéantir les heureux résultats^ avait été inspirée par les marabouts et soutenue au nom de la religion et de l'indépendance spirituelle de la nation arabe par les armes d'Abd'el-Kâder ; que tous SCS khalifas ou lieutenants, qui appartenaient à de gran-

506 COMPLÉNENT DE L'HISTOIBE DES BENM-ZEIYAN.

des familles de marabouts et jouissaient d'une influence considérable sur les populations, étaient affiliés à une confrérie religieuse, vraisemblablement celle des Der- MouSL qui avait à sa tête, dans la province d'Oran, un proche parent de l'émir, du nom d'Abd el-Kâder Abou- Tâleb, ce qui permettrait de croire que l'émir pouvaitêtre lui-même le chef suprême de la secte pour toute l'Algérie. Ces troubles fomentés , d'un côté, par Tambition de ce prince, de l'autre, par le fanatisme des marabouts, trouvèrent leur fin avec le règne de Témir, qui se voyant réduit à l'extrémité, fit sa soumission à la France, le 23 décembre 1847.

Pendant cette longue lutte engagée entre les partisans de l'indépendance du pays et les soutiens *de la domination française, Tlemcen n'avait pas tardé de reconnaître la loi du vainqueur : elle avait ouvert ses portes au maréchal Clauzel , qui y fit son entrée le 13 janvier 1836. Un an après (le 30 mai 1837), elle fut cédée, par suite dutraitédelaTafna,àrémir Abd'el-Kâder,qui on donna le commandement à l'un de ses khalifas, appelé Bou-Hâmody. Après la rupture de la paix entre les deux puissances, la ville de Tlemcen fut occupée de nouveau par l'armée française sous la conduite du général Bugeaud, qui y établit une garnison - permanente pour assurer la paix aux habitants et les mettre à l'abri d'un coup de main de la part de l'ennemi. En 1845, conformément au désir des maraJioutSj qui prêchaient partout la guerre sainte (Al-pjihad)^et l'extermination dos Chrétiens, Abd-el-Kâder se jôta sur la province d'Oran et vient mettre le siège devant Tlemcen. Il parvint à occuper les parties basses de la ville, mais il ne put s'emparer du Mochouar, qui était défendu par le général Cavaignac et qui résista pendant six mois à toutes les attaques ; au bout de ce temps, la place, ayant reçu des renforts venus d'Oran, obligea l'émir i\ lover le siège et à se retirer.

Ces derniers événements et une grande partie de ceux qui les précèdent, sortent évidemment du cadre que nous nous étions proposé de remplir en commençant ce travail, car ils appartiennent aux temps modernes et n'entrent point dans la période historique embrassée par Abd'el-Djalil al -Tenessy, période qui s'arrête à Tannée 868 de l'hégire (1464 de notre ère) ; maison prolongeant notre récit, en ajoutant quelques nouveaux traits à notre tableau, en transportant, en un mot, le lecteur curieux jusqu'à l'époque qui a vu notre domination définitivement établie en Algérie et le règne de la paix et de la prospérité fondé pour toujours dans les murs de l'antique et vénérable capitale des sultans Abd*el-Wadites, nous avons cru aller au devant de ses désirs, mettre sous ses yeux des faits peu connus, ou du moins venir au secours de sa mémoire, en lui rappelant un passé glorieux pour nos armes et pour le nom de la France.

CHAPITUE XXXIII.

Documents inédits sur l'histoire de Tlemcen.

Notre tâche serait ici parachevée, s'il ne nous restait à jeter un coupd'œil rétrospectif sur Tensemble du passé historique de Tlemcen, en résumant dans une sorte de table chronologique et analytiqueles faits principaux qui se rattachent à l'histoire de cette célèbre cité. Nous nous servirons, pour cela, de certains documents arabes que nous avons sous les yeux et que nous empruntons à deux écrivains qui appartiennent aux temps modernes. Le

premier, qui avait nom Abou'l-Kassem ben-Ahmed al- Zeiyâny et était originaire de Fez, connaissait parfaitement la ville de Tlemcen, car il s'y était arrêté en 1227 de rhégire (1814 de J.-C.) en allant accomplir le pèlerinage de la Mecque et y avait passé un an et six mois.

Il nous a laissé une vaste compilation sur l'histoire des dynasties musulmanes intitulée : AUTordjernàn'elmÂoreb an douaWl-maschreki ouel-maghreb^ L'interprète qui explique clairement l'histoire des dynasties de rOrient et de l'Occident (1). Cette histoire s*étend de l'établissement de l'empire de Mahomet chez les Arabes jusqu'au règne du sultan des Turcs Ahmed III et à celui de l'empereur du Maroc, Mouley Soleyman, c'est-à-dire jusqu'au milieu de l'année 1813. Le second est anonyme. Il a recueilli dans différents auteurs qu^il ne nomme point une série de notes, fruit de ses recherches et de

(1) Manuscrit de ma collection qui avait appartenu à un savant arabisant, feu M. le général Dastugue. 11 est mal lioureu sèment acéphale et offre une lacune de quelques pages vers le milieu. (Voir la note au bas de la page 495).

5tO COMPLÉMENT DE L'HISTOIIIE DES nENI^ZBlVAK.

ses lectures, sur Thistoire ancienne de Tlemcen, sur les rois qui gouvernèrent sous l'empire des Beni- Zeiyan, enfin sur les commencements de la domination turque: Ces notes sont consignées sur le dernier feuillet de l'histoire des sultans Abd'el-Wadites par Abou-Zacaria Yahia Ibn-Khaldoun, manuscrit arabe de la Bibliothèque d'Alger, dont je possède une copie.

Elles sont très courtes, embrouillées et remplies d'erreurs de chiffres, erreurs qui sont dues, sans doute, à la négligence des copistes ; malgré ces défauts elles fournissent surtout sur les premières années de la conquête turque des indications qu'il serait difficile do trouver ailleurs. Dans leur ensemble, elles sont comme un appendice obligé de l'histoire des Beni-Zeiyan ; on peut les considérer comme présentant un grand tableau qui embrasse dans toute son étendue l'histoire de Tlemcen depuis les temps les plus reculés jusqu'au berceau de la domination turque : c'est à ce titre que nous n'hésitons point à les reproduire à la fin de notre travail ; mais auparavant il convient de faire connaître la situation qu'occupait dans le Nord do l'Afrique Tlemcen avant l'avènement des Beni-Abd'el-Wadau trône, et, par suite, son élévation au rang de capitale du Maghreb-Moyon : il nous suffira, pour cela, de consulter les anciens géographes qui ont parlé de rAfrique. Parmi les plus autorisés et les plus anciens nous citerons le célèbre Abou- Obeid al-Bekry, qui écrivait vers le milieu du V* siècle de l'hégire, et qui nous donne une description assez détaillée de la ville de Tlemcen dans son grand ouvrage connu sous le titre d'Al-messâleh ouel-meviâlehy les Routes et les Royaumes (1). Voici le passage qui nous intéresse et que je traduis de l'arabe :

(i) Nous avons cité ailleurs les paroles d'uu géographe beaucoup plus ancien, savoir Ibn-llaukal, (jui écrivait entre les années 334 (9'r2) et3GG (*J77J. V. Tlemcen, ajiciemic capitale du royaume de ce nom y etc., p. 173.

DOCUMENTS iKÉDItS SLR L^HlStOIRE DB TLEMGËN. 511

« Tlomcen, dit-il, est une ville entourée de remparts et sise au pied d'une montagne qui est complantée on noyers. Elle a cinq portes, dont trois regardent le Midi, savoir : la porte des Bains, la porte Wahab et la porte de la ruelle (Al-Khaukhah). Du côté du Levant, il y a la porte de la Montée (Al-Akabah)^ et du côté du Couchant la porte qui porte le nom d'Abou-Korrah (1). Elle renferme des monuments fort anciens et qui sont Tceuvre de ses premiers habitants. On y voit aussi encore de nos jours des Chrétiens qui ont survécu à la ruine de leur domination dans le pays, et qui possèdent une église habitée et fréquentée par eux. Dans les monuments en question on découvre très souvent des trésors et des objets précieux. Les anciens habitants y avaient amené l'eau de plusieurs sources d'un endroit appelé Lourit qui est situé à la distance de six milles de la ville (2).

<c Tlemcen est aujourd'hui la capitale du Maghreb- Central. Elle a de grandes rues, des mosquées en grand nombre, entre autres une mosquée cathédrale {Djâmie)^ des arbres de toute espèce, des rivières qui font tourner des mouhns, entre autres le Satfécif. C'est le siège de l'empire des Zénètes, le centre des tribus berbères , le rendez - vous des commerçants de tous les pays du monde... Tlemcen n'a jamais cessé de produire des savants et des traditionnistes. On y professe généralement la secte du docteur Mâlek ben-Anas.

(c Au midi de la ville s'élève Kalaat Ibn el^Djàhel : qui est une place forte et bien défendue ; son territoire abonde en fruits et se trouve arrosé par des courants

(i) Abou-Korralî, chef de la tribu des Beni-Ifren, qui habitaient le territoire de Tlemcen, régna dans cette ville une quarantaine d'années. Il combattit pour Tindépendance nationale contre les :2onquérants arabes auxquels il livra plusieurs batailles sanglantes. 1 1 vivait sous le règne du khalife abbasside -Abou-Djâafar Al- Vlausor (754-775).

(2) Ce nom semble dérivé du latin Laurelum, lieu planté de 1 auriers.

d'eau. Elle touche à la montagne de Terni (1), laquelle avec ses dépendances forme une région montagneuse fort peuplée et qui s'étend vers le Midi jusqu'à la ville de Tizil (2), sur la frontière du désert. C'est de là que Ton se rend à la ville de Sidjilmessa (3), à Ârgalou (4) et à Alkalaah (5), qui est une cité fort peuplée, où Ton voit des monuments des siècles passés, et une mosquée. Au Nord de Tlemcen il y a un hameau que Ton nomme La Porte du château (Beb el-Kasr) ; au-dessus s'élève une montagne qui s'appelle la Montagne du Mulet.

C'est au pied de cette montagne (6) que jaillit la source du Satfécif^ lequel se jette incontinent dans un vaste bassin construit dans les temps anciens par les habitants. Dans sa chute, il produit un tel fracas qu'on l'entend de fort loin. Franchissant cet obstacle il se dirige paisiblement vers une localité que Ton nomme Al-Mehmaz (les Éperons); puis il pénètre dans la vallée d^Al-Hennc (le Henné), traverse les Jardins du Pèlerin {Djenan el'Iladjj)^ et se jette dans Tisser; un des affluents de la Tafna. Celui-ci coule vers la ville d'Arechgoul (aujourd'hui Rachgoun), où il se déverse dans la mer. Or Archgoul est située dans la partie maritime du territoire de Tlemcen. Entre la ville d'Archgoul et Tlemcen s'étend la plaine de Zidour sur une longueur de vingt-cinq milles. ))

Cette description, nous le répétons, s'applique àTlem-

(i) Cette montajrne, qui domine Tlemcen du côté du Sud, est uii vaste plateau habile par les Beni-Ournid.

(2) Ville située au Sud de Scbdou.

(3) Ville située à 80 lieues au S.-S.-O. de Tlemcen, à l'Est de l'Atlas marocain sur le Ziz. C'était anciennement la capitale du Tafilelt; mais elle a disparu et Ton en ignore même remplacement.

(4) Probablement la même que Ouargla ou Ouerglan, ville et oasis situées à 70 lieues SuddeBiskra.

(5) Ville située au sud du Laghouat et du Djebel-Amour. A une lieue environ à l'Est de Tlemcen.

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