DEUXIÈME PARTIE. - CHAPITRE VI
a s’ouvre au midi et b à l’est; le plafond de la chambre est blanc.
La plus grande partie du buste est éclairée par la fenêtre a; le reste est dans l’ombre au commencement de l’expérience, parce que la fenêtre b est fermée au dedans par des volets. N’omettons aucun détail important. La partie du buste qui reçoit la lumière immédiatement de la fenêtre a est éclairée directement, le reste ne l’est que par la lumière réfléchie par le plafond et par tous les objets colorés ou non qui sont dans la chambre : l’effet de cet éclairage indirect est une résultante de lumière blanche et des lumières colorées des objets placés de manière à les rayonner vers le buste; en tous les cas, elle est excessivement faible en couleur eu égard à la lumière blanche directe.
Supposons maintenant un papier, un tissu coloré et, ce qui serait préférable, une large feuille de gélatine colorée, en orangé par exemple, adapté à la fenêtre «; le buste paraîtra de couleur orangée dans toutes les parties qui recevront directement la lumière colorée, et, s’il est vrai que la partie ombrée qui ne sera éclairée qu’indirectement par de la lumière orangée réfléchie par le plafond et tous les objets de la chambre rayonnant vers la partie ombrée du buste, ces ombres seront sensiblement moins éclairées qu’elles ne l’avaient été par la lumière blanche; mais dans toutes
mes expériences, quelle cpi’ait été la lumière colorée qui éclaira le buste, je n’ai jamais pu apercevoir une ombre teinte de la couleur complémentaire de la lumière colorée qui frappait directement le buste, d’où j’ai conclu qu’on ne pouvait établir en principe que les objets coloiés opaques présentaient des ombres colorées de la complémentaire de la couleur sous laquelle ils nous apparaissent quand une lumière colorée les éclaire.
En définitive, des objets opaques blancs ou colorés éclairés directement par de la lumière blanche ou par une lumière colorée dans les circonstances que j’ai détaillées ne présentent donc pas d’ombres colorées.
209. Reprenons l’expérience où le buste blanc de plâtre était éclairé par de la lumière orangée directement. Nous avons vu que la partie ombree qui n était certainement éclairée que par une lumière orangee excessivement faible, parce qu’elle était réfléchie par le plafond et les objets colorés de la chambre, ne donnait jamais d’ombres de la complémentaire bleue de la lumière colorée directe. Continuons l’expérience en ouvrant la fenêtre b qui va éclairer directement la partie ombrée du buste 0. C’est alors que va apparaître la partie ombrée de couleur bleue, comjjlémentaire de la lumière orangée transmise par la fenêtre a.
210. Expliquons maintenant la coloration des ombres conformément à notre théorie.
Tirons la conclusion qu’une lumière blanche ou colorée, éclairant directement un corps opaque, donne lieu à des ombres dans toutes les parties où elle n’ arrive pas directement, et que ces ombres n’ont jamais de couleurs parti-