‹ Complément des études sur la vision des couleursChapitre 138 sur 153 · DEUXIÈME PARTIE. - CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. - CHAPITRE VIII

229. Où conduisent les expériences de vision des couleurs exécutées telles qu’elles sont décrites dans l’opuscule?

A juger la distinction des couleurs en objective et subjective, comme n’étant pas fondée ; car n’est-il pas évident que, dans l’opinion de Kant comme dans celle de Newton, de Spinoza, de Malebranche, toutes les couleurs sont subjectives.

Le principe nouveau du contraste rotatif montre que la distinction de couleurs en complémentaires physiques, physiologiques etc. n’a rien de précis, puisque c’est toujours la lumière blanche qui nous fait voir la complémentaire dune couleur vue dans un premier temps. Le contraste rotatif à cet égard se trouve en parfait accord avec le contraste successif et le contraste mixte.

23o. Je suis conduit bien naturellement à examiner les singulières opinions que l’on s’est faites des couleurs, dans ces derniers temps, à partir surtout de i85o. Après avoir gardé le silence, i° sur la manière dont Newton a envisagé la composition de la lumière blanche en la ramenant à sept groupes génériques de couleurs simples, le rouge, l’orangé, le jaune, le vert, le bleu, l’indigo et le violet, 20 sur le polariscope d’Arago, au moyen duquel on démontra la possibilité de réduire un rayon de lumière blanche en deux rayons de couleurs dites mutuellement complémentaires, par

T. XLI

25o sur la vision des couleurs.

la raison qu’en les réunissant on reconstitue de la lumière blanche ; 3° enfin, sur les contrastes que j’ai définis sous les noms de contraste successif , de contraste mixte et de contraste simultané des couleurs, contrastes assujettis à des lois en parfait accord avec les opinions de Newton et d’Arago, on a admis une hypothèse comme l’expression de faits nullement prouvés, hypothèse en contradiction avec les principes de Newton, puisqu’au lieu d’admettre ses sept groupes de couleurs, on ne reconnaît que trois couleurs simples, le rouge , le vert et le violet ; et l’on admet que 1 c jaune est formé de rouge et de vert. Cette hypothèse émise quelques années avant les travaux de Fresnel, a été adoptée par Helmoltz et, à ma connaissance, personne n’y a fait d’opposition; cependant, elle est en contradiction directe avec l’opinion commune des artistes-peintres qui ne comptent que trois couleurs simples, le rouge, le jaune et le bleu, et avec les praticiens si nombreux, qui, à l’instar des artistes, préparent tous les jours pour les décors, la peinture en bâtiment, la teinture, etc., de V orangé avec du rouge et du jaune, du vert avec le bleu et le jaune, du violet avec le rouge et le bleu. Enfin cette hypothèse est inconciliable avec tous les phénomènes du ressort de la vision des couleurs, que j’ai distingués en contraste successif, en contraste mixte et en contraste simultané.

23i. J’espère que tous les esprits non prévenus, qui répéteront les expériences décrites dans cet opuscule confirmant si heureusement mes recherches antérieures, et l’intimité surtout que le contraste rotatif établit désormais entre les contrastes définis à une époque si loin de nous

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