SANGSUES
ronde, une étendue de 5,000 hectares environ occupée par des marais à sangsues. Les eaux couvrent ces terrain» tourbonx depuis le mois de septembre jusqu'au milieu de juin. En hiver, les sangsues, enfoncées dans la terro, échappent à tous les yeux; il n’y a rien a faire au marais; mais, dès les premiers beaux jours du printemps, elles reparaissent, pour la plupart, cherchant quelque proie. A ce moment on les gorgt , c'est-à-dire que l'on pousse dans le marais des chejanx dont elles sucent le sang, en se fixant A leurs jambes. Ces chevaux, tons animaux de rebut, qui sont employés à ce dernier service, au lien do passer par les mains de l'équarrisseur, succombent bientôt, et leur dépouille embarrasse le marais, d’où il faut la retirer, souvent avec beaucoup de peine. Quoi qu’iî en soit, jusque vers le 45 juin, les chevaux se succèdent ainsi dans les marais ; puis on fait écouler les eaux ; le fond tourbeux, piétiné et défoncé par les chevaux, est mis à découvert pendant le temps où les sangsues pondent et déposent leurs oeufs dans la terre, c’est-à-dire du 45 juin au 25 août environ A peine les eaux sontelles ramenées dans le marais qu’on se livra à la pêche; et, à mesure qu’elle a eu lien dans un barrai], on y introduit de nouvéau les chevaux, pour gorger les sangsues qui peuvent encore en avoir besoin. Aux premiers froids, on suspend tout et on attend lo retour de la saison plus douce. Telle est, en quelques mots et dans son ensemble, l’industrie de Pélcvoge des sangsues. •
. Voici les conclusions du rapport :
• 4* Dans le département do la Gironde, l'industrie de l'élevage des sangsues mérite, à tous les pointa de vue, d'attirer l'attention du pays et du gouvernement.
• 2* D’une part, elle a pour bat la multiplication et la conservation d'une espèce utile, indispensable , que nous tirions en quantité insuffisante des paya lointains, après avoir épuisé les ressources de no* propres marais. La valeur commerciale de cet animal si utile augmentait tous les jours, do manière que les riches seuls pouvaient se procurer des sangsues ; et un remède que rien no remplace efficacement devenait de plus en plus un objet de luxe.
• 3* En mAino temps, cette industrie n pris un développement immense, et do grands intérêts y sont désormais engagés; iis doivent être pris en considération et sauvegardés lo mioux* possible.
■ 4" Mais, d'une autrç part, on est forcé de reprocher à l’industrie actuelle des sangsues deux, choses également déplorables et qui compromettent son avenir : les ♦baron ot les eheravx .
■ 5* Les marais offreùt des inconvénients graves, au point de vuo de l’élevage hion entendu dos sangsues propros aux usages de la médecine; ils inspirent les crainte* les mieux fpndées'qt les mieux justifiées pour la santé publique, ils entravent le progrès agricole et l'assainissemeut du pays, en empêchant, au moins sur les bords de la Garonne, l'opération si utile du colmatage.
• 6* L'emploi des" choraux est un procédé odieux , insalubre, et qui , chez la plupart des éleveurs, donne un gorgement inégal et sans mesure, capable de com-
S omettre la santé des annélides, qu'il est destiné à ire croître.
• 7" Le progrès consisterait, pour la nouvelle industrie, à élever les sangsues médicinales dans des matais beaucoup moins étendus, sons dessèchement temporairo; ou même à les élever Inns avoir aucunement recours aux marais.
« 8® Il consisterait aussi dans la découverte de procédés d'alimentation ou gorgement capables de remplacer plus ou moins complètement 1rs chevaux.
■ 9* Dos tentatives ont été /faites dans ees di verso s direction», et elles flous permettent d'espérer que cotte belle industrie s'affranchira bientôt du cos doux condi*
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tions fatales ot pourra faire jouir notre pays do se# bienfaits, sans entraîner avec elle ces abus redoutables qui nécessitent aujourd'hui une réglementation sévère et soulèvent le» plus légitime» réclamations. •
SAVON, Pendant longtemps Gênes , l'Espagne , et plus tard Marseille, qui avait en quelque sorte hérité de leur privilège, fournirent, dit M. Balard , do» savons en quelque sorte au monde entier. Mais les progrès de l’industrie devaient, bientôt étendre partout lu fabrication d'un produit dont le développement de l'aisance générale augmentait tous les jours l’emploi , et qui, contenant le tiers do son poids d'oau, rendait onéreux le transport à de grandes distances : aussi chaque pays a-t-il aujourd’hui *e* fabriques de savon ; wttti •voit-on chaque jour, à côté des grands contres deprodurtion, en créer do nouveaux qui, chose bien remarquable, et qui atteste bien les progrès de l'aisance générale, l’emploi du linge, dcvenu’de plus en plus général, fabriquent des quantités considérables de produits, tout eu laissant les grands centres accroître aussi d'une manière rapide leur production.
La fabrication dus savons fait usage de deux sortes do matériaux. Elle emploie, pour scs produit», des corps grnB et des alcali* proprement dits, les seuls qui puissent donner, avocces corps* gras, des composés solubles dans l’eau. Ces alcalis sort la potasse, le seul qu’on pût su procurer, dans l’origine, dans les pays * qui sont loin de la mer, et la soude fournie longtemps, d’une manière exclusive, par la combustion des plantes qui croisscut dans los lieux salés, mais que la découverte de Lcblano a permis plus tari de fabriquer partout. Obtenus avec la potasse, les savons sont mous, et s’ils se prêtent éminemment au frottement de*, draps, au foulonnage, dons lequel lo fabricant fait intervenir des quantités do matières déterminées en rapport avec la proportion de tissus qu'il traite, ils sont beaucoup moins aptes à nenrir au lavage dans l’économie domestique, où on ne pourrait pas régler leur emploi et où la friction, exercée par lo savon sur l'étoflb, est une circonstance qui vient aider son pouvoir détersif. Cette consistance des savons dépend uulsi do la mollesse plus ou moins grande des corps gras avec lesquels ifs ont été obtenus.
Les corps gras qui entrent dans la composition des savons sont d’origino* les plus 4ivcr*o*. A l'huile d’olive, la sonie dont on faisait usage dons l'origine, sont venues s’ajouter successivement les huiles de graine* les plus variées, de sésame, d'arachis, de lin, de navette, etc.; celles do palme ot do coco, d'yllipo, do lontisque, etc. ; les suifs animaux purs, ou provenant du traitement des os; l'axonge, dont les Etats-Unis .importent on Europe des quantités considérables pour est usage , ainsi qué les graisses de charcuterie dites (lambartt. Dans la composition do quelques savons spéciaux destinés surtout au lavage a l’eau do mer, on a fait entrer la résine qui , à dose limitée, contribue à diminuer le prix de ces produits, sans en altérer la qualité l.n fabrication de la bougie stéarique est venue, dans ces derniers temps, fournir aux savonniers un élémeut des plus utilo* à la fabrication de leurs produits, dont In substitution, do plus en plus générale, de la bougie à la chandelle no peut qu'accroître de plus en* plus la production. Les corps gras sont souvent associé» dons de» proportions diverses, sans que le produit soit modifié dans lel qualités essentielles qu'on n-chercho dans son emploi. La nature de ces corps gras n'exerce d'influence que sur les qualités accessoires qui, tout en lui conservant le mémo degré d'utilité, peuvent rendre son emploi plus ou moins agréable.
Les qualités, essentielle* qu'on demande au savon sont une aptitude à émulsionner las corps gras, qui rend sa solution susceptible de délayer le* matièrelgraesCft qui «Itèrent nos tissus, et de désagréger le» pct't» amas
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do poussière auxquels ollos servaient dû lien , ainsi t qu’une adhésion pour ccs petits fragments de matière qui les rende susceptibles de sortir du tissu avec le plus do. liquide, quand on exprime Tenu savonneuse dont les tissus étaient imprégnés. Les qualités accessoires sont >le ne j»as avoir de mauvaise odeur ot de ne* pas en acquérir par l’action de l’air h laquelle il doit être soumis; d’avoir une pâte homogène qui ne permette & l'eau de n'agir qu'à la surface, et nnc dureté qui lui permette d’exercer une friction utile à l’effet détersif à La surfuce do tissu.
C’est cet ensemble de qualités, que possèdent, à un haut degré, les savons d’huile d’olive, qui en avaient si généralement popularisé l’usage. On l^s retrouve aussi dans les savons d’huile de palinc au», pas plus que çeux d'huile d’olive, ne rancissent à 1 air, et prepnent mémo par lu vétusté une. oJeur agréable. Sans avoir absolument les mêmes qualités, l’huile de coco peut intervenir d'une manière utile, et surtout, en s’alliant aux autres corps gras, fournir les éléments d’un l>on savon. Mais ou conçoit que si ces corps gras, et plus spécialement l’huile d'olive et l’huile de palme, se prêtent le mieux à la confection d’un excellent savon, les suifs, où domine toujours l'odeur des acides gras odorants; les huiles de poisson, plus oJorauies encore; les huile» de navette et de lin,, altérables à l'air et si disposées au rancissement; les graisses d'os, des qualités les plus infimes et odorantes, pouvant être, avec avantage, employés à la fabrication de sa- Aons susceptibles* de servir à des usages grossiers divers; et l'on doit encourager toute tendance à profiter des matières gra**ç*, même les moins pures, pour en fabriquer un savon possédant les propriétés essentielles de ce genre de produits.
On a cru pendant longtemps que la fabrication des savon» consistait dans une combinaison pure et simple des corps gras et de l'alcali, ot la pratique avait appris à préparer d'excellents produits avant qu’elle pût être échurée par la théorie. Les beaux travaux de M. Chevrcul sont venus, il y a quarante années, apprendre aux savonniers ce qu’ils faisaient, èt montrer aux chimistes que ccs corps gras &o décomposaient sous l’influence de l'alcali, et que de cette décomposition résultaient de» corps nouveaux dans la production desquels interv iennent les éléments de l’eau, dos acides gras se combinant avec la sonde et constituant le savon, et un corps neutre. la glycérine, qui est étrangère à ses propriétés. Les savons sont donc des sols, et l’on conçoit qu’on peut les obtenir dans un état de pureté plus ou moins grande, selon les méthodes employée^ pour leur fabrication.
I.a plus simple de toutes est cello que l’on emploio pour fabriquer les savons mon», à baso do potasse, dont la production a certainement précédé celle des savons durs, savon» dont l’usage pourra bien se maintenir dnns les manufacture* do draps, -dans le foulonnage, mais qui sont destinés à disparaître de l’emploi domestique et à être remplacés pnr ‘les savons doux, à base de soude, malgré la qnalité qu’ils ont de conmiu- .niqtier une souplesse remarquable aux tissus qu’il» ont contribué à blanchir. Lite s’opère en faisant bouillir, dans des, chaudières en fer à fond conique , des huiles do cùênevis,.de colza et do navette, etc., etc., avec des lessives de potasse caustique que I on y introduit à trois reprises., en commençant par les plus faibles. -Lorsque le mélangé est parvenu à une consistance convenable, qu’il est homogène et transparent, on le coule dans des tonneaux pour l’ombarillcr après le refroidissement, et là livrer hn commerce. Mai» on conçoit qu’avec un pareil mode de fabrication, lo produit doit contenir toutes les impuretés du corps gras , toutes celles qu’a apportées Vorffil», qui est aussi loin d’êtro pur, ainsique la glycérine provenant de son dédoublement.
Ce fut nnc découverte réelle que l'observation- do celui qui,. utilisant, sans s’en douter, la faible solubilité des sels dans une solution saturée d’un 6el de même base, so servit du sel marin ou des soudes salées pour précipiter le savon de soude, et obtenir ainsi ccs savons dits tarés sur lessives on sur gras, produit aussi pur que lo serait un sel qui *o serait cristallisé ou qu’on obtiendrait pnr précipitation, et qui abandonne dans les -lessi vos qu’il surnage toutes les matières qui lui sont étrangères. C’est là la base du procédé dit d la grand e chaudière, et dont il serait important de voir étendra et généraliser l’emploi.
C’est lit le mode exclusif de fabrication des savons de Marseille.
Dan» cette ville , où eu sont conservés sans altération les procédés de fabrication dont une longue expérience avait appris l’utilité, on emploie ordinairement, pour la fabrication du savon, une partie d’hnile et deux parties de cette soude brute , dite saronniire , qui est préparée dans les nombreuses fabrique» de produits chimiques do cette localité pour cct usage spécial. La soude mêlée avec de ln chaux est obtenue par un lessivage fait dans de» réservoir* en maçonnerie , sous la forme de letsives caustique» plus ou moin* concentrées, que l’on mêle do manière à obtenir une raoyenno do 10 degré*. Dans de* chaudière* de <0 mètres cubes de Cnpacité, dont le fond est en fonte elles parois en maçonnerie , on verse les 9/10*» de cette lessive, et lorsqu’elle a. été amenée à l’ébullition, on ajoute toute l’huile destinée à l’opération. Les deux substances se mêlent et sc pénètrent, la masse devient pâteuse; de là le nom d’eiupùtage qu’on donne’ à cette première pli use de la fabrication. La masse ponrrait adhérer à. la chandière -chauffée seulement par le fond et à feu nu et s’y brûler; mais l’onvrier qui dirige l’opération emploie le dixième de la lessive qu’il a tenue en réserve , et en la versant au moment opportun, il empêche cetto adhérence. Lo premier effet de la solution alcaline a été d’émulsionner l’huile, c’est-à-dire de la rendro miscible au liquide aqueux. Dans cct état de contact intime de l’alcali et du corps gras, la saponification commence; mais, pour la rendre completo, il faut, après cette opération do l’empâtagé, maintenir la masse à la température de l’ébullition de la lessive et cuire le savon. Quand cetto cuisson, qui dure plu sieura jour*, c'est-à-dire, quand la saponification est complète , en ajoute des lessives dites talées, qui ne sont presque en réalité qu'une solution de sel marin , dans lequel les savons de soude sont peu soluble» ; ce savon , pur cette opération, désignée sous le nom de rtlargage, se sépare do sou eau mère qui en baigne les petits fragments , et que l’on écoule par ce qu’on appelle Y épi noyé , au moyen d’un robinet pincé au fond de la chaudière. Ce savon précipité est loiu d’être pur; il contient, outre l’eau mère qui en baigne le* fragments, le savon insoluble dont l'alumine et le fer que renfermaient lo» soudes ont pu déterminer la formation. Il faut donc procéder à la purification ; c’e»t là la partie la plu» délicate du travail. Enlever cette eau mère salée et la rempla-' cor par des lessives faibles plus ptireè, dans lesquelles le savon puisse la dissoudre sans se dissoudre, purifier par lo dépôt des matière» insoluble», sans cependant absorber une trop grande quantité d’eau, est le ln«t «lo l’opération, que l’on atteint plu* aisément en ajoutant dans la chaudière de» lessive* plus fortes ou plus faibles, de manière à maintenir la liqueur à -17 degrés du pèse-sel environ. L’ouvrier, .placé sur une planche qnj traverse la chaudière, en pourra rompre, avec un agitateur de bois, la pâte savonneuse, tandis qu’un autre verso U lessive dan* le sillon qu’il a fuit, ot cette opération se continue jusqu’ù ce que la masse, qui pré- | sentait une agglomération do grumeaux, soit devenue I homogène. Elle est alors maintenue chaude pour que,
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conservant ta fluidité, elle puisse s'épurer par le repos.
Si cette épuration est complète, et si le fabricant, décantant en quelque sorte la couche supérieure du savon épuré dans un réservoir en maçonnerie, appelé muf, laisse au fond de la chaudière toutes les matières insolubles, mêlées à une certaine quantité de savon qui doit rentrer dans le roulement de* opérations pour être épuré de nouveau, on obtient le satxm blanc; mais ai l'on arrête l'opération au moment où ce dépôt s'opère, ces flocons de savon insoluble de sonde et d'alumine, saisis avant leur précipitation par la solidification du savon, ot disséminés dans la masse d'une manièro à pou près régulière par points, autour desquels s’e*t opérée l'agglomération de leurs particules, donnent lien. à cet aspuct marbré régulier, qui implique lu nécessité d'une ^aoliditicBtion assez prompte, et dès lors l'absence dans ce savon d'une trop grande quantité d'qpu qui l'aurait ralentie. Cette marbrure, en prenant l'aspect granitoïde, indique au contraire que le savon qui s'est solidifié trop vite contenait moins d'eau qne quand il est marbré ; une teinte bleuâtre presque uniforme serait la preuve d’une solidification opérée trop promptement avant que les molécules insolubles se fussent déposées, et serait l'indice d’un .savon contenant très-peu d’eau. On voit donc que la forme de cette marbrure, marbrure grenue, qui porte lo nom do maJrure, et qu'il ne faut pas confondre avec la marbrure artificielle dont il sera question un peu plus loin, donne au savonnier, sans autre analyse, la mesure de la régularité de la fabrication, et au consommateur la preuve que le savon ne contient pas ces excès d'eau contre lesquels il a tant d'intérêt à se prémunir, ainsi que la garantie d'avoir un produit toujours identique à lui-même. Ce savon insoluble, qui n’est en réalité qu’une impureté du savon, joue, comme on le voit, un rôle très-utile ; aussi les fabricants, obligés de substituer aux soudes naturelles qui contenaient abondamment les matériaux de leur production des soudes naturelles plus pures, ontils généralement adopté la coutume d'ajouter aux cuites pour les produire du sulfate de fer.
Ces procédés sont-ils arrivés à leur maximum de simplicité, et doit-on louer Marseille de ne les avoir modifiés en rien? Lo raisonnement et l’expérience s'accordent pour montrer qu'ils sont susceptibles de quelques améliorations qui commencent h s’introduire dans ses fabriqués en même temps que dans celles du nord de la Franco. Chauffage à lu vapeur, addition, nu tuyau d'épiunge, d'un tube vertical destiné à introduire les liquides par le bas de manière à no pas refroidir par l' agitation la pâte savonneuse, sont des modifications d'une faible importance; lm plus sérieuse consisterait dan» une plus complète lixiviation des soudes qui permettrait de ne pas rejeter des masses encore alcalines, comme aussi dans une caustification de la lessive qui, contenant souvent 8 à 40 pour 400 de carbonate indécomposé, doit concentrer dans les eaux d’épiuoge des produits alcalins que plusieurs fabricants de savon out essayé d'utiliser. Les lessives, qu'il faut bien obtenir fortes en premier lieu pour que la inoycnno puisse être employée directement à la saponification, ne se caustifient jamais d'une manière complète comme les lessives à 8 à 40 degrés que l’on peut amener aisément à un état de causticité presque absolue, sauf à les concentrer ensuite par l’évaporation pour leur donner lo degré auquel elles doivent être pour servir à la fabrication. Cette doublo opération du lessivage et de la caustificatiou *c fera toujours du reste chez lo savonnier d'une manière moins parfaite que dans les usines* de produits chimiques; au.-si la substitution à la soude brute do lessives de soudes parfaitement caustiques fournies par les grands centres de production do la souda apportera une simplification notable dans l'art du savonnier.. La plus grande consisterait dans la suppression du sel ma-
tin, dont le rôle est inerte dans la sqponifirafvon, et qui, s'accumulant dans des lessives, rend nécessaire l'écoulement d'un liquide qui entraîne toujours quelque chose d’utile.
Ce n’est pas seulement avec l'huile d’olive qu’on peut fabriquer des savons marbrés, lo suif et la graisse so prêtent à la mCmo fabrication. La saponification do ces corps gras est même plus prompte, et l'empâtage indispensable pour les huiles est ici inutile. On peut cnnç se servir de vicjlles lessives de Tecuit les plus chargées pour que, la séparation des corps gras et de la lessive «étant constante, les matières grasse*, généralement de qualité trèsinférieure, Ainsi lavéé», puissent abandonner h la lessive l'odeur désagréable qu’elles exhalent. Mais on çouçoit que ces sortes de savons sont plus disposés à rancir» que les proportions notables de stéarate et de mftrgnrnte les rendent plu* grenues et dès lors plus disposées à so laisser pénétrer par l’oini et à s’y dissoudre tans utilité pour le lavage, qui doit surtout utiliser le savon desséché par lu friction, et qu'elles no jouissent pat do tout les avantages que jKissèdout les savons obtenus avec des corps gras plus mous,' ici* que l’huile et l'axongc, et présentant dès lors une pâte plus fiuo et plus bomogèno telle qu’elle oxi-tc surtout dans les savons obtenus avec l’acido oléique. Un retrouve ccs qualités dans ces sortes de savons composés de suif, d'huile de palme et de résine, si généralement employés ou Angleterre, où leur production ' s’est. maintenue dans le* pratiques d'uuo fabrication loyale, taudis que leur introduction en France était suivje.de fraudes toujours croissantes qui ont fini par faire repousser ce produit sur les niurchés et par en annuler presque l’emploi. Ce* sortes de .-avons, qui, lorsqu'ils contiennent de la résine dans les proportions de ' 4 3 p. 400 environ de leur poids, ont une pâte fine, bien liée et transparente, une odeur agréable et la faculté do produire une mousse abondante, ont bien vito perdu toutes ccs qualités lorqu'ou y a eu introduit, eu proportious considérables, de la résino dont la saponification n'était pas même toujours complète «t qui d’ailleurs, n’étaut pas un corps gras, ne neutralise l'alcali que tt'une manière trop incomplète. Ils sont tombés bientôt en France dan* un discrédit qui a laitsé le champ libre h la fubricatiou marseillaise. •
L’avenir des savons fabriqués avec les acides gras liquides provenant de la fabrication do la bougie stéarique ne saurait être aussi éphémère. Ces acide*, pendant longtemps vendus à lias prix et sans emplois fructueux commençaient , d'après les conseils de M. Péligot, à être utilisés pour le lilngo de la laine, quand la persistance deM. de Milly à leur donner l'em ploi le plus rationnel qu’ils pussent recevoir finit par faire adopter du public 1 remploi de savons obtenus avec ce» produits; stfvons dont la production, liée nécessairement a la fabrication de la bougie stéarique, no peut que s’accroître avec elle.
Le modo do fabrication de cos sortes de savons est facile, car là saponification est ici tou tu faite, et l'on n'm qu’à combiner l'acide gros avec In soude qu’on n soiu do choisir dans un état du solution concentrée, l.e reste de l'opération sc pratique d'ailleurs comme dans le procédé suivi à Marseille. Quand l'opération a été bien fuite, ce savon ne rancit pu-, mais il a mal henreusement une odeur caractéristique, celle qui est due aux acides volatils du suif. Sa pâte, fine et homogène, le rond d'juno coupe très-douce, ne lui permet de dissoudre que par la surface, enfin sa consistance molle ne lui permet pas d'absorber, tout en cont. liant la solidité convenable, plus do 22 a Ï5 p. 400 d’oou ; il se présente donc comme pins riche en savon réel que le savon de Ma: veille cl est préféré pour beaucoup
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