‹ Complément des études sur la vision des couleursChapitre 150 sur 153 · DEUXIÈME PARTIE. - CHAPITRE IX. ay i · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. - CHAPITRE IX. ay i

rigoureuse, on était exposé à rattacher, un effet, un phénomène, non à sa cause véritable, mais à une circonstance tout à fait accidentelle, à une chose concomitante. A la science expérimentale seule il appartient de prononcer sur une cause donnée comme vraie, qui peut être étrangère au phénomène ou à l’effet observé.

Le grave inconvénient de négliger cette manière de procéder est de jeter le trouble dans l’esprit, lorsque des conclusions de cet ordre sont formulées par des hommes de mérite comme ceux qui composaient la Commission chargée d’examiner le mesmérisme, quand ils prononçaient les expressions cpie nous avons citées, comme causes de phénomènes réels.

261. Qu’on 11e se méprenne pas sur ma critique, j’admets comme réels l’influence de l 'attention prolongée, du contact, du regard, de l’ imitation , de X imagination ; mais je ne pense pas que les commissaires aient analysé suffisamment les effets rapportés en particulier à chacune des causes qu’ils ont citées , et quand de leur aveu même ils ont reconnu l’influence du concours de plusieurs causes, ils n’ont pas fait ce qu’il eût fallu pour apprécier l’influence de chacune d’elles, et ici je parle d’après des expériences personnelles sur le magnétisme animal : mais, cette remarque faite, je ne saurais trop insister sur la finesse, la perspicacité de l’esprit et la justesse de jugement des membres de la Commission, quand ils ont exposé leurs raisons pour ne pas rapporter à un fluide unique l’ensemble des effets rapportés par Mesmer et par Desion au magnétisme animal. Je reviendrai sur ce sujet, pour l’examiner en détail dans mon ouvrage intitulé : Des Connaissances humaines envi-

sagées au point de vue de la méthode a posterori expérimentale .

262. J’ai montré la nécessité où se trouve la science actuelle, de recourir à l’expérience pour éclairer des questions à la solution desquelles elle est restée étrangère ; ou si elle a été consultée on l’a fait incomplètement. J’ai parlé, en outre, de l’utilité qu’il y aurait d examiner les mots de la langue usuelle qui se trouvent dans le cas dont je parle et dont on fait usage dans la langue scientifique : tel est le mot imagination, dont l’importance est incontestable dans le rapport de la Commission de l’Académie des sciences, chargée d’examiner le magnétisme animal. Personne ne pourra donc s’étonner de l’examen auquel nous allons soumettre le mot imagination pour justifier notre manière de voir.

203. Le mot imaginer, tel que le définit le Dictionnaire de l’Académie (sixième édition), a le sens qu’on lui attribue généralement dans le langage usuel et la langue lettrée, mais le Dictionnaire ajoute : Il signifie aussi inventer.

Voilà deux faits qui autorisent à conclure que les deux mots sont donnés comme équivalents par le Dictionnaire de l’Académie; en ce moment je m’en tiens à cette conclusion, pour affirmer que lorsque d’Alembert a considéré F imagination comme la faculté dominante de l’esprit géométrique, c’était dire que tout grand géomètre du nom de Huygens, Newton, Leibnitz, Euler et d’Alembert même la possédaient, et en cela il rapprochait le savant du lettré dont l’œuvre est placée au premier rang par la forme littéraire et l’originalité de l’imagination. Je n’eus pas plutôt connu la pensée de l’illustre géomètre Irançais que je l’adoptai avec empressement comme une vérité mcontes-

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