‹ Complément du Dictionnaire des arts et manufacturesChapitre 110 sur 394 · CO · texte numérisé non relu

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La distillerie de M. Dailly a coûté d'établissement :

Appropriation des bâtiments 4,886 50

Fourniture et pose do l'appareil (n#2). 4 4,445 80

Brevet do M. Ckamponnois 3,000 00

I>es perfectionnements apportés aux procédés, depuis l'époque où ce compte a éjô dressé, ont permis de réduire la main-d'œuvre et les frais de combustible d’une manière sensible, comme on peut en juger par lo compte suivant de la distillerie de la ferme de Villacoublny, récemment publié par M. Iiabourdin, dont tous les agriculteurs connaissent la belle exploitation.

I.e matériel de la distillerie de Villacoublav est le même que celui de l’usine représentée par les figures 3482 et 3483, seulement la locomobile est remplacée par un manège. Pendant la campsgne 4858-18.59, qui vient de finir, on traitait par 24 heures 40.800 kil. de betteraves. Les cuviers macérnteurs, an nombre de quatre, peuvent contenir chacun 900 kilog. do oossettes. 11 faut environ nnc heure pour vider la pulpe d'un macérateur et le remplir de cosscttcs fraîches, de sorte que chaque macération durede 6 ù 7 heures et que l'on doit remplir un nouveau cuvier de 2 heures en 2 heures.

Les dépenses réunies des 4 2 heures de travail de jour et des 42 heures de travail de nuit se partagent de 1^

man ivre suivante t

4 contre-maître distillateur 5f00

4 distillateur en second 3,00

4 ouvrière à 2 f. 50 c. et 2 à 2 fr. . . . 4 4,00

4 chevaux pour le manège 42,00

400 kilog. de charbon 46,00

24 litr. d'acide sulfurique. ...... 8,40

Lcvfire 0,60

Éclairage et graissage 3,09

Amortissement, intérêt et entretien . . 32,00 Total "ÜÏ^ÜT

Le produit a été do

594 litr. d’alcool à 46 fr. 95 c.l’hectolit., déduction faite des frais de futailles et de transport M'usine

de rectification, ci 278r88

7,775 k. do pulpe à 40 fr. les 4000 k. 77,75

Total 356,63

Déduisant Ica frais ... - 94,00

Il reste . . . 262,63

Ce qui porte le prix de vente de la betterave h la distillerie à 24 f. 30 les 4,000 kilog. environ. Le poids des betteraves récoltées à Villacoublny* en 4858, a été

DISTILLATION

DISTILLATION

de 35,000 kil. per hectare, ce qui donue un revenu brut de 850 fr. 80 c. pour cette surface, et un bénéfice de 481 fr., d'après le calcul de M. Rabourdin. Le produit, en 4 857, avait été de 40,000 kil. de betteraves par hectare, mais on n'en avait retiré que 4 litres d'alcool pour 100 kîlog. de betteraves au lieu doS1^ obtenus en 4 855-4859. Aussi le résultat financier avait-il été moins avantageux.

On peut, par ces exemples, en tenant compte du prix de revient de la betterave, du prix de l’alcool et de la valeur de la pulpe, calculer à l’avance les chances de anccès d’une distillerie. Les pulpes figurent pour une somme considérable dans le produit do la fabrication. Leur valeur s’accrott beaucoup quand les fourrages sont chers, et l’on voit alors, comme cela a lieu en ce moment, les distilleries établies dans les fermes continuer h travailler avec bénéfices, malgré le bas prix des alcools, tandis que les distilleries industrielles, achetant les betteraves et n'utilisant pas elles-mêmes les pulpes, ne pourraient réaliser que des pertes. La distillation de la betterave est donc une industrie véritablement agricole, ot c'est h ce point de vue qn'elle est appelée à rendre de très-grands services.

La valeur de la pulpe, comme aliment pour le bétail, a été l'objet d'assez longues discussions. On reconnaît Aujourd'hui que mélangée avec dos menues pailles, do la paille hachée, des siliqnes ou même des tiges de colza coupées, elle forme une excellente nourriture que les animaux recherchent avec empressement et dont ils se trouvent fort hicn. On faille mélauge de la pnlpo et des matières sèches qu’on lui ajoute à la sortie des cuviers de macération, et on le laisse en tas pendant un ou dcox jours. L’humidité de la pulpe imprègne les pailles, uno légère fermentation s’établit dans la masse dont la température s’élève à 30 ou 40-.

On ne saurait entrer ici dans de longs détails sur l'emploi de la pulpe comme aliment. On dira seulement que l'expérience a appris qnc la pulpe du procédé Chainponnoi» possède, à égalité de poids, à peu près la même puissance nutritive que la betteravo d’où elle provient, mais qne cette matière, en partie cuite par la macération, légèrement fermentée et donnée tiède au bétail, parait lui être beaucoup plus favorablo que la betterave à l'état naturel.

L'analyse d'an mélange de pulpe, de siliques et de

ille de colza employé, à Villacoubluy, par M. Ra-

urdin, m'adonné :

Kau 85,60

Matièro organique, non compris l'ara te. 44,50

Azote 0,33

Cendres 9,57

D'après cette composition, 348 kilog. de ce mélange équivaudraient à 100 kilog. de foin normal dosant 4,15 kilog. d'azoto, résultat que la pratique confirme d’nne manière complète. Plusieurs essais analogues me portent à penser que la valeur, comme aliment, de mélanges de pulpes et do fourrages secs, peut s’obtenir, nvoc assez d'exactitude, par la détermination de leur richesse en azote.

Le procédé que l'on vient d'indiquer n’est pas le seul employé h la fabrication de l'alcool do betterave. Quelques mots suffiront pour indiquer le principe de deux antre* méthodes d'un emploi moins général que la première, mais cependant dignes d’intérêt.

Lorsque le prix des alcools s’éleva si brusquement il y a quelques années, les fabricants de 6ucre de betterave durent songer à abandonner la fabrication du sucre pour celle de l'alcool. Pour eux, le problème ù résoudre était d’effectuer la transformation de leurs usines aux moindres frais possibles. M. Dubrtmfaut s’occupa spécialement de cette question et la résolut d'une manière

fort satisfaisante. Dans les distilleries où l’on opère par ce procédé, la betterave est râpée et pressée comme s’il s’agissait de faire du sucre; mais le jus obtenu, au lien d’être déféqué, filtré, etc., est conduit directement, après une addition convenable d’acide sulfuriquo, dan» de grandes cuves où s'opère la fermentation. Le vin obtenu est ensuite distillé par les procédés ordinaires. Une dépense de 95 à 30,000 francs suffit pour transformer en distillerie uno sucrerie pouvant traiter 80 & 400,000 kilog. de betteraves par jour.

La pulpo obtenue dan* ces conditions est beaucoup moins bonne pour le bétail que les cossettes du procédé Champonnois, puisqu’elle se trouve dépouillée do la plus grande partie des sels et des matières solubles que le jus entraîne et qni restent dans lus vinasses.

Un dernier procédé fort ingénieux pour l’extraction de l’nlcool de betterave est dû ù un fabricant bien connu, M. Le play. Il consiste h couper les betteraves en cossettes, comme dans le procédé Champonnois, K les arroser de 3 h 4 pour 1 ,00ü d'acido sulfurique et & plonger Içs cossettes elles-mêmes, renfermées dans une enveloppe convenable, clans uno cuve en fermentation. La fermentation se propage dons toute la masse, et le sucre se transforme en alcool dans l’intérieur même des cellules de la betteravo. Quand ccttc transformation est opérée, on retire les cossettes do la cuve et on les remplace par des cossettes fraîches qui éprouventlea mêmes phénomènes de fermentation, do sorte qu’un même pied de cuve fait fermenter un volume pour ainsi dire indéfini de cosscttos.

Pour extraire l'alcool renfermé dans les cossettes après la fermentation, M. Le play emploie nn appareil très-simple, également de son invention. C’est un cylindre vertienl assez élevé , partagé par des diaphragmes percés de trous sur lesquels on dispose les cossettes. En chauffant cette colonne de cousettes par delà vapeur introduite dans la partie inférieure do l'appareil, on sépare l'alcool, comme on le fait dans k» colonnes ordinaires des appareils de rectification.

rinsiuars antres procédés beaucoup moins avantageux que les précédents ont été proposés pour l’extraction de l'alcool de betterave 11 est inutile de les mentionner ici, puisque la pratique ne le» a point accepté*. Mais il convient de signaler quelques plantes propres h ; la fabrication do l'alcool et employées à cet usage dans 1 ces dernières années.

Le topinambour sc prête aveo avantage & la fabrication de l'alcool. On opère comme pour la betterave ou la pommo de terre.

La racine d’asphodèle peut servir ù faire do trèsbon alcool, mais c’est uno industrie nécessairement très-bornée. Ccttc plante croit lentement et ne mérito pas les soins de la culture. On l’arrache dnns les terres incultes où on la rencontre, mais le3 frais de transport no permettraient pas de la réunir à bas prix et en grande quantité sur un point déterminé. Qnoi qu’il en soit, voici comment on opère dans les fabriqua* qui se sont organisées sur quelques point* de l’Algérie. La racine débarrassée de la terre est écrasée par 6on passage entre des cylindres cannelés en fonte. La pulpe est soumise à l'action de presses à vis pour en extraire le jus. Celui-ci, abandonné èlui-même dan* de grandes cuves en bois, à la température de 25 ù 30*, entre en fermentation et donne un jus d'où on extrait l’alcool avec un appareil ordinaire de distillation. La racino donne de 50 à 70 pour 400 dejns, suivant son état do dessiccation. Ce jus fournit de 5 a 9 pour 400 d’alcool à 90* , ou une quantité correspondante de flrgmos.

La fabrication do l’alcool de sorgho est extrêmement facile. Il suffit d’écraser la canne entre deux cylindres pour en extraire le jus. Celui-ci, soumis à la fermentation, donne un vin dont la distillation extrait immédia-

HSTIU'ATTON.

DURETÉ

de* appareil» distillatoires. Co* appareil* n’ayant de valeur que si ou emporte des provisions de combustible, ne pouvant donner d’eau distillée qu’en proportion du

gratuitement pourront fournir, la nuit, de* quantités suffisante* pour la consommation des équipages peu nombreux des navires il voile* du commerce.

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