Bois jaune (morin blanc, marin jaune, moWûtr
On rencontre parmi les bois de teinture une espèce particulière qu’on nomme moins tmeforio, et qui provient du Brésil et des Antilles. C'eut le bois jaune; cette substance a été l’objet d'un travail très-important de M. Chevreul, qui a fait connaître la nature du principe utile contenu dan» le bois jaune. .Noua étudierons cette matière sous le nom de marin.
Lorsqu'on examine attentivement des bâche» «le. boi» jaune, on trouve quelquefois de* partie* jaunes et do» parties distinctes d’un blanc rose*. Traitées par l’éther, ce» matières abandonnent par cristallisation, la première une substance jaune cristalline, la seconde une substance cristallisée, presque incolore ; celle-ci se trouve aecoinpagm-o d’un résidu ronge qui lui donnait sa nuance couleur de chair. En fractionnant les cri-taux obtenus par l’évaporation de l'éther, les premiers qui se déposent sont jaunes et les seconds sont Mnncs; on leur enlève leur dernière teinte jatm&tre en les lavant â l'eau froide. Ils constituent le morin blanc, qu'on pourrait nommer morine.
•Vomir. — Ce nouveau produit possède une saveur douceâtre, astringente, amère, bien plus faible que celle du morin; il a moins d'action sur la colle de poisson il devient d’nn jaune plus foncé par les alcalis; la baryte no lo précipite pas ; il précipite immédiatement par l'acétate de cuivre. Sa solution devient ronge- grenat par lo protosulfato de fer; celle du morin jauuo devient verdâtre. -
L'acido sulfurique le fait passer au jnnno roux; à la distillation, il donne de l’eau, des gaz et un liquide qui se condeuse en cri*tnux plu» clair* que ceux fournis par lo morin jaane.
S’il était prouvé que le morin jatmé dériie du morin
TEINTURE
blanc, il conviendrait d appeler moréàte le principe jaune qui parait être l'élément utile dans la décoction de bois jaune.
J/ori» jaune {morèint). — Lorsqu'on fait concentrer et refroidir convenablement nue infusion de bois jaune dans l'eau pure, on obtient une matière qui semble avoir cristallisé confusément; elle est jaune, mais elle peut présenter accidentellement des parties rougeâtres on orangées.
l'eu soluble dans l’eau, même bouillante, sa solution chaude dépose par refroidissement des flocons qui, recueillis sur un filtre, prennent uu aspect cristallin. La dissolution refroidie est légèrement jaunit rc. Plus soluble dans l’alcool que dan» l'étlier ou -dans l'enu, le moriu cristallise de sa dissolution alcoolique sous forme de cristaux jaunes en aiguilles qui se disposent en mamelons.
La dissolation du morin dans l’eau trouble la colle de poisson; elle se colore en jaune très-pur au contact des alcali», potasse, soude, ammoniaque, baryte, chaux, atrominne; elle pusse au jaune vordâtre par une addition d’alun ; le sulfate de peroxyde de fer la fait passer au vert-dragon, il y a' précipitation; elle ne précipite pas immédiatement avec lucétatc de cuivre.
L'acide sulfurique concentré eu avive la couleur; l’acido nitrique bouillant l'attique et forme de l'acide oxalique. L'acide nitrique & 34 degrés fait passer sa couleur au rougeâtre et trouble sa dissolution. Sou» l'influence de l’oxygène, le morm.se transformo euune matière rouge.
Soumis à la distillation, lo morin fond, se colore en rouge brun, abandonne de l’eau, puis uu liquide qui se condense en cristallisant, sous forme d'aiguilles jaunâtre* ; elles paraissent être Uu morin inaltérée
Nous avons dit que le morin était le principe utile du boi* jaune. La décoction de ce bois, employée parle teinturier, faite avec une partie de bois pour 14) d’eau bouillante, est d’un rouge orangé vif, tant qu’elle est chaude ; elle se trouble pur lo refroidissement en laissant déposer du morin pulvérulent. Abandonnée plus longtemps, elle laisse cristalliser une nouvelle quantité de morin. Cette décoction est inodore, d'une saveur amère, astringente; elle précipite la colle do poisson on flocon* d'un jaune orangé; elle contient des sulfates ot des chlorures, mais pas de chaux. Le» dissolutions aqueuses de potasse, d'ammoniaque, do baryte, do strontiane et même de chaux, la font passer nu rouge orangé brun verdâtre ; le protochlorure d’étain y fait naî tre un précipité jaune; l’alun la précipite en jaune serin, l'acétate de plomb en jaune rouge, l’acétate de cuivre eu jaune brun. Le sulfate de peroxyde do fer la colore en brun verdâtre et précipite de» llocous vert olive.
Uue dissolution aqueuse d’iode est sans action sur elle; mais une dissolution de chlore qu‘011 y inêlo â volume égal la précipite légèrement en y développant une couleur rougeâtre, qu’un excès de chlore fait disparaître entièrement.
La décoction de boi6 jaune exposéo sur le mercure au contact de l’oxygène pas*o au rouge . Par une épreuve comparative, faite dans les même» conditions, niais à 1 abri du contact de l’air, cette décoction n'-éprouvo pas d’altérations.
De la laine et de la soie, préparées avec de l'alun, mises en contact dans dos dissolutions saturée» à 4 î ou 46 degrés des différentes matières colorantes extraites du bois jaune, he colorent assez promptement. Lo morin jaune donne un jaune ua peu moins verdâtre que le morin blanc; le morin rouge donne une couleur Orangée torne. La soie préparée par le sulfate do peroxyde do fer prêtai dans le morin jaune une couleur olive, dans le morin ronge uno couleur plus foncée, daus lo morin blanc une couleur marron clair.
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