PREMIÈRE PARTIE. - CHAPITRE I
tain nombre de vibrations; il cesse de l’être si ce nombre dépasse un certain chiffre ; le minimum de vibrations produit le ton le plus grave, et le maximum de vibrations le ton le plus aigu.
De même une couleur n’est perceptible qu’après un certain temps, et la rétine conserve l’impression de cette couleur quelques instants après qu’on a cessé de la regarder; * voilà deux circonstances de la vision qu’on ne doit jamais oublier. Nous verrons plus loin que l’impression de cette couleur sur la partie de la rétine qui en a été affectée est immédiatement suivie de la disposition contraire, c’est-à-dire de la disposition à voir, non plus cette couleur, mais sa complémentaire, en vertu du contraste successif.
b) Il importe d’insister sur la grande différence existante entre la vision d’un corps lumineux, tel qu’un corps rouge de feu, et un corps que l’on dit être noir. Quand le premier est dans la couche de l’atmosphère où nous nous trouvons, on peut dire qu’il nous est sensible du moment même où il se montre, tant la vitesse de la lumière est rapide ! Ce corps lumineux laisse une impression d’une durée sensible ; par exemple, qu’il se meuve circulairement avec une certaine vitesse relativement à un certain spectateur, ce spectateur verra un cercle de feu. Pourquoi? C’est que l’œil conserve l’impression de l’image du feu depuis le point de départ du corps lumineux jusqu’au moment du retour au point d’où il est parti.
33. Après ces préliminaires que j’ai cru nécessaire d’exposer, expliquons comment il se fait que les quatre rayons noirs du cercle blanc, en mouvement rapide, disparaissent
à la vue, tandis que la courbe circulaire ne cesse pas d'être visible.
C’est que l’impression du noir des quatre rayons de 6 millimètres de largeur est trop rapide pour que la vision en soit distincte, à cause du blanc qui interrompt la continuité du noir, tandis que la courbe circulaire ne présente dans son mouvement que du noir non interrompu aux mêmes parties de la rétine ; cas contraire à celui du noir des secteurs qui présentent plus de blanc que de noir à la même partie de la rétine dans un temps égal.
En outre, la forme à’épine plate qu’affecte chaque rayon, à mesure que le mouvement se ralentit, tient à ce que la vitesse des parties du cercle en mouvement diminue dans les rayons du cercle de la circonférence au centre ; c’est donc à partir de ce centre qu’elles commencent à être visibles, et cela est si vrai qu’en prenant la tige de la toupie en repos à la main, si on lui imprime un mouvement de rotation, les quatre rayons noirs présentent un cercle étoilé à partir du centre.
34. Deuxième point. — Différence que présente le noir absolu d’avec le noir matériel des corps noirs visibles.
Après bien des réflexions qui n’ont abouti qu’à des incertitudes, sentant toute l’importance de la démonstration de cette différence par l’ expérience, je me suis décidé à exposer le plus brièvement possible, par des citations textuelles, subordonnées à l’ordre chronologique, l’ensemble de mes idées sur la différence du noir absolu d’avec le noir matériel. La première citation est antérieure à i835, mais