DEUXIÈME PARTIE. - CHAPITRE III
ce second temps, la lumière blanche réfléchie par la moitié incolore du cercle, en vertu de l’action préalable du rouge exercée sur la rétine, a privé cet organe de sa sensibilité pour percevoir le rouge de la lumière blanche réfléchie par le carton incolore, mais préparé qu’il est à recevoir l’impression du vert , la moitié blanche du cercle lui paraît verte. L’effet que le rouge a produit sur la rétine dans le premier temps, le vert à son tour en produit un analogue dans le second, de sorte qu’au troisième temps la rétine est prédisposée à recevoir l’action de la lumière rouge réfléchie par la moitié colorée du cercle, et ainsi de suite.
Enfin, ajoutons que le mouvement circulaire, en faisant voir des couleurs parfaitement unies à une même partie de la rétine, sans qu’aucune des couleurs ait le temps de la fatiguer de sa propre action, rend la vision des contrastes successifs des mêmes couleurs complémentaires, un spectacle charmant pour des yeux aussi sensibles à la couleur que l’ouïe d’un amateur de la musique peut l’être à l’harmonie et à la mélodie des sons. Lés phénomènes produits alors sont à ma connaissance les premiers qu’on puisse citer d 'une véritable mélodie des couleurs , et ce spectacle est surtout remarquable avec des cercles de 36 à 4o centimètres de diamètre. (Voyez 169 et le chapitre vu, II partie.)
Deuxième expérience.
i65. Prouvons maintenant que le fait de successions alternatives du rouge et du vert sur les mêmes parties de
la rétine est tel que je le présente; il suffît de prendre un cercle de carton blanc égal à celui qui a manifesté les
phénomènes du rouge et du vert, sa complémentaire , de partager un carton en deux moitiés par une ligne diamétrale et de disposer le rouge et le blanc d’une tout autre manière, comme le représente le carton b, alors, malgré leur égalité d’étendue superficielle et la parité du mouvement, les phénomènes seront tout différents.
Voici l’expérience :
Vous prenez un cercle de carton blanc b égal au précédent; le rouge en occupe le centre et le blanc est concentrique au rouge.
La superficie que chacun occupe est égale à la moitié du premier cercle a. Le contraste existe bien entre le rouge et le blanc , mais la teinte verdâtre de celui-ci n’est sensible qu’à desyeux exercés àvoir les couleurs. Faites tourner le cercle autour d’un axe qui, perpendiculaire à son plan, passe par son centre, rien de semblable à l’effet du premier n’appa-