PREMIÈRE PARTIE. - CHAPITRE I. 3i
elle ne fut publiée qu’en i83g dans le livre De la loi du contraste simultané des couleurs.
a) « 4- Si la lumière qui tombe sur un corps est absorbée « complètement par ce corps de manière qu’elle dispa- « raisse à la vue, comme celle qui tombe dans un trou parfai- « faitement obscur , alors le corps nous paraît noir , et il ne « devient visible que parce qu’il est contigu à des suret faces qui réfléchissent ou transmettent de la lumière. « Parmi les corps noirs , nous rien connaissons aucun qui le « soit par faitement , et c est parce qu’ils réfléchissent un « peu de lumière blanche, que nous jugeons qu’ils ont du « relief, ou qu’ils affectent notre œil, ainsi que le fait tout « objet matériel. Ce qui prouve, au reste, cette réflexion « de la lumière blanche, c’est que les corps les plus noirs, « étant polis, réfléchissent l’image des objets éclairés pla- « cés devant eux (i). »
b) On lit encore, pages 670 et 67 1 du même ouvrage, alinéa 670, le passage suivant, relatif aux avantages de la connaissance des contrastes et de leur enseignement pour la peinture et la teinture :
« Je crois que les règles que j’ai données sur l’art de « voir le modèle que la peinture doit reproduire, détruisent « cette opinion des personnes croyant qu’il y a une grande « différence dans la manière dont les mêmes couleurs sont « vues par les yeux d’une organisation moyenne; qu’en « conséquence, on n’alléguera plus en preuve de cette opi- « nion la diversité qu’on remarque dans la couleur de
(1) Extrait du livre De la loi du contraste simultané des couleurs , p. 3 et 4
« copies faites par des élèves auxquels on n’a donné au- « cune notion précise sur la manière de composer des « couleurs mixtes avec les matières qu’ils emploient sous « les noms de bleu de Prusse, outremer, cendre bleue, « chromate de plomb, ni sur les modifications des court leurs locales de leur modèle dans les diverses circon- « stances où ils doivent les reproduire sur la toile ; enfin, « à des élèves que l’on n’a point soumis à des épreuves ana- « logues à celles que je fais subir aux teinturiers que j’exa- « mine pour savoir s’ils ont l’œil bien conformé ; épreuves « fort simples , puisqu’elles consistent à leur présenter « des objets colorés juxtaposés, comme le représente la « figure ire, et de s’assurer s’ils aperçoivent les modifîca- « tions données par la loi du contraste simultané. »
c) En traitant dans mes cours de la diversité des arts, dont l’objet est de parler aux yeux par le dessin et les couleurs, je n’ai jamais négligé les occasions de faire remarquer à mes auditeurs l’impuissance absolue où se trouve la peinture de reproduire fidèlement l 'image d'un trou. Et la preuve en sont les citations suivantes :
Niepce de Saint-Victor dit dans un 6e Mémoire, présenté par moi à l’Académie le ier d’octobre 1866, tome LXIII des comptes-rendus, page 567 :
« Sur la demande de M. Chevreul, j’ai photographié un « trou : le résultat a été négatif. »
En présentant le 6e Mémoire de Niepce de Saint-Victor, je fis les remarques suivantes, qu’on lit aux pages 56g et 570 du tome LXIII des comptes-rendus :