PREMIÈRE PARTIE. - CHAPITRE I
« M. Chevreul avait été frappé de la reproduction du « noir dans les épreuves photographiques observée pour « la première ibis par M. Niepce, et c’est à cause de cela « qu’il proposa à leur auteur de voir si on reproduirait du « noir ou du gris , en portant successivement sur la plaque « sensible deux radiations susceptibles de développer des « couleurs mutuellement complémentaires.
« L’expérience, comme on le sait, a réussi. Plus tard, « toujours sous la même préoccupation , M. Chevreul pro- « posa à M. Niepce de rechercher ce qui arriverait en « mettant l’intérieur d’un cylindre creux, aussi noir que « possible, en rapport avec la plaque sensible. Le résultat « a été négatif, c’est-à-dire qu’il ne s’est manifesté aucune « radiation active. M. Chevreul proposa ensuite l’expé- « rience de la guêtre noire et de la guêtre blanche, et l’Aca- « démie a jugé elle-même {de visu) qu’on ne peut douter « d’un effet bien différent entre les radiations des deux « guêtres. »
11 s’agit de l’expérience où la plaque sensible est exposée aux radiations d’une image en couleur représentant un garde-française (page 567 du LXIIP tome des comptesrendus) ; j’avais proposé de remplacer une des jambes à guêtre noire par une jambe à guêtre blanche, et celle-ci, comme je m’y attendais, ne se reproduisit pas en noir. Voilà ce que j’appelle un exemple de la méthode à posteriori expérimentale .
35. Aucun de mes lecteurs ne s’étonnera qu’ayant à expliquer l’anecdote de la vue des points noirs de dés à jouer de couleur rouge de sang par le prince de Navarre, le duc I. xu. — n° 7. 5
Henri de Guise dit le Balafré, et le duc d’Alençon, quelques jours avant la Saint-Barthélemy, j’aie présenté à l’Académie, dans sa séance du 27 de décembre 1876, une expérience permanente établissant la différence du noir absolu d’avec le noir matériel, expérience tout à fait conforme encore à la méthode a posteriori expérimentale.
Expérience.
a) Le noir absolu est représenté par un trou circulaire pratiqué dans un carton. Sur la même ligne et à des distances égales du trou , on a collé deux cercles de même diamètre que celui du trou central; l’un est en papier noir de fumée et l’autre en gris normal.
L’œil distingue tout d’abord le noir central, qui communique à un creux conique de papier noir : c’est le noir absolu ; il tranche par l’extrême obscurité avec la lumière blanche que réfléchit le cercle de papier noir : celui-ci semble brun par rapport au premier.
b) On reproduit les trois cercles précédents, non plus sur un carton blanc , mais sur un carton vert .
Le fond du carton blanc n’agit relativement à l’œil que pour porter à l’extrême la différence, en d’autres termes le contraste de ton, tandis que le fond vert du second cercle, produisant le contraste de couleur, présente le fait remarquable que le cercle de papier noir paraît marron d’après la complémentaire rouge du vert, plus efficace à modifier l’aspect du noir que ne fait le blanc du premier carton, dont l’influence ne portait que sur le ton. C’est ici que le cercle gris joue son rôle en montrant l’effet de la complémentaire rouge du fond vert sur la surface d’un gris dont