PAIN
à l'huile, à la miniature, à l’aquarelle. Quand ton prix a été abaissé, ces mêmes qualités l'ont fait rechercher pour les impressions sur tissus, pour les impressions typographiques et lithographiques, pour lu fabrication du papier de tenture, pour la peinture morale. La propriété que possèdent les outremers violacés, et surtout les outremers n reflet rosé, de résister plus ou moins h l’action de l'alun, a permis de les utiliser pour l'azurage des papiers dans le Collage desquels entre l'alun. La faculté dont jouit l'outremer, quand il est d'une très-grande finesse, de se tenir en suspension dans l’eau plus longtemps que ne le font la plupart des autres matières minérales bleues, l'avantAgo qu'il a sur le bleu de Prusse de résister h l’action des alcalis, le font employer exclusivement aujourd'hui pour l’azurage des tissus, dos HL, du linge, etc. L'inaltérabilité de l’outremer vert, par les alcalis et par les vapeurs ammoniacales , le fait rechercher pour la fabrication du papier vert de tenture, pour les impressions sur papiers et sur tissus, pour lu peinture murale et pour le badigeonnage eu vert.
Tous ces usages réunis portent sa consommation
PAIN. On ost enr la voie de perfectionnements importants dans la préparation du pain ; il est bien curieux de voir les progrès de larhimie, en permettantde mieux analyser les composés végétaux et les fermentations auxquelles elles donnent Itou , permettre d'améliorer des procédés contrôlés et modifiés pair une expérimentation si multipliée qu’il ne semble pas croyable qu'il y ait encore quelque chose h faire.
Le progrès dont nous voulons parler surtout est celui que poursuis M. Mège-Mouriès, et qui se rapporte à la meilleure utilisation de la partie du blé (du blé du Nord surtout, car elle manque presque dans les blés du Midi] qui sert h faire le pain bis, produit trèsinférieur et dont la coloration n'est pas due uniquement au son mélangé avec la farine, comme on pourrait le penser après un examen superficiel.
On reconnaît en effet bientôt que le pain bis est en réalité plus foncé qu'il ne devrait être si sa teinte propre était uniqneincnt due au sou disséminé dans sa masse; que sa saveur est tout autre que celle du pain blanc mélangé avec une matière inerte, comme serait le son considéré comme analogue à de la sciure de bois, enfin la mie en est compacte, humide, dénuée d'élasticité.
C'est à cause de ces effets que la mouture n’a pas pour scnl objet d'écraser le blé et d’en réparer le son . mais qu'il faut employer les procédés décrits à Moulin pour séparer los gruaux, le* farines de qualités successives, no provenant pas des mêmes parties du grain.
Dans l’état actuel , la raoutare et le pétrissage sont deux opérations Aussi compliquées l’aue que l'autre, et, chose singulière, elles semblent avoir été amenées à ce degré de complicat:on , non pas tant pour écarter le son lui même que pour combattre un ennemi caché dont l'influence produit les altérations qui distinguent le pain bis du pain blanc. M. Mège-Moariès a découvert dans la son une espèce de ferment qu’il nomme crréçliné, et qui, au lieu do produire franchement la fermentation alcoolique sur laquelle on compte pour alléger la pâte , transforme l'amidon en dextrine , la dextrine en glucose, la glucose on . acide lactique et meme en acide butyrique. Elle altèro ainsi profonde-
actuelle à 9,300,000 kilogramme* , représentant une valeur moyenne de 5,000,000 de francs, car l'bntroraer do première qualité qui, dans l’origine de sa découverte, so payait 600 francs le kilogramme, se vend aujourd’hui, en Allemagne et ailleurs, 9 fr. 90 cent, environ, et, en Franco, 3 francs et au delà, par suite du système protecteur. D’après des indications fournies pur M. Guimet, il existerait aujourd'hui en Europe environ quatre-vingts fabriques d'outremer * dont la plupart se trouvent en Allemagne.
La production de l'outremer artificiel est incontestablement une des applications les plus belles et les plus fécondes de l’analyse chimique. Elle a donné naissance û une industrie considérable, répondant à un besoin réel de la société ; elle a ouvert ainsi une voie nouvelle à l’activité humaine; elle n créé de plus une source de richesse et do jouissances. L’initiative de la fabrication de l’outremer artificiel appartient , sans contestation aucune, h la Société d'encouragement pour l’industrie nationale de France; elle en a été réellement la promotrice, en proposant un prix pour cette découverte et excitant les recherches do M. Guimet. qui l’a remporté.
ment le glnten , qui est indispensable pour communiquer de l’élasticité à la pâte. Sous son influence, le gluten abandonne de l'ammoniaque et donne naissance h une matière brune qni se rapproche de fulmine, et ressemble bien plus ft un produit de décomposition qu’à une substance alimentaire. Si l’on admet qu'un principe qui accompagne le son, mais qui peut eu être séparé, est capable d’engendrer dans une pâte en fermentation les acide* lactique et butirique, de l’ammoniaque et une matière brune quasi putride, le tout aux dépens de l’amidon et du glnten dc^ plus belles farines, le pain bis semblera tout autre chose qu'un aliment terni par des pellicules iuuffensives, ce sera un produit réellement inférieur an pain blanc et détérioré par les ravages de la céréaline. Du reste, deux faits très-concluants, et dont le rapprochement rehausse la portée, sont venus confirmer l'opinion de M. Mège-Mouriès.
Par un traitement facile il appliquer, M. Mège- Mouriès purge le son de lu céréaline sans en changer l’aspect ; ce son ost introduit dans une pâte eu proportion qui, dans les circonstances ordinaires, donnerait certainement du pain bis. Ce pain étant cuit, on trouve qu'il est resté presque blanc, que la mie présente seulement une légère teinte jauimtro, seul effet qui puisse résulter de la présence des pellicules qu’on retrouve h la loupe.
Les farines bises elles-mêmes peuvent donc donner du pain blanc si l’on parvient h attaquer la céréaline, à la rendre Inactive et h séparer les pellicules par une opération mécaniques
M. Mège-Mouriès réussit effectivement à paralyser Io principe nuisible; mais, pour que ce résultat s'obtienne d’une manière économique, il est nécessaire de remanier en entier le traitement qu'on fait subir au blé dès le moment où il va pa&or à la mouture. Le blé est broyé en une seule fois et partagé en trois parties : le son qn^on rejette, la farine de première qualité et les gruaux impurs. A ces gruaux on fait subir une fermentation vineuse à basse température, dans quatre parties d’eau additionnée do glucose et de levure de bière. La fermentation dissocie les gmanx, décompose
PAPIER
PAPIER
la céréalihc et la réduit & T inaction. Pour séparer le son abandonné par le gruau, on tamise le liquide et on s’en sert comme de levain pour faire la pâte avec la farine de première qualité. Par ce moyen on simplifie la mouture , on laisse tomber en dâsuétnde la sério empirique du levain de chef, du levain de première , du levain de seconde, da levain de tout point , et l'on convertit en pain blanc tonte la substance assimilable du grain , à l'exception do quatre ou cipq centièmes qui restent adhérents au son. Somme toute , cette méthode doit élever le rendement du blé en farine de première marque de 70 à 80 pour 400, et supprimer le pain bis de la consommation.
PAPIER. Dan» son si excellent et si complet article sur la fabrication du papier. M. Hanriot a bien fait comprendre l'impossibilité do trouver des substances du règne végétal aussi avantageuses pour la fabrication du papier que les chiffons de chanvre et de lin, si bien préparés, en quelqne sorte, par de nombreuses lessives. Toutefois, la rareté des chiffons, leur insuffisance relativement à la consommation sans cesse croissante du papier, a fait multiplier dans cette voie les recherchas, dont les résultats sont dignes d’intérêt, car ils seront sûrement quelque jour le point de déport do très-importantes industries. Nous en empruntons l’exposé à une intéressante brochure do M. Van den C'orput, professeur do chimie an Musée royal de l'Industrie b Bruxelles.
« Le moyen qui dut naturellement se présenter, dit-il, fut de chercher à remplacer les chiffons, devenus rares, par d'autres matiires formées comme ceux-ci de cellulose o l'état fibreux, et possédant la même propriété do se feutrer en feuilles minces, tout en étant d’un prix moins élevé.
- Vers la fin du siècle dernier, la Convention nationale fit faire dans cette direction do nombreuses recherches que l’intérêt privé a depuis continuées, et des récompenses considérables ont été récemment encore proposées on Angleterre et en Amérique, par quelques grands journaux tels que le Times et le Netc-York- Herald, pour la découverte d’une substance qui pourrait avantageusement remplacer le chiffon.
<* Il ne manque point de matières filamenteuses renfermant dans leur tissu les éléments propres h la conf'Ttion du papier; mais, dans la plupart, les fibres se trouvent agrégées de telle manière, que l'obstacle à leur emploi sc rencontre surtout dans la difficulté d'isoler les filament*: qui les constituent et du les amener & un degré convenable de blancheur saus attaquer leur organisation intime. IVantres ont reçu des applications différentes, desquelles ce nouvel emploi les détournerait, sans avantages bien marqués. Quelques substances enfin sont d'un prix trop élevé, au moins dans nos contrées, pour que l’on puisse sérieusement songer b les appliquer à ln fabrication du papier.
** Toutefois, les recherches sérieuses qu’ont suscitées les prix proposés en France par la Société d’encouragement ont conduit b ce résultat important, que certaines plantes, très- communes dans no» climats, pourraientêtroamenée», par des manipulations convenables, à fournir des papiers dont quelques-uns jouissent de qualités peu différentes de celles du papier de chiffons
« Le foin, Y ortie , lo houblon. In maure, le chiendent, la réglisse, lu guimauve, les tiges de pois, de haricots, de sarrasin, les joncs, les roseaux, Yêrorct de tilleul, les brindilles de hêtre, de saule, de tremble, les lichens , les feuilles de châtaignier, l'uftf marine, les fanes de pommes de terre, les liges de mats, sur lesquelles le docteur Dallas attira le premier l'attention, celles de l’ar/iVAauf, si abondamment cultivé aujourd'hui aux environs d’Alger, ont successivement été proposés comme matières ouvrables pour la papeterie; mais la
plupart de ces végétaux ne donnent que des papiers de qualité assez inférieure.
« Cependant, à en juger par la quantité do brevets ui, chaque année, sont sollicités pour la découverte e matériaux propres h la fabricatiou du papier, il flomhle que la généralité des intéressés n’a aucune connaissance des nombreuses expériences qui ont été antérieurement entreprises dans ce sens. Mais il suffit, pour se convaincre de l'ancienneté de la plupart de ces prétendues découvertes, de jeter les" yeux sur un livre très-curieux dont un exemplaire se trouve déposé au British-Museum de Londres. En effet, co livre, écrit en langue hollandaise et publié en 4772, est imprimé sur soixante-douze espèces de papiers provenant d’autant de matières différentes, et témoigne, par conséquent, d’une manière matérielle, irrécusable, des nombreux essais qui ont été tentés depuis longtemps pour trouver aes succédanés aux chiffons.
• La paille, qui constitue le chaume des graminées, fut utilisée pour la préparation du papier, dès l’année 4756, par un fabricant allemand, et en 4800 le marquis do Salisbury présenta au roi d'Angleterre un livre imprimé sur papier de cette matière.
• Proposée de nouveau, au commencement de notre siècle, par Ann. Séguin, elle parait être, malgré la dureté que lui donne son épiderme siliceux, l’une des substances qui se blanchit le mieux et qui donne, au moins bous ce rapport, les résultats les plus favorables.
• C’est particulièrement en Allemagne, en Angleterre et en Belgique, que ccttc nouvelle industrie s’est perfectionnée. Il existe dans ces pays depuis plusieurs années et aussi en France et h Saventbem, près de Bruxelles, des fabriques de papier de paille dont les produits trouvent, comme papier d'emballage, un placement avantageux par leur bas prix et leur solidité relative.
« lies pailles employées pour la confection des papiers peuvent être divisées en deux classes, celle» des divers blés : froment, orge, seigle, etc., et celles des légumineuses, telles que pois, haricots, lentilles, auxquelles on peut joindre la paille du colza, qui a été également proposée, etc.
• La paille de maïs a été anssi récemment préconisée comme l'une des substances les plus propres à remplacer lo chiffon. IVaprès les essais qui ont été faits b la papeterie royale de Prusse, elle paratt fournir un papier d’une solidité remarquable, circonstance qui rendrait son emploi précieux pour lo papier destiné aux actes officiel», si cette matière no laissait quelque peu à désirer sous le rapport de la blancheur et da la pureté. Son application est du reste loin d'être neuve, car, dès le dix- septième siècle, il existait dan» les environ» do Rimini un moulin à papier qui ne travaillait que la paille de mats, et dont les produits acquirent une grande réputation.
■ La préparation de la paillo de blé ou do mais consiste b faire bouillir, sous une pression de six & huit atmosphères, 1a paille préalablement bnchéo, avec une forte lésai vo caustique contenant environ cinq parties de soude pour cent de la quantité de pâte, sèche. Cos lessivage», qui ont pour but d'enlever la silice à la paille ut d'en désagréger les fibres, doivent être ordinairement réitérés , et il importe, après chaque opération d'exécuter avec beaucoup de soin des lavages h grande eau. Lo contact de la lessive alcaline avec la cellulose a pour effet de donner b celle-ci une coloration plus ou moins brune, mais il est aisé de lu lui enlever en partie, on passant la matière effilochée dans un bain d’acide contenant troi» partie» d’acide sulfurique pour cinq do soudo employée. Lo blanchiment ordinaire fait le reste.
PAPIER
« Quant nux mriuU que présente le chaume des graminées, leur résistance plus grande exige qu'ils soient écrasée sous des cylindres spéciaux. Dans quelques fabriques on sépare les nœuds do la paille, d'abord bâchée en Iragmonts très-petits, au moyen du vannage, co qui permet do les traiter à part. Le défilé obtenu par lot» procédés ordinaires est ensuite blanchi au chlore ou aux chlorures do chaux ou de soude, dont on peut augmenter la force en y ajoutant, sur la Fin de l’opératiou, un peu d'acide sulfurique, ou mieux, d'acide chlorhydrique.
• Tel est, à quelques légères modifications près, le ipode opératoire auquel peuvent être ramenés la plupart des procédés qui ont été brevetés pour la conversion direete en papier des fibres végétales de diverses natures.
« La paille ainsi traitée (omit une pâte d'un éclat remarquable et qui, jusqu'à un certain point, c'est-à-dire pour quelques qualités de papier, peut so passer d'un mélange de chiffons ; elle ne réclame même qu’un col- ; lage léger. La paille de froment est celle de toutes qui ! duunc le papier le plus beau.
« Nous avons dit que le foin pouvait être converti eu papier, l.a plupart des graminées qui le constituent, telles que les pkalarit, les dactyle», les carez, Varrhénalhire , etc., fournissent, en effet, 30 pour 100 environ d’uno fibre qui n’ofïre pas, il est vrai, une grande résistance, mais qui se blanchit aisément. Le rai-grae* en donne 315 pour 1 00.
« Les parties fibreuses qui demeurent comme résidu dans la fabrication du sucre do betteraves pourraient également être utilisées avec avantage à la fabrication du papier, après avoir été convenablement effilochées en charpie ténue.
• Mais de toutes les matières indigènes propres h intervenir comme succédanées aux chiffons, les jonc » (juncus effutut, terratu* et autres) ainsi que les ortie* (urfira uren.*, dioica, etc.)’ sont les plus convenables pour la fabrication d’un papier de bonne qnalité. L'ortie donne 25 pour 100 d’une fibre magnifique qui se blanchit aisément, et, d’après M. do Claussen, les romiujt, qui contiennent 40 pour 100 de cellulose, fourniraient deux fois plus de rontière propre à être substituée aux chiffons que la pnillo do lin, par exemple. — Enfin, il y a quelques années, lord Bcrriedale tenta en Angleterre, mais sans succès, la préparation d’un papier do chardon, et un brevet fut accordé en France à M. Bcretta pour la fabrication d'un papier avec le résidu de la pomme de terre , après l’extraction de la fécule.
« La fabrication du papier repose, comme on sait, sur la désagrégation régulière et 6ur la division des fibres végétales qui, ayant épuisé leur emploi comme matière textile, ont déjà subi une usure par laquelle leurs fibrilles s'assouplissent et se prêtent ainsi au feutrage on feuilles minces et blanches d’une texture égale, présentant tout à la fois de la ténacité et de la flexibilité.
• La désagrégation de ces fibres, que l’on obtennit autrefois en soumettant les vieux chifTons de toile il une sorte de fermentation ou de pourrissage, s'effectue aujourd’hui d'une manière beaucoup plus rapide par Y effilochage, au moyen de machines spéciales, à cylindres broyeurs, que les Hollandais ont, les premiers, introduites dans la fabrication du papier, il y a uno centaine d’années. »
- On avait coutomo, avant cette époqne, pour produire l'effilochage, de soumettre les chiffons pourris à uu battage prolongé dans des baquets appelés piles, et de le* passer sous des pilons ou des marteaux mus par un moulin spécial. Les fibres du chiffon conservaient par ce moyen nne plus grande résistance, mais ce dernier avantage était bien compensé par la perte
PAPIER
de temps et par l'augmentation de main-d’œuvre qui en résultait.
• Cependant, le procédé du pourrissage, par lequel on abandonnait pendant trois ou quatre semaines les chiffons coupés et rassemblés en tas dans un lien humide, à une température capable d'y développer un travail de fermeutation qui attaquait les substances accompagnant In cellulose, saus altérer ccllo-ci,’ pourrait être conservé, comme opération avantageuse, dans la fabrication directe du papier & l’aide de certaines . matières végétales présentant uno très-grande dureté ou uno très forte cohésion. — Les vapeurs acétiques ou lactiques et parfois ammoniacales qui so dégagent pondant cette putréfaction contribuent à la dissolution des matières étrangères à la fibre proprement dite, telles que l’albumine végétale, les résines, les matières grasses, extractives, etc., qui concourent avec la cellulose a former le tissu végétal ; et c'est vraisemblablement ponr avoir abandonné d’une manière trop absolue cette opération préliminaire, laquelle n'empêche point d'ailleurs de soumettre ensuite les matières à l'action des raffineuscs, que beaucoup do tentatives, daus le but do transformer certains produits fibreux en pâte, ont avorté. — Cette pratique, si elle exige un temps plus long, importe au moins uno notable économie dans les frais u'œuvre. Aussi la transformation en pâte des nœuds de paille, par oxomnlo, exige, lorsque ceux-ci sont travaillés & part, jusqu à huit traitements successifs, pendant vingt-quatre heures, par do* lessives formées d'une partie de potasse et de 50 pour 100 de chaux caustique. Il en résulte des frais qui, jusqu'à présent, rendent l'exploitation do ce produit très- peu lucrative ; mais on diminuo notablement ces dépenses en abandonnant la matière pendant environ un mois uu pourrissage.
« Il me souvient avoir vu, 'pendant le voyage médical que je fis en 1856 avec M. le docteur baron Seutin, en Algérie, dans une fabrique de papier récemment élevée sur les bords de l'Arroch , au milieu de lu pittoresque vallée de la Mitidja, où, par parenthèse, ses m uns froids et maussades, surmontés do la prosaïque cheminée , formaient un étrange contraste avec la naturu chaude et poétiquo du paysage environnant ; il me souvient, dis-jc, avoir vu la méthode du pourrissage appliquée avec succès par l'intelligent auteur do ('entreprise, M. Rifaud , à la fabrication du papier do pnlmiernnin (chamarops humilis ), végétal très-commun sur tout le littoral méditerranéen. .l'ai rencontré depuis, en Belgique, le même produit végétal à l’état do fibres désagrégées, destinées également à la fabrication du papier, mais je dois ajouter que le négociant détentchr do cotto matière en ignorait complètement la □aturo.
■ Le procédé du pourrissage dont nous venons déparier offre toutefois certains inconvénients. Indépendamment de sa lenteur et des pertes d'intérêt qui en résultent, il est d'observation, au moins en ce qui concerne le* chiffons, que les pâtes qni proviennent du pourri offrent moins de nerf que les pûtes verte* effilochées directement K ln pile. La cause parait en être que, par la putréfaction , le ligneux perd toutes les matières glutincuses ou pectincuses que retiennent en partie les pûtes en vert, matières qui contribuent à donner au papier que l'on en obtient ce liant et ce nerf qui pendant longtemps assurèrent la supériorité au papier hollandnis fabriqué par la méthode de l'effilochage. Par la même raison aussi, le papier pourri exige un collage beaucoup plus fort que le panier en vert.
« Dans la fabrication airecte du papier au moyen des matières végétales dures, difficiles à désagréger, il est, la plupart du temps, indispensable de soumettre les fibres , rendues plus lâches et en quelque sorte plus malléables par un pourrissage préalable, à l’action do
PAPIER
la vapeur, combinée avec les bains de chanx et les lessives do potasse on de sonde. Ou débarrasse de celte manière la cellulose des matières étrangères et surtout do la chlorophylle, dont la dépouille cette espèce de rouissage, qui a on outre pour effet d’assouplir les fibrilles et de les rendre plus aptes à recevoir leur nouvelle application.
- Parmi le* matières végétales suseeptiblesd’êtreainsi traitées, nous citerons encore les feuilles acérouses des pins, qui couvrent d'une couche épaisse le sol des forêts du Nord et qui fonmiront sans doute, par la suite, un nouvel auxiliaire appelé à suppléer il la pénurie de» chiffons , en procurant ainsi une ressource précieuse aux habitante de ces contrées déshéritées. Cette application nouvelle est d’autant plus probable, que déjà l’on est purvenu à séparer les principes végétaux étrangers à la fibre qui constitue le squelette de ces feuilles,
Pour préparer avec leurs filament* une matière que on a nommée laint végétait.
■ Cependant, comme nous ia vont déjàdit, le principal reproche que l'on peut adresser à ces produit», aussi bien qu'au bois dont on a fait également du papier, c’est le déchet considérable qui résulte des différentes manipulations qu’ils exigent. — La paille est peutêtre, de toutes ces matières, celle qui produit le moins de pette», puisque, par un travail convenable, on peut obteuir de “0 à 80 de papier pour 41)0 de eette matière première.
- Il est d’autres substances végétales, au contraire, qui, unDrégnée* d'une grande quantité d’eau, ne donnent qu'un très-faible rendement. Telle est la sphaigne de» maratt (tphagnum tulgare , cuspidatum , etc.), qui pourrait fournir une ressource assez abondante aux papeteries dans le* contrées puludcu*es. Il est à notre connaissance, du reste, quo déjà l'on a fabriqué en Allemagne un excellent et solide papier d'emballage composé presque uniquement avec cette plante d'eau douro.
• Les former fourniraient aussi, d’après M. Gauthier de Claubry, un excellent papier, d’un très beau blanc et d’un tissu fin et soyeux , auquel on peut donner toutes le* qualités du papier de Chine, mais la culture dn roseau catossez dispendieuse. Elle ne peut d'ailleurs être exploitée dans les localités boisées, où l'utilisation de la fou gin, proposée en 4856 comme matière à papier, serait beaucoup plu» convenable.
* Enfin,MM.Kœniget limier, de Zcll (Bavière), ont dernièrement, utilisé une autre plante indigène trèsabondante dans nofthois, le gentt commun (tporlium emporium) , pour la fabrication d’un pupier d'enveloppe fort résistant. On pourrait de même employer le epartium h orridum, le spartimn r illotum et lo sjmrtium junrtumy dont los Grecs formaient une espèce de tissu à la manière du eparlo des Espagnols (y cnit ta hitpunica), qui, lui aussi, fournirait un papier assez bon, quoique d’un blaucblment difficile.
i Dans quelques papeteries françaises, à Grenoble et à Écharcon, on est aujourd’hui parvenu à imiter parfaitement le fameux papier de Chine avec la fi lasse de chant t t ou de lia travaillée m.rert, sans pourrissage ni blanchiment préalable. La trnusparence du pupier quo l'on obtient à l'aide de ces matières est due à l'acide pectique ou aux pectates interposé» entre les fibres. Dans la papeterie de Fontccchio, en Italie, on fabrique depuis longtemps un excellent papier avec les tomntilès de chanvre sans mélange de chiffon» , et le» matières glutineuscs que fournit eette plante permettent de se passer de l’emploi de la colle. C’est aussi à cause de la présence de ces dernier» principes que la pulpe de bel ferai e, proposée en 4b58 par M. K Collyer, et dont nous avons déjèmentionné l'emploi, pourrait ètrentile, mélaiigéo par demi ou par quart avec la pAte ordinaire, **H dispensant en partie du collage. M. Goodman a
PAPIER
également utilisé dans le même but la pulpe du «orgAam saccharalum.
• Le papier de réglisse [glycyrrhiia glabraj, confectionné eu 4826 par MM. Poisson cl Julia de Funienelle, n’a pas besoin non plus d’être collé; il est très-consistant. Ou pourrait, dans notre pays, substituer à ce végétal propre à l'Europe méridionale , le chiendent o « r^uise/um, qui fournissent de 45 à 25 pour 400 de fibres de qualité inférieure, mais eo blanchissant bien.
■ Une multitude d'autres végétaux seraient encore susceptibles de concourir à la confection du papier.
Nous avons déjà cité, parmi ceux qui offrent le plus de garantie, le palmier »io»n (chamjrropt humilie!, si commun dans le midi de l'Europe et dans le nord.de l'Afrique. Nous pourrions y joindre, comme plantes exotiques propres à la même fabrication, 1er*'*, l'ojors amerirana, le phormium lenai , la plupart des aloès , le eaecharum munja, le laccharum gara, Veriophonn n Jaunabacum, certains hibiscus , les écorces intérieures des rorrAoru» olilorius et capsularis, qui fournissent une pâte très-facile à blanchir , enfin le bambou et Varalea jiapy ■ rifera , que le* Chinois font aujourd'hui encore entrer dan» In composition de leur papier, ainsi que le unifier •i papier fbroussonelsa papyriferaj, qui sert au même usage chez les Japonais- Cependant quelques-unes de Cee matières sont très-difficiles à blanchir.
• Celui de tous ces produits exotiques qui parait se prêter le mieux à la transformation en papier est la tige de la canne h sucre farundo torchon fera J , qui donne de 35 à 40 pour 4 1)0 de pâte très-blanche.
• Certains varechs , la tourbe , lo» liante d' Amérique, lo» feuilles de palmier , ont été également utilisés comme matière à papier.
• On a fait encore depuis longtemps, et à l’instar des Chinois, de nombreux essais pour convertir en papier différents bois. En 1838, la maison Montgolfier, d'Ànnonay, obtint un brevet pour une semblable exploitation. l.es frères Montgolfier ont recours au procédé suivant : le bois de tilleul , à l'état de sciure, qu’ils choisissent pour cette préparation, séjourne d'abord pendant cinq à huit jours dans un lait de chaux. La sciure est ensuite désagrégée et effilochée dan» une machine spéciale; puis, pendant environ dix heures, elle est soumise en vase clos à l’ébullition avec une lessive de potasse caustique. On passe à la presse le défilé qui en résulte ; puis on le traite de nouveau par la potasse et enfin par le chlore; apres quoi , la pâte est mélangée avec des chiffons et collée à la manière ordinaire.
• D'après des documents^dont je n'ai eu connaissance qu'au moment de livrer mon travail au tirage, l'honneur de cette invention appartiendrait à la Belgique.
M. Yapder Hncghen, bibliothécaire de S. A . Mgr le duc d’Aronberg, m’a communiqué un échantillon do papier assez beau, fabriqué à Bruxelles en août 4771, et obtenu, comme il conste des actes authentiques conservés dan» sa famille, au moyen d'un mélange «le quatre cinquièmes sciure do bois ot un cinquième chiffon.
• Déjà quelques tentatives pour la fabrication du papier au moyon de la cellulose du bois avaient été entreprises au commencement de notre siècle. Dès 4770 . . j même, on fit en France dos essais pour fabriquer des papier» au moyen de Yécorce du mûrier, et en 4786 le marquis de Villottc publiait scs œuvre# sur papier de guimauve, en plaçant à la fin dn volume de» échantillons de papiers faits avec vingt autres substances différentes. Nous verrons plus loin quo U guimauve a été introduite de nonveau , il y a quelques année», dans la papeterie en Allemagne.
• Bien que divers ci>saia cusscut été faits dans ce sens en France et ailleurs, toqjours est- il que e’est à un chimiste allemand, M- 11. Voelter, de Hcidenheim (Wurtemberg), que l’on doit le# premières tentatives qni aient abouti, pour la fabrication du papier au moyen
igitized by Gi
PAPIER
PAPIElî.
da boiü, dont tant de soi-disant inventeurs n’ont fait depuis que reprendre l'étude.
La méthode de M. Voclter w* caractérise surtout par le mode particulier dedéfilnge qu'il à adopté. Le bois, divisé d'nliord en bûchettes, est broyé dans le sens longitudinal de ses libres au moyen do meule» qui le réduisent en filaments ténus, sans priver la cellulose des traces de matières albuminoïdes qui peuvent y adhérer.
Ce fut naturellement sur les substances ligneuses les plus tendres et, partant, les plus faciles à effilocher, que les es.-ais portèrent. La tilleul, le tremble, le peuplier, peut-être encore le marronnier, sont, de tontes les essences, celles qui so prêtent le mieux & la transformation en papier. Mais le bois Jet conifères présenta surtout une fibre très- propre à cette opération. Le pin d' Écosse, en particulier, peut fournir 4tt pour 100 de pflte ; mais les frais nécessaires pour réduire le bois en pulpe et pour le blanchir d’une manière convenable sont malheureusement encore le triple de ceux que coûte le blanchiment des chiffons. La fihre de bois employée seule est, en outre, trop courte et trop molle ponr se feutrer de manière à produire un papier suffi somment solide ; d’ailleurs, l'absence presque complété de matières protéiniques et glutineuses dans le bois proprement dit sera 'toujours le principal obstacle à l'emploi de celui-ci, et ce n’est guère au delà d’une proportion do <0 pour <80 que, mélangé avec la pûta de chiffons, il peut fournir un papier suffisamment souple. On paraît cependant être parvenu à utiliser cette matière dans quelques papeteries des Etats-Unis d’Amérique, et l’on a même fabriqué en Angleterre un papier d’enveloppe au moyen du fan mélangé avec une certaine quantité de chiffon» de laine.
Quoi qu’il en soit de l'ancienneté de l'application du bois ou de la paille à la fabrication des papiers, et bien que les procédés do cette fabrication soient actuellement tombés dnns le domaine public, un nouveau brevet fut accordé, il y a quelques années, pour la conversion en papier des écorces de saule et d’autres arbres, ainsi que de la paille, aux sieurs Coupier et Mellier, de Mnidstone (Angleterre).
D’après le procédé de ces industriels, la matière première, convenablement divisée, est soumise h l'action d’une lessive bouillante de potasse ou de soude, marquant de 7 à lü degrés B. Ce premier traitement exige huit ou dix heures, après lesquelles on laisse s'échapper le liquide; puis on lave plnsieur» fois à grande eau la matière, qui est ensuite soumise au blanchiment dans un bain d’hypochlorjte de chaux pendant l'espace de doute à treize heures. Pour 400 kilogrammes de cellulose, les inventeurs emploient 20 à kilogrammes d’hypochlorite, qu’ils dissolvent dons une quantité d'eau suffisante pour que le liquide marque environ 3 degré» B. La pâte est alors lavée k l’eau bouillante, et enfin mélangée dans la cuve avec une certaine qnantité de chiffons.
Les mêmes inventeurs se sont fait breveter également pour un procédé de transformation du bois en une mus»e pulpeuse, propre à la fabrication du papier, au moyen de l’acide azotique étendu à 5 ou o degrés B. Us soumettent la «cturr de bois, pendant environ quatre heure», à l’action de cet agent, combinée avec celle de la vapeur; puis ils lavent et font ensuite bouillir le défilé avec une lessive caustique de 2 degrés B. ; enfin ils blanchissent la pftte à l’hypochiorite. — L’acide oxalique, résultant de l’action de l’acide azotique sur la fécule que renferme le bois, peut être recueilli comme produit accessoire et séparé par cristallisation, pour être utilisé dans k-s fabriques d’indiennes, où il est aujourd'hui employé comme mordant.
Mais l’un des succédanés les plus usité» actuellement
pour remplacer les chiffons de chanvre et do lin est le colon brut, qui, depuis quelques année», est de plue en plus employé dans la fabrication des papiers, surtout de ceux destinés à l'impression ou à lu lithogra-, phio.
Bien que les Arabe» eussent déjà fabriqué, dès le onzième siècle, du papier avec le coton cru, à Septa ((.'eu ta} et à Xativa, et que l'Allemagne le connût même, partit-il, dès le neuvième siècle, cotte matière première avait été presque entièrement remplacée depuis par le» chiffons de chanvre ou de lin. Ce fat en Angleterre que l'on reprit d'abord la fabrication du papier à l'aide des déchets de coton et de» résidas des filatures. On utilise même aujourd'hui jusqu'aux balayures des ateliers où se travaille cette substance.
Après avoir été triée et séparés, au moyen de machine» spéciales, espèces de blutoirs à dents de loup, des impuretés ou de» poussière.» qui les souillent, les déchets de cotou sont soumi» au lcssivago par 1a chaux on la soude caustique, puis à l'effilochage, et passés à la presse pour subir de nouveau un double raffinage et être blanchi» dnns des cuves de pierre au moyen d’une solution faible de chlorure de chaux. La pilte qui en provient est ensuite collée et travaillée à la manière ordinaire.
M. OeclielbaUscr a publié sur l'emploi du coton (ro(o»-ira«fe), dans les fabrique» du Ijuicashire, de» détails fort curieux, d'où il résulte que l'on peut évaluer à 8 ou 10 millions de kilogrammes la quantité de papier actuellement fubriqoée en Angleterre à l'aide de cette substance.
Les déchets des filature» de lin sont utilisés de la même manière.
Parchemin végétal. — Suivant les indications de M. Gaine, l’on parvient à donner au papier l'apparence du parchemin, en lo plongeant rapidement dans un bain d'acide sulfurique formé de deux parties en poids d’acide fumant et d’une partie d'eau, lavant ensuite à grande eau, puis faisant sécher. Le papier traité de la 6orte prend l’apparence du véliu et acquiert une très-grande solidité. Le» feuilles imprimées ou les planches lithographiée» peuvent être soumises à la même opération, laquelle a pour principal avantage do leur donner plus de résistance aux agents chimique» et une ténacité qui, d'après M. Hoffmann, serait cinq fois plus grande que celle du papier nou préparé.
Déplus, ce parchemin végétal, dont l’usage commence à se répandre en Angleterre , a l'avantage de garantir les acte» légaux contre toute falsification , les caractères une foi» tracés y demeurant invariables. Mais la préparation de ce nouveau produit demande quelque» précaution» sans lesquelles la réussite n’est guère possible. Il faut, do toute nécessité, agir sur du papier non collé, à une température de 43°, 5 et à un degré constant do concentration de l'acide. Ce n'est qu'en agissant ainsi que le papier acquiert la translucidité, la cohésion et l’imperméabilité du parchemin, sans conserver la moindre trace d’aeidc libre qui , par la suite, pourrait l’altérer.
Emploi de la glycérine. — Les avantages qui résulteraient, pour le papier d’impression, du mélange d'une grande quantité de ce liquide avec la pâte, au moment du collage, seraient : 4" de dispenser de la trempe du papier, opération quelquefois très-difficile, mai» qui toujours détériore plus ou moins la feuillecn lui enlevant son glacé ; 2** de faire sécher Instantanément l'encre d’imprimerie , et de prévenir ainsi l’altération qu’éprouve l’impression fraîche par le frottement. Elle aurait , en outre, pour résultat do douner plus de souplesse eu
Fapior et de lui permettre de recevoir plue aisément empreinte des lettres.
Pour comprendra le mode d’action de cette substance,
410 PAPIER
il importe de connaître wi nature et ses principaux caractères.
La glycérine est un corps gras, neutre, do consistance oléagineuse, non volatile aux températures ordinaires, incolore ou légèrcmcitt jaunâtre, d'une saveur sucrée très- prononcée à laquelle elle doit son nom , et qui l’a lait utiliser tout récemment en Angleterre pour l'édulcoration des sirops et des limonades.
Cette dernière propriété peut, d’après les expériences que j'ai faites pendant le cours de mes études sur les papiers, être mise à profit comme moyen fort simple et à la portée des industriels, pour constater si un papier est ou non préparé à la glycérine. Ce moyen, essentiellement pratique , repose sur In saveur sucrée de la glycérine et sur sa parfaite solubilité. Un papier glycériné , humecté avec ln langue , lui laisse une saveur sucrée manifeste que n’olTrc jamais un papier non préparé. C'est donc là un moyen distinctif aussi prompt et aussi facile à appliquer que l'est le simple mouillage pour distinguer le papier collé. Lu glycérine, quoique dérivée des graisses, diffère de tous les autres corps gros dont elle tire son origine , en ce qu'elle est soluble en toutes proportions dans l’eau et l'alcool, mais insoluble dans l'éther; c’est à sa miscibilité parfaite avec l'eau, et par suite avec la pâte du papier, qu’elle doit de no poait rendre celui-ci translucide et do ne point le tacher à la manière des corps gras.
Cette substance, qui est appelée à jouer un rôle important dans les arts et dans les applications industrielles, peut s'obtenir pu grand et h bon marché, comme produit secondaire, dans la préparation des acides gras, soit nu moyen de la distillation avec la vapeur d'eau surchauffée, soit au moyeu do la saponification.
C’ost par la nature mémo de la glycérino , qui se rapproche de celle des huiles, que uous nous expliquons les effets que sa présence exerce, dans le papier, sur l’encre grasse d’imprimerie. Scs molécules interposées dans le tissu de la feuille rendent, par leur affinité pour l’excipient gras de l'encre, la pénétration de celleci plus facile et en déterminent l'ititussusception pour ainsi dire instantanée dans le papier. Il en résulte nécessairement une dessiccation plus prompte , et par conséquent aussi une adhérence plus intime des particules charbonneuses à la surface de 1a feuille.
La glycérine, d'après cette manière de voir qui nous paraît être la seule rationnelle, n'agirait que comme lien entre l’encre d’imprimerie et le papier, dont elle augmenterait en quelque sorte la réceptivité. Ce serait donc en vertu d‘nn phénomène d'imbibition, analogue k celui sur lequel *è fonde la préparation de certaines encres d’écriture indélébiles, que le papier glycériné se montrerait avantageux , avec cette différence , toutefois, que c'est ici la glycérine qui exerce son affinité sur l'encre en la faisant pénétrer plus intimement dans les pores du papier , tandis que dans l’écriture indélébile, c’e^t l’encre, au contraire, qui pénètre pins profondément dans le papier à l'aide de l’acide chlorhydrique étendu ou des lessives alcalines que l’on y ajoute pour la rendra ineffaçable.
Mais la glycérine, par sa fixité et par son inaltérabilité, autant que par le pouvoir dissolvant considérable qu'elle possède , offre encore d’autres avantages dans son application à la fabrication du papier. 11 semble, en effet, qu’en s'harmonisant avec le savon de résino de la colle végétale, elle donne plus de souplesse à la substance du papier, qui, par cela mémo, peut admettre une plus forte quantité do kaolin. C’est du moins ca qui résulte de quelques recherches que j’ai faites; car, d'après l'analyse à laquelle j'ai soumis un échantillon de papier glycériné qui m’avait été remis par M. R«ls, j'ai trouvé à ce produit la composition suivante i