Vert des feuilles (chlorophylle
On n’a pas fait encore usage comme matière colorante du principe vert des feuilles qu'on trouve dan» presque toutes les plantes et qu'on a désigné sous le nom de chlorophylle.
' Cette substance douée de propriétés toutes spéciales avait été considérée pendant longtemps comme uu principe immédiat <ui gtiuris; on lui avait reconnu des caractères spéciaux et la propriété remarquable do ?o décolorer sous l'influence do l'hydrogène à l’état naissant. M. Sachs avait observé que l'oxygène, sans le concours do la lumière, pouvait faire renaître la coloration verte. Ses propriétés chimique* ont été reconnue* par l’ellotier, Berzéltut, Mulder et M. Morot. M. Verdcil, dans un travail récent, assimilait la matière verte dos feuille* au principe colorant du sang; il admettait qu'elle contient du fer.
M. Frémy, dan* des recherche» remarquables, a fait voir que la chlorophylle n’ost pas un principe immédiat simple, mai* qu’elle résulte du mélange ou de la combinnison de deux corps, l’un bleu, l'autre jaitnc.
La chlorophylle n’est que l’extrait brut de fenille par l'alcool. Nous donnerons ici l’exposé du travail do M. Frémy, parce que les données qu’il renferme ran-
trent dans l’étude des phénomènes que nous Examinons en ce moment.
Pour rechercher si la mutiè.re colorante des fouille» est composée de deux principes différemment colorés, M. Frémy l'a mise en contact avec une substance dont l’affinité pour le* matières colorantes peut Gtro modifiée eammo on le vent, c'ost l'alumine hydratée. On augmente ou diminue l’affinité de cet oxydo par des additions d'eau ou d'aioool absolu.
Or, comme la matière jaune de* feuilles garnît avoir moins d'affinité pour l'alumine que n'en a 1 autre substance colorée, lorsque la substance est très-alcoolique on obtient une laque d'un vert foncé, tandis que l'acool retient en dissolution une substance d'un beau jaune ; quand, au contraire, la difisolution est étendue d'une grande quantité d'eau, toute la matière colorante sc combine à l’alumine qui fournit alors une laque analogue à la couleur verte des feuilles.
En agissant sur cette laque avec des agonis d'nne faible énergie chimiqne, on la décompose ; et parmi ce* agent*, les uns agirent sur le principe jaune, les autres sur lo principe bleu. Le sulfure de carbone porto son action snr lo principe jaune. Sou contact fonce donc la laque on la rendant plus verte ; l'éther, l'alcool, l'essence de térébouthine isolent la matière verte avec gn coloration primitive. Quelques agents réducteur* modifient la chlorophylle et la transforment on une subs*tonee d'un jaune magnifique, très-soluble dans l'alcool et l’éther. Les acide» faible* et surtout l’acide chlorhydrique reconstituent dans la dissolution ulcooliquo une matière colorante verte.
Lorsqu’on traite par un mélange «le deux par tics d'éther et une partie d'acide chlorhydrique étendu d’uné petite quantité d’eau lo corps qui provient de l'altération do la chlorophylle, on obtient, en agitant lo flacon qui contient le mélauge, une dissolution éthérée qui s’empare du principe jnuue et un liquide acide qui reproduit une snbstanco «l’un bleu magnifique. Pour reconstituer le vert, il suffit d^njouter «le l'alcool en quantité suffisante pour redissottdro Ica deux matières isolées.
M. Frémy appelle phyl taxant hi>\c la matière jaune de* feuilles et pliyllocyanine la matière bleue; la phylloxanthine est beaucoup plus stable que la matière bleue.
Des études analogues appliquées aux autre* couleur* de la nature végétale conduiront peut-être à la découverte de principes nouveaux dont l’industrie saura tirer parti. C'est dans ce but quo nous avons présenté l'extrait que nous venons.de lire et qui présente sous uu jour nouveau le» questions que la chimie moderne doit prochainement élucider.