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Acide picriquk (acidt car boxa tvpie

M.'Guinon, teinturier à Lyon, a fait connaître, eu 1817, l’emploi de l’acide piCriqUe pour teindre ch janno solide et brillant la soie qu'il b’ altère pas. Depuis, on a fait une grande consommation de ccnto matière pour.

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ht teinture de» laines en couleurs unies, de nuances certes composées, d'une extrême richesse et de la plu> grande variété. .J’extrais d’une notice publiée par M. Guinnn, dans les Annale* de la ton été nationale d'agriculture, eC histoire naturelle et des arts utiles de Lyon, 4849, les détails qui suivent :

La teinturo en jaune pnr l’acide picrique est tout à la fois remarquable par l'éclat et la Bolidité de la couleur qu'on en obtient, et par une application simplo et facile.

I/acide azotique douue naissance., on le sait, par son contact avec les matières organiques, à des composés très-variés; entre autres produits très-stable», il forme avec plusieurs composés de nature organisée l'acide picrique, qui, découvert en 4788 par Hausmann, retrouvé plus tard parmi les produit» de l’oxydation de l'indigo, de la salicinc, de l'aloès et des huiles de houille, n'avait encore reçu jusqu'à ce jour aucune application industrielle ; on s'était contenté d'indiquer parmi ses propriété» saillante» celle de tacher la peau eu une couleur jaune brillante et solide. Le travail do Laurent sur l’huile de houille à donné le moyen de préparer l'acide picrique très-économiquement.

M. Ouinou opère de la manière suivante. :

Dana une capsule^ on terrine de grès, dont la capacité doit être au moins triple du volume de» routières employées, on met d'abord trois parties d'acide azotique du commerce à 36 degré*, dont on élève la température à 60 degrés centigrades. On retire la capsule du feu, puis au moyen d’un tuho de verre effilé à son extrémité inférieure, que l'on fait plonger dans l’acide, on verso peu à pou une partie d'huilo de houille, dont k point d'ébullition est compris entre 460 et 190 degrés centigrades. Chaque- addition d'essence qui traverse 1 acide chaud produit immédiatement une vive réaction^, do laquelle résultent échauffctnent de la masse et dégagement tumultueux d'acide carbonique et de bioxyde d’nxote. Si 1? liquide menace de s’extravaser, on cessé de verser de l'huile et on tenipèro l’action par l’addition d’un pen d’acide IVoid. Lorsque toute l’huile qu’on a dcasciai do transformer est employée, la majeure partie sc trouve déjà convertie en acide picrique.

* Mais il en rc»te encore beaucoup dans un état interraédmirt’, bous forme d’une matière résineuse rougmïtw; pour compléter, autant que possible, la transformation. on qjoute trois nouvelles portions d’acide azotique, on porta Je tout à l’ébuliition et l’on évapore jusqu'à constata nce sirupeuse, on ayant soin de no pas laisser la matière sc dessécher ; sans cette précaution, la masse s’enflammerait.

On pont encore préparer à froid l’acide picriquo en mélangeant simplement deux parties d'acide azotique avec une partie d’huile do houille. Il se produit de la chaleur, des gaz et de l'ncido picrique-, mai? l'effervescence est moins vive que dan» le premier cas ; il se produit peu de vapeur» nitreuse», et l’on obtient une matière résineuse gluante qu’on doit traiter à chand par I/acide azotique et faire évaporer comme précédemment.

Le liquide sirupeux se prend, dans les deux cas, par refroidissement, -en une mos»e pâteuse, jaunâtre, dont le poids est d'environ le sixième do» matières employée». Il se compose d’acide picrique, d'un peu de matière résineuse et d'acide azotique; on sépare l'acide pîeriq»e en faisant bouillir-U masse dans l'cnu, qui le dissout et l'abandonne ensuite par refroidissement sous .forme de .yistaux. Deux ou trois cristallisations le donnent à pou près pur. Mais, pour arriver » la pureté chimique, i) faut le combiner à l’ammoniaque et le précipiter ensuite par un acide,. puis le faire cristalliser de nouveau. Il constitue, dans cet état, une niasse «le cristaux transparents , d'un jaune citron clair,

. Je doi»â l'obligeance de M.Gumon jeune, de I.yoti, la dessin da la disposition çi-conlffe (fig. 37 27), il l'aide de laquelle On éloigne toute chance de danger. I/opé-

TETNTURE.

ration est régulière, troàqnilki; elle conduit A des pVoduits remarquables. Ottc disposition pent être adoptée dans beaucoup do cas analogues où les réactions >onf tunmltuou*es et violentes. . :■

Sur un fourneau A on a réservé hnît bains de sable B, formé» par nnc cuvette métallique qu’on peut chauffer à volonté par un foyer commun. Chaque Win de *»hla reçoit un ballon de verre C dan» lequel, au moyen d’un large tubcD, ou fait affluer sur l’acide nitrique l’huila de bouille ou l'acide phénique, qui s’éeoule-par un entonnoir E d’un récipient en bois F, qui contient la quantité nécessaire à l’opération; l’instidation se fait goutte A goutte. Les produits de la réaction qui se fait A froid s'échappent et se condensent dans un réservoir commun en grés G, maintenu par’ un support en métal II. Quand Ja réaction so trouve terminée A froid, on chauffe pour transforme*; la résilie. Le résidu de l’opératiou est vidé dan* les cruches K qui servent de cristullisoirs : le. collet I. des même» touriHe» scrtd’eutonnoir; pour égoutter les cristaux, on met dans le fond du collet renversé quelques fragments de tuiles en terre trèscuite qui fout l'office U amiante et retiennent les cristaux en «épatant un liquide trè j-acide qu’on fait rentrer dans 1rs opérations subséquentes. On comprend qu’on peut avoir autant de fourneaux qu’on le désire. On réuni: dans uhe cheminée commune tous lea tubes do dégagement qui s’échappent des condenseurs G.

11 n'est pas néWssaire, pour les besoin» de 1a teiftturc, de purifieT complètement l’acide picrique, on aa borne A laver a 1 eau froide la masse pâteuse, pour enlever l’acide azotique t-n excès, puis on redissodt dans l’eau bouillante, A laquelle on ajoute 400 gramme* d’acide sulfurique pour 400 litres d'eau, pour séparer la matière résineuse qui reste avec l'acide picrique. Là3 présence de cette matière donnerait h lamjio tine odeur désagréable, et ternirait la couleur en lui laissant une nuance rougcfUro* On obtient de la sorte une liqueur suffisamment pure, qui, étendue d’une quantité d’eau en rapport avec la nuance qu’on veut produire, peut être immédiatement employée comme bain de teinture* En comparènt la teinture en jaune par l'acide picrique avec le? mêmes nuances obtenues par d'autraé principes, M. G union prouve que l'acide picrique doit être préférable A la gaude, au bois jaune, an quercitron^

A la graine de Perse , au curcuma , au fustet et au rocou. Se? convictions sont basée? sur les motif» suivant» t .

4» La gaode donne une couleur riche qui résiste A l’eau et au jsoleîl ; mai» eljo est altérée par les acides? on ne peut la combiner aux matières textile» sans k secours de l olun, et ce n’ost que par des manipulations assez longues qu’on parvient A lui donner sur soie tout l'éclat qu’elle peut offrir. Les boutpus et 1« fleur du saphora japonica, dont les Chinois se servent pour leur» teintures' jaunes, ont les mêmes défauts que la gaude, elles portent de plu» une nuance. un peu plu» orangée, 2* Le bois jaune et le queroitvon présentent les même» inconvénients ; ils ûe fournissent pas d’aiHcur» des nuances assez pure*. On a dû le» abandonner pour | les couleurs jaunes, et s’ils servent encore, c'est pour la préparation de» verts et do plusieurs 'couleurs, coro- ! posée». On peut en dire autant de la graine de Persè, qui, d’ailleurs, c*t d’un prix élevé.

3M La coalcur que Ton obtient par le curcuma ne présente aucune solidité ; la lumière directe du soleil la détruit en quelques instants; on est doue .forcé de M priver de cette couleur pure et brillante. «jri *

4" Quant ntt fustet, quant pu rocou, eus matièrèsDa sauraient produire d* jaunes clair» ; il» no peuvent encore donner que dos nuancés liront A l’orangé. £.,4>éŸ Ia teinture A l'acide picrique réunit le» avantagessuivant»,' qui ont été reconnu» par la plupart dos teinturiers. -

':,irnnaama

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\a Prix peu élevé. Cette assertion pourrait paraître douteuse, si l’on »e bornait à considérer le prix mémo de l'acide picrique à l'état solide, surtout il y u quelques année»; mois ou doit tenir compte du prix actuel

Nous terminerons cet nrticlo en rappelant les diverses circonstances dan» lesquelles l'acide picrique prend uaissance. Cet ncide, qui, précisément par cette cause, a reçu les noms d'amer de H 'citer, d'acide nitropicrique ,

et prendre en considération la puissance colorante de cette matière, dont un gramme suffit pour teindre nn kilogramme de soie de couleur paille, nuance inoyenno.

2° Emploi simple et prompt, sans intermédiaire.

3° Beauté comparables à celle du curcuroa; résistance à l’action de l'air, à l'inlluence destructive de la lumière solaire.

M. (îuinon termine en faisant ressortir cet avantage que l'acide picrique s'applique à la teinture des soies souples en produisant des nuances paille ou mois que le curcuroa seul fournissait auparavant, mais avec une solidité que le curcntna ne peut donner. I>e plus, cette teinture communique le toucher craquant à toutes les soies cuites et souple», condition recherchée pour le brillant et la qualité des étoffes.

Toutefois, l'acide picrique no peut être employé qno pour la teinture en jaune clair ou moyen, jusqu’à la nuance soufre ou citron clgir, ou même encore jusqu’à la nuance mais, avec addition de rocou ; mais cette circonstance ne saurait enlever à cc nouveau procédé l’importance qu’il tire de» avantages qui précèdent, car, à présent au moins, les nuanees jaune clair, pâle et nankin sont demandées en proportion beaucoup plus considérable que les jaune vif, jonquille ou bouton d'or. Enfin il serait nuisible d'ajouter une trop grande quantité d’acido picrique au rocou et aux autres principes qui pourraient être altérés par oxydation. Cet inconvénient n'est assurément pas à redouter pour les nuances claires et moyennes.

d'acide nilroptunisique, d'acide irinilrophrnique, d’acide carbazotique , d’acide chrytolêpique , pourra, dans la suite, être obtenu par d'autres méthodes très-économiques; l'industrie ne l'a préparé jusqu'à ce jour qu'au moyen de l'huile* de houille; il nous semble intéressant de faire connaître les principes organiques qui, jusqu'ici, l’ont fourni parmi les produits de leur oxydation.

On le prépare en faisant bouillir l’indigo bleu avec 40 ou 42 pnrtion d'acide nitrique à 4,43 de densité, jusqu’à cc qu'il ne se dégage plus de vapeurs rouges. Par le refroidissement du mélange, l'acide carbazotique se dépose à l'état d'un magma souillé d'impuretés. Pour le purifier, on le dissout dans la potasse caustique, puis on le précipice par l’acide nitrique. L’acide qu'on obtient à l'aide de la salicinc est d’une grande pureté, il no nécessite pas d'autre purification. Enfin M. Schnnck l'a rencontré dans les eaux mères provenant de l'action de l'acide azotique sur l'aloès.

D'autres matières organiques, plus ou moins répànduc», la laine, la soie, la coumarine en fournissent. On pourrait le préparer encore dans de bonnes conditions d'économie, en prenant, non plu» les huiles de Laurent bouillant entre 460 et 490 degrés, mais, d'après les observation» de M. Bobcuf, en traitant de préférence les huiles lourdes qu’on agite avec de la soude pour lormer un liquide aqueux qui se sépare des huiles non snponifiables; on le décompose par l'acide chlorhydrique. I/CS huiles séparées par ce nouveau traitement sont em-

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ployas, comme il est dit plus haut, d'après la note de M. Guimon. (Lyon, 27 avril! 849.)

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