‹ Complément des études sur la vision des couleursChapitre 99 sur 153 · DEUXIÈME PARTIE. - CHAPITRE III. I · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. - CHAPITRE III. I

non-sens, si l’hypothèse de Thomas Young avait quelque fondement !

La conséquence définitive serait, si l’hypothèse de Th. Young était vraie, que j’aurais eu tort de formuler la proposition suivante que plus que jamais je maintiens vraie ; pour copier un modèle coloré, il faut le reproduire autrement quon ne le voit, quant aux couleurs.

Or, en jetant les yeux sur chacun des arrangements de couleurs que présente V Album de M. Étienne Délicourt, la preuve de cette proposition, de cette vérité sera acquise, et, des lors, tout spectateur dont le raisonnement sera égal à la manière exacte et précise dont il voit les couleurs, en aura la conviction, grâce à l’expérience, et, en outre, à la certitude que mes écrits sur la vision des couleurs, est en parfait accord avec les principes énoncés par Newton et avec le langage du polariscope d’Arago, et même avec l’opinion de Brewster, qui n’admet que trois couleurs simples, le rouge , le jaune et le bleu, après avoir eu l’idée de soumettre les couleurs orangée, verte et violette, indécomposables par la réflexibilité et la réfraction, à l’action de milieux capables d’absorber une portion de couleur et de laisser passer l’autre. Mais ce résultat est encore un sujet de discussion.

160. Le principe nouveau que je vais développer en y rattachant d’une manière aussi intime que le permet l’état actuel de nos connaissances relatif aux contrastes que j’ai définis, résulte de l’ensemble des faits mis en évidence par un cercle rotatif de carton blanc d’un diamètre de i/j ou de 28 centimètres, dont une moitié est colorée en totalité ou en partie d’une couleur a, laquelle couleur manifeste

sa complémentaire c sur la moitié blanche du cercle, lorsque celui-ci, tournant autour d’un axe perpendiculaire à son plan, fait de 160 à 60 tours par minute.

L’importance du nouveau principe se manifeste dans le contraste que je qualifie de rotatif ; elle est telle à mon sens, qu’après bien des réflexions, j’ai réparti dans quatre articles les détails d’expériences qui me paraissent devoir répondre à toutes les objections dont l’objet serait de ne pas admettre le principe de l 'anesthésie de la rétine, à savoir : que, dans un premier temps, ayant vu une couleur a, après que la perception de cette couleur a cessé, la rétine est immédiatement disposée à voir la complémentaire cde la couleur a.

Tel est le principe auquel je rattache aujourd’hui les contrastes cle couleur.

ARTICLE Ier

Trois expériences fondamentales sur les contrastes de couleur.

1 6 1 . Je n’avais jamais pensé, depuis plus de cinquante ans que je m’occupe de la vision des couleurs, que j’arriverais à un résultat expérimental aussi simple de mettre en évidence la composition de la lumière telle qu’elle résulte des immortelles expériences de Newton, et telle que cette composition a été confirmée par le polariscope d’Arago. Dès lors, je n’avais pu avoir l’espérance de démontrer un j our l’intimité fondamentale des trois contrastes de couleurs que j’avais définis autrefois. L’importance que j’attache à mes dernières recherches m’impose la loi d’exposer avec

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