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Pourpre française [mJta-orréiuate de chaux J

MM. Guinon, Marnas et Bonnet, de Lyon, ont découvert que l^orseillc préparée sous l'tulluence «l’une certaine température contenait un principe nouveau, auquel ils ont donné le nom de pourpre française. Il y a environ trois ans que ct*s teinturiers ont introduit dans l’industrie cette nouvelle matière colorante violette, qui joint à un éclat magnifique les avantages d'tme solidité relative, et qui n pris immédiatement son rang parmi les matières tinctoriales de premier ordre. Non* ferons suivre cet énoncé des réflcxfous fort judicieuses que M. J. Pcrsnz a fait insérer dans le /bprrtoire de chimie industrielle, t. I, par 130.

• Si l’on n’examinait sa préparation que d'une manière superficielle, on dirait que cette matière n’est autre que de Porscillo ordinaire, puisqu'elle se forme par l’action mutuelle des mêmes éléments, les lichens, 1 ammoniaque et l’air, et qu’il n’y a de différence pour la préparation que dan* les conditions successives de température où l’on fait réagir ces éléments, suivant les <iixoi>e» phase* du la métamorphose qne subirent les acides cfdornblcs dos lichens ; or ce sont ces conditions qu’il a fallu déterminer d’uno manière précise, puisque d'elle? seules dépendait le succès de ht fabrication do la nouvelle matière, et l'on conço t facilement que MM. Guinon et Marnas n’y soient arrivés qn’nprè* «le nombreux tâtonnements.

• Si faibles que soient le* modifications apportées par ce» habile* teinturiers nu procédé ordinaire de fabrication de l’orsejllo , elles ont suffi cependant pour changer complètement la nature du produit, tant dans ses caractères physiques que «lnns ses propriétés chimiques. Ainsi, tandis que l'orseille ordinaire tire à une couleur vineuse *ufo, sons l'action des ncides acétique et tartriqne, lu matière de MM. Guinon leur résiste parfaitement, ainsi qu’on peut s’en assurer sur Us échantillons due teintures qu’ils livrent au commerce. » -

Voici, d'après MM. Marnas et Guinon, la marche qn’il faut suivre pour préparer la pourpre française.

• On traite à froid les lichens par une solution ammoniacale ou alcali séo par le carbonate do toude, do manière à dissoudre les aoidos colorables qu'il» renferment.

« Après quelques minute» de contact, on jette le mélange sur une chausse, et on exprime les lichens, de manière à enlever le plus complètement possible la ljqucur adhérente, pni6 on précipite par l’acide chlorhydrique, Le précipité, étant filtrii, lavé et égoutté, est tediasous dans l'ammoniaque, «t on expose à froid U solution an contact -.c l’air. »

M. Jules Persoz ajoute :

•• Jusqu’ici lo procédé do M. Guinon est scmhlaUo à Celui que les chimistes ont toujours 6uivi dans la préparation des acides Colombie* des lichens ; mais, au lieu d’obandomicr 1a liqueur à «Uo-mcnie, jusqu’à ce que

lu matière colorante* de l’orseille soit complètement formée, M. Gninou observe le moment où cette liqueur prend la teinte rouge cerise, Quand elle e-t arrivée à ce degré, il la porte à l’ébullition et l'y miûniumt pendant quelque temps. Il l'introduit ensuite, en couches de 5 à 6 centimètres de hauteur, -dans des vases. à fond plat, «le 2 à 3 litres de capacité, qui tout chauffé* dans une étuve à une température cou-tante de 70 à 75 de- . gré». L'opération est terminée lorsque la liqueur a pris une teinte pourpre, et qu’étendue sur du papier blanc, elle ne change plus de nuance, même en descellant.

« Ou peut précipiter par l’acide sulfurique nu l'acide tartriqne la matière colorante ainsi formée, c’est la pourpre française; mais il est mieux de la pr<b*ipiter & i’étnt do laque, pour éviter la présence d’un aeklc rouge qui change sa nuance. •

On la précipite «le préférence à l'état de laque calcaire par le chlorure de calcium; Ja matière violette est ainsi précipitée; il c»t vrai qu’elle ne l’est pas en totalité, mais au moins elle est seule. On peut aussi faire usage d nlun, qui (orme une laque d’alumine avec ht solution ammoniacale de pourpre française.

Orce'i ni solide .—M. Meissonnier a désigné sou» ce nom l'orseille solide, qu'il livre rtu commerce également sous forme de loque. C’est une mutière qui se confond, par ses caractères physiques , avec la pourpre do M. Guinon, et qui dérive de l’orseille universelle de M. Frezon. Ou prépare, dan* tous le» cas, l’orseillo après avoir opéré la, séparation préalable «uniformément aux indication* de M. Stcnhonsc ; mais il me parait lndi*p<-u«ahle, pour obtenir une matière colo^ rantc solide fixée parle chlorure de calcium dans la liqueur ammoniacale; que cet al«-ali réagisse à la température si bien déterminée par MM. Marnas et Guinon. Dos essais dirigés dans cette voie m'ont prouvé qu’il n’existe de principe Violet solide précipitable par les sols de chaux qu’en quantité minime, »i la réaction de rammouiiiquo sur la disaolntion du lichen ne s’est ! f.iito qu’à la température ordinaire. M. Mcis-onnier emprunte donc à la propriété de MM.- Guinon, Marna* et Bonnet. «■

(trseille solide. — Four préparer en grand cette variété d’orscille, on délaye, d’après M. Hélaiue, dans une cuve ou tout antre vase convenable, «le l'oreeillc commerci.de avec 20 foi» sou ponls d’eau distillée bouillante . et s’il existe dans l'atelier «tes conduits de vapeur, on sj« sert d’eau froide et on. élève lu température avec la vapeur en ayant soin que Tenu de condensation comprise, le liquide i*e trouve dans la proportion indiquée. Ou y verse ^ensuite un poids d'arn moulure d’étain égal à celui de l'orseille, délayé dan# l'eau distillée, et on agite jusqu’à ce quo la température »e soit abaissée de t>0 à Sil degré*. On filtre ou un décante. La pâte comprimée est traitée n nouveau par 10 fois son poids «l’eau à 40 ou 50 degrés. La liqueur eut réunie à la première.

Polir prépiirer l’ammohinre d’étain, on verse dans uno dissolution d'oxynmriate d'étain du commerce un c*cè» d’ammoniaque étendue, et après avoir fait égoutter la pâte ou la dissout dans l'ammoniaque concentrée.

Quant nux eaux qui surnagent le premier dépôt, on y ajoute, pendant qu'elles sont encore chaudes, la moitié du poids de l’amnioniure d’étain qu'on a déjà versé dans la première décoction, et on y verse une diioolution de chlorure de baryum, du magnésium ou d'eau de baryte. On obtient de la sorte un second précipité qui peut servir directement ou à la tciutnro ou à l'impression. ;r wKq/timbiy »./-'•

Pour ne rien perdre, on additionne le liquide clair qui s'est séparé de la laque terreuso d’une certaine

TEINTURE

TEINTURE

nantit»; d'acido chlorhydrique, qui sépare des matières ’appurwnce grasse. La nouvelle liqueur est d’une belle teinte orangée; la sole et la laine s’y teignent en cette couleur dans le bain acide; exposée » l'action de Pair et de l’ammoniaque, elle pusse également à l'orange, et donne également au bain acide, spr laine et sur «oie, uue couleur saumon ou abricot.

La pâte épuisée, comme il vient d'être dit, traitée par uue eau acide à l’ébullition, douno une teinture amarante; pour la conserver, on y ajoute un peu d’acide, et pur la dessiccation on l’obtient sous forme de cudbeard. Traitée par l'eau chargée d'acide chlorhydrique pour la soie, la crème de tartre pour la laine, elle fournit la couleur orseille solide, qui résiste aux avivages avec l'acide chlorhydrique de 1 à 4 degré».

En uvivant avec les acide» acétique, tartrique, citrique, etc., et joutant du carmin d’indigo, de la cochenille ou du «afranum, on obtient des teintes variées qut peinent être «l’un très-grand secours dans les ateliers. Nous ne devons pas perdre do vue qye les recherches de M. Hélaine ont porté sur l’orseille du commerce et qu'elles ne peuvent engendrer le inétaorcéinate d'ammoniaque ; elles ont conduit à l’isolement de ce produit quand il existe, elles sont incapables de le développer quand il n'exisie pas.

Les observations qui précèdent semblent prouver que l'orsoille est un composé mixte qui n’o pas là simplicité qu’on serait tenté de lui attribuer d'après les travaux de Robiquet, et que des traitements successifs et convenablement choisis permettent d’en séparer des principes adorable» ou colorés, différents comme nuances et aussi comme Solidité ; ces derniers préexistent dans les lichens , ou résultent, soit d’une destruction plus ou moins, avancée de l’orcéinate d'ammoniaque, soit «Tune réaction incomplète de l’ammoniaque sur les principes colorables de* lichens. On ue trouve rien dans la description do M . Hdainc qui définisse nettement les conditions dans lesquelles se fonno l’orseille solide. On la retrouve si elle existe; mais si dans le traitement des lichens il ne s’en est pas formé , la méthode décrite est insuffi-nnto pour la développer.

On ne peut faire le même reproche aux procédés de M* (îuinon.

On vient de voir toute l'importance industrielle des recherches dont sont devenues l’objet les couleurs tirées de l'orseille; il serait très-intéressant d’étudier, au même point de vue, la préparation des couleurs altérables qn'on n’a produites jusqu’à présent qu’à des températures ordinaires. La valeur «les résultats acquis est Uo nature ii conduire à de prochain» perfectionnements dans la fabrication d'un assez grand nombre de produits colorables.

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