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PHOSPHATE DE CHAUX
des recherches nombreuses, dont le résultat est l’existence de gtte» immenses de phosphate de chaux dan» toute l’étendue du bassin dit anglo- parisien, dont Paris est le centre, et qui embrassa trente-neuf départements dan- la circonférence que forment autour de Paris les villes et bourgs suivants : lloufleur, Argentan, Alençon, le Man», Iji Flèche, Angers, Loudun.Ch&tellerault, Meliuu, Soncerre, Auxerre, Bar-su r-Se inc, Saint- Dizier, Clermont-en-Argonne, Vouziers, Rothcl, Rosoy et Aubenton.
- En un mot, le précieux minerai paraît suivre exactement la même ligne que les bancs de craie qui, en France, s'étendent depuis Mézières jusque vers Bourges , en s'éloignant ensuite vers le nord et l’ouest, pour 6d retrouver dans lu Seine-Inférieure et dans plusieurs comté» est de l'AngletcrTe; car, dans une communication de M. do la Tréhonnais, correspondant du Journal <l' Agriculture jiraliijut pour l'Angleterre, il est dit que : ■ Des recherches sont faites maintenant
• partout où la nature géologique du sons-sol fait
• supposer l'existence do ccs gisements phosphori-
• que» ; car on a découvert qoo ce n’c»t pas seulement
■ dans le trag calcaire des comtés de l'est de l'Anglo- - terre que l'on trouve les phosphates, mais aussi et
• surtout dans la couche supérieure du sable vert qui
• se trouve immédiatement au-dessous de la craie in-
• férieure, et c'est dans cette couche que nous los m avons récemment découverts en grande quantité nu
• pied des collines crayeuses des comtés do Hcrtford-
• ahirc et de I.incoliishirc. Les phosphorites triturés et « pulvérisés, tels qu'on les livre au commerce, don- « nent uno proportion moyenne de 23 ri 30 pour 100
■ d'acide phosphorique, ce qui donno 52 h 63 pour 400
• de phosphate de chaux. ■
■ En France, c’est principalement dans les différentes espèces do craies (blunche-mameuse chloritéo] et dans une variété particulière do sable vert et d'argile que l’on trouve des rognons ou nodules, souvent empâtés dans la masse terreuse qui les enveloppe, et dont le volume, aussi bien que le poids, la richesso et la couleur, paraissent dépendre de la nature des terrains qui les contiennent. Nous en avons vu de petites montagnes, et leur grosseur varie ontre celle d'une noisette et celle d’un œuf d’autruche. Leur forme est irrégulière, bien que toujours un peu arrondie ; les uns ont l’aspect des excréments du chien, plus ou moins contournés et plus ou moins renflés ou étranglés dans leur longueur ; d’outres ressemblent à de petites pommes de terre ou h des rognons proprement dits ; mais, à première vue, tous les gens du monde les prendraient pour de» cailloux plus ou moins réguliers. Leur couleur est également t*-è»-variable ; les uns ont une teinte ocrcu-c suie ou de rouille; d’autres sont gris ardoise, ou présentent une nuance vert foncé presque noire. Toujours ils sont recouverts d'une légère couche terreuse très-adhérentu, qui empêche de reconnaître leur couleur véritable, celle du vert très-foncé pour les nodule* les plus riche». Vus en masse, il est assez facile de juger de leur richesse par leur couleur, car plus il» sont fortement colorés et plus ils contiennent d'acido phosphorique. 11 eu est de mémo do leur poids, toujours d’autant plus considérable qnc la quantité d'acide phosphorique est plus grande. Ces nodules sont généralement assez durs, et leur dureté est encore un indice de leur qualité. Leur cassure, d’aspect pierreux, u'offre aucun caractère bieu saillant, si ce n'est, pour quelques-uns, des teintes vordAtrcs au centre des rognons et des nuances plus grises dans le pourtour; seulement on distingue facilement à l’œil un des parties assez brillantes disséminées dans la tnusso, et qui paraissent n’être outre rhoso que des grains de table plus ou moins gros. D’autres laissent voir dans l’intérieur de leur masse du gravier propre-
PIIOSPHATE DE CHAUX.
ment dit, des coquillages et même des fragments do bois assez volumineux et en partie pétrifiés.
■ Dans sa communication à l'Académie de6 sciences, M. de Molon s’exprime ainsi : D’après de nombreuses analyses faite» par M. Bobierre, président de la Société académique de Nantes, et chimiste- vérificateur des engrais dan» la Loire-Inférieure, analyses répétée* au laboratoire de l’Ecole normale de Paris, la richesse en phosphate de chaux des nodules de la première catégorie varie entre 32 et 60 pour 400; colle des nodule» de la seconde catégorie entre 45 et 65 pour 100. pliant aux nodules de l'argile du gault, il» contiennent
| jusqu’à 70 pour 400.
I • Le lit régulier du sable vert inférieur to montre au i jour sur une très-grande étendue. En suivant de l’est ù l’oue»t le bord septentrional «lu bassin anglo-parisien, on voit ce lit affleurer d'abord sur le pourtour de l’ Ilot jurassique du Boulonnais, dan» les communes de Wissant, de Leubringhem, d’Hardinghem, de Colcmber», de llrunembert, de Nottcnghem, de Vicil-Moui lier, do Desvrcs, de lamguefossc, de Vicrro-au-Boi»,
I de Tingry, do Vcrlinctnm, de Nesles, de XeufcliAtel, et jusqu'aux bords de la mer.
• M. Bobierre, aujourd'hui professeur de chimie à l’Ecole préparatoire des sciences de Nantes et chimiste-vérificateur des engrais dans la Loire-Inférieure, a constaté qu'au contact de l’eau chargée d’acide car» bonique les différents engrais phosphaté», en usage dans le» département» de l'Ouest, cédaient leur phosphate do chaux dans les rapports suivant», pendant un temps égal :
Charbon d'os en grains 45 millièmes.
Charrées, ou cendres lessivées. .45 —
Noirs de la clarification dos sucres. 44 —
Nodule» des coprolithes. . .... 44 —
» A l’égard des coprolithes, lo résultat a été le même, soit qu'ils aient été employés dans leur état normal, soit après avoir été chauffés et refroidis brusquement
dans l’eau.
• Depuis cette époque, M. Bobierre, consulté sur l'importance agricole des gisements do phosphate do choux naturels récemment découverts, s’exprimo ainsi dans un rapport adressé l’Empereur :
■ ...Les défrichements de» Inndes, la culture du sar-
■ rasin, des céréales et de plusieurs végétaux dans les
■ terrains argilo-silicioux, réclament impérieu»omcnt
• des quantités considérables d’engrais k base d'acido
■ phosphoriqno. Sous l'empire de ce besoin, les ngro-
• nome» anglais ont fait des sacrifice» considérable». «. Ils ont envoyé leurs navire» chercher des os dans
> toutes les contrées qu'il* savaient en receler. Ils ont « successivement fuit étudier le phosphate de chaux « très -dur et très-difficilement assimilable de l'Estra-
> madure ; plus récemment ils ont découvert, sur a quelques points des comtés de Susscx et de SufFollc, a de grandes quantités de phosphates d'origine coproa litho, qui sont aujourd'hui cotés en Angleterre do a 450 ù 175 fr. la tonne.
■ ... Je manquerais, pour ma part, aux devoirs im- « posés à ma couscience, par l’honneur que me fait Sa a Majesté en me consultant aujourd'hui, si jo uode-
■ clorais, en roo basant, sur des études longues et apa profond ics, que peu de problèmes économiques me a semblent plu» importants que ceux qui se rut nichent a aux gisements et au commerce des engrais indusa triels.
a ... Encourager la rechercho et l’exploitation de» m gisements d'acido phosphorique. protéger l'acheteur a contre la falsification des engrais, tels sont les bicn-
• faits que l’agriculture française doit solliciter avec a ardeur du gouvernement de Sa Majesté.
• ..,11 n’y a aucune comparaison possible entre les
PHOSPHATE DE CHAUX
• roches phoaph a tiques très-difficilement assimilables
• et les nodules do phosphate de chaux trouvés en
• France par M. Demolon. Ceux-ci, ont une texture « qui, modifiée par l'action successive de la chaleur,
• de l'eau froide, de la pulvérisation, çt enfin du mé- « lange avec quelques substances organiques, se prête
• h la dissolution dans le sol et il l'absorption ulté- « ricure par l'organisme végétal. La possibilité de ren-
■ dre cette absorption plus ou inoius prompte devient
■ du reste secondaire, et sc modifie selon les terrains
• et les cultures, ainsi d’ailleurs que cela se remarque
• dans l'emploi de* noirs d'os.
• J'ai la conviction que l'exploitation des nodules
• de phosphate de chaux sur une vaste échelle, et que ™ leur traitement en vue des besoins agricoles, peuvent m avoir une très-grande portéo sur l'agriculture des
- vastes régions de l’empire, et en particulier des dé-
- portements de l'Ouest et du Centre ; à leur aide, en
- effet, et sous l’influence do dépense* relativement
• moins fortes, le-» défrichements do landes pren-
- draient une nouvelle activité, car l'abondance de
• l’acide phosphorique sur lo marché apporterait tout
- à la fois un élément de fertilisation nu producteur
- de grains et un obstacle aux débitants de matières
• inertes... ■
Uu rôle du phosphate dans le» engrais. — Dans tous les essais comparatifs que l’on peut tentor, il faut se souvenir que si l'engrais entre dans la comparaison comme élément du problème, la nattiro du sol y participe également par sapins on moins grande fécondité, c'est-à-dire que chacun des éléments que la terre contient déjà contribue puissamment à faciliter ou à entraver l’action de* engrais mis en comjiaraiaon. Dans tous les cas , le phosphate de chaux sera toujours un auxiliaire puissant, précieux, mais rien de plus. Hormis les cas de défrichements , le phosphate de chaux ne constituera jamais un engrais proprement dit, pas plus que l'bumiu, ni les sels ammoniacaux, ni la potasse, ni la soude, ni ln chaux, ni la maguésio, ni l'alumine, ni la silice, ni l'oxyde de fer ; c’est lo concours de tous qui est indisjieusaMe , comme dan» le fumier de forme, et dans l'état où chacun de ce» corps existe dans ce dernier. Hors de là, tout n’est qu’illusion.
Ici ^ le fuit capital c’est la solubilité des phosphates de chaux naturels et leur assimilation certaine, incontestable, par les plante» cultivées; c’est un fait important à consigner pour l'avenir.
Le véritable type des engrais est le fumier de ferme, parce qu'il constitue tout à la fois un engrais mixte et complet, renfermant les divers éléroentsde* récoltes, et pouvant s'appliquer à la grande majorité des cas et h la généralité des cultures.
La fabrication des engrais est donc l'art qu! consiste h grouper économiquement les éléments nécessaires à la végétation en général, mais particulièrement aux récoltes, et, en prenant pour point de départ la composition du fumier de ferme, se résumant elle-même en matière» végétales pouvant fournir de l'humus et de l’acide carbonique; en matière» animales pouvant donner do l'ammoniaque, et par conséquent de l'azote ; et enfin, en matière* minérales diverse», comprenant principalement les phosphates, la potasse, la magné sie, la chaux; et accessoirement la silice, la soude, l’alumine, l’oxyde de fer, le soufre et le chlore.
Les végétaux étant dépourvus d’organes digestifs, les matières solides que nous leur présentons ne peuvent être absorbées par eux , et passer ensuite dans leur orgnnimno qu’à la condition tj presse d'être solubles dons l'eau, ou de pouvoir se résoudre en composés gazeux dont les plantes ont lu faculté d’opérer le dédoublement, afin de retenir les élément» qui leur sont utiles et de rejeter dans l'atmosphère ceux qu’ils ont en surabondance ou dont ils peinent sc passer.
phosphate de chaux.
C’est ainsi que , par l'effet de ln ponrriturc ou combustion lente, les matières végétale* naturellement insolubles acquièrent la fnculté de pouvoir se dissoudre, puisque l'humus n'est pas autre chose que du bois rendu soluble dans l’enu . avec lequel les végétaux reconstituent de nouveau bols, ou de nouvelle paille, on de nouvelles feuille*. De même que, dans la combustion lente de ces mêmes matières végétales, toujours accompagnée d’aeido carbonique, les plantes retiennent le carbone qu'elles font servir à leur charpente, à leur constitution , tandis qu'elles rejettent l’oxygène surabondant.
C'est également en vertu des mêmes lois que les végétaux ne peuvent prendre à certaines matières animales imputrescibles , comme les cuirs tannés et la houille, l'azote qu'elles contiennent, tandis que, par l'effet de la décomposition de ce» matière*, l'ammoniaque qui on résulte devient soluble dans l'eau, et la végétation peut alors y puiser l’azote qui lui est absolument indispensable, et sauf à laisser do côté l’hydrogène, si elle peut s’on passer.
Les plantes ne s’assimilcut donc pas directement le terreau de» matières végétales, mais bien l'humus et l’acido carbonique en provenant, de même qu’elle» ne prennent pas directement l'ammoniaque, et encore moins la matière animale, mais simplement l'azote.
Ainsi , l'humus et l'acide carbonique sont les deux derniers termes de la décomposition des matières végétales, comme l'ammoniaque et l'nzolc sont les deux derniers termes de la décomposition dos matières animales, mais en réalité il n’y o , pour la végétation , ni deux espèces d'humus, ni deux espèces d'acide carbonique, ni deux espèces d’ammoniaque, ni deux espèces d’azote, puisque le même engrais, ou, si l’on veut, lo même sel ammoniacal, le même azote enfin, peut produire indistinctement du froment ou de l'avoine, et puisque l'humus de paille de maïs peut produire du »cigle ou toute autre céréale, comme l'humus de la paille do seigle ou de l’une quelconque des graminées peut produira du mal*, etc.
En un mot, la matièro étant donnée, le végétal se charge do l’approprier à sa constitution et à se» besoins. La matière est toujours la même pour toutes les plantes et sur toute la surface de la terre; il n'y m que l'arrangement qui est différent, selon chaque espèce végétale.
Voilà pour les matières organique» des deux règnes. Quant aux substances minérales, nous avons vu que les mêmes so retrouvaient toujours dans les végétaux j de la mémo famille, quo l’absence do l’un de ces éléj ment» suffisait ponr amener l’infécondité, on au moins que la seule restitution de l’agent disparu était suffisante pour rendra la fertilité, notamment à l'égard du phosphate de chaux, quo noua avons trouvé jtartoui dans le règne végétal et à tous les degrés de l’échelle animale,
• Utilité du phosphate de chaux. — M. Boussingault a formé un sol artificiel en prenant de l'argile cuite concassée et du sable, qu’il a fait calciner à une température élevée, afin de détruire toute trace de matières organiques ; la même précaution a été prise pour le pot à fleurs contenant ce mélange, dans lequel on a somé des graine» d'hélianthus. L'arrosage a été pratiqué avec de l’eau pure, c’o»t à-dire distillée avec le plus grand soin, mais à laquelle cependant on avait fait absorber le quart do son volume d'acide carbonique gazeux.
• Dansées condition*, on n’a obtenu qu'une plante faible, délicate, no pesant pas lasaucoup plus à l'état see qne la graine de laquelle elle était sortie, mais pourvue cependant d'organes complets. Le bouton *'e«t épanoui en une petite fleur jaune, dont la corolle n’avait pas plus de 3 millimètres do diamètre. Cette fleur
1 en miniature était environnée de plusieurs feuilles naiz-
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sautes, ainsi que le montre la fig. 3G64, que nous empruntons au Journal d agriculture pratique, 1,r scmcs-
tre, <857, p. 476, d’après la réduction au cinquième il’uno épreuve photographique A.
o Dans une seconde expérience faite avec les mêmes précautions, et les mêmes matières employées clans les mêmes rapports, on a ajouté nu aol <0 grammes do phosphate de chaux des os, U*, 50 de cendre provenant du foin de prairie, et 1,26 de carbonate de potasse, puis on r a également semé deux graines d'hélianthus, qui ont été arrosées avec la même eau que celle employée dans l'expérience A. Chacun des plants a fourni un bouton, et tons cftux ont donné une fleur jaune extrêmement petite, mais bien conformée ( figure 3665 ) B.
• Comme daus l'expérience A, les plants sont restés
assez vigoureux jusqu'à l’âge de deux mois; après, les feuilles se sont flétries vers le bas de la tige, et la force de la végétation a décru rapidement.
• Dana ces deux expériences, comme dans celle qui
va suivro, les plantes ont été exposées en plein air, mais tenues à l'abri do la pluie et de la rosée, à un mètre au-dessus du gazon, prè» d'une vigne plantée sur ln limite d'une grande forêt.
« Enfin, dans une troisième expérience C, le sol était exactement constitué, eu poids et en nature, comme dans la première expérience que nous venons de décrire, mais on a fait entrer dans la composition du sol : 10 grammes de phosphate de chaux, 1*,50 de cendre, et 1*,40 d'azotate de potasse, et les deux graines d’hélianthus, qui ont été semées, ont été arrosées avec la même eau pure que celle employée précédemment. Ici, la seule présence d’un peu d'azote (O*, I960), contenu dans l'azotate de potasse employé, a suffi pour produire des résultats bien différents des premiers, ainsi que le montre la fig. 3666. L'hélianthns le plus
grand porte une belle fleur jaune dont la corolle a 9 centimètres de diamètre. I.cs feuilles présentent une surface égale à celle d’un hélianthus venu en terre do jardin.
PHOTOMÊTRIE.
PHOTOMÊTRIE.
«Voilà le» faits.
• Laissons parler le savant illustre dont les travaux ont si puissamment contribué à éclairer la pratique agricolo, et nous conclurons après : • Les hélianthus ■ venus dans ces conditions ont offert à peu près lo
• mémo aspect, la même vigueur, que ceux que l’on
• avait cultivés en pleine terre. De l'association du « salpêtre aveo les phosphates et les cendres, il est
• donc résulté un engrais eompltt, dans lequel les
• plantes ont trouvé tout ce dont ellea avaient bo- » soin. *
• Nous avons reproduit en italique le mot complet, sur lequel nous croyons devoir présenter quelques réflexions.
• On pourrait »o prévaloir des idées d'un grand maître pour tenter de nous fabriquer des engrais compltts au moyen du salpêtre, des phosphates et des cendres, sans s’apercevoir qu’un pareil engrais serait absolument incomplet dans les conditions culturales ordinaires, c'est-à-dire, à défaut de pouvoir employer, comme M. Boussingault, l'eau saturée d'acide carbonique gazeux, à laquelle l'éminent agronome a dû nécessairement recourir pour dissoudre le phosphate de chaux, et afin que la plante puisse s'assimiler le carbone dont elle a tonjonrs besoin, qu’il soit fourni directement à la végétation, ou qu'il provienne de la décomposition des matières végétales. «
PHOTOMÊTIUE. La mesure des intensités lumineuses a reçu dans ces dernières années d’importants perfectionnements, et l'on commence à disposer do moyens plus parfaits que celui un peu primitif dû à Rumford, que nous avons indiqué à l’article éclairage, pour comparer deux lumières par les doux ombres portées par un corps opaque sur un même écran.
Un physicien bien connu, M. Foucault, a été obligé, pour des expériences sur lo gaz de tourbe, dont nous avons donné les résultats à l'article éclairage, do vérifier l'exactitude des systèmes photométriques généralement employés, et a été conduit à la nécessité de les modifier.
Le procédé des ombres, dit M. Foucault, tel qu’on l'emploie ordinairement, ne me paraissait pas comporter une exactitude suffisante. Je redoutais l'étendue des flammes de gaz, qui faisant naître de larges pénombres, me semblait devoir jeter de l’incertitude sur la comparaison des ombres qu'il aurait fallu ramener à l'égalité. J’ai voulu essayer des nouvelles méthodes fondées sur los phénomènes de la polarisation chromatique, et j’ai pris un grand nombre de déterminations au moyen du photomètre quo M. Babinet a spécialement proposé pour ce genre d’application. Je vais diro ici quelques mots de cet intéressant appareil, ne fÛtcc que pour me justifier de ne l’avoir pas définitivement adopté d’une manière exclusive.
Le photomètre de M. Babinet *o présente extérieurement sous la forme d’un tube de lunette qui, au milieu de sa longueur, donne embranc hement sous un angle d’environ 70° à un second tube de même calibre : le tube principal vise sur la source rayonnante que l’on vent éprouver ; la lumière qui pénètre dans l’instronienttraversf une série de glaces plan-: s obliquement situées, se polarise ainsi par réiVnction et vient illuminer un disque de cristal de roche formé par la juxtaposition de deux segments égaux. On observe ce disque ix travers une pièce oculaire quo l’on nomme analyseur: il parait alors vivement coloré de deux teintes partagées entre les deux segmenta et qui tranchent fortement l’uno sur l’autre; on voit, par exemple, du rouge à droite et du vert à gauche. L’ombrnnchcment vise pareillement sur nuo antre source éclairante et la lumière qui en provient est encore ramenée vers l’œil par la réflexion qni s'opère |ur les lames multiples de la pile (le glaees. Mais comme la
réfraction et la réflexion polarisent les rayons en sens contraire», les couleurs développées par co second faisceau, au lieu de se montrer comme dans le cas précédent, se disposent en sens inverse ; le rouge qui était à droite passe à gauche, et réciproquement pour lo vert. On observe l’un ou l’autre effet suivant qne l'on démasque l'une ou l’autre branche ; mais lorsque les deux branches agissent simultanément, l’oeil aperçoit un effet résultant qui rappelle plu» ou moins l'un ou l'autre effet simple et qui dépend des intensités relatives du faisceau réfracté et du faisceau réfléchi. Si, par hasard, il arrive que ces deux faisceaux aient même intensité, les couleurs s'effacent et le disque apparaît uniformément blauc. Or, comme on disposo .des distances des deux sources et comme les intensités varient avec ces distances, on peut toujours réaliser cette espèce d'équilibre qui fiait évanouir les couleurs. L'expérience montre que l’appareil présente une assez grande sensibilité. Quaud l’équilibre a été réalisé, on constate qu’il suffit do déranger l’une de» deux sources de 1/1 00"* de sa distaucc à l'instrument pour faire reparaître les couleurs. On peut doue admettre que les deux faisceaux qui se font équilibre, possèdent des intensités sensiblement égales. Malheureusement il n'existe aucun rapport simple entre le» intensités des faisceaux qui entrent réellemcnten lutte et los intensités des rayonnements direct» émis par les source». Cettu imperfection est inhérente à la construction de l'appareil; la réflexion et la réfraction qui polarisent la lumière l’affaiblissent de part et d’autre dans des pro* portions inconnues, eu sorte que, pour appliquer le nouvel instrument à dos mc«urp« exactes, il faut recourir à une méthode analogue à la méthode des double» pesées.
Au lieu d’opposer l’une à l’autre les deux source» dont on veut comparer les pouvoirs éclairants, on le» oppose successivement à une troisième et même source que l’on considère comme constante pendant toute la durée des deux observations, et, des distance» où il faut placer sucçcssivcmont cette dernière pour obtenir dans les deux cas l’équilibre, on déduit les intensités des sources proposées. Je suppose qu’on ait à détemii- | ner les rapports des pouvoirs éclairant» de deux source» données : d’un bec de gaz et d’une lampe Curcel. On commence par placer le bec do gaz ù une certaine distance en avant de la branche principale de l’instrument; on prend ensuite comme lumière auxiliaire une bougie, et l’on cherche à quelle distance il faut lu placer en face de l’autre branche pour réaliser l’équilibre. Soit cetto distance égale à 50 centimètres : cela fait, on substitue au gaz la lampe Cartel, et l’on rétablit l’équilibre en déplaçant convenablement la bougie. Admettons, par exemple, qu'il ait fallu ln rapprocher à 25 centimètres, on est alors conduit à en conclura que le bec proposé éclaire quatre fois plus que la bougie. En effet, l’iutensité do la lumière varie en raison inverse du carré de la distance à la source : quand lu bougie est placée à une distance moitié plu» petite, elle éclaire quatre fois plus. Or, dans les doux eu», elle fait équilibre aux sources qu'on lui oppose; il en résulte donc que, do cos doux source*, la première o*t quatre fois plus intense que la Soconde.
Théoriquement, la méthode paraît irréprochable; mais en pratique elle comporte de» lenteur' et des imperfections qui m’ont empêché , malgré l'élégance du principe, de la fairo prérnloir.
Kilo oblige expressément à recourir à une source auxiliaire, sans que cette source puisso servir d'unité commune dan» l'expression définitive dos rapports obtenus. Chaque détermination oxige deux observations séparées , c'est-à-diro qu'elle comporte deux erreur» qui penvent s'ajouter , indépendamment do celle qui provient de» variations de la source auxiliaire.
PHOTOMÊTRIE.
PHOTOMÊTRIE.
L’appareil demande* h être dirigé avec 8oin, de manière à viser à peu près sur les flammes ; enfin il ne se prête qu'à l'observation monoculaire. Ces inconvénients ne se sont manifestés que par l’expérience.
J’ai disposé un nouvel appareil , en me préoccupant seulement d’illuminer le» deux parties d'un même écran par le rayonnement direct des deux sources que l’on veut comparer, en satisfaisant à cette condition expresse que les deux régions soumises aux rayonnements différents fussent exactement contiguës sans interposition d’aucune pénombre visible, lui sensibilité du procédé dépend de la disparition plus ou moins coiuplèto de toute limite perceptible entre les deux régions éclairées nu moment où les deux rayonnements j deviennent également intenses de part et d'autro. L’appareil que je vais décrire permet do réaliser asser commodément cette parfaite continuité d’un mémo champ illuminé localement par deux sources différentes .
11 consiste en une bolto cubique , qu’une cloison mobile dans son propre plan partage en deux compartiments égaux : le fond de la botte qui fait face à l’observateur est formé par un écran très-mat, dont j'indiquerai la composition, et qui joue à peu près le rôle de la glace dépolie dans la chambre noire ordinaire. La paroi opposée fait défaut et c’est par là que leB rayonnements des deux sources pénètrent librement et isolément dans leurs compartiments respectifs. On met naturellement l’appareil dans une position symétrique, do manière à ce que la cloison médiane partage en deux parties égales l'angle formé par les rayons des deux sources qui convergent sur le milieu de l'écran.
Dans cette situation , il peut arriver que les ombres portées do part et d’autre par la cloison sur l’écran bo trouvent séparées par un espace lumineux , ou bien au contraire que ecs deux ombres empiètent l’une sur l'autre ; dans tous les cas, leurs bords intérieurs seront trèg-uettement terminés. Or , comme la cloison peut être muo jlnns son propre plan au moyen d’un bouton qui fait saillie an dehors , on lui donnera la position nécessaire pour amener exactement les deux ombres au contact. On saisit alors avec une facilité surprenante le moindre excès d’intensité d’un rayonnement sur l'autre, et comme on disposo des positions des deux fiumme* , ou arrive à déterminer avec précision les distança» respectives qui égalisent à l'œil les deux moitiés du champ, en faisant disparaître leur limite commune. Quand cette espèce d'équilibre so trouve réalisée , il ne reste plus qu’à mesurer directement les distances des objets lumineux, pour en déduire le rapport des pouvoirs éclairants.
Il ressort de cette description que l’effet produit sur l’écran s’observe par transparence , comme les images de la chambre obscure ordinaire pendant la mise au point. L’analogie semblait conseiller l’emploi du verre dépoli : cependant j’ai bientôt reconnu que cette sorte d’écran ne possède pas assez do pouvoir diffusif , qu’il est trop transparent; que, par suite, l'effet optique , contemplé à sa surface , dépendait trop de la position de l'observatour , et qu’on serait exposé à porter de fenx jugements. Sous ce rapport, le papier aurait mieux convenu; mois los inégalités de sa structure auraient masqué desdifferonces que l’œil eût saisies sur suie trame plus fine et plus homogène. J’en suis donc arrivé à former cet écran d’une couche d’amidon suspendu dans l’eau et déposé par le repos sur une lame de glace. Cet écran possède toutes les qualités requises; on peut lo rendre aussi diffusif- que le papier, et, de plus, il offre à l’œil toute la finesse, toute l’horaogénéité désirables. Lo choix d’un bon écran n’était pas sans importance j en le formant d’une couche mate et fortement diffueive , on rend l’appréciation des intensité* lumineuses h peu près indépendante du lieu
do l’observation. On peut, sans bouger la tète, se servir indifféremment d’un œil ou de l’autre; on [veut, par conséquent, observer avec les deux yeux à la foia, ce qui permet d’asseoir le jugement d’une manière plu» ccrtaino.
Le nouvel appareil ne requiert aucune des subtilités de l’optique moderne; la manière dont il fonctionne est accessible à tout le monde ; il isole et rapproche les éclairemonts des sources proposées ; il permet de les ramener à l’égalité par de simples variations' de distance, et il fournit par suite le moyen d’évaluer en nombres les pouvoirs éclairants : le tout se réalise au moyen d’une simple bolto, qu’en raison de son emploi et de sa construction j'appellerai photomètre à rompu rliment*.
En essayant cetto nouvelle méthode, j’avais principalement pour but de supprimer l'intervention d’une lumière accessoire ; dès lors les gaz qn’il s'agissait d’éprouver devaient comparaître simultanément devant l’appareil et donner leurs flammes à des distances variables à volonté.
J’arrive maintenant h la recherche d'un moyen ‘pratique pour déterminer la valeur photouiétrique d'un gaz en valeur absolue, ou du moins pour rapporter cctto valeur à quoique unité suffisamment constante et facile à se procurer en tout temps. On a depuis longtemps proposé la bougie comme unité photométrique ; mais les variations de cette source lumineuse sont tellement considérables qu’elles sautent aux yeux. Si l’on prend deux bougies dans le même paquet, et qu’on les mette à des distances égales au-devant du photomètre à compartiments, on reconnaît que l’équilibre ne so réalisa que très-accidentellement ; à chaque instant la supériorité d'éclat passe de l'une à l'autre, et l’instrument accuse presque constamment une inégalité choquante. Cependant cette fixité que l'on chercherait vainement dans une bougie isolée 6e réalise assez convenablement dans nn système de bougies, et elle est d’autant plus parfaite que lo groupe est plu* nombreux. J'ai pensé qu’en réunissant en faisceau plusieurs de ces éléments dont l’instabilité m’avait d'abord frappé, on réussirait à former une source multiple qui donnerait an photomètre le même effet qu’une flamme simple, et qui déjà présenterait on pratique assez de stabilité pour être utilement employée comme terme de comparaison. Des bougies au nombre de sept se groupent naturellement en faisceau hexagonal, et si l’on a soin de maintenir entre elleB une distance d'un centimètre, on trouve qu’elles brûlent avec une remarquable fixité ; des courants d’air s'établissent qui tendent les flammes et leur donnent plus de stabilité que lorsqu’elles brûlent isolément. J’ai pris au hasard uatorze bougie* de l’étoile et les ayant formées en eux faisceaux, j’ai placé ceux-ci à des distance* égales en avant du photomètre. L'effet sur l’écran a été satisfaisant, non pas que l'équilibre ait été complètement et constamment maintenu, mais les différences qui so sont montrées étaient de l’ordre do celles qui apparaissent d'elles-mêmes, lorsqu’on met deux becs do gaz dans les mêmes conditions.
Pour reconnaître ju&qu’à quel point on pourrait compter sur ce mode d'évaluation, nou6 avons employé une séance à évaluer le* deux gaz (gaz de tourbo et gaz de houille) on bougies de l’étoile au moyen du photomètre à compartiments; la moyenne de cinq déterminations a donné le bec de gaz de tourbe comme équivalant à 23 bougies 4/4 : le même bec alimenté par le gaz de la ville, à fa suite du mémo enre d’épreuves, a paru égal à 6 bougies 8/4 O"*" : ivisés l’un par l’autre, ces deux nombres de bougies donnent pour le gaz do tourbe 342, celui de la ville étant 400. f&JT.
Nous avons ensuite comparé directement les deux
PHOTOMÊTRIE.
PÏIOTOMÊTRIE.
gaz et nous avons trouvé 334, c’est-à dire le même nombre à 4/30®' près.
Uno disposition <lu photomètro , analogue à U précédente, en cc qu’elle met bien à l'abri de l’influence réciproque des deux lumières à comparer, a déjà été employée avec succès en Angleterre. Elle est reprébuutée figure 3067. Elle consiste a employer deux côucs
réunis ver» leurs sommets, terminés à ccs sommet* par deux disques de papier.
Photomètre de Ititchie. — Une disposition à indiqnerest colle due au professeur Kitchie, que l'on voit fig. 0668.
Flic consiste en une botte rectangulaire ouverte à sc» deux extrémités et noircie à l'intérieur. La face antérieure a une longue fente étroite, de forme rectangulaire recouverte avec un tissu fin ou du papier huilé. A l’intérieur on place deux miroirs, taillés dans la même pièce de verre, pour produire exactement la même réflexion. L’angle do réunion des miroirs est en C, et leur ligne de jonction partage AU en deux parties égales; cette ligne est couverte par urr papier noir, pour éviter le mélange des lumière» réfléchies par les deux miroirs.
Pour 6e servir de ce photomètre, on le place entre les deux lumières dont on veut comparer les intensités, et elles sont toutes deux réfléchies par les miroirs CD et CE sur le tissu AB. En faisant varier les distances de Tune de ccs lumières à la ligno CF, on arrivera à l'égalité de lumière dont l’œil juge assez bien, n'étnnt pas gêné par la vue des foyers de lumière.
En employant des papiers imprimé» (probablement hnilés) en caractères très-fins, ou apprécie très-bien si chaque lumière permet la lecture des types d'égale finesse, moyen excellent de mesure employé par les oculistes pour juger la netteté de la vision.
Photomètre de Whea» loue.— Cet appareil est fondé sur la persistance do la sensation lumineuse sur la rétine. La partie principale est une perle brillante d’acier P (fig. 3669) montée sur le bord d’un disque de liège porté sur un pignon 0 qui engrène intérieurement avec une roue plus grande. Celle-ci est adaptée à une petite boite cylindrique de cuivre qu'on tient d’une main, tandis quo du l’autre on fait tourner uno manivelle A, qui transmet le mouvement à un axe central et au pignon o. Celui-ci roulant dans l’intérieur du grand engrenage, la perle participe à ce mouvement en même temps qu'elle roule sur elle-même, et «lie décrit, le rapport de» rayons étant de 4 A 4, une courbe éptcy-
eloïdnlo à 4 nœuds telle que celle représentée fig. 3670. Soient M et N deux lumières dout ou veut comparer
les intensité» ; on place entre elles le photomètre et on fait tourner rapiduincnt. Les points brillant* produits par la réflexion des deux lumières sur deux points opposés de la perle donnent alors naissance à deux bande* lumineuses, grâce à la persistance de la sensation de la rétine, semblables à celles de la figure. Si l'une «Celles e>t plus intense que l'autre, 011 approche l'instrument do celle qui l’est le moins, jusqu’à co que les deux bandes présentent lu même éclat. Mesurant alors la distance du photomètre à chacune de» deux lumière», leurs intensités sont proportionnelles aux carré» do ces distances.
Cet instrument n’est évidemment pas susceptible d’tlue grande précision, mais son emploi est commode pour obtenir aes approximations suffisantes dan» bien des cas.
Photométrie photographique. — Les progrès de la photographie, en mettant à la disposition des expérimentateurs des substances dont l'impressionnabilité à la lumière e»t très grande , fourniront à la photométrie des ressources nouvelles, des moyens de mesure plus exacts que ccnx qui exigent l'estimation d’égalité de lumière par l'œil, qui n'est pas un instrument bien précis pour estimer de petites différences. Lorsqu'au contraire on aura exactement la limite à laquelle des substances cesseront d'être impressionnées par un foyer lumineux, on pourra déterminer la mémo limite pour une autre lumière, et si la quantité pouvant produire une image peut être très faible, il en résultera un moyen de mesure très-précis, donnant dos renseignements précieux à la fois sur l'intensité et 1a nature des lumières comparées. Nous ne connaissons pas de recherches faites dans cette voie, mais elle s’ouvrira tout naturellement avec le progrès de la photographie et pourra conduire à d'excellent» résultats. L’action chimique de la lumière, évaluée ainsi avec une grande précision, conduira sans doute à mesurer tous les éléments de son action# et par snite notamment ce que nous appelons son intensité, objet de la photométrie.
Photomètre de Bunsen modifié par Jf. B tire l. — On emploie depuis quelque» années en Angleterre, surtout jionr le» cas nombreux de mesure de lumière des becs de gaz, un photomètre dû à M . Bunsen , fondé *nr nn principe nouveau et fort ingénieux. Voici en quoi il consiste :
Uno feuille do papier blanc, portant une tache de matière grasse en son milieu, tache qui le rend translucide dan» toute la partie imprégnée du corps gras, est placée entre les deux lumières que l’on veut comparer, de manière que chacano des faces *0 trouve éclairée seulement par les faisceaux lumineux qui rayonnent de la source qui est en regard de la face considérée. Los rayon» lumineux dont l'ensemble constitue les faisceaux incidents frappent à angle droit la fenillo de papier, et si les deux foyers sont également distants et de même intensité, les deux faces devront présenter le même aspect. Mois l’expérience indique un phénomène bien plu» remarquable, c'est la disparition, à peu près complète, do la tache au moment
rnOTOMÊTRIE.
PHOTOMflTRlE.
où l’écmn est également éclairé des denx côté*. Corn- denx portions de surface, qui se trouvent cependant ment expliquer ce fait intéressant? Voici comment IV posséder des états moléculaires différents, seront donc naljse M. Boutan (de Rouen) : identiques; la tacbe devra disparaître.
Qu'on examine la taclio huileuse de l'écran de M. Bunsen, en interposant entre elle et l’œil la flamme d'une bougie, on reconnaîtra que la tache parait presque noire ; ce qui prouve que le papier, dans cet état d'imprégnation par une substance grasse, a un pouvoir réflecteur ou diffusif à pou près nul i>our les rayons lumineux qui le frappent perpendiculairement à sa surface, tandis qu'à côté de la tache le papier non huilé parait d'un blanc mat et renvoie une forte proportion des rayons qui lui arrivent. Qu’on place, au contraire, le même écran entre l'œil et la^umièro de la bougie, la tache paraîtra d'un blanc éclatant , tandis que le reste du papier sera beaucoup moins éclairé que tout à l'heure. Je couclus do ces deux observation* que, lorsque l’écran sera disposé comme dans la méthode de M. Btinsci* et que ses deux faces seront éclairées chacune par la source qui lai correspond, l’aspect de la -tache, vue du côté droit, par exemple, dépendra des rayons qu’elle diffuse, lesquels lui arrivent surtout par traiiKinission et lui vienneut de la lumière qui est h gauche ; au contraire, l'aspect du papier non graissé sera dû principalement aux rayons que ce papier réfléchit à son tour, et qui lui viennent de l’autre lumière, do celle qui est à droite. Si maintenant on admet l'égalité de* fractions de lumière perdue pour l’œil (frac tions minimes toutes deux) dan* le faisceau transmis par la tache et dans le faisceau diffusé par le papier blanc, quand les faisceaux incidents sont égaux en intensité, on comprendra sans peine que, si les deux lumières sont inégalement intenses, la tache, vue toujours du côté droit, sera perceptible sur le fond de l'écran et se dessinera avec une teinte obscure, si c'est la lumière do droite qui est le plus intense ; nvoc une teinte brillante, si o'eat la lumière de gaucho qni l'emporte. Si, au contraire, l'égalité d'éclaircment est établie sur les denx côtés de l'écran, les rayons, diffusés *ur une même face par la tache et le papier blanc, seront en même nombre ; les sensations produites par ce*
Sans nous arrêter h la disposition proposée originairement par l'inventeur, ni aux diverse* modifira-