‹ Complément de l'histoire des Beni-Zeiyan, rois de Tlemcen, ouvrage du cheikh Mohammed Abd'al-Djalil al-TenessyChapitre 84 sur 90 · HISTOIRE DE TLEMCEN · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE TLEMCEN

Tlemcen, où nous avons résidé pendant un an et demi, dit le cid Abou'l-Kassem Al-Zeiyâny, est une des capitales du Maghreb-Central. C'est une antique cite

(1) Alkoran, Surate VIT, 125.

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bâtie dans les temps les plus reculés. KUe doit sa fondation aux Beni-Ifren, tribu de la grande cation des Zénètes, bien avant l'apparition de l'Islam. Elle était située dans les régions qu'ils habitaient et dans le rayon du désert qu'ils parcouraient. Le nom qu'ils lui donnaient dans l^ur langue était Agadir. Quant à ce que disent les habitants, que c'est là la ville où s'élève la muraille {Aljedâr) mentionnée dans la surate de l'Alkoran (XVIII, 76) qui contient l'histoire de Moïse et d'Al-Khidr (à qui soit le salut!), c'est une opinion insoutenable et tout à fait vaine, car Moïse (soit-il salué !) n'a jamais quitté l'Oçient pour venir dans le Maghreb, et les enfants d'Israël n'ont jamais étendu leur domination jusqu'à l'Ifrikiâh, et encore moins jusqu'aux pays qui sont au delà. Nous ne connaissons rien de plus ancien au sujet de cette ville, que ce qui nous est indiqué par l'historien Ibn-el-Rakik (1). Cet auteur nous apprend qu'Abou'l-Mahâdjer al-Ansary (gouverneur de rifrikiât) ayant pénétré dans le Maghreb, poussa jusqu'à Tlemcen et campa sur le territoire de cette cité proche les sources du Safsif, et que c'est pour cela qu'on les nomme les sources d'Almohfidjer. Al-Tabary (2) fait aussi mention de Tlemcen, quand il parle d'Abou-Korrah Tlfrcnide (3) et de l'expédition que ce chef entreprit avec les Kharedjitcs contre l'émir Omar Ibn-llafs, à Tobna (4).

(1) Ibii-al-Ilakik Abou-Ishak Ihraliim ibn-el-Kàssem, auteur d'uno liistoire do l'Afrique septentrionale et d'un ouvra;,'e (jui traite des^^a'néalo^ies des Berbl>res, llorissail h Kairouan vers Tan 377 de rhéî<ire (987 de J.-C).

{'2) Abou-lJjaafar Mohammed bcn-Djarir al-Tabary, célèbre historien et théolof^icn, né dans le Taberestan en 838 et mort à Baghdad en 923 do notre ère.

(3) Voyez sur ce personnage Abd'el-Rahman Ibn-Khaldoim, Histoire des BcrbèreSy traduction de M. le baron deSIane,tom.I, p. 221, 229 et 379.

(4) Ville située dans l'Est du Ilodna, b. seize lieues E.-N.-E. de Bou-Saada, au midi du territoire do Bougie,

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Il ajoute : <c Ceux-ci, c'est-à-diro les Kkaredjites^ s'étant éloignés de cette ville, Abou-Korrah prit le parti de s'en retourner dans les contrées qu'il habitait sur le territoire de Tlemcen. Ibn el-Rakik parle encore de cette capitale , en racontant l'histoire d'Ibrahim ibn el-Aghrlab dans les temps antérieurs à l'époque où cet émir se déclara indépendant dans le gouvernement de l'Yfrikiâh. Il dit qu'Ibrahim, dans une de ses expéditions, pénétra dans le Maghreb et mit le siège devant Tlemcen, Quand Edris, fils d'Abd-AUah, se sauva de rOrient, à l'issue de la bataille livrée par le khalife Abou-Djafar Al-Mansour, il se réfugia dans le Maghreb- Extrême, l'an 170 do l'hégire (787 deJ.-C), sous le règne de Moussa al-IIâdy, et se rendit maître du pays. Son autorité ayant été reconnue par les tribus berbères, savoir les Aurebas, les Méghilas et les Micnessas, il marcha contre le Maghreb-Central l'an 174 de l'hégire (790 de J.-C). Mohammed ben Khazer (1) ben Soûlât, émir desZénètes et de Tlemcen, se porta au-devant de lui, se soumit à son autorité et engagea même ses sujets, les Maghrawas et les Beni-Ifren, à suivre son exemple. Après avoir vaincu les émirs ifrénides qui gouvernaient la ville, il la livra à Idris qui y fit son entrée et en prit possession.

C'est lui qui fonda la mosquée d'Agadir, et qui en fit construire la chaire (2). Après un mois de séjour, il s'en retourna dans le Maghreb-Extrême. Quelque temps

(i) Le texte porte : Kharaz, émir des Zénètes et do Tlemcen.

(2) Cette chaire existait encore au milieu du VI« siècle de rhégire, comme l'atteste un historien qui florissait à cette époque, Abou-Merouan Abd'el-Melik al-Warrak. « En 555, dit cet auteur, étant entré dans le temple de Tlemcen, je lus sur une tablette clouée à la vénérable chaire construite par Edris l'Ancien, fils d'Abd'Allah, l'inscription suivante: « C'est l'imam Edris, fds d'Edris, fils d'Abd'Allah, fils de Hassan, fils de Hassein, fils d'Aly, qui a fait édifier cette chaire dans le mois de Moharram de l'année 199. » Voy. Annahs rcguna Mauritania*, édition de M.Tornberg, etc., p. 27 du texte arabe et p. 39 de la traduction.

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