‹ Complément des Élémens d'algèbre, à l'usage de l'École Centrale des Quatre-NationsChapitre 24 sur 61 · L'examen des premières puissances de \-\-x · texte numérisé non relu

L'examen des premières puissances de \-\-x

(*) La seule djfHculte de celte demohstraiion est de sentir la

force du raisonnement par lequel Euler a établi l'cqnation

i[m) X f(n) =*f (/w-f-n^. Stgner Ta prouvée en indiquant une ruatiière d'effectuer la multiplication du dcvcloppement de l'{m) par celui de f [n) , de sorte que le produit se présentât sous la forme du développement de {{m-j-n). (Voyez les 3Iém. de t\4caJ. da Berlin, année 1777, p- 37 de V Histoire , ou les Elémens d\-4l~ gèbre , par M- l'Huillier' ; mais il me semble que le mérite de la inîitche d'Euler est d'éviter les longs calculs. Au reste, les démonstraiions de la formule de jN'ewton se sont multipliées à tel point, ■que leur réunion composerait un fort gros volume ; les Transactions philosophiques , sur-tout, ea contietuicat un grand nombre^

ig^ COMPLÉMENT

conduit naturellement à penser que le développement d'une puissance quelconque de cette quantité, doit être de la forme

les coefficiens A, B, C, £>, E, etc. , étant des nombres entièrement indépendans de toute valeur de x. Il est visible , d'ailleurs , que ce développement ne doit contenir aucune puissance négative de x\ car s'il avait, par

exemple, un terme de la forme —, la supposition de

x-=o rendrait ce terme infini {Élém. 68), tandis que la même supposition réduit à l'unité toutes les puissances de i -\-x.

Cela posé, soit

(i 4.x)" = i+Ax-\-Bx^-{- Cx^ 4- Dx^-^- etc. , on aura aussi

(1 +yf- i-^Jy + By'-^ Cy-' + £>/ + etc. ;

et en faisant

(1+0:)» = u, ii^yYz=v,

il viendra

et

?4ais si l'on fait attention que

i4.a: = u% i+y = v'', çn en conclura que

DES ÉLÉMENS D'ALGÈBRE. i65

et que

Or, en vertu du théorème du n° i58 des Élémens ,

on a , puisque m et n sont des nombres entiers ,

li"— v^^Cu — v) (a''-*-i-f^"-V 4.U1/'— ^+1;"-'),

et la division par la quantité x —y s'effectue ; il viendra donc , d'après cela ,

u'"~' -\- u'"~V -f- ui'"""' + f '""*

u"-»-f- u''-V +ut/''-*H-i/"-'

+ £:(x^ + x^j |- xy -f xy3 +y) + etc. Cette dernière équation, devant avoir lieu, quels que soient x et y, subsistera encore lorsqu'on fera x=y, hypothèse qui donne

1 + a; = 1 + j, u = v, et qui réduit l'équation ci-dessus à (^

■ — -~=A-\-zBx-{-^Cx^-\-4Dx'^-\-bEx^-^etc.,

ou à

^u'"=u"(J-{-aBx-^ZCx^-[-4Dx'^-j-5Ex^'^etc.y

Maintenant, si l'on met pour u"* et u" leurs valeurs

(1 -i-x)" et 1 +x, on aura

— - (^i+xy=(^i+x){J+2Bx-{-5Cx^-\-4Dx^-{-bEx^+etc,)j

équation qui renferme une condition propre à déterminer les coefïlciens A, B , C , D , etc., du développe-

ment de (1 -(- x)"'»En effet, si l'on substitue ce dévelop-

l65 COMPLÉMENT

penient dans le premier membre , il viendra

n n n ii n

~\ 4- Ax-^Q.Bx-' + ZCx'^-\-4Dx^-\-etc.

Si l'on n'a point perdu de vue que toutes les équations par lesquelles on vient de passer, doivent se vériîier sans qu'il soit besoin d'assigner aucune valeur à a;, on en conclura nécessairement que leur premier membre doit renfermer précisément les mêmes termes que le second, ou, ce qui est la même chose, qu'elles doivent être identiques. Or, pour que cela soit, il faut que les termes affectés de la même puissance de x soient multipliés, dans l'un et l'autre membre, par les mêmes coefRciens : on égalera donc les coefïiciens du premier membre de l'équation précédente, à ceux qui leur correspondent dans le second; on aura ainsi les. équations

3C+25=:-5,\ ce qui "■ / donnera

etc.

etc.

DES ÉLÉMENS d'aLGÈBRE. 167

On voit, par les dernières équations, comment les coefïiciens A, B, C , D, etc., dérivent successivement les uns des autres. Si on prend leurs valeurs , ce qui n a aucun© difficulté , et qu'on les substitue dans la suite

\-^Ax-\-Bx^-\-Cx^-^ etc. , on trouvera

+ ^ ^? — ; X* 4- etc.

J'observerai qu'il n'y a point d'induction dans ce qui précède; car toutes les équations qui y conduisent sont symétriques, et la loi de leurs termes est telle, qu'on peut en concevoir un aussi éloigné qu'on voudra du premier. Il faut remarquer aussi que le déyelop-

pement de (i+J^)" donne celui de (i-f-o:)"*, en faisant n=i, et qu'ainsi la formule du binôme se trouve démontrée, lorsque l'exposant est un nombre entier.

On pourrait encore révoquer en doute la légitimité de la foiTnule pour le cas de l'exposant négatif", mais pour la prouver, il suffira de montrer que l'équation {F^ , de laquelle se tire la formule, a encore lieu lorsqu'on y change m eu — m; or, c'est à quoi on parvient en observant que

car il en résulte

iB8 COMPLÉMENT

et comme par ce qui précède , la quantité — devient

—z^ lorsque v = u, on aura pour le même cas

nu"

u "' — V "* — i mu"" ' — mur n= ^ r=

.77 . .71 oin. ^^ . n—- 1 " n—

Le second membre de l'équation (>f^ ne changeant d'ailleurs point de fornae , on aura

mu — '" — * ^:^ = A-^2Bx +5Cx''+ 4Dj^-\- 5Ex^+ etc.,

équation qui ne diffère de (/^) que par le signe de m, et qui doit par conséquent conduire aux mêmes résultats que l'on déduirait de l'équation (^), en y changeant m en — m.

8i . Pour appliquer maintenant la formule du binôme à l'extraction des racines, je vais chercher la racine 5* de

a-\-b y c'est-à-dire développer (a + ^)^' En faisant

7n=\ dans la formule du n" i^^ des Èlémens y et en y changeant a; en a et a en è, les quantités

ma m — 'i a m— sa

1 — , — ' ; — 5 , etc.

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