‹ Complément des études sur la vision des couleursChapitre 139 sur 153 · IH · texte numérisé non relu

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232. En tout temps, j’ai entendu parler de la vision des couleurs, comme d’une chose qui n’avait rien de précis, et qui, dès lors, échappait à tout enseignement fructueux Je ne fus pas plutôt entré aux Gobelins, que mon attention ayant été appelée par l’administration sur ce que les couleurs de l’atelier de teinture de cet établissement laissaient à désirer aux tapissiers, soit qu’ils les employassent à la confection des tapisseries, soit à celle des tapis, je reconnus ce que le jugement si défavorable aux teinturiers avait d’injuste, dès que mes expériences m’eurent montré le jour tout à fait inattendu que jetait sur la vision des couleurs et sur le mode à suivre pour la reproduction fidèle du modèle coloré, que l’artiste praticien a devant les yeux. Nommé directeur des teintures en 1825 par Louis XVIII, et en 1826 par Charles X, je lus le 7 d’avril 1828, à l’Académie, mon mémoire sur le contraste simultané des couleurs, c’est alors que je sentis qu’une lacune était comblée dans un enseignement utile à toutes les personnes intéressées à un titre quelconque à l’emploi des couleurs. Mais, sauf à Saint-Pétersbourg, si l’on ne m’a pas trompé,

partout ailleurs l’enseignement est resté ce qu’il était avant moi; cependant aucun reproche fondé ne pourrait m’atteindre de ne l’avoir pas propagé, soit en le professant gratuitement aux Gobelins tous les deux ans, durant une vingtaine d’années, soit en allant en 18^2 et i8zj3 le professer à Lyon sur la demande officielle de la chambre de commerce de cette cité industrielle. En définitive, les épreuves que j’avais annoncées dans mon livre De la loi du co?itrasle des couleurs, comme pratiquées sur les personnes qui se proposaient d’entrer dans l’atelier des Gobelins, ne furent imposées à mon exemple, à personne, jusqu’à ces dernières années, dans aucun des établissements ou des administrations que' ces épreuves pouvaient intéresser. Les temps ont bien changé depuis i835; aujourd’hui l’attention publique est appelée sur ce sujet; mais ne croyez pas que ce soit au nom des beaux-arts ou de la science; c’est simplement l’intérêt de conservation; les personnes intéressées, comme le sont les membres des administrations qui recourent à des signaux de couleur pour les chemins de fer, pour la marine, etc., veulent avoir la certitude que les signaux soient rigoureusement appliqués conformément aux règlements, et pour y parvenir ils ont senti enfin la nécessité de soumettre les personnes désireuses d’entrer dans leurs administrations à des examens oculaires. Depuis quelques années, une loi existe en Suède pour que les aspirants à la marine royale et à la carrière des chemins de fer aient les yeux bien organisés pour voir exactement la couleur des signaux, dès lors ils doivent avoir des certificats, attestant qu’ils ont cette faculté pour être admis.

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