‹ Complément du Dictionnaire des arts et manufacturesChapitre 123 sur 394 · DI · texte numérisé non relu

DI

d’où V

D’ailleurs le débit Q =s —— V

On a donc deux équations entre lo débit, la diamètre, ln pente par métro et la vitesse, et par conséquent, toutes les fois que l’on se donnera deux de ces quantités, ou pourrn calculer les deux autres.

Les ingénieurs avaient reconnu depuis longtemps que ces formules no représentaient pas exactement les faits. M. Y)nrcy » démontré en effet que les deux coefficients numérique# qui précèdent ne sont paa constants, comme on le croyait. Ils varient avec l’état de la snr- * face interno du tuyau et avec son diamètre. Pour un même état do la surface, le coefficient «de » dans l’expressiou ci -dessus varie avec le diamètre, de telle q

sorte que l'on dit a = a -1- jÿ Soit qne l’on adopte, d»i

EAUX

EAUX

reste, les anciens coefficients de Prony on les coefficients variables de M. Darcy, les tâtonnements quo nécessite l'application des formules précédentes seraient toujours extrêmement longs. Pour les abréger, M. de

Prony a dressé des tables de la valeur de ^ D I pour les

différentes valeurs de r. Ces tables, déjà fort utiles, sont cependant eucoro d’un usage assez pénible. Pour abréger davantage les calculs, plusieurs ingénieurs, et entre autres MM. Mary, Darcy, etc., ont remarqué qu’en pratique, dans une même ville, on n'employait qu’un nombre assez restreint de tuyaux, de sort^ que D n’avait qu’un nombre déterminé de valeurs, et alors ils ont pn drosser des tables donnant pour chaque diamètre do tuyaux la vitesse par seconde et le volume débité correspondant â une perte de charge déterminée. Ces tables, qui n’occuperaient pa6 moins d’une vingtaine do pages, sont impossibles à reproduire ici ; mais il était nécessaire de signaler leur existence aux persounes qui pourraient avoir A se servir des formules qui précèdent.

Ces indications générales sur la détermination du tracé et du diamètre de» conduite» suffisent pour indiquer lu marche à suivre dans cette partie du travail de distribution, et nous pouvons passer à 1a description de ces ouvrages.

I.es tuyaux ainsi disposés sont parfaitement résistants et peuvent éprouver sans altération les petits mouvements d'allongement ou de raccourcissement que les variations de température tendent & leur faire éprouver. Mais le démontage d’une pareille conduito est A peu près impossible. En chauffant le tuyau pour fondre le plomb, on le fait souvent éclater, et le plus simple est presque toujours de couper nu burin et de briser le tuyau quo l’on veut enlever pour introduire dans la conduite un branchement & tubulure, un robinet ou touto autre partie nouvelle. Pour éviter ces difficultés, il convient de mettre de place eu place dans la conduite un tuyau à bride (lig. 3508) entre un tuyau à bride et

l ig. 3508. — Tête de tuyau 4 bride co fonte.

Nature det tuyau r. — Les tuyaux employés pour les distributions d'eau sont do diverses espèces, que l'on va énumérer rapidement.

Ees tuyaux en fonte sont les plus employés dan* les villes pour les conduites et branchements principaux.

Les figures 3506 et 3507 donnent les proportions des

Fig. 3500. — Coupe d’un tuyau eo fonte de 0*,03l de diamètre intérieur à cordon cl emboîtement.

*lft. 3507. — Coupe en travers et vue du bouchon d'attente du tuyau fig. 2006. (Échelle de 0",OI0 pour 1 ractre.)

tuyaux en fonte de 81 millimètres de diamètre adoptés par le service municipal de Paris, et, à son exemple, par presque toutes les villes de France. La longueur do ces tuyaux varie de 2 mètres à 2 mètres 50. La pose des tuyaux A cordon et emboîtement est extrêmement simple et donne aux joints une étanchéité parfaite. Les tranchées qui doivent recevoir les tuyaux ont ordinairement 1 mètre 40 de profondeur. On les fait assez larges pour que les ouvriers puissent y descendre. Ij» petite extrémité de chaque tuyau est introduite dnns l'emboîtement du tuyau précédent. On introduit alors de force, avec un ciseau h matter, de la corde goudronnée dans l’espace annulaire qui existe entre les deux tuyaux jusqu’à 4 ou 5 centimètres de l’extrémité.

On pose alors un boudin d’argile sur l’ouverture de cet

cordon et on entre tuyau à bride et emboîtement. L« tuyau à deux bride, est réuni aux tuyaux préedeuta par de» boulon», qu’il anfflt de déviwer ou de couper quand on veut enlever eette partie de la conduito. U est prudent de pincer de pareil, tuyaux à la traver.ee des rues et dans tous les points ou l’on peut supposer qu’il sera nécessaire do mettre plus tard de nouvelles pièces de fontai • ncrie. Ainsi que l’indiqua la figure, les bride* présentent une surface un peu conique; on interpose une rondelle de plomb entre les deux bouts du

espace annulaire, et on y coule du plomb fondu bien chaud, lorsque le plomb est figé, on le mette fortement pour compléter l'opération. Lu petite gorge qne l'on volt 6nr la figure A 1 intérieur de l'emboîtement empêche cette l»ague do plomb de céder A la pression do l’eau qui tendrait a la faire sortir.

On a figuré sur le tuyau, figures 3506 et 3507, un tarnudage et un bouchon A via en métal fusible, destiné A s'enlever facilement au moment où l’on veut foire une prise sur la conduite. Cette précaution évite de percer le tuyau en place, opération toujours un peu difficile, de faire un joint avec collier brisé, etc. Cependant, beaucoup de tuyaux n’offrent pas cette disposition particulière.

tuyau, et on la raatte fortein«Dt lorsque les boulops sont serrés. Sans la forme donnée aux bride», le maitage du plomb n’aurait d’antre effet que de le foire pénétrer daus l'intérieur du tuyau. Les anciennes conduites en fonte étaient entièrement formées de tuyaux h brides. Ces lignes rigides ne pouvaient céder qu en se disloquant aux efforts de dilatation et de contraction; aussi les fuites se produisaient -elles fréquemment. On n’emploie plus les tuyaux à brides .que dans les cas exceptionnels dont nous parlons, où il» s^n san» aucun inconvénient. . . .

Pour raccorder deux parties de tuyau qu» «f* coupées, ou deux bouts de tuyaux de diamètres uiffc rems, on se sert de manchons. Ce sont de petits tuyaux présentant la même disposition à leurs deux extrémités que l'emboîtement des tuyaux ordinaires. Quelquefois les manchon.» sont composés de deux parties, ou coquilles, qui se placent l’une au-dessus ot l’autre atfdessons du tuyau A raccorder. On réunit les deux parties du manchon par des boulons, et on foit le joint comme de coutume. Le raccordcmeut de deux conduites Importantes se fait avec un tuyau garni d’une tubulure latérale, ou bien avec des tuyaux bifurqué» dits o eviottê.

Les courbes de grand rayon des conduites peuvent so faire avec des tuyaux droits que l’on incline légèrement les uns par rapport aux autres. Pour les courbes de petit rayon, on a des tuyaux courbes comprenant l'angle quo l’on veut obtenir. ^ ^

EAUX

EAUX

J. «g tuyaux en fonte doivent toujours être essayés à ta presse hydraulique avant tour emploi. Tqus roux

qui so fendent ou présentent des fuites sensibles sont refusés. A Paris, la pression d'épreuve est de 40 atmosphères, soit do trois fois environ In pression que les tuyaux supportent en charge. Il se forme dans certains tuyaux en fonte des tubercules ferrugineux trèsdurs, dont l'ôrigino n’est pn* encore bien connue. On évite cet inconvénient eu enduisant & chaud l’intérieur du tuyau d’un mélange d’huile grasse, de cire et de suif. Cette préparation peu coûteuse est toujours fort utile h la bonne conservation des tuyaux.

Les tuyaux en tôle, recouverts intérieurement et extérieurement d'un enduit bitumineux inventés par M. Chameroy, sont fréquemment employés h Paris et dans les principales villes de France. Nous n'avons rien à ajouter aux indications fournies à ce sqjot h l'article tuyau. Le tableau page 200 donne le prix d'un mètre courant de conduite posée en terro à Paris. Ces prix varient nécessairement avec la valeur des matériaux et de la main-d'œuvre ; mais co tableau fournit en pou do lignes beaucoup de renseignements utiles, ce qui nous décide à le reproduire.

Les tuyaux en fonte et en tôle sont les seules matières employées pour les grosses conduites. Mais pour les petits diamètres on emploie des tuyaux de diverses autres matières. Les tuyaux en plomb sont très-fréquemment employés. Les tuyaux en tôle zinguée, ceux en fer étiré commencent h devenir pour les conduites d’eau d’un usage assez général.

Il n'y a rien h ajouter à ce qui a été dit nu mot tuyau sur les différentes matières employées à co genre de construction ; on doit seulement mentionner les tuyaux en papier bitumé que l’on vend à très-bas prix, mois dont une a**ez longue oxpérienoe n’a pas encore fuit connaître la valeur.

Robinett. — Un système do distribution romporto nn grand nombre de robinets, dont les fonctions sont assez différentes. Les uns servent h isoler une partie do conduite dos autres parties, ce sont des robinets d’arrêt. Ou doit en placer & l’origino de tous les branchements secondaires pour que le service de la conduite maîtresse ne soit pas interrompu par les accidents des lignes secondaires. D'autres robinets sont placés aux points les lus bas des conduites pour les vider, ce sont les roinets de vidange. Enfin on plnco des robinets do service il tous les points où l’eau s’écoule à l’air libre.

La disposition et le volume de* robinet* dépend do leur destination. Les robinets d’arrêt doivent être do la grosseur de la conduite sur laquelle ils sont montés. Los robinets do service et de vidange sont proportionnés nu débit qu’ttf doivent fournir.

Pour les petits tuyaux^ jusqu’à O", 06, on peut employer des robinets à boisseau ordinaire que tout lo monde connaît. Ce* robinets sont placés, dans les travaux de distribution, h l’origine de tou* les brancher ment s; on le* enveloppe en général de petit* murs en briques surmontés d'nne cheminée en bois fermée par un tampon de fonte (fig. 35097 qu’on ouvre avec une clef. C’est ce qu'on appelle un robinet sous bouche k clef. Ou tourne lo boi.-scan- avec une tige en fer dont la douillo carrée embrasse la tête do ce boisseau.

Ces robinets à boisseau, tels qu’on le* construit habituellement, présentent plusieurs inconvénients. Quand ils sont longtemps sans servir, ils deviennent très-durs, et l’on est obligé pour les graisser et les roder de desserrer la clavette placée au-deaou! du boisseau, ce qui nécessite une fouille de la profondeur de la bouche et a«sez largo pour qu’un homme puisse y aller travailler; d'un gutre côté, si lo robinet fuit en dessous, on s en aperçoit difficilement, et l'eau neuf s’échapper dans la chambre du robinet, causer des dommages et produire dans tou* les cas des pertes inutiles. On emploie on Angleterre des robinets souvent entièrement en fonte (fig. 3510) et* dont la disposition me parait bien

Prit d'un mètre linéaire de conduite de fonte ponce en terre.

EAUX

meilleure. I.a chambre du boisseau est entièrement fermée a sa partie inferieure.

Robinet sou* (touche s clef.

Le serra rc du boisseau et son graissage sont obtenus à l’aide d’une boite à étoupo

Fig. 3510. — Robinet à boisseau boite à éteppc.

placée au-dessus. On peut donc, avec des clefs convenables, serrer on desserrer le boisseau, et mémo l’enlever complètement pour le visiter par l’ouverture de lo bouche h clef. Iji fouille no devient nécessaire que pour le remplacement du cOrj» du robinet tout entier, .l’ai vu des robinet* de ■ cette espèce sur des tnyaux de 0**, 10 qui fonctionnent encore très- facilement.

Pour les tuyaux d’un diamètre supérieur h ceux don t nous parlons, on c*t obligé d’avoir recours ii de» appareils do fermeture pin» compliqués. L'un des meilleurs s^t le robinet- vanno(fig. 35 1 1). Ainsi quo son nom l’indique, U pièce casent elle de cet appareil est une véritable vain-, en forme do coin très-allongé, quo Von

ÇS

Tnr 8 1 8

ftfienti

-•rf

583 s; og

Il II

Page 1