COMPLÉMENT DE L'HISTOIRE DES BENI*ZEITAN
après la mort malheureuse d'Edris-rAncien, on proclama à sa place son fils Edris-le-Jeune. Ce prince s'étant transporté à Tlemcen, l'an 199 (814-815), se fit un devoir de restaurer la mosquée et d'embellir la chaire. Il passa dans cette ville trois afns, pendant lesquels il soumit tout le Maghreb-Central, ainsi que les Zénètesqui l'habitaient. Après avoir confié le gouvernement de Tlemcen aux fils de son oncle (ou ses cousins paternels), il reprit le chemin du Maghreb-Extrême. Quand, dans la suite, la dynastie des Edrissites vint à succomber, l'émir Moussa, fils d'Abou'l-Afiah al-Micnâssy qui avait embrassé le parti des Chiites (les Fatimites) , marcha sur Tlemcen en 319 (931) et déposséda Témir Edrissite qui y commandait, le cid Ai-Hassan, fils d'Abou'l- Aïch. Celui-ci s'enfuit et courut se renfermer dans Me'lUiàh (1), où Moussa alla l'assiéger ; mais au bout de quelque temps de blocus ils firent la paix, et les Chiites continuèrent leurs opérations qui avaient pour objet la conquête du Maghreb-Central,et ils finirent par chasser de la contrée tous les descendants de Mohammed, fils de Suleyman TEdrissite. Ces princes allèrent alors se cantonner dans le Rif, embrassèrent la cause des Oméïades qui régnaient au-delà de la mer, et ils passèrent en Andalousie. En 340, Yâla Ibn-Mohammed rifrénido s'empara du Maghreb-Central, reconnut la suzeraineté des Oméïades et fut nommé gouverneur de Tlemcen et de tout le Maghreb-Central par le khalife Oméïade Al- Nâcer. L'émir Yâla Tlfrénide étant décédé, le gouvernement du Maghreb-Central échut à Mohammed Ibn-el- Khair-ibn'Mohammedibn-Kharaz(Khazer)al-Magrâwy, partisan du khalife Al-IIakem al-Mostancer. Ce chef prit possession do Tlemcen l'an 360 do l'hégire (970-971 de J.-C). En 390, les Sanhàdjah firent la conquête du
(l) Peut-être Méliîah, forteresse du Rif, à 3:2 railles de Tembouchure du Moulouia.
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Maghrob-Central et s'emparèrent successivement dos -villes de Tlemoen, d'Oran, deTénès, d'Achir, d'Al-Messilah, d'Arechgoul, deTiharet et de toutes les contrées qui se trouvent situées entre ces diverses places. Plus tard, Abd'el-Malek el-Modhafer, fils d'Al^Mansor, (ils d'Ahou-Amor, donna le commandement de tout le Maghreb à Al-Moezz Ibn-Ziry Al-Maghrawy, l'un de ses fils, qui installa son fils Yâala dans Tlemcen. Les enfants de Yâala se succédèrent dans le gouvernement de cette ville jusqu'à l'époque où Youssouf Ibn-Teschifin (l'Almoravide) s'empara du Maghreb-Central, assiégea Tlemcen et se rendit maitre de cette place, ainsi que des villes d'Oran, d'Arechgoul, de Tiharet, de Ténès et d* Alger. C'est lui qui bâtit Tlemcen-la-Neuve sur l'emplacement de son camp ; il la nomma Taghrart, mot qui, dans le langage des Berbères, veut dire camp ou lieu de campement. II y bâtit également une mosquée, et il installa dans la nouvelle ville Mohammed Ibn- Tinhamcr le Messoufite. Quant à l'ancienne, qui renfermait la mosquée d'Edris, c'est Agadir, qui, de nos jours, ne présente que des ruines. Ces événements s'accomplirent dans le courant de Tannéo 443 (1051 de J.-C). Après la mort de Mohammed ben Tinhamer, son frère Teschifin lui succéda dans le gouvernement de la ville de Tlemcen. Cette ville resta sous la domination des Lamtounas jusqu'à ce qu'ils fussent vaincus et dépouillés du pouvoir souverain par Abd'el-Moumen, fils d'Alyal-Goumy. Abd'el-Moumen vint assiéger dans Tlemcen le sultan Lamtounien Teschifin, fils d'Aly, fils d'Youssouf, qui parvint à s'évader et à gagner Cran. Poursuivi par l'armée d' Abd'el-Moumen, il fut cerné dans cette ville par l'ennemi. Quand la nuit fut venue, il sortit d'Oran, mais, son cheval s'étant précipité du haut d'une montagne, il y perdit la vie. Abd'el-Moumen, étant entré dans Oran, fit passer au fil do l'épéc les guerriers qui l'avaient défendue et ordonna de dé-
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truiro la villo (1). Il fît subir le mémo sort à Tlemcen. Mais quelque temps après s'étant ravisé, il la fitrepeupler et réparer les murailles que l'on avait démolies, ce qui arriva en 540 de l'hégire. Après cela, les enfants d'Abd^ el-Moumen s'appliquèrent à bien gouverner Tlemcen, et cette ville n'eut plus pour résidents que des membres de cette dynastie. Alors vint s'y installer le cid Abou-Imrou Moussa, fîls du commandeur des croyants Youssouf al-Assary, lequel en avait reçu le gouvernement en 556 de l'hégire (1161 do J.-C). C estlui qui fonda le superbe Méchouar, où il fît construire des palais, des pavillons élevés et planter des jardins. Il commmanda aussi aux habitants de fonder de magnifiques et hautes maisons, de se créer des jardins et de se procurer toutes les commodités de la vie. Il fît entourer la ville de ponts, de grands remparts et de fossés profonds, qui subsistent encore de nos jours.
Après lui, Tlemcen eutpour gouverneur le cid Abou'l- Hassan, fils du cid Abou-Hafs, fils d'Abd'el-Moumen, lequel suivit les traces de son prédécesseur et montra le même zèle pour rombellissement do la cité. Lorsque ces princes furent attaqués par les Beni-Ghraniah, les Messoufites qui, étant venus de Majorque, en 581 de l'hégire (1185 do J.-C), s'étaient emparés des villes de Bougie, de Constantino, d'Alger, et causaient toutes sortes do ravages dans le Maghreb-Central dans Tespoirde restaurer l'empire des Lamtounas, le cid Abou'I- Ilassan eut soin de réparer les remparts de Tlemcen, d'approprier les fossés et d'établir une ligne de travaux avancés derrière les mômes remparts, si bien qu'il lit de Tlemcen une des places les plus fortes du monde, et qu'à cette époque il n'y en avait point d'aussi inattaquable.
(1) Cet événement eut lieu le 21 de ramadhan de l'année 539 de l'hégire (1145 de notre ère).
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Dans le courant de la même année, les rois Almohades concédèrent aux Beni-Abd'el- Wad la province de Tlemcen en apanage» les investissant du commandement de préférence aux autres tribus zénètes,et ils les installèrent dans cette ville, après s'être rendus maîtres du pays et de tout le Maghreb-Central. C'est à cause de ce commandement que les Abd*el-Wadites furent en butte à la jalousie et à la rivalité des Beni-Mérin, car ces derniers envahirent le Maghreb et le dévastèrent en haine des Almohados et des Beni-Abd'el- Wad, ce qui dura jusqu'à ce que le sultan Al-Saïd donna le gouvernement de Tlemcen à l'émir Abou-Ezzah-Zeydan, fils de Zeiyan. Celui-ci prit possession de la ville, et à sa mort le commandement passa à ses enfants.
Les Beni-Mérin surchargèrent d'impôts les tribus qui habitaient le Maghreb-, ils livrèrent des batailles sanglantes aux armées des Almohades, leur causèrent maintes défaites, et ne cessèrent de les attaquer, jusqu'à l'époque où ils parvinrent à occuper le trône du khalifat dans la ville de Maroc, en l'année 668 de Thégirc
(1269deJ.-C.).
Al-Saïd confia le gouvernement do Tlemcen et de ses dépendances à Abou-Ezzah, comme nous venons de le dire, et il le nomma commandant du Maghreb-Central l'an 640 (1242), et après la mort d'Abou-Ezzah, il donna le commandement au frère de celui-ci, l'émir Yaglirmorâcen, fils de Zeiyan. Al-Saïd étant mort, Yaghmorâcen se déclara indépendant et s'empara de la ville de Tlemcen en 636 (1239), en même temps que l'émir Abou-Zakaria, fils d'Abou-Hafs, se fit reconnaître souverain dans rifrikiah.
Par suite de ces défections, la puissance des Almohades se trouva divisée, et la guerre se maintint longtemps entre les Beni-Mérin et les Beni-Abd'el- Wad qui se disputaient la possession du royaume de Tlemcen.
A la fin, cette ville tomba au pouvoir d'Abou'l-Hassan,
le mérinide, qui la garda pendant quelques années. Après lui, elle fut rendue aux Beni-Abd'el-Wad par Abou-Einan, qui finit par la leur enlever; mais plus tard, les Mérinides consentirent à la leur rendre une seconde fois.
Dans la suite, Abd'el-Aziz le mérinide enleva Tlemcen aux Abd'el-Wadites, mais ceux-ci finirent par rentrer dans leur capitale (1). La ville fut reprise plus tard par Ibrahim le mérinide. Les choses restèrent ainsi jusqu'à la chute dos deux dynasties, celles des Mérinides et des Abd'el-Wadites, c'est-à-dire jusqu'à la conquête des Turcs, qui enlevèrent définitivement Tlemcen à Abd'- AUah al-Zeiyâny , le dernier des sultans Abd'elwadites, dans le courant de Tannée 952 de Thégire (1545-6 de J.-C), Hassan, fils de Khair el-dyn, ayant pénétré dans la ville avec une armée venue d'Alger. La domination turque s'y est maintenue jusqu'ici, c'est-à-dire jusqu'à Tannée présente 1227 do Thégire(1813 de J.-C). Telle est en abrégé, ajoute Tauteur du tableau , Thistoire de Tlemcen depuis l'occupation des dynasties musulmanes qui s'y sont succédées les unes après les autres. »
Après la topographie et Thistoire succincte de Tlemcen il convient que nous disions un mot de Torigine, du génie, du caractère et des mœurs de ceux qui Télevèrent à la dignité de capitale et y établirent le siège de leur domination, nous voulons parler de la dynastie des Beni-Abd'el-Wod ou Beni- Zeiyan.
D'après Yahia ibn-Khaldoun, les Beni-Abd'el-Wad formaient deux grandes familles, mais que Ton désignait généralement sous un nom commun, celui do Béni- Abd'el-Wad. Ce nom dérive des deux mots A5d, serviteur, et El'Wady, la rivière, et signifie le serviteur, le
(1) Ces événements eurent lien en 772 sous le rè'^ne d'Abou- Ilammpu II, qui s'enfuit de Tlemcen, mais où il parvint à rentrer au bout d'environ deux ans et à y rétablir son autorité.
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dévot OU l'adorateur de la rivière, en d'autres termes rhomme, Tanachorète qui vit dans le voisinage d'une rivière, dans la solitude, et qui se voue à la vie monastique, en arabe jRa/ibaniya/i , mot qui s'entend, en particulier, du régime suivi par les moines chrétiens et semblerait indiquer que le personnage auquel il s'applique ici faisait réellement profession de la religion chrétienne.
Quoi qu'il en soit de cotte conjecture qui repose uniquement sur le sens grammatical et ordinaire d'une expression arabe, tel était le surnom de celui qui fut la souche de la famille des Beni-Zeiyan. Le cheikh Abd'el- Wad tirait lui-même son origine du patriarche maure ougétuleZahik; filsd'Ouâcin, ûls d'Yasliten.... dont la généalogie remonterait jusqu'à Kaîs-Âîlan et à Maad, lils du patriarche Adiian, « si l'on en croit, dit Yahia ibn- Khaldoun, l'historien Ibn-Fayyadh et autres généalogistes»; selon d'autres, l'origine des Beni-Abd'el-Wad, sans remonter si haut, serait peut-être plus noble, car lisseraient de la postérité d'Al-Kasseml'Edrisside, qui descendait d'Aly, et se rattacheraient, par conséquent, à la famille du fondateur de Tlslam.
« Mais, comme le fait observer avec raison le célèbre historien Abd'el-Rahman ibn-Khaldoun, frère d'Yahia, c'est là une assertion gratuite et sans preuve, bien que les Béni el-Kâssem s'accordent aujourd'hui à la soutenir. On sait, dit le même écrivain, combien les peuples nomades sont peu au courant des généalogies, telles que celles-ci, et combien, on pourrait ajouter avec le savant traducteur de cet historien, ils sont portés à se rattacher par de fausses généalogies à la famille de Mahomet (1). »
« L'on raconte, continue Ibii-Khaldoun, que Yagh-
(1) Histoire des Berbères^ tome III, p. 328, note 2. Dans cet ouvrage Ibn-Khaldoun a recueilli les plus amples renseignements sur l'origine des Bjerbëres et sur leurs généalogies plus ou moins véridiqueb.
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morâcen ben-Zeiyan, fondateur de leur dynastie, ayant entendu des personnes faire remonter sa famille à Edris, s'écria dans le dialecte de sa nation : « Si c'est vrai, cela nous profitera auprès de Dieu; mais, dans ce monde^ nous ne devons nos succès qu'à nos épées » .
Les Abd'el-Wadites étaient une branche des Beni- Yfren qui, de temps immémorial, occupaient le territoire de Tlemcen et y avaient exercé le commandement en divers temps et sous les différents règnes qui avaient précédé celui des Beni-Zeiyan. Comme leurs frères, les Maghrawah, les Beni-Mérin et autres tribus berbères du Maghreb, ils faisaient partie de la grande nation des Zénètes, qui occupaient cette région du Nord au Sud, du Tell au Sahara et parcouraient avec leurs tentes et leurs troupeaux les hauts plateaux qui s'étendent de Figguig et Sigilmessah, du côté du Couchant, à la province du Zab, au Sud de l'Auras, et au mont Mossab, au Sud de Titeri. Si nous en croyons Yahia ibn-Khaldoun^ les Bcni-Abd'el-Wad furent les premiers des Berbères à se soumettre à la religion mahométane, lorsque leur pays fut envahi par le fameux général arabe, Ocbah Ibn-Nâfce al-Fihry, et, quand les tribus berbères se réunirent sous le drapeau de Koceïlah,fils de Molzem al- Bcrnoussy pour repousser le conquérant arabe, ils leur refusèrent leur concours. On sait qu'alors les Berbères, s'ctant enfoncés dans leurs déserts, se préparèrent à prendre l'offensive contre Ocbah Ibn-Nàféc et qu'ils parvinrent à lui faire essuyer une terrible défaite. Le général arabe se réfugia dans les montagnes des Askourah (1), d'où il fit un appel désespéré aux Beni- Abd'el-Wad, qui accoururent à son secours avec un contingent de mille cavaliers des Angad. Aidé de ce
(I) La li'ibii dos Askourah (lu Hcskourali liahito aiiSiidJe Tcdla o( il l'L^st de Maroc; leur monlagnc fait partie de la chaîne do l'Allas.
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enfort, et grâce à Dieu, il remporta la victoire sur les berbères et il les extermina. Plein de reconnaissance nvers les Beni-Abd-el-Wad, il adressa à Dieu des priées en leur faveur. « Ocbah Ibn-Nafée, dit Yahia ibn- ^haldoun, est de ceux dont on sait que les vœux sont oujours exaucés, et les Beni-Abd'el-Wad n'ont jamais lessé d'éprouver les salutaires effets de ses bénédictions.»
Plus tard, ils concoururent à la célèbre bataille de ^ellacah (1) gagnée sur les Chrétiens par le prince des lusulmans Youssouf ben-Teschifînal-Lamtouny (l'alrloravide). (c Apropos des Beni-Abd'el-Wad, ajoute Yahia bn-Khaldoun, j'ai entendu raconter le trait suivant : un les chets de cette tribu bénie de Dieu, étant parti pour l'acquitter du devoir du pèlerinage, eut l'occasion et 'honneur de voirie prince des Croyants, le khalife Molammed al-Mahdy, qui lui demanda quelle était son )rigine et son pays. Notre Abd'el-Wadite lui répondit |u'il était des gens du Maghreb, et qu'il tirait son orifine du patriarche Berr, fils de Kais Aïlan. — C'est )ien, lui dit Al-Mahdy; mais tu dois savoir que le monde )résente la figure d'un oiseau, et que le Maghreb en orme simplement la queue. — Oui, prince des Croyants, ui répliqua l'Abd-Walide, mais la queue d'un superbe )aon. Al-Mahdy, admirant Téloquence de cet étranger^ 'à-propos et l'imprévu de sa réponse, lui lit donner une arge gratification. C'est à cette noble et vaillante race qu'appartenait la dynastie des Beni-Zeiyan. Voici l'éloge ju'ils ont mérité de la part de leur premier historien, lans le portrait aus»i élégant que fidèle qu'il nous en [ait.
« Les membres de cette famille bénie de Dieu, dit Yahia
(1) On sait que les Almoravides, sous la conduilo de leur sultan Youssouf bcn-Teschifin, attaquèrent l'armée d'Alphonse, fils do Ferdinand et roi de Léon et de Castille, et remportèrent sur les Chrétiens une victoire célèbre dans une localité appelée Zellaca ci située près de Badajos, en 479 de l'hégire (1086 de J.-C.|.
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Ibn - Khaldoun , ont toujours été l'honneur de leurs égaux ; dans tous les temps ils se sont distingués des aur très par leur vaillance, par leur générosité, leur grandeur d'âme, par leur ardeur à courir après les belles actions et à se couvrir de gloire. Patients dans les fâcheux événements de la vie, résignés dans les vicissitudes de la fortune, ils ont toujours lutté avec courage contre les revers, contre tous les coups de l'adversité. Ils ont essuyé des journées malheureuses, éprouvé les caprices du sort, goûté les douceurs et les amertumes de la vie, sans se soucier des événements, sans craindre ni l'adversité, ni la prospérité, demeurant constamment attachés à la religion, chastes et modestes dans leurs mœurs, fidèles à leur parole, dévoués à leur clientèle, pleins de sollicitude à regard de leurs protégés et de leurs sujets, se gardant irréprochables devant Dieu et devant les hommes. C'est la voie qui a. été toujours suivie par leurs vertueux ancêtres ; c'est dans ces principes qu'ont été élevés leurs descendants ; c'est ainsi que, chez eux, ont grandi les jeunes et les vieux.
VERS
Quel que soit celui d'entre eux que tu rencontres, tu peux dire que tu as devant toi leur chef.
Ils sont tous comme les astres, qui durant la sombre nuit dirigent les pas du voyageur. »
Ce pompeux éloge des Abd'el-Wadites et des Beni- Zeiyan n'a rien d'exagéré^ si on l'applique aux princes de cette famille qui ont occupé le trône avant la mort tragique de celui qui l'a tracé ; mais il est fort douteux qu il l'eût dicté à sa plume, s'il avait survécu au siècle où il écrivait ; s'il avait été témoin des divisions qui éclatèrent parmi les membres do cette famille, des désordres et des crimes même qui déshonorèrent cette dynastie. Apres le règne d'Abou-Hammou, dont Yahia ibn-Khaldoun ne vit pas môme la fin, puis-