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I.ca parties principales de l'appareil sont les suivantes

4° Une petite machine à vapeur destinée à faire fonctionner successivement, selon les besoins, ou le treuil sur lequel s'enroule la cbalno qui supporte le pilon à vapeur , ou uu tambour sur lequel s'enroule la chaîne servant à soutenir le pieu à mettre en fiche , ou enfin à faire avancer snr ses rails, dans un sens ou dans l'autre, l’ensemble du mécanisme.

2° Le pilon à vapeur proprement dit, suspendu à l’aide d’une chaîne passant sur la poulie placée au haut de la biguc, et assujetti à glisser le long de cette bigue par quatre brides à crochets fixées sur la boite en tôle où se meut lo mouton, et embrassant les bords de fortes bandes de tôle boulonnées sur cette pièce de bois.

Cette petite machine auxiliaire et le pilon sont alimentés par uno même chaudière à vapeur. On va décrire successivement ces deux parties du mécanisme.

Machine aujiliaire — L’échelle de la figure ne permet pas de suivre tous les détails du mécanisme, mais elle suffit pour bien indiquer sa disposition générale. On aperçoit nettement la rone d'angle qni transmet le mouvement à l’essieu des galets qui portent toute la plate-forme. L’arbre de cette roue d’angle porte le tambour sur lequel s’enroule la petite chaîne de manœuvre du pieu à mettre en fiche. Un autre tambour, placé plus à gauche, reçoit la grosse chaîne qui sert à remonter l'appareil do pilon à vapeur. Des embrayages convenablement disposés permettent de ne fairo fonctionner que les parties du mécanisme nécessaires pour chaque manœuvre.

La bâche et la pompe d'alimentation sont à droite de la plate-forme, en dohors de la ligne de rails.

Voici les principales dimensions de la machine à vapeur auxiliaire :

Diamètre du cylindre de la machine à vapeur. 0"*,145

Course du piston 0**,272

1 Longueur. 0",llîi . uni i ères ^Arrivée do la sapeur.^ j^argcur> 0n* . « *7H

happons. . . .jj^

Diamètre du plongeur de la pompe alimentaire. 0m.U9o Course 0»,108

Piton à vajteur. — I.a vapeur est introduite dans le cylindre du pilou par un tuyau en fonte do 0“.O6 do diamètre intérieur, articulé à l’aide do genouillères, de manière à suivre, en se développant plus ou moins, le cylindre dans toutes ses positions depuis le sommet jusqu'au bas de la biguc.

La tige du piston est liée a i mouton emune 1 indi-

Diaitized

PILOTIS

PILOTIS

quent les lignes ponctuée* do la fig. 3679. Des rondelles que U partie inférieure de la fig. 3679, a fait di«paun peu élastiques empêchent les chocs de so transmet- raltre cet inconvénient. Le faux pieu en bois de frêne tro au piston avec tonte leur violence. transmettait parfaitement les chocs et s’nsoit fort peu,

Dans la première machine, le moutou frappait di* ca? on a pu battre quatre-vingts pieux sans le remplacer.

Fig. 3678. — Coupc du piston à vapeur, Fig. 3079. — Elévation latérale du marteau-pilon de Nasmjth.

la boite du mouton. (Echelle de 0,03.) (Echelle de 0,0u&.)

reetement sur la tête du pieu, et ne tardait pas à l'écra- Ainsi que le montre la disposition dn tiroir et du cysor. On était obligé de le reccper et de remettre une lindre, la vapeur ne peut être introduite que sous le frette, ce qui entraînait une perte de temps considé- piston ; ollo sert h soulever le mouton qui redescend rablc. L’emploi d’un faux pieu, disposé comme l’indi- par son propre poids, en entraînant le piston, aussitôt

PILOTIS

qtie l'échappement de la vapeur peut avoir lien dans l’air extérieur.

Los ouvertures pratiquées à la partie supérieure du cylindre (fig. 3G79) servent à laisser sortir l’air lorsque le piston remonte, et à le laisser rentrer lorsqu’il descend. La capacité fermée de toutes parts, ménagée au dessus do ces ouvertures, forme un matelas d’air qui empêche le piston de venir , en vertu de sa vitesse acquise, frapper le fond supérieur du cylindre.

Le tiroir et le mécanisme de distribution appliqués h ce genre de machine à vapeur présentent des dispositions spéciales utiles h signaler.

Le tiroir (fig. 3679) est fixé, d’une part, à sa tige do mouvement, qni traverse la boite à étoupe* de la partie inférieure do la chambre de distribution, et, d’autre part, à la tigo d’une espèce do piston plongeur glissant dans la boite à étoupes placée à la partie supérieure de cette même chambre de distribution.

I.a pression de la vapeur, en agissant sur ce piston, tend constamment à lo soulever et à ramener le tiroir dans la position opposée à celle que représente la figure, c'est-à-dire dans la position où le tiroir fait communiquer le cylindre avec la chaudière, et non pas avec le tuyau d’échappoment.

Le tiroir est donc ainsi constamment sollicité de bas en haut, comme il le serait par un ressort puissant; le mécanisme de distribution n'a d'autre fonction qne de faire agir ou de supprimer l’action de cette force en temps opportun; à cet effet, le corps du mouton en remontant, avant d’arriver à la limite supérieure de sa course, rencontre le levier coudé dont la grande branche est figurée en lignes ponctuées dans le haut delà boite en tôle (fig. 3679), et dont la petite branche s'engage dans l’oeil de la tige directrice du tiroir. La grande branche de ce levier, ainsi poussée de bas en haut, produit naturellement sur l'extrémité de la petite branche an mouvement do haut en bas qni amène le tiroir dans la position indiquée par la figure. Pendant ce mouvement, un doigt porté par le mécanisme que l’on voit au bas de la boite en tôle, près do la tête dn mouton, et constamment poussé par un ressort qui le presse contre la tige directrice du tiroir, vient s’appuyer contre un talon venu de forge sur cette tigo. Ce doigt ou taquet s’oppose au relèvement de la tige du tiroir et du tiroir lui-même; do sorte que l’échappement do la vapeur a lieu aussi longtemps qu’un nouvel effort ne vient pas enlever le doigt de la position qu’il a prise au moment de l’abaissement du tiroir par l'actiou du premier levier dont on a parlé.

Mais aussitôt que la communication dn cylindre avec l’ouverture d'échappement a été établie comme on vient de le dire , le mouton retombe par son propre poids en entraînant le piston aveo lai. Dans sa chute , il presse, par un levier logé dans l'intérieur de 6a masse, sur lo grand côté d’une espèce do parallélogramme faisant saillie dans l'intérieur de la caisse en tôle, et qui porte le doigt qui retenait la tige directrice du tiroir dont on a déjà parlé. Cette pression, ou plntôtce choc, produit l'échappement du doigt ou taquet de retenue; le tiroir se trouve libre alors d’obéir à la pression do U vapeur qui tend à le relever, la lumière d’échappement do vapenr se trouve fermée et celle d'introduction ouverte de nouveau. Le piston remonte en soutenant le mouton, et la succession de mouvements que l'on vient do décrire peut se produire de nouvean.

Si, par tibe cause accidentelle, le mécanisme de déclanchement du doigt d'arrêt ne fonctionne pas au moment de la chnte du tiroir, il suffit, pour produire le même effet, de tirer une corde ou une chaîne attachée au levier de ce mécanisme.

L'extrémité inférieure de la tige directrice du tiroir porte un piston engagé dans une capacité alésée, dont l’air fait matelas pour amortir les choc* qui résulte-

P1 LOTIS

raient dans le mécanisme du mouvement rapide d'ascension du tiroir, lorsque la vapeur agit tout à coup pour le fairo remonter.

Voici les dimousions principales du mouton à vapeur et de la chaudière qui met en jeu toutes les parties du mécanisme :

Longueur du foyer 0m ,68.“»

Largeur du foyer 0™ ,833

Hauteur de la boite à feu au milieu du

dôme 4 «,060

Hauteur de la boite à feu sur les côtés. . . O» ,900

Nombre des tubes. 45

Diamètre intérieur des tubes 0*" ,040

Diamètre extérieur des tubes . 0- ,048

Surffcee intérieure des 45 tubes 45*1,7691

Surface de chauffe directe. . 3 "1,6538

Surface do chauffo réduite 8*1,9102

Surlace de chauffe totale. 49*1,4229

Surface do la grille 0*1,572

Longueur des tubes 2m ,790

Diamètre intérieur do la partie cylindrique

de la chaudière 0m ,700-

Diamètre extérieur de la partie cylindrique

de la chaudière O™, 726'

Diamètre intérieur de la cheminée .... 0TO, 32 Hauteur de la cheminée au-dessus de la

boite à fumée. . 2-, 90

Hauteur de la cheminée au-dessus de la

grille ; 4» ,33

Capacité de la chaudière, espace occupé par

l'eau et la vapeur 2“* ,220

Capacité de la bàçhe 0** ,710

Section de la lumièro du cylindre du pilon 0-, 4 50x0-, 032

Diamètre da piston 0- ,354

Course du piston ou volée da mouton ... 0- ,82

Poids du mouton Seul 4,150 kil.

Poids du piston et de sa tige 350 kil*

Poids de la caisse dn mouton , du cylindre et de toutes les pièces qui composent le

pilon proprement dit 4,000 kil.

Tension de la vapeur employée ... 3 atm. et demi.

Il est maintenant facile de comprendre la manœuvre du battage d'un pieu à l’aide du pilon à vapeur placé sur un bateau ou ponton flottant.

Après avoir amarré le bateau à l’emplacement du battage, au moyen de cordes enroulées sur deux treuils et sur un cabestan , on relève jusqu’au sommet de la bigue la caisse en tôle qui renferme le pilon en faisant fonctionner le treuil de la grande chaîne. On procède alors à la mise en place du pieu à battre eu le hissant an moyen de la petite chaîne et du treuil correspondant, et en le maintenant verticalement le long de la bigue à l’aide de cordes, comme on le ferait pour une sonnette ordinaire. Lorsque le pieu est en place et que sa pointe repose sur le sol , on laisse descendre sur sa tête le pilon à vapeur. Ce mouvement décharge le bateau du côté du Dilon; pour rétablir l'équilibre, on rapproche du bord opposé deux waggons chargés de lest disposés à cet effet. On donno alors, avec précaution, quelques coups de mouton pour fairo prendre fiche au pieu , et aussitôt qu’il présente une stabilité suffisante on le dégage des amarres qui le maintenaient vertical et on bat jusqu’au refus lo plus activement possible.

En moyenne, la mise eu fiche a exigé une heure; un enfoncement de 9 mètres exigeait trente volées de cinquante coups, ou quinze cents coups de mouton. La durée d’une volée est de 4',2”,5, soit 4 ”,25 par coup. Le refus était fixé à 0-.02 ou 0-,03.

Les pieux battus au Dilon ont traversé en moyenno une couche de gravier plus épaisse de 3 métros au moins

PILOTIS

PISCICULTURE

que les pieux battus au déclic, et on a vu que ceux-ci étaient presque toujours brisé», tandis que ceux battu» ou mouton n'ont éprouvé que de rares accident». A ce» avantage» s'ajoute une grande économie.

I* dépense quotidienne d’une sonnette, au pont do Tareseon, était en effet, en moyonne, la suivante :

Un marin • * * 7. ’J"

Un charpentier enrimeur, chef d’atelier • • 5 00

Huit manœuvres de choix. . 2i 00

Faux frais, cordagos, graisse • ^ M*

Dépense quotidienno. . 35(,00

Le battage des pieux à la sonnette a été payé de 10 & 45 francs. A cette somme il faut ajouter 10 francs pour détérioration des appareil», co qui porte la dépense d’un pieu battu au déclic de 50 à 55 francs.

La dépense du battage d’un pieu à la vapeur s’établit, au contraire, de la manière suivante, en moyenne :

Un mécanicien 5f,00

Un chauffeur 3 00

Un charpentier enrimeur 4 50

Deux marins 8 00

Deux aides-marin». 6 50

Quatre manœuvres ordinaires 40 00

Salaires 37r,00

Combustible de mise en train , extinction et temps perdu pendant une journée de

dix heure», 450 kil. à 3 fr 43 50

0*,60 par volée de 50 coups, soit par huit

pieux ou 240 volées, moins de 450 kil. 4 50 Réparations, 6f,48 par pieu, soit pourhuit

pieux . 49 44

Faux frais, huile, etc 4 00

Dépense quotidienne. . . . 408f,4l

Soit par pieu.. 43 50

On peut tenir compte de la rnoins-valuo de l’appareil, qui a été vendu 25,000 fr. , en ajoutant par pieu. 21 52

Dépense totale 35*,' 02

Un dernier mode d’enfoncement des pieux do fonda-

Fig . 5680. — - Pieui en fer forgé.

Pour ponts Pour phares Dan» une roche

(63 kil.) (305 kil.) madrrporique.

lion dont l'usage sc répand beaucoup, et qui permet d'exécuter de» travaux impossible» h entreprendre au-

trement, doit encore être signalé. Nous voulons parler île» pieux à vis imaginé» par M. A. Mitchell de Belfast. Les pieux de cette espèce présentent une très-grande résistance à l’arrachement on h la compression, et permettent d’établir des constructions solide» sur des soit et dan* de* condition» extrêmement difficiles.

La forme des vis Mitchell varie nécessairement beaucoup avec la nature du terrain et le but à atteindre. Comme le montrent les figures, la vis est largo et le

Fig. 3681.—' Vi*ct «aboi eu fonte Fig. 3082.— >1» en fonte reuat* par une tige en fer, pour pour terrain résistant porter oa pieu «le bob (457 kil-) (190 kil.)

filet fait peu de tours pour les terrain» peu résistants; an contraire, dans les terrains très-durs et dans le rocher, on le réduit à une espèce de tarière de forme conique, à filets peu saillant» et faisant plusieurs tour».

L’enfoncement do ce» vis est extrêmement simple. On place sur la tête du pieu des barres de cabestan, auxquelles on imprime un mouvement de rotation. La vis s’enfonce ainsi jusqu’à ce qu’on rencontre un terrain suffisamment résistant pour l’effort à supporter.

Les vis Mittchell 6’nppliquent aussi bien aux constructions les plus considérables qu'aux usages les plus ordinaires. Elles conviennent très-bien, par exemple, pour poser rapidement et solidement, avec peu de main-d’œuvre, des montants de grille», de barrières, des poteaux télégraphiques, des palées de ponts de service, etc. Ce modo de fixation des pieux est appelé h rendre de grands services à l'art de* construction».

Il EU VF. 1IAI* 005.

PISCICULTURE. Les recherche» qni se sont multipliées depuis que l'on a cherché à développer le» moyens directs do production des poissons, de fécondation dos œufs, ont bien souvent échoué, et l’expérience a ramené sur un terrain plus pratique que celui sur lequel on s’était ü’abord placé. Je donnerai une connaissance très-satisfaisante de* résultats obtenus en rapportant ici les règles pratiques fixées par un homme très-expérimenté, M. Millet, inspecteur des forêts, qui depuis longtemps s’occupe de pisciculture. Il a fait à la Société d'encouragement, dans la séance du 9 juillet 4856, une communication verbale dans laquelle il a exposé les modifications et les perfectionnements qu’il a apportés dan* la récolte, la fécondation, lo transport et l'éclosion des œufs, dans l’établissement des frayèros artificielles, et dan» la dissémination et l’élevage des jeunes poissons ; il a, en outre, décrit divers appareils servant à l'éclosion des œuf», à la conservation et an transport dos poissons vivants.

Voici, à ce sujet, les différentes instruction# données pur M. Millet.

PISCICULTURE

1° La pêche des poissons destinés aux opérations de fécondation artificielle doit être faite de telle sorte qne les œufs et la laitance soient arrivés à un état convenable de maturité et se présentent dans un état parfaitement soin. A cet effet, il recommande de faire la pêche, autant que possible, sur les frayères mêmes ou à proximité de ces frayères. 11 indique qu'on doit éviter avec soin de tenir le poisson en captivité, parce que plusieurs espèces (l'ombre notamment} ne sauraient supporter cet état, dans lequel les oeufs et la laitance tendent toujours k s'altérer.

2" Pour plusieurs de nos meilleures espèces, continue l’anteur, telles que saumon, truite, ombre, etc., la ponte est successive et s’opère souvent à plusieurs jours d'intervalle ; aussi doit-on tenir compte de cette circonstance pour ne prendre les œufs et la laitance que lorsqu'ils sont complètement mArs, ou bien lorsqu'ils s’écoulent soit naturellement, soit sous une faible pression.

3° La vitalité des spermatozoïdes, et, par conséquent, l'action fécondante do la laitance sont de trèscourte durée, notamment chez les solmonoïdcs ( saumon, truite, ombre, etc. ) ; cette durée n’étant souvent que de quelques secondes, les œufs doiveut donc Sire mis en contact avec les particules de la laitance à mesure qu’elles tombent dans l’eau. Ea conséquence, on doit opérer simultanément d’une part avec une femelle, et d'autre part avec un mâle, en ayant soin de ne pas diluer la laitance dans l’eau.

4" Toute eau contenant en dissolution, comme l'eau de mer, du chlorure de sodium, fut-ce mémo on faible proportion, agit d’une manière très-énergique sur les oeufs et la laitance des poissons d’eau douce; elle paralyse ou annihile les mouvements des spermatozoïdes et leur fait perdre leur pouvoir fécondant : elle cause, en outre, dans l’œuf, une perturbation telle, qne tout genre d'organisation y est promptement détruit ; cependant cette action ne s’exerce que dans la première période de l’incubation.

5* Le développement de l’embryon peut s'effectuer en dehors de l’eau, pourvu qu’il ait lieu dans un milieu humide et aéré et sous des conditions de température appropriées à chaque espèce. Cette propriété permet de transporter, K de grandes distances, des œufs fécondés. Pour cela, on les placo par couches dans des caisses en bois, en ayant soin de les disposer de telle sorte que chaque couche soit comprise entre deux linges humides. Grâce k ces soins, des œufs de saumon, de truite et d’ombre ont pu, rans souffrir la moindre altération, supporter dos transports d’une duréo de trentecinq k quarante jours.

6° L'incnbation s’effectue dans d’excellentes conditions lorsque les œufs reposent sur des claies tenues en suspension dans l'eau, ou mieux encore lorsqu’ils sont disposés au milieu des eaux naturelles dans des appareils flottants.

7“ Dans la nature, le saumon, la truite, etc., enterrent en quelque sorte leurs œufs entre des pierres pour que l'éclosion puisse avoir lieu k l’ombre; aussi doiton éviter d'exposer les œufs des salmonoïdes à l’action d’une vive lumière ou k celle des rayons solaires, si on ne veut les voir promptemei.t périr. Selon M. Millet, c'est à ce manque de précaution que doit être attribué l’insuccès de grand nombre de pisciculteurs qui ont exposé leurs œufs à l’action des rayons solaires, et n’ont fait que rendre cette influence plus nuisible encore en les plaçant sur des claies formées de baguettes do verre.

8* Pendant la prcmiàro période do l'incubation, on doit s’abstenir de remuer et de nettoyer les œufs. Tout déplacement ou nettoyage, soit à l'aide d’uno plume, soit avec une brosse ou un pinceau, a pour effet de

PISCICULTURE. 431

nuire au développement de l’embryon et de détruire une grande quantité d’œufs.

9° Au lieu d’élever et de nourrir les jeunes poissons dans des espaces circonscrits, il est préférable de les abandonner k eux-mêmes dans les eaux naturelles, en ayant soin, toutefois, de les protéger contre leurs ennemis.

f 0° En résumé, la pisciculture consiste moins dans la fécondation artificielle que dans l’art de favoriser la fécondation naturelle. Ainsi la fécondation artificielle ne peut être utilisée que pour un certain nombre d'espèces, et encore pour ces espèces ne donne-t-elle souvent que des résultats inférieurs & ceux que fournit la fécondation naturelle favorisée avec soin. De là l'utilité des frayères artificielles.

Frayères artificielles. — I>>3 frayères artificielles ont pour but de venir en aide à la nature. M. Millet les organise de doux manière» différentes, suivant le mode de ponte des diverses espèces de poissons î

Pour les poissons dont les œufs sont libres ou s'attachent aux pierres (saumon, truite, ombre, barbeau, etc.), il dispose le gravier ou les cailloux eu tas ;

Pour ceux, au contraire, dont les œuf» se fixent aux plantes aquatiques (carpe, tanche, brème, perche, etc.), il établit, sur les eaux, (les claies garnies do brindilles ou de rameaux, et les munit de flotteurs qui leur per mettent de suivre tous los mouvements do hausse ou de baisse du niveau, tout en conservant aux œufs l’humidité nécessaire.

Transport des poissons tirants. — Le transport des poissons vivants offre un grand intérêt, tant sous le rapport de l’approvisionnement des marchés qu'au point de vue dos diverses opérations de pisciculture.

Quand il s'agit d'an long trajet et que le récipient est de petite dimension, le transport présente de grandes difficultés. Pour satisfaire aux exigences de la respiration des poissons, on est obligé d'agiter l'eau, do la fouetter pour l’alimenter d’air, et souvent même de la renouveler quand il s’agit d'espèces n respiration très-active.

Il nété récemment inventé, dans les Vosges, nn appareil do transport à l’aide duquel on obtient l'agitation nécessaire do l’eau par la rotation continue d’une chaîne à godets; mais, suivant M. Millet, cet appareil ne semble pn,s devoir réunir de bonnes conditions, surtout au point de vue de la simplicité et de la dépense. L’auteur cite alors le mode ^e transport qu’il a imaginé, et qui a servi à amener les poissons vivants qui ont figuré à l’Exposition de l’industrie et au Concours universel agricole. En étudiant le mode de respiration des poissons ot les conditions d'absorption de l’air par l’eau, il a été conduit à injecter ou même à insuffler de l’air daus le liquide. Sou appareil consiste en un soufflet ordinaire muni d’un tube qui plonge au fond du récipient, et l’on comprend la facilité avec laquelle on peut injecter de l'air suivant le besoin des diverses espèces à transporter Lorsqu’il s’agit de faire voyager une grande quantité de poissons, ce qui nécessite l’emploi de plusieurs bâches ou cuves, on met tous ces récipients en communication, soit par des tuyaux adaptés à leur partie inférieure, soit au moyen de siphons, et à l’aide d’une petite pompe on prend l’eau dons la dernière cuve pour la rejeter dans la première par une pompe d’arrosoir. De cette manière, il s'établit un courant continu qui permet à l'eau d'absorber tonte la quantité d’air nécessaire.

Des moyens d'alimentation. — On doit conclure des recherches sur la pisciculture, que sauf les cas d'ac climatation d’espèces nouvelles , l’alevin est toujours assez abondant, que l'assistance de frayères artificielles, tout an plus, est bien suffisant pour le rendre

PLATINE

PLATINE

excessif. Mais co qui manque le plus souvent, ce sont les moyens d'alimentation ; c'est la loi de M attiras qu’il faut appliquer ici avant tout, ce no sont pas les germes, c'est la subsistance qui limite la population.

Ce qu’il importe donc de multiplier, ce sont les espèce* herbivores, comme Rcmy l'avait voulu faire pour les rivières, et pour les espèces marines, ce sont les, bancs de moules sur les eûtes, le premier mode do formation de matière animale qai vient fournir la nourriture de tons les autres qui se dévorent les uns les antres. L'étude des moyens d'alimentation doit accompagner celle de la production de* espèces, comme le savent les propriétaires d'étangs, qui ont soin d’établir une proportion convenable entre les brochets et les carpes. Peut-être peut-on obtenir dans cette direction des résultats supérieurs h ceux que donno la production de poissons qui sont détruits presque aussitôt que créés, lorsqu'on los pince dans des conditions où l'exi&tonce d'une quantité supérieure à celle qui y subsiste est impossible.

PLATINE. La famille des métanx du platine a nn caractère particulier qui l'isole complètement des autres familles plus ou moins naturelles que l'on a formées avec les autres métaux. A part le palladium, que l'on no rencontre d'ailleurs que très-rarement seul, ces métaux no se trouvent pas séparés les uns des autres. Plus ou moins altérables sous l’influence du chlore et de l'oxygène, ils sont tous remarquables par la facilité avec laquelle ils cèdent aux réducteur» les éléments auxquels ils sont combinés. Il** possèdent tous la faculté curieuse de déterminer des actions chimiques par simple contact (action catalytique); cette propriété ne tient pas à l'état de porosité de ces métaux, car le platine fondu et travaillé la possède au même degré que la mousse.

Les différences essentielles que présentent les propriétés physiques et chimiques de ces métaux ne sont pas moins importantes à connaître qug leurs analogies. Un coup d'œil jeté sur le tubleau suivant permettra de s'en convaincre :

pRiscirALEs ruoraiLTÉs des métaux do platine.

1. Osmium. Considéré comme un métalloïde, en raison surtout de sa faculté de changer complètement de propriétés physiques et chimiques, suivant la manière dont il a été préparé.

a}. Osmium ordinaire préparé par les procédés de Bcrxélius. Masse spongieuse, semi-métallique, exhalant une odeur très-sensible d’acide osmique. Densité = 7.

h). Obtenu en réduisant un mélange de vapeur d'aeide osmiquo et d'hydrogène. Métallique. Densité 40.

c) . Osmium pulvérulent. Obtenu par MM. Dcvillo et Debray en réduisant lo sulfure d'ounium par ln chaleur, métal brillant d’un bleu un peu plus clair que le aine. Densité variant entra îl ,5 et 24, 4, supérieure à celle du platine. Cet osmium ost sans odeur ; il peut être chauffé jusqu'à ln température de fusion du xinc sans s'oxyder.

d) . Osmium cristallisé. Obtenu par MM. Deville et Debray, en dissolvant dans l'acide muriatique un alliage d'osminm et d'étain convenablement préparé. Cristaux très-petit*, brillants, blanc bleuâtre. L'osmium fond à la tempernturo de fusion du ruthénium ; il se volatilise alors très-sensiblement.

2. Ruthénium. Après l'osmium, c’est le métal le plus réfractaire qno l'on connaisse. Sa densité est caractéristique; elle est de 44 à 4 1,4. La ruthénium roche comme le platine et le rhodium ; il est dur et cassant comme l'iridium.

3. Palladium. Lo plus fasiblo de tou* les métaux du platine. A la température de futiou de l'iridium, le

palladium disparaît en tournant et en répondant des vapeurs vertes qui se condensent en une poussière d’une couleur bistro, mélange de métal et d'oxyde. Le palladium roche comme l'argent au moment do sa solidification. Le palladium, très-voisin de l'argent, est plus oxydable que lui à basse température. La densité du palladium pur, fondu et non écroui, est de H, 4 à la température de 2 2*, 5.

4. Rhodium. Le rhodium fond moins facilement quo le platine. Le même fou qui liquéfie 300 grammes de platine no peut fondre que 40 à 50 grammes de rhodium dans le même temps. Le rhodium n'est pas volatil. Il s'oxyde très-superficiellement comme le palladium et roche de la même manière que lui. Il a à pou près le même ton de couleur que l'aluminium. A l'état d'une grande pureté, il est ductile et malléable. Fondu et pur, il a pour densité 42,4 .

5. Platins. Après le palladium, le platine est lo métal le plus fusible du groupe. Une fois fonda, si l’on' élève la température , ce métal se volatilise sensiblement. En se solidifiant, il présente le phénomène du rochago qui, jusqu'à MM. Deville et Debray, n avait été observé que pour l'argent. Quand ou laisse refroidir lentement le platine, il ne roche pas. Le platine fondu et affiné est un métal aussi doux que le cuivre. Il est dépourvu de la porosité du platine ordinaire et peut Gtre employé pour la fabrication du doublé. Ia> platine fondu possède la propriété de condenser les gaz à mi surface et do produire les phénomènes do la lampe sans flamme. Sa densité est égale à 21.15.

6. Iridium. Un lingot d'iridium est d'un blanc par, ressemblant un peu à l’acier dont il a l’éclat. 11 est cassant. Sa densité est la mémo que celle du platine fondu, c'est-à-dire 24 ,45.

Les métau* du platine peuvent se diviser en deux catégories distinctes :

Équivalent-- î>3 Equivalent»* 8, 5

Densité. Densité.

Ruthénium. . *. . 41,3 Ormium 21,4

Rhodium 42,4 Iridium 21,15

Palladium. . . . 44,5 Platine 24,45

Chacun de ces métanx, dans sa catégorie, est rangé, suivant l’ordre inverse do la fusibilité, le métal lourd étant toujours plus réfractaire que le métal léger qui lai correspond, de telle sorte quo l'ordre inverse des fusibilités est celui-ci :

Osmium.

Ruthénium.

Iridium.

Rhodium.

Palladium.

Les métaux du platine font donc nne série régulièro et complète, dont il ne parait pas manquer de tenne.

Alliages. — MM. Deville et Debray ont obtenu un certain nombre d’alliages cristallisés de ces métaux, qui méritent d'être rapprochés à cause do leur composition et de leur résistance singulière aux acidos ; en voici la liste :

L'osmium ne forme aucun alliage à proportions définies.

Rhodium et étain Rh. Su.

Ruthénium et étain Ru. Sn*, cubique.

Iridium et étain Ir. Sn*, cubique.

Rhodium et zinc Rb. Zn*.

Iridium ©t zine Ir.* Zn*.

Platine et étain . Pt.1 Su1, cubique.

Platine et zinc Pt.* Zn*.

Palladium et étain Pd.* Zn*.

Digita

PLATINE

Avant do parler do la composition des minerais do

£ Utinc, nous allons décrire l'appareil fi l'aide duqncl IM. Deville et Debray ont cherché fi opérer la fusion de l'osmium. I.a figure 3683 représente la disposition do l’expérience. La description du chalumeau et la manière dont -on doit diriger l'opération nous ont semblé importantes fi connaître.

Cet appareil se compose d’un chalumeau CCT, d’nn foyer A HD et d'un creuset I, ou on met l’osmium.

Le chalumeau est composé d’nn cylindre E on cuivre, de 1 2 millimètres do diamètre, terminé fi sa partie inférieure par un ajutage légèrement coniquo et do 40 millimètres de longueur, et qui est en platino. Un tube de cuivre C, de 3 à i millimètres de diamètre intérieur et terminé par un bout do platine C’ qui «y ajuste à vis, péuètre dons le premier cylindre par sa partie supérieure et y est maintenu pAr une vis de pression P , qui permet, quand elle est desserrée, do donner au bout C la hauteur que l’on veut par rapport à l’extrémité inférieure.

Un robinet R de grande section est appliqué latéralement avec un ajutage très- large aussi uu cylindre E. Un robinet O termine l'extrémité coudée du tube C. C’est pur le robinet R que l’on fera arriver, ou moyen d’un tube do caoutchouc, l’hydrogène on le gaz de l'éclairage servant do combustible, c’ct-t par le robinet C que sora introduit l’oxygène destiné fi le brûler. Le bout C est percé d uu trou dont le diamètre varie de 2 fi 3 millimètres, suivant les dimensions de l’appareil quo l’on vent construire.

Le four ABD est composé do trois pièces qui sont tôntoe les trois en chaux vive bien cuite, légèrement hydraulique et juste assez compacte pour résister au travail du tour. On n'a aucun avantage fi se servir de chaux très-date, sur laquelle l’outil ne mord pas avec une extrême facilité. L’espèce de chaux dont se servent MM Deville et Debray est très -commune fi Paris et provient de la calcination du calcaire grossier du terrain tertiaire de Paris. Un premier cylindre AA est

percé d’un trou un peu conique qui Iniaso pénétrer fi frottement, dans l’extrémité inférieure dn chalumeau, jusqu’à la moitié environ de son épaisseur, le 6out CO* n’arrivant lui-knêino qu'à une distance de 2 n 3 centimètres de l’ouverture inférieure do co trou. Un second cylindre de cbnux BB est percé d’un trou cylindrique beaucoup plu* largo quo lo premier, et dont la dimension est telle, qu'il doit laisser entre ses parois ut le crensot B nnc distance de 3 fi 4 millimètres au plus. Sa hauteur est un peu plus grande que la hauteur du creuset. Un troisième cylindre D, sur lequel le second repose , est sillonné sur sa base supérieure par quatre rainures KK, profondes et rectangulaires entre elles, qui donnent passage au gaz de la combustion. Au centre do cette base supérieure et tenant fi la substance mémo du cylindre on ménage un petit support D’, sur lequel repose le creuset.

Le creuset lui même est ainsi construit : Une pièce cylindrique HH en chaux, creusée dans lu plusgraude partie de son épaisseur pour recevoir un creuset I plus petit en charbon do cornue, muni de son couvercle, et dans lequel on introduit la matière & chauffer.

Le creuset de clinux est surmonté d’un cône circulaire, dont le sommet doit être situé verticalement au-dessous du bout de platine C’, à une distance de 2 ii 3 centimètres, variant d’ailleurs avec la rapidité du courant do- gaz. Co cône est ainsi fait afin de forcer la flamme qui vient dn chalumeau fi se répartir également autour du creuset H, pour sortir ensuite par les ouvertures inférieures.

Tontes les pièces cylindriques A, B, D doivent être fortement cerclées avec des fils de fer très-doux et placés à petite distance les uns des autres, pour maintenir la chaux, qui se fissure toujours un pou pendant lo chanfTago.

Pour se servir de l’appareil, on ajuste d’abord les creusets (l’osmium ayant été introduit dans lo polit creuset de charbon) sur la base D, puis on soulève la pièco A avec le chalumeau, dont on a ouvert le robi-’ net R qui amène le gaz de l'éclairage on l’hydrogène. On enflamme le gaz en C’. puis on douno peu fi peu l’oxygène en ouvrant le robinet O, de manière cependant fi laisser dominer beaucoup le gaz combustible, -puis, introduisant la flamme dans l’appareil, on met tout en place comme c’est indiqué dans la figure. Au moyen de la vis do pression horizontale P qu’on desserre, on donno fi C la position convenable, et on l’y maintient indéfiniment on serrant fortement lu vis. On Augmente alors peu fi peu la vitesso du courant d’oxygène et du courant d’hydrogène, jusqu’il co qu’on ait la température maximum. On en juge directement en regardant par les fissures de l’appareil, puis en so réglant sur ïe bruit que produit lo chalumeau. Co bruit doit être aussi faiblo que possible lorsque les volumes do gaz sont on proportion convenable. Quand tout est bien réglé, au bout do huit minutes le creuset est porté jusqu’il son centre, fi la température de fusion du rhodium. .

coMrosmox de® minerai® de tlatixk.

Les minerais de platino contiennent les éléments suivants :

f ° Sable. C'o6t le reste d’un lavage qui no peut jamais être complet. Ce sable contient du quartz, du zircon, du fer chromé, et, dans les minerais russes, beaucoup do fer titané.

2" Osmiurt d'iridium. — L’osmium s’observo dans tous les minerais de platino, avec les différents aspects que Rerzélins a déterminés depuis longtemps dans le platiue do Russie et do Colombie : en pUques brillantes, très-rarement munies de facettes cristallines ; en petites pépites munies d’aspérités que l'eau régale

semble avoir creusées quand on les examine dans les résidus ; enfin en petites lamelle* graphitoïdes qu'on •«•pare tris-bien par le tamis, parce qu'elle* sont en même temps de très-petite ditneuaion.

3“ l>u piutine, de l'iridium, du rhodium et du palladium, qui sont snn» doute à l’état d’alliage intime, sans qu'on puisse odmettru une quantité sensible d'osuiium : car la plupart de* initierais perdent fort peu d'acide osinique pendant l'attaque à Tenu régule, uoique l'odeur de cotte matière *e décèle facilement ans les gaz nitreux qui s'échappent du vase où l'on fait l’attaque

4" Du cuivre , du fer, qui sont h l'état métallique dans le minerai ; car le fer, qui se rencontre en outre dans le cable, ne s'y trouve pas à l'état soluble dans le» acides.

5" Do l’or et. peut-être plu* souvent qu'on ne le croit, un peu d'nrgont. Le chlorure d'arg<*ut »e dissout trè»- notablement dans l'eau régale d'attaque et

PLATINE

dans lo Mil ammoniac. Ce ne serait paa dan» le résidu insoluble qu’il faudrait le chercher pu* pins que dans le platine, mois bien avec le palladium, avec lequel on le précipite toujours à l'état de cvnnure d'argent. 11 est trèwrnre de se procurer du palladium bien exempt d’nrgont et même de cuivre, quand on prépare ce métal paries procédés usités jusqu'ici.

Nous ne pouvons entrer ici dans les détails des pro célés analytiques entièrement nouveaux aifout suivis MM. Deville et Debray dans l'étude do la composition des minerais de platine. Il importait à coa savants do connaître exactement la composition de* minerai» qu'il» voulaient soumettre au traitement métallurgique. Non* donnons, sous forme de tableau, les résultat* de* analyses de quatorze sortes de minerais dp platine. Les douze premières appartiennent à MM. H. Deville et Debray, les deux dernières à M. Clans et à M. Blcckorode.

■nuit»

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