‹ Complément des études sur la vision des couleursChapitre 149 sur 153 · DEUXIÈME PARTIE. - CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. - CHAPITRE IX

hommes. Effectivement, des mots disparaissent de la langue sans cjue ceux qui s’en servaient l’eussent prévu. Des mots du langage actuel disparaîtront un jour; les prévoyons-nous? Non assurément.

Que peut-on désirer? Le possible. Dès lors, que peut-on souhaiter? C’est que des hommes forts en linguistique, d’un goût incontestable, donnent dans un dictionnaire les sens divers que des écrivains du premier ordre ont imposés à des mots qu’ils ont employés, et que les sens de ces mots soient l’objet de critiques les plus approfondies.

258. Je pense comme beaucoup de philosophes qu’il n’existe dans la nature comme substantifs que des individus ; mais la science, en faisant connaître leurs attributs spéciaux et leurs relations mutuelles, est dans la vérité en tant qu’elle décrit des relations réelles et incontestables : conséquemment, à mon sens, les relations mutuelles ou rapports démontrés réels sont inséparables de l’existence des individus et l’existence de ces rapports est certaine comme parties d’un tout. Disons plus, la connaissance des attributs qui comprennent les propriétés physiques, les propriétés chimiques et les propriétés organoleptiques aussi bien que la connaissance des relations mutuelles de tous les corps, sont la science même et ne peuvent être acquises d’une manière certaine que par elle. Cette manière d’envisager la science moderne, ou ce qui est incontestablement la philosophie naturelle, a un degré de certitude et de clarté que n’avait pas l’ensemble des sciences quand elles étaient soumises aux discussions ou disputes dés réalistes et des nominaux. En résumé, les conséquences de ces idées générales subor-

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données dans les détails à une définition du fait simple et du fait complexe montrent clairement à tous les logiciens sévères quels sont les caractères que doivent avoir les propositions avancées dans les sciences comme vérités, avant qu’on ne les adopte définitivement comme telles.

25g. Les réflexions suggérées par l’emploi de mots empruntés à la langue usuelle et indiqués comme causes de phénomènes reconnus réels par une commission de membres de l’Académie des sciences chargée d’examiner le Mesmérisme , m’ont conduit à des considérations assez développées et assez diverses propres à montrer l’insuffisance de ces mots pour donner une idée nette des causes de ces phénomènes. Je rappelle ces mots : contact , attention, influence du regard, imitation, imagination (24.2).

260. La critique que m’a suggérée l’emploi de ces expressions dans une science du domaine de la philosophie naturelle porte principalement sur i 'intention des membres d’une Commission de l’Académie des sciences d’aller plus loin que le lettré, le grammairien en pénétrant dans un domaine de la philosophie naturelle et en rapportant des phénomènes imprévus à des causes immédiates exprimées par des mots empruntés à la langue usuelle, après toutefois qu’ils eussent rejeté le magnétisme animal, comme cause première de ces phénomènes selon Mesmer et son partisan Desion. Évidemment ce n’était rien dire de précis que d’indiquer comme causes immédiates de ces mêmes phénomènes le contact, Y attention, Yinfluence du regard, limitation et surtout Y imagination.

En effet, l’inconvénient de ces expressions est qu’une fois admises sans avoir été préalablement définies d’une manière

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