‹ Complément du Dictionnaire des arts et manufacturesChapitre 197 sur 394 · PIERRES PRÉCIEUSES · texte numérisé non relu

PIERRES PRÉCIEUSES

lions (lo détail qui ont été successivement adoptées en Angleterre, mm» décrirons celle adoptée par M. K. Ru. rel, ingénieur civil à Rouen , qui a heureusement perfectionné lo photomètre de Bunsen, et lui a donné tin haut degré do simplicité et de perfection. Il est reprémté fig. 3671 et 8872*

La tringle qui supporto les diverses pièces de l'instrument est une barre prismatique en cuivre solidement établie et qui no peut fléchir sous le poids du système qui marche avec l'écran, étant soutenue par un appendice vertical do cet écran terminé par un galet qui roule sur la table qui sert de baso commune à tout l'appareil. A l'une dos extrémités de la barre de cuivre est maintenu, par une vis de pression, en un point qui est le zéro de l'échelle photométrique, le support qui reçoit les sources dont on veut m&mrcr l'intensité. La lumière prise pour unité est une lampe mécanique consommant une quantité d’huile connue, à l'heure, ou une bougie maintenue à une hauteur constante par un ressort à boudin, comme dan6 les lanternes de voitures ou mieux dans l'appareil analogue dit photophore où l’enveloppe de la bougie est une mntière vitreuse, non métallique; de plus la flamme doit être rendue immobile par l'adaption d'une cheminée en verre.

I.o centre de la flamme du bee de gaz qu’il s'agit d’évaluer, celui do l éerai! et celui de la lampe sont donc placés sur une ligno droite parallèle à la tringle; l'écran et In lampe, tous deux solidaire», peuvent te mouvoir le long de la tringle ponr obtenir la mesuro cherchée par la constatation do l'égalité do l'éclairement de» deux faces de l’éernn. En arrière do celui-ci, se trouvent deux miroirs incliné», qui permettent à l’oeil la perception simultanée des deux face» du diaphragmo, et favorisent la détermination do l'égalité d’éclairetnent. D’avance se trouvent inscrit» sur la règle, des chiffres qui donnent le rapport éclairant des deux lumières comparées, en prenant pour unité l'intensité d'une bougie ; une ouverture pratiquée dans la pièce à coulisse qui porte la lumière type découvre l’échelle, et un index correspondant à l’axe vertical do cette lumière marque lo nombre de bougie» auquel équivaut la source examinée.

La solidarité permanente établie entre la bougie et l'écran est un perfectionnement notable de cet appareil, qui non-seulement simplifie lo calcul dos intensités, mais surtout qui fait que l'appareil potsèdo, dan» toute» les parties de »on échelle, un degré à peu près égal de sensibilité. En effet, 6i c’est l'écran qui sc déplace entre lc« deux source» lumineuses, comme dan» l'appareil primitif de Bunsen et dan» la plupart dé ceux le plus fréquemment employés, le mouvement qu'il devra faire par unité de m, rn, étant lo rapport des intensités, sera d'autant plus petit que m sera plus grand et correspondra bientôt à des différences que l'œil n’npprécicra plu» ; tgndi» que, par la nouvelle déposition, l'éclairement constant do l'écran n'est égalé qu'à l'aide de mouvements très-notable», d’où cetto eon.«équencc que les résultats obtenus à tous les degré* de l’échelle photométrique présentent à peu près le même degré de précision.

PIERRES PRÉCIEUSES ARTIFICIELLES. La recherche de» moyens propres h produire artificiellement des pierres précieuses, qui avait accompli un si important progrès par les travaux du savant Ebolmen, progrès ai malheureusement arrêté par la mort do son auteur, a été reprise avec quelque succès.

Nous devons d'abord citer M. de Sénarmont, qui a obtenu des cristaux d'alumine et de silice en exposant des tabes en verra scellés ( contenant de l’can et de» hydrates d'alumine et de silice) à uno température do ISO degrés. Sous l’influence de la chaleur ces ferres abandonnent leur eau de combinaison et se transformait eu cristaux microscopiques anhydre» isolés, d'une rare perfection.

M. Gandin, qui avait essayé il y a longtemps de fabriquer le rubis à l'aide du chalumeau oxybydrogène, a produit, par un autre procédé, de» cristaux plu» gros avec une extrême facilité. Cest à l'aide d’un creuset brusqué que l'auteur opère; rouis, au lieu de charbon ordinairo, contenant généralement de la »iliçc, il met à l’intérieur du creuset du noir de fuméo, qui est du charbon pur. Préalablement il calcine au rouge un mélange, à parties égales, d’alun et de sulfate de potasse, qu'il réduit ensuite en poudre. Après avoir rempli à moitié avec cette poudra la cavité du creuset brusqué,.il achève avec du noir de fuméo bien tassé, ^ur lequel il poso lo couvercle, qu'il lute soigneusement avec de la terre réfractaire.

Le creuset ainsi préparé et séché est soumis à un feu de forge violent, qui doit atteindra le blano éblouissant et durer un quart d'heure, polir los creuset» ne dépassant pas 4 centimètres de diamètre. M. Gaudin fait usage , comme combustible , de graphite des cornues à gaz, de coke, de goudron et de bouillo. Si le feu a été suffisant, en cassant î« creuset on trouve dans la cavité de so brusque une petite concrétion noire , hérissée de points brillant» : cette concrétion se compose de sulfura de potassium empiétant des cristaux d'alumine. En la plaçant dam» une cupsule, sur un fuu doux, avec de l’eau régale étendue d'eau, le sulfure se dissout avec effervescence, et laisse au fond do la capsule des saphirs blancs qui ressemblent assez il du sablo fin, avec un certain éclat adamantin qui los ferait confondre, il première vue, avec la poudra de diamant. Au microscope chaque grain apparaît comme un cristal parfait, d'une limpidité merveilleuse. Malgré les corps colorant» introduits , le» saphir» »ont toujours incolore». Cependant, vers la fin de l'opération , il se produit de petites pierre» de couleur qui se posent sur les cristaux incolores.

On a trouvé que la dureté de ces pierres était notablement supérieure à celle des rubi» naturel» qu'on emploie pour les trous à pivots, et déjà les saphir» do M. Gaudin sont assez gros pour servir dans lo» petites montras. U o fallu vingt minutes pour en percer un avec uo foret d'un dixième de millimètre de diamètre, garni de poudre de diamant, qui exécutait cent tours par seconde. Ce saphir porcé, qui avait un tiers de millimètre d'épaisseur, a été présenté à l'Académie à l'appui de co que l'auteur avançait. Si ces pierres peuvent déjà servir dans l'horlogerie , on peut croire qu'avec do» moyens de fabrication sur uno certaine échelle, on arrivera à les faire assez grosses pour servir dans les chronomètres et les pendules.

Mai» l’auteur espère mieux encore : Il pense obtenir les pierres de cetto taille à l'état de rubis. Ceux-ci seraient naturellement préférés , à cause de leur riche couleur, u ceux omployés jusqu’à ce jour, et qui sont de couleur pâle, ot toujours à un bon marché incomparable, relativement aux pierres naturelles, qui ne se trouvent qu’avec des frais de recherche très-considérables. »

MM. Sainte-Clnire Deville et Coron ont proposé un autre procédé oui repose sur la réaction mutuelle dos fluorures métalliques volatils sur des composé* oxygéné» fixes ou volatils à de haute» températures; ü peut être appliqué dans un grand nombre de cas, par la raison qno le» fluorures métalliques ne sont presque jamais doué» d'une fixité absolue.

t* Corindon. On le prépare aisément et en remarquables cristaux en introduisant du fluorure d'aluminium dans un creuset en charbon, au-dessus duquel on assujettit une petite coupelle de charbon remplie d'acide borique. Le tout est muni d'on bon couvercle, et chauffé au blanc pondant une heure environ. La vapeur de lluoruro d’aluminium rencontre colle d’ncidc borique,

m PILE ÉLECTRIQUE.

et leur 'action mutuelle donne naissance h du fluorure de bore et à du corindon ; on obtient ce minéral h l’état de cristaux très-larges, avant souvent un centimètre de long, mais eu général peu épais. Ces cristaux sont dee rhomboèdres avec les faces du prisme hexagonal régulier; ils n’ont qu'un axe, sont négatifs, et présentent la dureté du corindon naturel et toutes ses propriétés physiques et chimiques.

Ÿ' Le R utiif s'obtient de la même façon; on ajoute au fluorure d'aluminium un peu de fluorure de chrome et l'on opcrc dans de» creusets d'alumine, en avant soin de placer l'acide borique dans une coupelle en platine. La teinte de ces rubis, qui est due au sesquioxyde de chrome, est exactement celle du rubis naturel.

3* I* Sajihir bleu se produit dans des circonstances semblables aux précédentes; la coloration est également obtenue avec l’oxyde de chrome; U y a seulement une différence dans les proportions de matière colorante et, peut-être dans l’état d'oxydation du chrome; mais la quantité de matière colorante est si petite dan* ces composés, que l'analyse ne peut rien. indiquer de précis À cet égard.

4® Corindon vert. Quand on augmente la dose d’oxyde de chrome, les cristaux sont d’un beau vert, semblable à celui que présente rouraroa ifr quo M. Daniour a analysée, et où il a rencontré 25 p. <00 d’oxyde de chrome.

5® Fer oiydulè. La réaction du sesquifluorffro de fer sur l’acide borique fournit de longues aiguilles composées d’un chapelet d’octaèdres réguliers de fer oxydulé: ce qui indique une rédaction partielle du sesquioxyde de fer par une température très-élevée.

6* Zircone. Ij» zireone produite par ce procédé est en cristaux réguliers groupés sons forme d’arborisations d'un très-bel effet; elle est insoluble dans les acides minéraux, même concentrés, elle est inattaquable par la potasse fondue; mais le bisulfate de potasse la dissout en laissant le sulfate double insoluble caractéristique de la zircone.

7® Staurotide et silicates divers. Si l'on remplace l’acide borique par la silice, on peut obtenir, avec les fluorures volatil», des silicates en cristaux, petits, mais très-nets; c’est ainsi qu’on prépare la staurotide, qui sc présente alors avec l’aspect et - la composition de la ataurolida naturelle; c’est un silicate basique dont In formule est Si Al’. Cette substance s’obtient aussi avec facilité en chauffant de l’alumine dans un courant de fluorure de silicium gazeux. L’alumine se change en cristaux entrelacés qui ont la composition de la staurotide. Ces deux méthodes sont applicables aux sili catcs dont les bases donnent de» fluorures volatils, tels que la glucine et l’oxyde de zinc.

Ces expériences viennent à l'appui de l’opinion émise par certains géologues quo le fluor est interVbnu dans la production des minéraux des filons.

PILE ÉLECTRIQUE. Une nouvelle disposition do la pile électrique, due à M. Marié Pavy, professeur de physique, offre dos avantages particuliers qui la font 0»sayer avec grand soin pour la télégraphie électrique. Elle n’a pas les inconvénients de» dégagements «le vapeurs nitreuses si incommode* de la pile de Bunsen, et, relativement à la pile de Dauiell, si simple et si coip* modo du reste, elle offre l’avantage d’éviter l’incrustation des vases poreux par le métal réduit, grâce à l’emploi d'un métal liqùide, avantage compensé en partie par la moindre solubilité du sel métallique. C’est en remplaçant lo sulfate de cuivre par du sulfate «le mercure, et le cuivre par un cylindre de charbon, que s'obtient la nouvelle pile. Les choses s'y passent avec le sulfate de mercure comme elles se passaient avec le sulfnto de cuivre, si ce n’est qnc la réduction du sel, au lieu do donner un produit gelvaileplnstiqnc, fournit du

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mercure conlant qui se détache à mesure et laisse intacte la surface du charbon.

Le sulfate «le mercure se dissout en partie dans l’eau qui l'imprègne; puis, à mesure que la partie dissoute est réduite par l'électrolisation , elle est remplacée par d'autres jusqu’à ce que finalement tout lo sel disparaisse. Et ce qui prouve que réellement la dissolution a lieu , c’cst qu'à travers le vase poreux il en passe assez d'une cellule dan» l’autre pour maintenir le zinc constamment amalgamé. Cette particularité est pour la nouvelle pile un avantage qui sera vivement apprécié par tous ceux qni ont manié l'appareil voltaïque, et qui ont reconnu par expérience l’importance de l'amalgamation du zinc et la difficulté de la maintenir. Dans la pile dePaniell, la transsudation du sulfate de cuivre à trav ers le vase poreux a non -seulement l'inconvénient d'occasionner sur le zinc des actions locales qui s’exercent en pure perte; mais en outre clic donue naissance à des dépôts floconneux de cuivre réduit, qui se prolongent jusque dans l'épaisseur du vase poreux et déterminent la formation d’incrustation» métalliques qui, &o développant, oblitèrent les porc» de la terre dégourdie, et mettent bientôt le vase bor» de service. Rien de pareil n'arrive avçc lo sulfate de mercure.

A l'administration des télégraphes, 38 couples do la nouvelle pile ont été mis à l’essai côte à côto avec 60 couples «le Daniell pour faire le service permanent do jour et de nuit; du 28 juin an 25 décembre, autrement dit pendant près de six mois, sans aucun entretien, ils ont fait fonctionner le» appareils. Pendant toute la durée d'une aussi longue épreuve, la surface des zincs est restée aussi nette que lo premier jour, et les nécessités de l’entretien se sont exactement bornée* à l’obligation de réparer une fois par moi* environ les pertes que l’évaporation faisait subir à l’eau du vase poreux.

Au moment où la pile n'a plus été a»*cz forte pour faire lo travail «le la ligne, les vases poreux contenaient un fort culot do mercure métallique pur et une bouo noirâtre dan» la juirtie supérieure. Ces produits, traités par l'acide sulfurique, procurent de jnou\oau sulfate.

Iji préparation et l’emploi de la pâte de sulfate de mercure ne présentent aucune difficulté. On dtMaye dan* de l’eau le sel qne l’on a préalablement bien pulvérisé; on laisse reposer , on décante, et il reste une masse pâteuse légèrement jaunie par du sotn-snlfate. On prend ensuite le* charbons que l'on tient à la main bien au milieu du vase poreux , et on remplit complètement les vides nvec la pâte «le sulfate , en s’aidant d'une spatule en bois; on distribue ensuite dans les divers vases la liqueur acide qui a «té décantée, et on achève «le remplir avec de l’eau pure.

PILOTIS, vieux a vis. Le battage des pieux est une de» opérations les plus fréquentes des travaux de fondation «les ouvrage» hydrauliques. Soit qu'il s'agisse «Je fonder avec caissons ou grillage sur pilotis , «le construire une enceinte en charpente en lit de rivière, d’installer nn pont do service, etc., on so trouve conduit à enfoncer dans le sol naturel de6 pièces do bois plus on moins forte», destinées à fournir des points d’appui suffisamment résistants.

La lenteur, le prix élevé et souvent la difficulté mémo du battage des pieux, ont conduit les ingénieurs depuis un certain nombre d’années à remplacer jxor «les appareils mu* par la vapeur les ancienne* machine* à bras employées an battage de* pieux et à réduire d’ailleurs, autant quo possible, l'emploi des pilotis en bols, en remplaçant cet ancien mode do fondation par des procédés plus puissants et plu» en rapport avec les progrès récents de l'emploi des machines et des métaux dans les constructions.

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On décrire, dans co qui va suivre, quelques moyens

nouveaux d’enfoncer les pieux, en renvoyant d’ailleurs h l’article fondations tuudlairk?, pige Ï57, pour les procédés d'établissement de certain» grands ponts.

On sait que le battage des pieux s'exécute à l’aide d'une masse d’un poids assez considérable, que l'on soulève à une certain© hauteur pour la laisser retomber ensuit© sur la tête du pieu à enfoncer. L’élévation du cette masse pesante, que l'on nomme mouton, a lieu fi l’aide d'un appareil appelé sonnette, que tout le monde connaît.

On a imaginé un grand nombre de dispositions pour appliquer aux sonnettes ordinaires l’action «l'un moteur mécanique. Parmi les nombreuses solutions de ce problème, il suffira de c ter les deux suivantes :

I*a sonnette que l’on décri ra^d 'abord a été imaginée par M. J. Bower, et brevetée en Angleterre le 3 février 4853. Sa disposition générale ne présente rien de particulier, mais le mouton c»t soulevé par des taquets fixés sur une chaîne sans fin, qui s'enroule sur une rouo ou un treuil animé d'un mouvement continu de rotation.

Le» figures 3673, 3671 et 3675 feront facilement comprendre la disposition générale et les détails de cot appareil simple et ingénieux.

En arriéré du bâti B de la sonuolto (fig. 3673) est

ber sur le pieu. Ces chocs successifs se reproduisent aussi longtemps que le trenil G continue k tourner.

Le décliqucteur H se fixe à la hauteur convenable entre les montants do la sonnette à l’aide de la vis de pression S.

La distance des taquets sur lu chaîne sans fin est réglée en raison de sa vitesse et de la hauteur de chute, de manière à ce qu’il y ait le moins de temps perdu possible entre chaque chute du mouton et l'élévation suivant©

La fig. 3674 fait voir, sur une pins grande échelle, la disposition du ta-

Fig. 3G7-1. — Taquet «1e la chaîne, quel W sur la chaîne sans fin V.

n Enfin la figure

T 3675 montre clai-

Q rement en pera-

çth pcctive la formo

TB de la pince à dé-

L clic fixée sur la

jj tète du mouton. Lo

[ taquet est plus gros

^ que la petite bran-

che quand clic est ;,.r ‘-TV’ fermée, etcntralne,

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K1 ' ‘ M-}' Mi !'WA fin W (fig. 3673) ttyjkr " passe sur deux pou-

r lies de renvoi A et

~ J K, placées entre

Fig. 3675.— Vae du mouton et de son )e8 montnnU du

d*clic* bâti de lo sonnette.

Ces poulies servent k régler la tension de la chaîne sans fin, quand la longueur sc modifie, ou bien quand on change la position relative du treuil et do la sonnette.

La poulie inférieure est tirée do haut en bas par lo ressort à boudin fixé au potin de la machino.

La position de la poulie supérieure K est réglée à l'aide d'uno vis, qui traverso un écrou fixe placé outre les moulants.

Une disposition plus simple encore et qui a reçu la sanction de nombreuses applications a été imagiuée por M. Janvier, ingénieur dos ponts et chaussées, attaché au service du port de Toulon (,4nna/es des ponts et chaussées, 4856, t. I, p. 6).

Les figures feront facilement comprendre cette application remarquable par la simplicité de la machine locomobilo aux travaux des chantiers do construction.

La locomobilo est montée sur la plate -forme d’une grande sonnette ordinaire (fig. 3G76), installée sur un ponton, ou roulant sur dos rails parallèles à la ligno de pieux à enfoncer, comme l'indique la figure. I.'arhre moteur des treuils de mise en fiche et do battage communique par un enclanchement uvoc l'arbre A (fig. 3677

élévation latérale de la sonnette.

plaeé un treuil G sur lequel s'enroule une corde ou une chaîne sans fin V.

Des taquets W, fixés sur cette chaîne, s’engagent successivement dans une pince placé© sur la tOto du mouton P et lo soulèvent jusqu'à co que la pince soit ouverte par le décliqueteur fixe R. I.c moutou dégagé tombe et viont frapper la tèto du pieu en fiche A. La chaîne sans fin V continue son mouvement. Un second taquet viont immédiatement s’engager dans la pince; le mouton s'élève de nouveau jusqu'en K pour rctom-

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qui porte la mobile. Un

poulie où s'enroule la courroie de la loco- j levier F permet d’embrayer l'arbre À et '

ment du pieu à enfoncer, on arrête le mouton à la luwr tcur d’une de-1» moïses eu arrêtant le tambour du treuil par un taquet, et, de plus, pour éviter tout accident, en le supportant sur une barre placée

Fig. *1676 — Elévation latérale d'une sonnette à vapeur. ( Echelle .k 0,0t.)

celui des treuils. Un autre levier semblable, que l'on voit k droite, sert h engrener, selon le besoin, le treuil de mise en fiche ou le treuil du mo\iton avec l'arbre moteur.

Cela posé, le battage d’un pieu s’exécute comme on va l'indiquer.

Jji sonnette étant amenée au-dessus de l’emplaco-

vfg. 3G 1 1 — Plan de* treuils de la sonnette à vapeur. (Echelle de 0,01.)

transversalement sur les moises. Un manoeuvre est k la fourchctta de débrayage F, un second k Poutre fourchette. Le mécanicien, attentif nu commandement, a la main sur le levier de mise en marche de la machine. Il faut d'abord mettre en fiche. Un gabier accroche le pilot avec la corde c, le manœuvre de la fourchette f engrène le tambour de mise en fiche, et le manœuvre do la fourchette F enclanche l'arbre moteur avec l’arbre du pignon. Le gabier commande : En ai nui ! la machine k vapeur tourne et soulève le pilot. Quand il est assez élevé, au commandement de afop, la machino s’arrête , on engage le pieu dans les coulisses de la sonnette. Au commandement : En arrière ! la machine tourne en sens contraire et laisse descendre le pieu. U s’enfonce un peu dans le sol par son poids, on le cale et on l’assujettit. On détache alors la corde de mise en fiche, on déclanche le tambour de mise en fiche, et on engrène le treuil du mouton. Au commandement : Un tour en arant! la machine soulève le mouton d'une petite quantité , qui permet d’enlever la barre et le taquet d’arrOt. En arrière . doucement ! et le mouton vient se poser sur U tête du pieu et achève, par son poids, de le mettre en fiche

Le battage proprement dit peut alors commencer. Le gabier commande : En avant ! le mouton s'élève rapidement, la tenaille vient s’engager dans la cheminée, le poids de celle-ci la fait ou • vrir et le mouton tombe ; la tenaille, débarrassée du mouton, continuant k monter, la cheminée est soulevée. Dans co mouvement, elle lire une chaînette attachée à la fourchette K, et, par suite, prévient lo manœuvre qu’il faut déclancher l'arbre A. Dès lors le tambour du mouton se trouvant libre, la corde du mouton se déroule. La cheminée s’arrête sur sos boulons de retenue, et la pince, continuant 6on chemin, vient accrocher le mouton. On enclanchc aussitôt l'arbre moteur, et le mouton s’élève de nouveau pour continuer la mémo série d'opérations jusqu'il ce que le pilot soit battu au refus.

La mise en place d'un faux pieu sc comprend tails difficulté d'après ce qui précède- Le déplacement do la sonnette s'effectue à l’aide do leviers, quand il s'agit de mouvements peu considérables. I.a machine k vapeur sert au contraire k effectuer le» déplacements do quelque importance. A cet effet, une corde attachée à un point fixe situé dans la direction k parcourir vient passer sur des poulies de renvoi placées sous la plate- forme de la sonnette, et s’enroulo

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sur lo treuil de mise eu fiche, qui sert ainsi à remorquer tout 1’nppareil.

La ratlme installation de sonnette peut avoir lieu sur un ponton pour battre dans l’eau ; tous les mouvementé de l'appareil so fout alors avec la plus grande facilité.

Le mouton de la sonnette dont il s’agit pèse 800 kilogrammes, et ln tenaille 50. La locornobile donnant de 80 h 90 coups par minute, le mouton frappe 100 à 410 coups en moyenne par heure. la même sonnette, manœuvrée à brus par deux gabiers et six manœuvres, ne donne que 46 à 18 coups. Tandis que l’on bat 1 pilot à bras, on en bat 3,37 à la vapeur.

La journée de la sonnette conduite à bras coûte 21 francs ; savoir :

Deux gabiers à 3 francs ....... 6f,00

Six manœuvres à 2*30 . 15,00

I^a journée do la même sonnette conduito à la vapeur revient à 27 francs; savoir :

Un mécanicien 3,50

Un chaufTeur 2,50

Deux gabiers 6,00

Deux manœuvres 5,00

Quart de journée de porteur d'eau . . 0,50

Bois ii brûler, déchets de pilotage. . . 6,50

Huile, graisse, chiffons 0,50

Intérêt et amortissement de la nm-

chiue (5,000 fr.j 2,50

Amortissement du châssis 0.50

Dans ces conditions, le battage à bras d’un pilot revenait à 11f,05, et celui du battage à vapeur, à 4,25 seulement.

Dans les travaux de battage très-considérables où le terrain présente des difficultés exceptionnelles, et où l’on est pressé de gagner du temps , on emploie une machine spéciale connue sous le nom de pilon & vapeur de Nasmyth.

On décrira ici la machine de cette espèce qui a été omployée au viaduc de Torascon, sur le Rhône, où elle a produit des résultats excellents et impossibles il réaliser avec les sonnettes à déclic les plus puissantes.

La uature du terrain rendait très-difficile l’enfoncement des pienx. D’après la manière dont le battage avait marché, on pensa qu’un certain nombre de pieux avaient dû se briser dan» le sol. Une circonstance imprévue est venue éclaircir cette question de manière & ne laisser aucun doute. Une palée du pont de service, que l'on n’avait pas eu le temps d'enrocher, ayant été afTouillée par une crue subite, est restée suspendue au pont de service par l’intenuédiairo do la haute palée, de sorte que tous ces pieux, flottant comme des bois amarrés, ont pu être démontés, examinés et mesurés. Aucun pieu n'avait conservé son sabot, et tous les bois étaient cassés dans le sol et sur des hauteurs variables atteignant 4 mètres. Après une telle expérience, il était impossible de ne pas considérer le battage au déclic comme tout à tait insuffisant pour les enceintes, surtout pour les piles à établir sur les parties peu profondes du Rhône, enceintes que l’on devait draguer à 8 ou 9 métros sous l'étiage; c’est pourquoi on a jugé nécessaire d'essayer le battage à la vapeur d’après le système Nasmyth. Un pilon & vapeur acheté en Angloterre au prix de 39,380 fr. 27 c. , transport et droits de douane compris , a été essayé et a donné , après d'assez longs tâtonnements et des modifications importantes, des résultats tellement satisfaisants, qu'il a été employé exclusivement, sur les points difficiles, au bat- ,

tage de 682 pieux. L’emploi du déclic n'a plus été admis qne pour les palée h.

L'appareil du pilon fl vapeur posé sur la tête du pieu pesait é.OOOkilogr. ; son mouton, du poidsde 4,500 kii logr., battait de 80 à 400 coups par minute, avec une chute de 0«,98; le pieu se trouvait ainsi continuellement ébranlé et pénétrait de 8 ù 40 mètres dans un terrain où les sonnettes à déclic les plus puissantes ne pouvaient pas lui donner plus de 5 mètres de fiche. Dans ces circonstances, le battage d’un pieu s’exécutait en une dizaine de minutes, c'est-à-dire en trois na quatre fois moins de temps que n’en exigeait la mise en fiche. Où le battage au déclic coûtait 35 à 40 francs par pieu, le battage à la vapeur e»t revenu de 45 à 47 francs, y compris les réparations de 1'nppareil.

La machine (fig. 3676) est portée sur une plateforme mobile sur deux rails parallèles ù la ligne de pieux à battre. Ces rails font posés sur un échafaudage ou sur un bateau.

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