‹ Complément du Dictionnaire des arts et manufacturesChapitre 195 sur 394 · PARFUM · texte numérisé non relu

PARFUM

intervalles do temps et de chemin parcouru assez courts. Le choc qui pourrait se produire, si la vitesse devenait considérable, est en réalité assez faible, otses effets pourraient être encore beaucoup diminué.-* en plaçant les ouvrier* sur des planches portées par dos ressorts ou par l'emploi de dispositions susceptibles de produire un effet analogue.

PARFUM. M. M don, chimiste fort habile, a fait, en Algérie, d'intéressantes recherches sur le» procédés l’extraction des parfums des fleurs. M. le maréchal Vuiilaut a fait connaître ses procédé* à l'Institut par une curieuse communication que non* reproduirons ici.

■ Déjà plusieurs do nos colons africains ont réussi dans la pro«luction des essences, et leurs échantillon* uni été appréciés; mais pour tirer un bon parti des fleurs, on doit incorporer leur parfum à l'htnle ou à l’axonge, et cette opération très-compliquée exige de» huiles et de» graiss«’s d’une grande finesse, en même temps qu’elle nécessite des installations dispendieuses. D’autre part, comme on n'emploie pour la fabrication «les parfums do première qualité que des fleurs parfaitement fraîche», il faut que la production de celles-ci se groupe et »e concentre, en quelque sorte, sur le point même où l'exploitation fonctionne. Or ces conditions, •pie nous voyons réunies à Grasse, sont difficiles à réaliser en AJgérie, où cependant les fleurs précimïte», telles que la cassic, le jasmin, la roee, la tubérouae, «croissent parfaitement.

- M. Mdon a cherché à modifier le» procédés actuels do l'exploitation do» fleurs, ot à les rendre d’une pratique fucile pour l’Algérie ; il y est parvenu en extrayant tout le parfum «les fleurs à Laide de «livers dissolvants volatils et surtout do l'éther. Il Téduj® ainsi la partie aromatique de la plante à un très-petit volume, «le telle sorto que 4 gramme d’extrait, provenant de 4 kilogramme de fleurs, aromatise au même degré les corps gras, et, sous un poids mille fois moindre, produit les mêmes effets. Ce n'est pas encore lo parfum pur et isolé do toute autre substance; mais cette limito suffit à l'art de la parfumerie, et, à la faveur des nouveaux produite, on romplacts des manipulations laborieuse* par un simple mélange ou par une dissolution que l'an peut faire en tout lieu et au mo ment que l’on juge le plus convenable.

■ Comme cette méthode d'extraction conserve le parfum avec fidélité, on peut substituer la préparation et l'aromo même de la fleur à ces mélanges d'essences avec lesquels on imite très-imparfaitement les parfums naturels. Ces dernières compositions, la plupart assez grossières, sont souvent lu cause du peu do succès que la parfumerie obtient près des consommateurs délicate.

• Les rochcrchoa de M. Milon lui ont fourni l'occasion de faire une étude nouvelle des parfums, substances très-distinctes do la plupart d«s essences, et qui se caractérisent surtout par leur inaltérabilité à l'air. Ainsi, des couches minces de parfum, étalées au fon«l •le tubes ouverts, se conservent pendant plusieurs années sans déperdition sensible. La proportion «la parfum contenue dans lçs fleurs est tellement faible, que si l’on cherchait à l'isoler complètement ot à le purifier, son prix surpasserait celui do toutes les matière» connues : pour certaines fleurs, 4 gramme de parfum coûterait plusieurs milliers de francs. Les Orie ntaux consentent déjà à payer l’essence de jasmin, malgré son odeur empyromnatique, jusqu'à 750 et 800 francs l’once. •

PEIGNEUSE Heilmarîc. Los pin» grandes difficultés que présente la filature des substances filamenteuse», dit le rapport du jury do l'Exposition do 4855. proviennent de l'inégalité de longueur des filument» et des bornons qui y sont adhérents ; ces Difficulté» ont,

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PEIGNEUSE.

PEIGNEUSE.

pendant de longues année- . fuit lu désespoir des industriels qui se livraient à la filature du coton, à celle de la laine peignée, et elles étaient d'autant plus sensibles que l'on cherchait h produire un fil d’un numéro plus élevé. On avait beau luire éplucher à la main a grands frais, passer aux cardes une nappe extrêmement fine, on ne se débarrassait que d une partie des boutons, on ne su débarrassait d'aucune partie des filaments courts; les boutons se retrouvaient dans le fil et ensuite dans le tissu; les filaments courts, échappant h l'action des cylindre» étircurs, nuisaient à la régularité du fil, et, pour nous servir d’expressions familières aux (dateurs, produisaient des grosseurs et des coupures.

Si, il y a dix ans, on avait dit à l'industrie, tout avancéû qu'elle était nlors, qu'une machiuc allait être découverte qui, dans la laine, dans le coton, dans l’étoupe de lin, dans la hourre de soie, séparerait les filaments courts des filament» longs, choisissant les derniers avec plu» de discernement qu'il ne serait possiblo do le faire k l'aide des meilleurs instrumenté d'optiqne, et mettant à part les premiers, jetant en même temps dans ces filaments courts toutes les impti retés, tous les bouton», de munière que les filamentlongs resteraient «culs parfaitement pur», propres h produire un fil uni et par suite un tissu brillant et d'une régularité irréprochable; si, disons nous, ou avait annoncé qu'une pareille machine allait être inventée, il u'cst personne qui n’eût répondu qu’une semblable invention serait un prodige, mai» que ce prodige n'était point réali»ahlo, cl ccpendunt un an après il était réalisé.

En 4846, Josué Heilmann découvre la peignense qui porto sou nom, machine admirable, dont le principe, aussi nouveau qu'ingénieux, a pu s'appliquer avec le même succès à toutes les substances filamenteuse», en modifiant seulement les dimensions de la machine. loi poignetisc Heilmann pour la laine, celle pour le coton, *ont aujourd'hui répandues en France, en Angleterre, sut tout le continent. La peigneuse pour étoupe» do lin conquit son rang k côté de se» soeurs aînées; celle pour la bourre de soie ne parait pas destinée à un moins brillant avenir. Cette machine si compliquée, mai» dont tons les organes fonctionnent avec un uccord si parfait, est aujourd'hui en usage dans les établissements de filature, connue la carde, le banc à broches et le métier h filer ; elle a permit, d'employer pour les numéros fins des matière» qui, à cause de l’inégalité de leurs filaments ou de l'énorme qunntité do boutons qu’elles renfermaient, y paraissaient tout à fait impropres; elle a permis do produire, soit en laine, soit en coton, des fils d’une propreté, d'une régularité extrordinairc» ; elle constitue, en un mot, le plus grand progrès finit eu Europe dan» la filature de» 6UD*lnucc» filamenteuses, depuis la découverte faite, on 4810, par Philippe do Girard, de la filature du lin.

Irn peignouse Heilmann est une combinaison d'un appareil alimentaire avec un appareil pcigncur et avec un appareil à la fois arracheur et réunisscur.

L'appareil alimentaire est fait de manière k délivrer successivement et à intervalles égaux de petites quantités des filament» à peigner préalablement réunis en ruban à chaque alimentation ; le bout du ruban est saisi l*or une pince à double mâchoire qui s’ouvre et «e ferme, et il est présenté h l'action do l'appareil pcignenr, composé d'une série de peigne» travailleurs montés sur un cylindre tournant autour de son axe. Ces peignes travailleurs séparent les filaments courts otlcs boutons, les entraînent; une brosse et un cylindre garni do cardes les retirent ensuite do ces peignes sons forme de nappes. Le bout du ruban alimentaire ainsi peigné est alors saisi par l’appareil arracheur

composé de deux cylindre» ; ces deux cylindres détachent du ruban alimentaire les filaments saisis par un bout, en arrachant l'untrcbout k travers an peigne appelé prigm fixe. Ce peigne fixe pénètre dans l'extrémité peignée des filnmeiKs au momont où l'arrachage doit se faire et où la pince s'ouvre et lâche l'autre extrémité. Far cet arrachage k travers le peigne fixe, cette autre extrémité îles filaments, déjà peignés k l'autre bout, se trouve être peignée aussi, de manière que les filaments détachés du ruban alimentaire soûl peignés par les deux l»ouU et prêts à être rattachés à ceux précédemment détachés, et ainsi de suite. Cotte soudure des mèches successivement peignées s'obtient ou moyen d’un mouvement en sens inverse de» cylindres arracheurs : les extrémité» des mèche» sont superposées de munière qu’il un résulte un ruban continu que la machine délivre régulièrement.

Dans cette courte description nous avons tâché de résumer les principes fondamentaux de la pcignouso Heilmann; ces principe» se retrouvent dans la peignousc pour coton , dans celle pour laine , dan* celle pour étoupe» de lin et pour la bourre de soie ; il n'existe entre ces diverse» machine» d'autres différences que celles résultant de la longueur des filament» qu’il s'agit de travailler. Ces modifications sont infinie*, de manière qu’étant donnée une certaine longueur de filaments, on peut immédiatement, en suivant les règles posée» par Heilmann, créer une machine conveoahio pour les peigner. On change k volonté la finesse des peignes suivant la nature des filaments et aussi suivant le degré plus ou moins avancé de peignage qu’on désire obtenir.

L'ensemble mécanique, iuventé par Heilmnnn pour traduire son invention en une machine que l'industrie pût employer comme loe autres machine» do filature, est un chef-d'œuvre presque aVtssi admirable que l’idée éminemment originale de l’inventeur.

Josué Heilmann, l'auteur de cette magnifique invention, est mort avant d’avoir pu jouir du succès merveilleux de sa machine, de son triomphe en Angleterre , sur la terre classique do la filature ; mais aujourd'hui 1'cxpénenre a proclamé son sucré» de la manière la plus éclatante : il n'y a plfts qu’une vuix dans toute l'Europe industrielle pour dire que c’est la plu» bello invention faite depuis quarante ans dans l'industrie do la filature.

Il s'agit ici d’une eps découvertes exceptionnelles qui ne se présentent dans l’industrie qu'à de longs intervalles.

On trouvera dans lo Bulletin de la Société d'mcoura tjtmenl, qui a donné à lu belle invention de M. Heilmnnn son prix de 42,000 francs, les dessins bien complet* des diverses pcigncnses propres au travail des divan filaments. Je donnerai seulement ici , pour bien fairecomprendre lcsprincipes essentiellement nouveaux résumés plus haut, sur lesquels repose le fonctionnement de cetto machine, la coupe do la peigneuse propre au travail du coton, à l'aide de laquelle on parvient, comme il vient d'ôtro dit, non-seulement k débarrasser le coton de toute impureté, mai» encore «faire disparaître les fibres trop courtes pour permettre la fabrication d'un fil irréprochable, et en di»posaut les fibres parallèlement avec une exactitude parfaite sans qu’aucune puisse demeurer repliée; en un mot, on réalise toutes les conditions qui peuvent conduire à la perfection de la filature.

A est un rouleau garni d’une nappe de coton sortant dos cardes ; il est porté par deux tambour» en bois B, C qui guident le déroulement de la nappe en »o mouvant comme les rouleaux alimentaires a et 6.

D est un guide qui conduit la nappe entre le» rouleaux alimentaire* a et b, le premier cannelé, en acier, le second couvert de cuir. Ils reçoivent un mouvement

rUGNKUSE.

‘EIGNKUSK.

intermittent d'uno roue h étoile» qui leur fuit faire an | supérieure métallique c, l’infériouro d garnie Je cuirdixième de tour jur chaque révolution du cylindre celto dernière, pur l’action d'un restent, tend tonjonr» pcigueur K, dont nous allons parler (fig. 3663). | il s'appuyer contre la première. Lamàchoire supérieure

PEIGNEUSE.

PHOSPHATE DE CHAUX

primé à l'aido d’une came qui meut le levier 48, U verge 47, le levier 47 et enfin l’axe 45. Le mouvement étant produit de bas en bout, la mâchoire supérieure s’élève, et celle inférieure la suit jusqu'à la rencontre des points fixes du bâti contre lesquels elle vient buter; alors la mâchoire c continue de s’élever seule , et par conséquent la pince s'ouvre.

C'est à ce moment quo les cylindres a et b font avancer la nappe, dont la tête vient s'engager dans k pince , on la dépassant d’une quantité déterminée par le réglage de l'alimentation , en raison de la longueur des fibres élémentaires.

Aussitôt ce mouvement accompli, la mâchoire c redescend, vient s'appuyer contre la mâchoire d, en serrant la nappe, et toute la pince, entraînée par l'oscillation de la mâchoire supérieure, tourne autour du centre 1 et vient présenter la tête de la nappe aux peignes parallèles qui garnissent une partie de la surface du tambour peigneur E. La surface du tambour pcigneur E est divisée en quatre parties inégales par les poignes parallèle* assemblés sur partie de sa surface, d’un côté, et un segment cannelé E’ de l’autre, les intervalles entre ce» parties étant nnis.

Les peignes sont faits avec des aiguilles d’acier réunies dans du plomb (comme on le fait pour celles du métier à bas) ; les premières sont les plus grosses, font la majeure partie du travail; les dernières, très-fines, ayant 40 douta au centimètre, lo rendent parfait.

Une brosse circulaire G, montée sur l'arbre 4, tourne dans le même sens que le tambour peigneur, mais avec une vitesse plus grande. Cette brosse , à chaque révolution dn tambour, débarrasse les peignes des matières étrangères ( des boutons et des brins très-courts dont ils sont chargés. Un ruban de carde H, monté en toile sans fin, nettoie les brosses G , et nn peigne à mtmvcincnt alternatif fait tomber dan» une caisse destinée h cct effet tons les déchets qu'il détache des dents do la carde.

Quand les peignes du tambour pcignonr ont accompli leur fonction, In pince remonte en s’ouvrant, et le peigne fixe #, placé en avant, s’introduit vert la limite de la portion déjà épurée de la nappo.

Au même moment, un cylindre garni de cuir 5, oscillant autour d’un cylindre cannelé g , vient s’appuyer vivement contre la partie cannelée E’ du tambour peigneur, et par suite comprimer les fibres peignées qui demenront appliquées sur le tambour. Cet abaissement est produit ou moyen d'une camo qui met en mouvement au moment voulu l’axe 22, et par suite le système 23, Q, R. Les deux surface* en contact continuant à tourner retirent du peigne fixe « la queue des filaments, et par conséquent lu détachent complètement du resto de la nappe. Il# passent ensuite entre lo rouleau g et un autre rouleau h qui opère apres le rouleau f.

| Voici maintenant comment --e soudant en un mban parfaitement continu les différentes mèches suceessivement arrachées. Après l'nrrachage, les cylindres arracheurs / et g , entre lesquels la meche c«t engagéo, opèrent un léger mouvement de recul de manière à dégager une portion de la queue arrachée ; il en résulte quo la tête de lu mèche suivante vient sc placer sur cetto portion de qnetie précédente, se soudera avec elle sous l'action des cylindres f , g , h , et il en résultera un mban continu dont la longueur sera nécessairement •''gale h la somme des mouvements d’avance on d'arrachage, diminuée de la somme de leurs mouvements de recul.

Ainsi soudé , le ruban est saisi par les rouleaux d'appel qui le dirigent hors do la machine.

Une seule machine peut avoir six têtes semblables, agir sur six nappes à la fois, chacune d'elles ayant 2Ô h 2 j centimètres de largeur. Les poignes donnent en général un coup par seconde , 60 par minute.

PESE-MONNA1E. Nous avons déjà parlé do cet ingénieux appareil , de l'invention do M. Seguier. Nous en donnerons ici la description.

Chaque pièce arrive par un plan incliné près duquel tourne un tambour horizontal garni do pointes qui agitent les pièces pour les faire passer une à une. Arrivéas au bas du plan incliné, loa pièces sont placées sur la balance par an poicur. I ji balance est multiple, et chaque plateau ost suspendu à une extrémité du fléau par une tige verticale dont une partie est enveloppée par un trào-petitcôno. Cette tigu enfile librement un petit anneau porté par un bras implanté dans la pièce qui soutient le couteau central et qui sert à soulever lo fléau. Le petit anneau , dont le poids est précisément égal au poids de tolérance, 60 trouve, dans l’état du repos, à une très-petite distance mi -dessus du sommet du cône.

Supposons que l'étalon ou le poids droit soit placé sur un plateau et la pièce sur l’autre : 4“ Si la picee a le poids de l’étalon ou à pen près, lo fléud reste horizontal ; une pièce amenée par le poseur pousse celle qui est sur le plateau et la fuit descendre pnr un canal du milieu dans la case des bonnes pièces; 2° si la pièce est plus lourdo que l’étalon , le fléau tend à s’élever dn côté de l'étalon , la tige monte avec son cône qui pénètre dans lu petit poids annulaire, s’en charge, et alors du eôté de 1 étalon ou a un poids fort égal au poids droit nngmenté de la tolérance. Si l'os* cillation du fléau est arrêtée , la pièce est dans les limites de la tolérance et se rend dans la case des bonnes pièces. Mais quand ce poids annulaire est inMiffisant pour arrêter l'oscillation, la balance trébuche et la pièce est poussée dans un canal latéral qui la conduit dons la case des pièces trop fortes ; 3® enfin, si, la pièce est plus légère que l'étalon , le fléau monte du côté de la pièce, le côno monte aussi et se charge de son poids annulaire. Si ce poids ajouté' à 1a pièce arrête l’oscillation, la pièce s’en va pnr le canal du milieu; mais, s'il n’arrête pas l'oscillation, la pièce se rend par un autre canal latéral dans la case des pièces faible#. La séparation, lo triago des pièces, s'opère au moyen d’une aiguille placée au-dessus du fléau et dirigée verticalement entre deux touches dans l’état d’équilibre. : Quand une pièce est dans les limites de la tolérance, l'aiguille, qui n’a que de petites oscillations, ne heurte pas les touches, et la voie du milieu reste ouverte pour conduire la pièce nu récipient des pièces acceptées. Mais quand une pièce est trop légère ou trop lourdo, l'aiguille vient heurter une des touches qui commandera l’extrémité des conduits latéraux, et la pièce prend l’une ou l'autre des deux voies latérales conduisant au récipient des pièces rejetées comme trop faibles ou trop fortes.

Avec cette balance on pèseraitôO pièces par minute. On irait à 500 si la même trémie alimentait dix balances : c’est le travail de quinze ou seize peseura.

PHOSPHATE DE CHAUX. Une des plus grandes découvertes auxquelles la science soit arrivée dans ces dernières années est sans contredit l’iraportanco du phosphate de chaux minéral pour l'agriculture. Accroître dans une proportion considérable les révolu» par l’emploi d’un amendement minéral, c'est permettra d'augmenter la richesse générale avec une incroyable facilité* Nous ne saurions mieux faire, pour montrer la possibilité d’accomplir ce grand progrès, que de suivre l’excellent Guide d* la fabrication économiqve du en~ g tait, par M. Robart, livre où toutes les questions qui se rapportent à l'utilité, au prix de revient, à l'emploi des engrais, sont traitées d’une manière à la fois si pratique et si complète. Nous y renverrons le lectour pour les développements dans lesquels le cadre de cct ouvrage ne nous permet pas d’entrer.

' • Parcourons rapidement l'historiquo de cette dé-

PHOSPHATE DK CHAUX.

couverte , que noua voyons certainrmrui appelée h prendre date parmi le* grands fait* do ce siècle, grâce & la coopération active de U science envers laquelle non» serons bientôt redevables de ce nouveau bienfait.

■ Los phosphates de chaux naturels sont connus depuis longtemps de* minéralogistes sous des nom* différents, scion l’origine qu'on leur attribue, et aussi selon la composition qu’on leur a reconnus. On les désiguo généralement sous les noms d'apa/i/t, de phoiphoritf et de coprolithe* ; mais il nous paraît probable que la dernière dénomination sera rejetée, car il est encore difficile do prouver péremptoirement que le* concrétions appelées coprolithes proviennent d’excréments de grandes r^ce» d'animaux disparus de la surface de la terre à l’époque du déluge. Déjà, on Angleterre, où l'on exploite ces gisement* depuis dix à doute ans , on leur refuse cette origine , et on loa considère comme des phosphorites, c'est-à-dire comme nn minerai pur et simple.

« L'apatite présente à l'œil des formes cristallines régnlièr es, tandis qne la phosphorito et les coprolithes n'en offrent aucune. L'apatite est tonnée do 45 d’acide phosphorique combiné à 55 de chanx. La phosphorito a la même composition que le phosphate des os, c’està-dire 46,45 d’acido phosphorique et 53,85 de chanx.

■ L'apatite parait être le minerai le plus ancienne-

ment connu parmi ceux que noua venons de désigner. 11 en existe un gisement considérable en Espagne, à Logrozan et à Truxillo, province de l’Estramodure. Sa composition , d'après une analyse faite en Angleterre en 4843 sur deux échantillons très-riches, se résume ainsi : ‘>#>4 .

Phosphate de chaux .... 81,45 \

Fluorure do calcium 44,00 ( lnft

Peroxyde de fer. . ... » . 3,45 ?

Silice ’ 4,70 J

« C'est là un minorai d’uno richesse extraordinaire. Le banc qai l'a fourni n'a pas moins de 4 métros d’épaisseur, et s’étend à plusieurs milles de longuour (le mille= 4 ,609m,3l5). Ces intérossantes constatations ont été faites, eu 4842, par M. Daube ny, professeur de chimie à l'Université d’Oxford, et par M. le capitaine Widrington , tou» deux délégués do la Société royale d'agriculture d'Angleterre. Les Anglais exploitent aujourd'hui l'apatite que ln Suède leur fournit en quantités considérables.

■ L'Angleterre possède également , dons les comtés de Suffolk, de Norfolk, du Ilertfonlshiro et du Lincolnshire, des dépôts de coquille* fossiles mélangées de sable vert, également riche* en phosphate de chaux, et qui sont devenus l'objet d’un commerco considérable.

■ Voici dans quels tonnes s’explique à ce sujet M. Elie de Beaumont :

■ Au commencement de l'année 4848, M. Wiggins

• annonça à la Société géologique de Londres quo,

■ prè* Ramsholt-Creck , Sutton ot en quelques autres

• points du Suffolk, on avait trouvé de grandes quan-

• tités de dents, d'ossements et do substances coprom lithiques on excrémentielles. En Angleterre , un « pareil fait ne pouvait passer inaperçu. Cos débris,

■ riches eu phosphate do chaux, sont maintenant rc-

■ cueillis, dit il (22 mars 4848) , pour être employés

• dans 1’ngriculture. Mai* on ne s’est pas borné à les « employer en naturo, et on les mêle avec l'acide sul-

■ fnriqne. Ce compost est devenu, dit-on , un article

• régulier de commerce. Il est coté dans le# annonces

• apicoles et offert à raison de 6 à 7 livres sterling

• (450 à 475 fr.) la tonno, prix qui, pour le dire en

• passant, ne s'écarterait que faiblement do celui au-

• quel les résidus de noir animal sont vendus à Nantes

• pour le mémo usage, et qui, comme ce dernier, fait

PUOSPnATE DE CHAUX. 415

» probablement ressortir le prix do l'acide pliospho-

■ rique supposé pur à environ 50 centimes le kilogr.

•• La valeur vénale de ln substance étant , d'après ce « qu'on vient de rapporter, beaucoup plus grande que

■ celle de la houille, è'wt là un gîte minéral d'une « grande richesse et dont l'exploitation est susceptible « de donner des bénéfices considérable*. •

« Les prix indiqué# pur M. do Beaumont établissent la valeur agricole du phosphate do chaux en Angloterre à raison do 23 centimes le kilogr. , puisqu'un kilogramme d'acide phosphorique est contenu dans - 2fc,67 de phosphate do chaux des o«. >» u.

■ Le sol françaii n'u rien à envier à ses voisins sous le rapport de ce* précieuses richesse* agricole*} car, » dès l'an HI, Te Journal de* Mine» signalait à l'attention publique un gisement de pyrite* situé sur la rive méridionale du Pas-de-Calais, entre Saint- Pol et Wissant, dans lequel M. Berthicr, alors profesitcur de chimie à l'Ecole des mines, trouvait des quantité* assez considérables du phosphate de chaux. Cette richcsso eu phosphates obligea même M. Flachat, propriétaire do rétablissement dans lequel le* pyrite* étaient convertie* en sulfate de fer commercial , à renoncer à cette fabrication, dont la marche était entravée parla présence du sulfate de choux.

• Je ne serais pas étonné, a dit pins tard l'éminent professeur de l'Ecole des mines, do voir un jour l'usine établie par M. Flachat sur la côte de Wispant, dan» lo but de traiter les pyrites en rejetant le pbosphute do chaux, relevée pour utilisor le phosphate de chaux avec le concours de* pyrites.

• Ce coup d’œil d’un homme d’une intelligence élevée est assez remarquable, car sa prédiction est en train do s’accomplir.

• On trouve également dan* les Annale * dm Minet (année 1820, 4r* série, t. V, page 497) qne M. Berthier atrouvéjusqu’à57,3p. 400 do phosphate de chaux dans des nodules de chaux phosphatée que contient la chaux chloritée du cap la Hèvo, près lo Havre.

■ Le plu» important gisement est celui qni a été signalé par M. do Lanoue, chimiste-géologue à Raismc* (Nord). Il résulte, en effet, de la communication do M. de Lanoue que le calcairo ou la craie des environs de Lille contient une substance appelée fur» . dans laquelle l’analyse a révélé des richesses de 49 à 32,50 de phosphate de chaux. A l'appui de scs intéressantes communications, M. de Lanoue a produit des échantillons d’une roche de cette naturo , prise à une profondeur de 45 à 30 mètres, formant une coucho moyenne do 0,90 d’épaisseur et s'étendant à plusieurs lieues aux environs de Lille. • Ccst, njouto M. de

• Lanoue , la plus considérable accumulation d'acide

■ pho»phorique qui, jusqu'à ce jour, ait été signalée - sur le globe. • Les analyses de M. de Lanoue ont été répétées à l’Ecole des mines par M. liivot, et elles ont donné les résultat* suivants :

Phosphate de chaux 38 70 J

Carbonate de chaux (craie). . 52 30 I

Argile 4 50 \ 400

Eau et porte 7 50 l

Oxyde de fer traco*. J

• Il est certain quo c'est d’après ces indications de la science que des hommes d’action se mirent à l'œuvre, ot que M. Nesbitt, chimiste agricole à Londres, et MM. do Molon et Thurneyssen, de Paris, explorèrent le sol français, en commençant par les contrées indiquées par MM. Meugy, Sens et de Lanoue. Un peu plus tard, M. de Molon annonça à l'Académie des sciences la découverte do nouveaux gisements d'une puissance, d’ane étendue ot d’une richesse bien supérieures à tous ceux indiqués iusqu’ici, et présentant, on effet, un système régulier d'observations indiquant

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