‹ Complément des études sur la vision des couleursChapitre 100 sur 153 · DEUXIÈME PARTIE. - CHAPITRE III · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. - CHAPITRE III

quelque détail trois expériences sur lesquelles reposent les raisonnements qui donnent tant de précision à mes recherches antérieures etque jeconsidère aujourd’hui comme les conséquences théoriques des faits exposés dans les deux chapitres précédents.

Première expérience.

162. Lorsqu’un cercle partagé en deux moitiés par une ligne diamétrale a la moitié A colorée, tandis que l’autre moitié est blanche, s’il reçoit un mouvement de vitesse convenable autour d’un axe perpendiculaire à son centre, la complémentaire c de la moitié a, apparaîtra sur la moitié blanche.

Rappelons comme exemple la première expérience du premier chapitre (1 14) :

L erouge ton 10 du cercle mis en mouvement rapide autour de son axe central, donne un mélange uniforme de rouge amarante , conformement au principe du mélange des couleurs ; mais le mouvement se ralentissant, la moitié blanche du cercle offre aux yeux un beau vert ton 4, complémentaire du rouge qui, par le ralentissement du mouvement, a perdu le bleu, cause de sa teinte amarante.

163. Pour comprendre l’explication de ce phénomène, il faut se rappeler la définition du contraste successif (17) et du contraste mixte (18).

A. Le premier consiste en ce qu’une couleur a, sur la-

quelle les yeux se sont fixés une minute au plus, dispose l’organe à voir dans la minute suivante, non la couleur a de la première minute, mais sa complémentaire c, lorsque les yeux dans la minute suivante se fixeront sur une surface incolore convenablement éclairée.

B. Le contraste mixte se manifeste lorsque les yeux prédisposés à voir la complémentaire d’une couleur a vue dans un premier temps, se portant dans un second temps sur une surface colorée, éprouvent, non la sensation de la couleur de cette surface, mais celle qui résulte de cette couleur mêlée à la complémentaire c de la couleur vue en premier lieu. Ainsi, dans l’exemple précité (18), la complémentaire rouge que les yeux sont prédisposés à voir après s’être fixés au premier temps sur xm papier vert, venant dans un second temps à voir un papier bleu, le voient violet.

Si j’ ai distingué les trois contrastes de couleurs, le simultané, le successif et le mixte au début de mes recherches sur la vision des couleurs, celles qui composent l’opuscule que je publie aujourd’hui, confirment non-seulement les anciennes, mais elles leur donnent une généralité et une précision qu’elles étaient loin d’avoir, comme le témoigne ce qui me reste à dire.

164. Que se passe-t-il donc dans la vision du cercle moitié rouge et moitié blanc, en mouvement autour de son axe ? La vitesse est telle que si la vision du rouge dans un premier temps n’est pas assez prolongée pour fatiguer l’œil, elle suffit pour le disposer à voir le vert , complémentaire du rouge dans un second temps. Dès lors, dans

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