‹ Complément de l'histoire des Beni-Zeiyan, rois de Tlemcen, ouvrage du cheikh Mohammed Abd'al-Djalil al-TenessyChapitre 81 sur 90 · DOCUMENTS INÉDITS SUR L HISTOIRE DE TLEMCEN · texte numérisé non relu

DOCUMENTS INÉDITS SUR L HISTOIRE DE TLEMCEN

cen à répoque où cette ville était encore sous Tempire des Édrissites ; mais sous les dynasties qui leur succédèrent, celles des Almoravides et des Âlmohades, Tlemcen ne cessa de s'agrandir et de s'élever. Elle dut surtout sa prospérité à la ruine de deux villes qui avaient été le siège d'un empire, nous voulons dire Arechgoul, dont il vient d'être question, et de Tihart, qui furent ruinées par les partisans des Almoravides, les Beni-Ghraniah, entre les années deThégire 581(1185 de J.-C.) et 583 (1187 de J.-C). Les habitants de ces deux villes qui étaient parvenus à échapper au massacre se réfugièrent dans les murs de la capitale du Maghreb* Central et en triplèrent la population. Sous le règne des Beni-Zeiyan, malgré les guerres presque incessantes qu'elle eut à soutenir contre des voisins puissants et jaloux de son indépendance^ malgré les sièges longs et fréquents qu'elle avait eus à subir, Tlemcen ne laissa pas que de se relever toujours de ses désastres et d'atteindre un degré de gloire et de prospérité, qui lui donnait l'aspect d'une vraie capitale musulmane et du siège du khalifah.

Dès la fondation du royaume des Beni-Zeiyan, Tlemcen avait acquis une splendeur qui faisait l'admiration de tous les étrangers. Le célèbre voyageur Abou-Mohammed al-Abdéry, qui la visita en 688 de l'hégire (1289 de J.-C), la dépeint, dans son itinéraire, comme une cité sinon heureuse et florissante, du moins comme fort grande et bien fortifiée. « Tlemcen, dit-il, est une -ville d'une grande étendue, moitié en plaine, moitié sur une colline, d'un aspect agréable, coupée en deux parties qui sont séparées par un rempart. Elle possède une mosquée magnifique et très vaste. Ses marchés sont très animés. Rien n'égale l'amabilité de ses habitants. Hors de la ville et sur le versant supérieur de la montagne se trouve El-Hubbed : c'est le cimetière où sont enterrés les hommes vertueux ainsi que les marabouts. Le plus

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beau et le plus vénéré des mausolées qui y figurent, est celui du pieuX| du saint Âbou-Médien, l^lnique de son temps. A côté s'élève un cloître {Ribath) d'une architec ture remarquable et qui est souvent visité. Des vignobles et des vergers forment une écharpe verdoyante autour de Tlemcen, dont les remparts ne manquent pas dô solidité. A l'intérieur sont de vastes et beaux établissements de bains; mais le mieux tenu, sous le rapport de la propreté et, par conséquent, le plus fréquenté, est celui qu'on appelle Al-Aâlia. Il serait difficile d'en trouver un pareil. Cette ville, en somme, est aussi belle à connaître qu'à voir (1). »

Le frère du célèbre historien des Berbères Abd'cl- Rahman-Ibn-Khaldoun, Abou-Zakaria-Yahia, qui vivait à la cour du sultan Abou-Hammou II, n'est pas moins élogieux dans la description qu'il fait de la ville de Tlemcen dans les premières pages de son histoire de la dynastie des Beni-Abd'el-Wad.

« C'est, dit-il, une cité fort ancienne et qui est située dans le quatrième climat. Elle est bâtie dans une plaine et entourée de collines. Dans la langue du pays, elle s'appelle Tilimsirty nom compose de deux mots tilim et sin^ qui en berbère signifient réunion de deux chosesy savoir le Tell et le désert. On la nomme aussi Telchany c'est-à-dire Tapanage et rhonncur du Tell. Elle comprend deux grands quartiers, l'un appelé A(/a* dir et l'autre Tagrart,

«Agadir représente la ville antique et primitive, le chef-lieu des Beni-Ifren. Tagrart, dont le nom veut dire camp ou campement, doit son origine au sultan almoravide Youssouf ben-Teschifin, qui la bâtit sur l'emplacement où il avait établi son camp pendant qu'il assiégeait Agadir ou Tancienne ville.

(1) Extrait de ritinéraire d'Al-Abdéry^parChcrbonneau, dans la Revue africaine et coloniale, n° d'avril ISIiO. p. 28îS.

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« Tlemcenestune cité solidement construite, jouissant d'une agréable température, alimentée par des eaux douces et potables, entourée d'un territoire fertile et riche en excellentes productions. Elle est assiso au pied d'une montagne et un peu au-dessous de sa crête ; elle s'étend plus en longueur qu'en largeur du levant au couchant, telle qu'une jeune fiancée mollement assise sur son lit nuptial ; les sommets des édifices qui s'élèvent fièrement au-dessus d'elle sont comme les fleurons d'une couronne qui ornerait son front. Par sa haute assiette elle domine une vaste plaine propre à la culture, dont la charrue déchire le dos et les points saillants qui s'élèvent comme les bosses des chameaux, un sol fertile dont le patient laboureur, armé de son bident, ouvre les entrailles que la nue vient de ramollir par une pluie bienfaisante.

« Les rois possèdent à Tlemcen des châteaux qui renferment dans leur enceinte des bâtiments superbes, des pavillons élevés, des jardins dont on admire les berceaux de verdure, Tordre et l'arrangement des plantations, la convenance et la symétrie de toutes les parties, enfin les justes proportions qui régnent dans leur étendue en long et en large, en sorte que, dans leur ensemble,ces palais peuvent faire honte au Khavernah(l ) couvrir la Rossàfah (2) de confusion et se moquer fié* rement du Sédir (3).

« Des hauteurs voisines de Tlemcen se précipitent en

(1) Nom d'un célèbre palais que le roi Nooman ben-Moundhir avait fait construire auprès de la Tille de Hirah, dans Tlrak arabique.

(2) La Rossàfah. C'est le nom de deux magnifiques châteaux, l'un construit à Koufah par le khalife Almansor, et Tautre qu'avait fait bâtir Haroun al-Raschid^ à Bagdad^ sur la rive orientale du Tigre.

(3) Autre palais qui s'élevait sur un canal de ce nom dans le voisinage de Hirah. Le Sédir était l'ouvrage d'un célèbre architecte nommé 8innimar.

cascade des ruisseaux d'une eau claire et limpide, qui est menée dans son enceinte par des canaux et des conduits souterrains; elle est ensuite distribuée aux mosquées et aux collèges soit par des fontaines^ soit par des réservoirs ou châteaux d'eau ; elle traverse et alimente les maisons et les bains, remplissant les citernes et se débordant des bassins ; l'excédant sort de la ville et va arroser les vergers et les champs à blé dans le voisinage.

c Par la réunion de ces avantages Tlemcenest une cité dont la vue fascine le cœur, dont la beauté séduit l'esprit. Ceux qui ont voulu la célébrer n'ont eu aucune peine à trouver des sujets de louange ; aussi Font-ils fait longuement, avec charme et élégance.

« Tlemcen a cinq portes savoir : la porte Al-Djhd (des nobles coursiers), au Midi ; la porte Al-Akabah (de la Montée), au Levant ; la porte de cidi AUHalouyi et la porte AUKarmedin (des Tuiliers), au Nord (1) ; enfin la porte Kachoutah, au Couchant. »

« Tlemcen se compose, comme il a été dit plus haut, de deux cités, que renferme aujourd'hui un seul et uniqixô mur d'enceinte. Mais les habitants de l'une comme dLe l'autre sont tous également des gens de bien, probes ^^ honnêtes, fidèles à leurs engagements,chastesdemœufS, attachés à la religion, modestes dans leur manière <r!e vivre, dans leur liabillement et leur demeure, suiva- ^^ en cela les louables traces de leurs ancêtres. Ils vivei^t, pour la plupart, des ressources que leur procurent J^' culture de la terre et le tissage de la laine, art dans I <-'quel ils s'étudient à se surpasser les uns les autres, et 43U ils excellent, en confectionnant les étoffes les plus légères

et les plus fines, si bien qu'il n'est pas rare de trouver

(1) Cette porte, flanquée de deux tours massives, s ouvrait autx"Cfois sur la campagne au Nord-Ouest de la ville. <c Ses ruines, <J** M. Ch. Brosselard, conservent un cachet des plus pitt(jresques- '

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chez eux des KesssL (vêtements) et des bernous qui ne pèsent pas plus de huit onces et des ceintures de cinq onces, industrie qui a illustré leur nom aussi bien dans les temps anciens que dans les temps modernes, ce qui fait que ses produits sont exportés dans toutes les grandes villes, en Orient et en Occident. Ajoutez à ce précieux avantage que Tlemcen a toujours été une mine féconde en savants du premier mérite^ en Saints des plus distingués par leur savoir et leur piété, témoins les lieux de pèlerinage situés hors de la ville, que Ton vient visiter des contrées les plus lointaines, témoins aussi les histoires et les légendes de ces saints personnages (1) que se plait à répéter la langue des petits et des grands.»

Après cette description topographique et ethnologique à la fois, nous allons reproduire, comme nous l'avons promis, le tableau chronologique, qui accompagne le dernier feuillet de l'histoire des Beni-Abd'el- Wad, que nous venons de citer. L'auteur de ce précieux document le fait précéder de ce court préambule : c Louange à Dieu, le seul. Tunique ! » Puis il ajoute :

« Pour compléter notre travail de copiste, nousallons mentionner ici certaines matières se rattachant à Thistoire qui précède ces lignes, matières et faits que nous avons puisés dans Al-Tenessy et autres écrivains dignes de foi.

« Voici d'abord ce que dit Al-Tenessy (que Dieu lui fasse miséricorde !) :

f La durée du règne du sultan Abou-Hammou-Moussa fut de trente et un ans. Ce prince fut tué dans le mois de dhou'l-hidjjah de l'an 791 de Thégire (1389 de notre ère).

« Il eut pour successeur son fils Abou-Teschifîn, qui monta sur le trône l'an 792 (1390) et mourut le 28 de

(1) Abou-Zakaria Yahia Ibn-Khaldoun, Hiafoire des Beni Ab(^ c^-VV'arf, fol. 3 et i de mon manuscrit.

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Aboul-Saïd, fils du nulpar celui-ci dans les dori-ram de l'année suivante,

' ùpeine dopuisoinqmûis, ■A, fiocnndé par les a»

juei' dans sa capitale et icdjeb do la môino an- I paisiblement et avec l'.iinetû des dultana mélatorzoana, quand il fut liammed, fils de Mou* •us le surnom de Bénins sa révolte par les '^da ainsi à son oncle " l'an 827 de rbégiro l)d'Allah Mohammed ■■ de Tlomcen, eut à il avait supplanté; il a son concurront et I le mercredi 4 de ,^iro{1429 de J..0.).

événements qui s'ao* ' Mouloy Mohammed d'Al-TonosHy, qui difu' anonyme du tableau voici les parole» :« Aprrs , Al-Said dont le r^gne l'ut souverain tomba entre les ijilok Abd'ol-Wâhcd, qui gouj titre do khnlifo pendant une Jjlemcnt une lacune de nombrei) oos entcf'' 'tes, ayant été attaqué .t, qui i|^ l'étendard do la ré-

ito d?» 30 du jour môme où

laté jour se leva, il dos-

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rebie II de Tan 795 (1393), après un règne do trois ans quatre mois et seize jours.

a Abou-Teschifin eut pour successeur son flls Abou- Thâbit-Youssouf, lequel, après avoir occupé le trône une quarantaine de jours seulement, fut trahi et assassiné dans un complot ourdi contre lui par son onolo Abou*l-Hadjjaj, flls d'Abou-Hammou.

a Après lui, Abou'l-Hadjjaj fut proclamé sultan dans les premiers jours de djomâda I, Tan 795. Après avoi^ régné dix mois, il fut assassiné, à son tour, par son frè^^ Abou-Zeiyan (796-1393).

a Mouley Abou-Zeiyan, s'étant emparé du trône, régr^^^ paisiblement pendant cinq ans. Après cela, il fut att^^* que par le fils de son oncle (1) ou son cousin Abo*— ^' Mohammed Abd 'Allah, qui le dépouilla du pouvoir ^^ le chassa de la ville (801 de l'hégire 1 398 de J.-C). Apr^^ quatre ans d'une vie errante et aventureuse, ajout^-*^ Al-Tenessy, ce malheureux prince fut impitoyablemer^^^ assassiné chez les Beni-Ouâzen (en 805 de Thégire HO--*'^ de J.-C).

« Mouley Abou-Mohammed Abd'Allah, qui avait ét^ ^

proclamé en 801 de Thogire, ne jouit pas longtemp ^^ du pouvoir souverain (car dans le courant de l'année 80 — ^ il fut chassé de son j^alais par les Beni-Mérin et rem« placé sur le trône par son frère le sultan Abou-Abd*- Allah-Mohammed, surnommé Ben-Khaulah),

« Après la déposition de son frère, en 804, Ben — Khaulah régna paisiblement environ neuf ans, car it mourut sur le trône le mardi 7* de dhou'l-kiadah l'ai»- 813 de l'hégire (1411 de J.-C).

« Abou-Abd'Allah Mohammed Ben-Khaulah eut pour successeur son fils, Mouley Abd'el-Rahman (1411), qui ne parvint à se maintenir sur le trône que l'espace d'environ deux mois et quelques jours. (Il fut, en effet,

(1) Al-Tencssy dit : son frère.

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attaqué par son onolo Mouley Âboul-Saïd, fila du auU tan Âbou*Hammou, et déposé par celui-ci dans les derniers jours du mois al-<moharram de Tannée suivante, 814 de l'hégire (1412 de J.-C).

ce Mouley Abou'1-Saïd régnait à peine depuis cinq mois, lorsque son frère Âbd'el-Wâhed, secondé par les ai> mes des Mérinidea, vint l'attaquer dans sa capitale et parvint à le détrôner, le 16 de redjeb de la môme an-^ née. Abd'el-Wâhed gouvernait paisiblement et avec gloire son royaume sous la suzeraineté des sulti^na mé* rinides de Fez, depuis environ quatorze ans, quand il fut détrôné par Abou-Abd' Allah-Mohammed, fils de Mouley Abou-Teschifin, plus connu aous le surnom de Ben^ ai-Homra/i, lequel fut appuyé dans sa révolte par les sultans hafsides de Tunis. Il succéda ainsi à «on oncle le dimanche 16^ de djomâda II de Tan 827 de Thégiro (1424 de J.-C.)- Mouley Abou-Abd'Allah Mohammed Ben al-Homrah, assis sur le trône de Tlemcen, eut à soutenir les attaques du prince qu'il avait supplanté ; il finit par se saisir de la personne de son concurrent et par le faire mourir, ce qui arriva le mercredi 4 de dhou'l-kiadah de Tan 833 de l'hégire (1429 de J.-C.). Telle est, en somme, la série des événements qui s'accomplirent sous le règne agité do Mouley Mohammed Ben al-Homrah, d'après le récit d'Al-Tenessy, qui diffère un peu de celui de l'auteur anonyme du tableaii que nous transcrivons, et dont voici les paroles :« Après lui, dit-il, c'est-à-dire Mouley Al-Saïd dont le règne fut de cinq mois, le pouvoir souverain tomba entre les maina de Mouley Abou-Mâlek Abd'ol-Wâhod, qui gou* vema l'empire avec le titre de khalife pendant une année (il y a ici probablement une lacune de nombrea ou de chiffres). Sur ces entrefaites, ayant été attaqué par Ben al-Homrah, qui avait levé l'étendard de la ré« volte, il prit la fuite dans la matinée du jour même où la révolte avait éclaté. Lorsque le jour se leva, il des*

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cendit de cheval, et, comme il pleuvait, il alla se réfu^ gier dans des latrines, non loin de la porte Kachoutah. Par malheur, il avait été aperçu par une vieille femme abd'elwadite qui appartenait à une famille des plus considérables de la ville. Celle-ci entra après lui dans le lieu en question^ et lui arrachant ses vêtements, elle se mit à pousser de grands cris et à appeler à son secours les Âbd'elwadites, qui, se jettant sur lui, regorgèrent et le traînèrent jusque dans les bains d'Al-Tabour, où les employés l'achevèrent en lui coupant la tête (833 de l'hégire, 1430 de J.-C).

« Le corps de ce malheureux prince fut enseveli dans le cimetière de cidi Ibrahim, qui primitivement était affecté à la sépulture des membres de la famille royale.» C'est là que son tombeau a été découvert, il y a plusieurs années, dans les fouilles opérées par les soins de M. Ch. Brosselard. Il porte l'épitaphe suivante : « Louange à Dieu seul ! C'est ici le tombeau de notre seigneur, le prince juste, glorieux, etc., Abou-Mâlek Abd'el-Wâhed, fils de notre seigneur, le sultan Abou- Hammou, décédé dans le mois de dhou'l-kiadah de Tannée huit cent trente-trois. Que Dieu, dans sa bonté et sa générosité lui fasse miséricorde ! »

« Abou-Mâlek Abd-'el-Wâhed fut remplacé sur le trône par Mouley Mohammed Ben al-Homrah, lequel fut proclamé au milieu de djomâda II Tan 828 et régna Tespace de sept mois. »

D'après le récit d'Al-Tenessy,Moult*.y Mohammed, qui avait repris possession de l'empire, s'enfuit de la capitale à rapproche de Tarmée du sultan hafside Abou- Farès, <lont il avait encouru la disgrâce, quatre-vingtquatre jours après sa réinstallation sur le trône et alla chercher un refuge chez les Beni-Iznâcen, où il fut poursuivi et assiégé par Abou-Farès. Réduit à l'extrémité et comptant sur la clémence do son ennemi, il se décida à se rendre auprès de lui, mais après quelques

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jours de bons procérl(;s do la part du sultan hafside, il fut mis à mort avec tous -les officiers qui l'avaient accompagné dans sa fuite. Après sept mois d'interrègne, pendant lesquels le sultan Âbou-Farès avait confié le gouvernement de Tlemcen à l'un de ses favoris, il reprit le chemin de l'Orient, en conférant la couronne royale à l'un des derniers fils du sultan Abou-Hammou, Abou'l-Abbès Ahmed.

« Mouley Aboul-Abbès Ahmed, prince juste etsago que Ton surnomma Al-àkel ou Al-akly^ c'est à dire l'Intelligent, était venu de Tlfrikiah à la suite du sultan hafside Abou-Farès dans l'expédition de ce prince contre Tlemcen. On lui prêta serment de fidélité, après sa promotion au khalifah, c'est-à-dire le vendredi 1" de redjeb de l'année 834, le jour même où il fit son entrée à Tlemcen. La durée de son règne fut de 32 ans. (1).

Il fut renversé par son petit-neveu Abou-Abdd' Allah Mohammed, fils d'Abou-Zeiyan qui portait le sobriquet de AbouH-Kalmous ou Galmous (2). Mouley Abou-Ab- Allah Mohammed, qui en montant sur le trône prit le surnom à* Almotawekkel al Allah (celui qui met sa confiance en Dieu), s'étant saisi de sa personne, se contenta de l'envoyer en Espagne, où il mourut en prison.

Telle est la fin que l'auteur de notre tableau chronologique assigne au règne de Mouley Abou'l-Abbès Ahmed; mais je dois faire observer que ce détail n'est point conforme à la chronique d'Al-Tenessy, qui nous apprend que ce malheureux prince parvint au bout d'un an à s'échapper de la prison où il était détenu et à repasser en Afrique, où, ayant levé un corps d'armée parmi les Arabes et les Berbères, il vint bloquer la capitale de

(1) Le texte porte le chiffre de 924, ce qui est évidemment une erreur due à Tinadvcrtance du copiste.

(2) Nom d'origine berbère. Dans le dialecte Tamachek, Quelmou8 ou Aguelmous, désigne le voile noir, en arabe litham, dont les Imouchar se couvrent la tête.

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