‹ Complément des études sur la vision des couleursChapitre 132 sur 153 · CHAPITRE VI I · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI I

PHÉNOMÈNES APPARTENANT A LA DEUXIÈME PHASE DU MOUVEMENT ROTATIF AUXQUELS .l’Aï APPLIQUÉ l’eXPRESSION DE MÉLODIE DES COULEURS

21 1. Tant que je n’ai connu que le clavecin oculaire du Père Castel et les contrastes de couleurs vues en repos, je me suis refusé à admettre une mélodie dans les couleurs comparable à celle qu’on observe dans les sons, non que je regarde la comparaison comme parfaite, mais elle me semble incontestable, non à l’égard de la musique, mais dans le cas où l’on compare les mêmes couleurs en mouvement, à la manière dont elles nous affectent quand nous les voyons à l’état d’immobilité.

212. Le motif qui m’a fait rejeter jusqu’à ces derniers temps l’expression de mélodie en fait de couleurs , est que jamais je n’avais observé des couleurs en mouvement, comme je viens de le faire en me livrant aux nombreuses expériences dont cet opuscule est l’expression. Avant cette époque, la vue des couleurs en repos m’avait frappé; le plaisir résultant de lavue des objets colorés de la nature et encore des couleurs bien assorties par les peintres décorateurs et par l’artiste coloriste, justifiait le mot harmonie appliqué dès longtemps à tout objet coloré produisant en nous quelque émotion agréable ; mais ce mot accepté, la différence me semblait extrême entre les sons et les couleurs

précisément à cause du contraste de deux couleurs qui, vues juxtaposées, loin de tendre à se rapprocher, s’éloignent l’une de l’autre en perdant ce qu’elles ont d’identique. Il y a plus, tout en acceptant sans peine l’expression d 'harmonie des couleurs, j’étais si préoccupé de l’importance du contraste des couleurs, et l’opinion du Père Castel si renommé dans la société du XVIIP siècle par la vivacité de son esprit et de son imagination, m’avait tellement frappé par son étrangeté dans la manière dont il envisageait les couleurs et surtout dans l’intention où il était d’imiter la mélodie des sons dans son clavecin qualifié d 'oculaire, cpie je profitai de la connaissance de M. Martin d’Angers, cpii tenait l’orgue de l’église de Saint-Germain-l’Auxerrois, pour soumettre à l’expérience la question de savoir si les organistes en faisant sonner simultanément les deux sons extrêmes d’une octave ut' et ut" apprécieraient entre eux quelque différence correspondante à celle que le contraste des couleurs met en évidence, de sorte que ut' serait plus grave et ut" plus aigu en sonnant ensemble qu’en sonnant séparément. Le résultat fut négatif, comme je m’y attendais. Il resterait à comparer les mêmes notes sonnant ensemble avec des instruments différents eu égard au timbre.

21 3. Ma profession de foi faite sur mon peu de disposition à admettre l’expression de mélodie des couleurs, je n’hésite plus à exposer mes motifs, puisés dans ma disposition à admettre, après l'expérience, des idées que je n’avais pas avant de l’avoir faite.

2i4- C’est donc en définitive la vue de cercles de 38 centimètres de diamètre, en mouvement de rotation dont une moitié était colorée et l’autre blanche, qui dans la

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