‹ Complément du Dictionnaire des arts et manufacturesChapitre 272 sur 394 · Sambccdb ebllcb · texte numérisé non relu

Sambccdb ebllcb

Nous avons dit qn'on Taisait usage actuellement en teinture des fleurs a* mauve noire On ]>ourra se servir également et nu mdtno titre du bain de satnbucus pour obteuir une teinture en noir. A cet effet, on écrase les fruits, on les place pendant deux ou trois jours dans un vase de terre, puis on exprime la niasse, et le liquide filtré devient tellement foncé qu’il faut l’étendro do 200 partie» d’eau pourTamcncr à la nuance du rouge vineux; 4 200 parties d'euu conservent encore une nuance violette; 1 • suc évaporé laisse lOp. 100 do résidu soluble dans l’alcool, insoluble dans l'éther. Avec les sel» do fer, il se tonne un précipité noir qu'on peut employer en teinture.

g IX. pb la xmmroa» proprement dite coiuidirte dam ses résultats généraux.

L'art de la teinture, c'est-à dire la science d'appliquer sur les étoffes les couleurs variées que la nature nous Tonrnit ou que l'art nous en» .-igné à créer, fut trop longtemps soumis aux règles de la routine : notre époque féconde en grandes découvertes aura certainement le mérite d’avoir tait de cette industrie ce qu'elle est aujourd'hui ; mais si la chimio a, dans ces progrès, une part considérable, il est incontestable que les arts mécaniques ont eu de leur côté, sur les développement pratiques do cet art, une influence des plus salutaires. Voici les termes mêmes dans lesquels M. Dumas, si bien placé pour juger In question, expose cette double Hction do là scicnco h laquelle il réserve plus encore dans un avenir prochain.

- Née do tâtonnements empiriques, lougterapa la teinture ne fut soumise qu’aux ioia de la routine.

m U appartient h notre époque de mettro & sa place cet.art si utile, et do le porter au premier rang parmi nos belles industries chimiques; il fuut, pour obtenir ce résultat, dissiper les nombreux préjugés qui environnent toute industrie marchant au hasard ; la scienco moderne y parviendra pou h peu : elle transformera les recette» qui constituent toute la science du teinturier en règles certaines ot invariable», fondées sur une connaissfuicc scientifique de» matière» colorante»; elle tracera lu marche des amélioration»; elle écartera le» difficultés qui surgissent dans la fabrication ; elle ou vrira enfin un nouveau champ aux recherches pour la production des couleurs solide» et brillantes.

« C’est principalement à lu cldmie que la teinture sera redevable de tous ces progrès; et déjà, si on jette un regard en arrière de quelques année» , on no peut s'empêcher d'admirer ce qu'elle doit sons ce rapport à ccttc science. Le blanchiment des étoffes, l'application nouvelle de coulour» solides et brillantes , le moyen do les varier à l'infini , tout porto l'empreinte profonde de l'influence de la chimie. La mécanique est venue aussi apporter à l'art de la teinture son concours indispensable dans toute industrie de premier rang : c’est à elle que l'on doit ces machines si parfaites qui ont simplifié le travail et qui permettent d'obtenir, avec une grande économie, avec une précision et une rapidité merveilleuse», ces tissas si divers et si richement coloriés qui sont maintenant répandus dans les classes les plus pauvres de la société. »

Depuis quinze an» qneces ligne» sont écrites, que de services réels l'art do la teinture en pleino prospérité n'a-l-il pas enregistrés !

Maintenant que nous connaissons, dans leur histoire et dans lourt propriétés, les matières colorantes dont on fait usage dans les ateliers , nous pouvons approfondir avec fruit les divers procédés à l’aide desquels on teint les différents tissus de naturo animale on végétale que

l'industrie livre nu commerce. Nous croyons toutefois devoir présenter ici sous forme de résumé colle» de» matières tinctoriale» qui sont plus spécialement employées à la teinture d'une matière textile donnée, qu'elle soit à l’état do fil, d'écheveau, de tissa.

Nous devons distinguer le» couleur», en saut qu'elle» sont appliquée» sur une fibre textile quelconque , en couleur» simples, binaires , ternaires, quaternaires , etc.

Les couleur» «impies «ont le bleu, le rouge, le jaune.

Le» couleurs binaires sont le violet, l'orangé, le vert.

Les couleur» ternaire» sont les tons qui précèdent, plu» ou moins modifié» par de» mélanges.

Le noir et les ton» rabattu» sont en général des nuAnces très-composées.

Nous avons déjà vu dans l’étude que nous avons faito de» matière» colorante» qu'elles ne se comportaient pas de la même manière avec le» divers tissus, suivant qu’ils étaient d'origine animale ou d'origine végétale. L'industrie a du faire son profit de ce» observations, et comme la manière dont une, matière colorée se comporte a la lumière sur une étoffe dounée n’est pas la même pour toute», que 'sa résistance est variable avec In nature du tissu sur lequel on l’a placée, le teinturier doit connaître a priori le» chances de résistance qu’auront se» produits dans les circonstance» où le consommateur devra le» placer. Cette nouvelle considération ajoute à la nécessité de choisir pour un tissu donné le» matières colorante» qni lui sont appli cables. Nous examinerons à ce point de vue celle» qu’au emploie sur laine, sur soie, sur coton, pour teindre en rouge, en bleu, en jaune, en violet, en vert, en oriuige.

COULEURS simples (rouge, bleu, jaune).

Teinture en Roros. — On »e sert de garance, de murcxidc, de cochenille, de fuchsino, etc.

Laine. — Le rouge s’obtient sur laine avec la garance, le brésil, lu cochenille, la lakc-luke, la innrvxide ; le» plu» belles nuances roses sont fournie» par la fuchsine. Les préparations do garance ot d'étain donnent de» nuance» belles, pleines, brillante» ; l’écarlate ne s’obtient qu'avec le» sels d'étain. Tantôt on passe dan» le bain de teinture l’étoffe préalablement préparée par ce 6el métallique, tantôt on prépare à l'alumine ; on garance, puis on déplace l'alumine par double décomposition au moyen du sel d'étain.

Soie. — La soie est généralement teinte par le carthaine, on emploie quelquefois la cochenille ; aujourd'hui on fait un emploi considérable de fuchsine. Le bois do Brésil e»t une véritable ressource; on a fait usage de In murexide et de quelques nuances tirées de l’orseille solide. Ces nouveauté- ne datent que d’une année. On no connutt pas sur soie la véritable écarlate.

Coton. — On teint le coton en rouge par le cartharae, la garance, la cochenille, le bois de Brésil. La cochenille et le cartharae fournissent des couleurs très-riche» mais malheureusement fugace». Le rose de carthame n’a, jusqu’à co jour, été remplacé par aucune autre coloration. On a ccpcudant annoncé la produçtion d’un rose magnifique tiré de l'huile de goudron. Nous avons déjà donné quelque» renseignements positifs à ce sujet, digue de toute l’attentiou des teinturier». Certainement la fuchsine s'appliquera d’une manière industrielle. Quelques heures d’exposition au soleil suffisent pour faire passer la couleur du carthnme. On peut colorer les étoffes de coton avec le rouge produit par l’iodure do morcure.

Teinture km bleu. — Le bien s’obtient sur tissu par l'application de l’indigo, dn bien de Prusse, et par

TEINTURE

la loque bleue qnc forme la décoction de cam pêche avec l’oxyde de cuivre.

Laine. — L'indigo se fixe sur la laine au moyeu des cuves ; on le fait dissoudre ru moyen de la clmux, de la potasse ou de la soude à l'état d'indigo blanc; les laines trempées dans ces cuves absorbent une certaine quantité de cet indigo qui, sous l'influence de l'air de l'atmosphère, s’oxyde et passe, on vertu des réactions que nous connaissons, h l’état d'indigo bleu. La richesse de la nuance dépend do laquantité d'indigo fixé. La qualité du bleu dépend du soin avec lequel est faite l'immersion et de la régularité du contact de l’étoffe humide avec l’oxygène de ( atmosphère, La solidité de la couleur est assurée, puisque 1 indigo n'est accompagné d’aucune substance capable à la longue de réagir sur lui.

On préftro presque toujours, pour teindre dans les nuances claires, employer l'indigo dissous dans l’acide sulfurique. Mai» pour détruire l'effet de l’excès d'acide qui doit opérer la dissolution, on combine cette matière avec l’ammoniaque ou la $oude, pour former des H'ilfindigotutesdé fonde on d'ammoniaque qui ont moins d'énergie destructive sur la laine, et qui teignent tout aussi bien après une préparation convenable au moyen de l’nlun. On doit remarquer néanmoins que la teinte est riche, mais quelle laisse à désirer sous le rapport do la solidité Le sulfmdigotate d’alumine ou l'acido Milfindigotique manque do stabilité.

La laine se teint encore en bleu pur une immersion dans uuo décoction de bois de Cauipêche on présence du sulfate ou de l'acétate de cuivre. Ce bleu ne résiste pas ; on le nomme fr/eu fauj ; mais il possède uu certain éclat qui le rend très-utile.

Le bleu de Prua*e s'applique encore sur laine ; il est connu sous le nom de bleu de France. On l’obtient, soit en déposant sur la laine l’oxyde do fer et faisant intervenir ensuite l'acide prussiano-ferrique jaune et l’acido priis&iano-fcrrique rouge, ou en faisant intervenir directement l’ncide prussiano-ferrique jaune, dont on détermine la décomposition sur l'étoffe par l'intermé- i d taire de l’air qui le transforme en bleu de Prusse. j

Quelle que soit la méthode préférée lorsqu'on fait I usage de# prnssiates, ils ne peuvent être employés qu'à I la condition d'être dépouillés de leur base par des acides ■ ou des sels acides. Un grand inconvénient résulte pour l'obtention des nuances foncées de la nécessité de faire nsage à cet effet dans l’impression, des acidoB tartrique et oxalique, c'est- à diro des acide» les plu» coûteux.

Ces considération», et d'autre» qui sont plutôt encore du ressort de l’art de l’indienneur, ont conduit la Société de Mulhouse à proposer uu prix pour l’introduction dans le commerce des drogues propres à l’impression et à la teinture de l'acide pmsaiano ferrique, ou des prnssiatcs de calcium et do liaryum. L'inconvénient de la pratique actuelle est énorme puisqu'il force, pour faire emploi dn prussiate qui varie de 3 à 4 fr. .lo kilogramme, à sacrifier au moins le même poids d'un ncide qui vaut plus cher que lui.

Soit. — La soie Se teint en bleu par le moyen du bleu de Prusse, en plongeant la soio préalablement préparée par le sel do fer dans une dissolution d'acide prussiauoferrique jaune. Pour avoir un bleu solide, on a recours à l'indigo. Mai» on n’arrive dans ce cas à des nuances foncées que par l’addition d’uno teinture d’orseillc ; on peut encore associer à la fols la cochenille, Torpille, ou le bleu do Campèche, et l’indigo; mais comparées à cellos que fournit le bleu de Prusse pur, ces nuances paraissent ternes et rabattues. .

J'ai vu des soies teintes on un bleu magnifique extrait de l'nniline; les procédés sont encore secret»; ils conduiraient au plus beau bleu connu jusqu’alors.

Colon. — Lo coton pent recevoir le mémo bleu que la laine ; seulement lorsqu’on vont fixer l’indigo bleu sur

lo coton, on se sert d’une cuve spéciale qu’on nomme cure au vitriol et qui sc monte avec de la chaux ot du sulfate de protoxyde de fer.

T EixnniE en jaune. — On 6e sert de gaode, do curcuma, de qucrcitron, d'acide picrique, etc.

Laine. — Les jaunes sur laine ae font avec la gaude, le quercitron, le bois jaune ; on se sert du curcuma, du rocou, dn fustet ; ces substances sont, du reste, ex- J ccssivoment variées ; on a proposé la camomille, les I genêts et d'autres fleurs sur les principes colorants desquelles nous nous sommes étendus plus haut.

Lo quercitron, le bots jauno et la gaude fournissent une couleur jaune assez solide ; le fustet donne nn jauno très-brillant; le curcuma, facile d’application, manque de résistance aux agents atmosphériques; on ne Rapplique guère que sur les étoffes de fantaisie; il est exclu de la pratique dans la lointure des draps ou dcâ étoffes do laine destinées à résister à de certaines fatigues.

Soit. — On fait usage sur soie des memes matières que sur laine, mais ou y ajoute le rocou pour les nuances virant à l'orangé. L'acido picrique, ainsi que noua l'avons dit et dans les circonstances que nous avons énumérées, u pris uni place importante, pour la soie comme pour la laine, comme matière colorante propre aux teintures brillantes et solides.

Coton. — On joint, pour teindre le coton, les graines do Perse et d’Avignon aux matières qui précèdent, l’acide picrique excepté, qui ne teint le coton qu’autant que cette matière a pu, d’après les expériences de M. Kulhmann, être préparée par l'acide azotique. Lo chromate do plomb, qui donne aussi sur le coton une couleur d’un vif éclat, est employé dans une foule de circonstances, soit comme teintes unies, «oit comme couleurs d'impressions obtenues par fixation, soit à l'albumine, soit par double décomposition; ce dernier procédé »c trouve être de beaucoup le plus simple et le plus commode.

Couleurs binaires (efofct*, orangé j, rertt).

Généralement les couleurs binaires s’obtionnent par l'application sur l’étoffe des deux matières simple» qui, par leur mélange ou leur superposition, peuvent I produire la couleur en question ; il est évident qa’il , Caut tenir compte alors de leur action j circonstances générale» dans lesquelle» ta couleur est appliquée, de la réaction acide ou basique sous l’in- ! fluence de laquelle elle prend de l’adhérence avec le , tissu, de la nuture enfin du tissu Iui-mêroe, puisqu'il est des matière» colorantes qui ne se fixent pus sur une fibre textile d'une origine déterminée. Quelques exemples fixeront les idées.

Violets. — Généralement les couleurs violettes sont obtenue» par la superposition do coalenrs rouges sur des nuances bleues ou réciproquement; on fait un choix de la méthode à suivre , suivant que le violet est pâle ou foncé, suivant aussi que la nuance ne sora reproduite avec exactitude que par un virement acide ou alcalin.

Nous avons fait connaître les qualités particulièrement remarquables de l’orseilla ; elle donne immédiatement des nuances violettes sur soio, sur laine et sur coton. Les nuances sont, à volonté, claires ou vigoureuses , suivant l'état de concentration du bain, ou le nomhre dos teinture* successivement apposée». Il est peu de matières qui aient rendu d'aussi grands service* aux teinturiers qui no reprochaient à cette couleur qu'une fugacité trop grande. Grâce aux travaux de MM, Gainon, Marnas et Ronuot, que nous avons longuement exposés, la teinture sur laine et sur soie se trouve maintenant dotée d une couleur d'orgeille solide comparativement aux anciennes conleurs.

TEINTURE

TEINTURE

Cl 2

L’inditinc ou violet d'aniliue fournit aussi directe- | ment du violet sur coton, »ur laine ot sur soie. Ce sont ! les pins solides.

Orangé». — Les couleurs qui tiennent de l'orangé se préparent trop souvent involontairement en Axant les matières colorantes rouges. En effet , ces dernières sont presque toujours mélangées dans les substances tinctoriales qui les fournissent avec des matières jaunes, ou bien elles donnent naissance à des produits de cette nuance avec Ica préparations métalliques dont la réaction est acide.

Vert». — Le vert s'obtient toujours par la réunion en mélange ou par superposition des couleurs jaunes et des couleurs bleues. On les prépare, par exemple, avec le bleu d’indigo de cuve, ou le bleu de sulfate d'indigo, modifiés après coup par des jaunes appropriés à l'étoffe qu’on veut teindre, ù la nuance qu’on veut produire, il la durée qu'on cherche à produire, h In méthode qu’on a suivie pour appliquer l’indigo. Les verts de cuve sont solides; les verts de Saxe le sont beaucoup moins; il l’indigo, dans les premiers, on associe le jaune solide comme le bois jaune. Le jaune des seconds oat extrait du curcuma qui résiste mal à l'action de la lumière solaire.

On sait, d'après ce que nous avons dit plus haut, que les Chinois produisent directement sur soie une couleur verte très-brillante et très-remarquable qui sc prépare directement et qui conserve un éclat très-vif h la lumière artificielle. Grâce nux travaux de M. Persoz, grâce encore a l'initiative «le la chambre de commerce do Lyon, on a pu conualtrc, ainsi que nous l'a vons vu, l’origine de cette matière , les procédés au moyen desquels on la prépare, et les méthodes que l’on emploie pour en faire l’application.

COULEL'HS TERNAIRES (noir* et brun»).

teinture en noir. — La couleur noire est souvent difficile il produire, lorsque le consommateur exige que ce noir possède des reflets de nuances données; on ne peut alors les obtenir que par des couleurs très-composées.

Laine. — Mais la laine a tant d'affinité pour la teinture en noir qu'elle donne uno coloration assez facile. On peut, fl volonté, sur ces fibres en écliovcaux, ou sur les hunes en toisons, fixer l’oxyde do fer, pour faire bouillir ensuite dans la décoction de matière tannante, ou suivre la méthode inverse qui consiste à préparer l’étoffe avec la matière tannante pour terminer par le bain contenant l’oxyde de fer. On brunit alors avec le bain ferrugineux. On petit joindre le cuivre au fer; les substances qu’on préfère sont alors la noix do galle et le campêclie, le vitriol vert et le vitriol bleu; ccs matières deviennent les éléments du principe noir qui su dépose sur le tissu.

Soie. — La teinture on noir sur soie présente des difficultés paxticulicres : elle semble au moins généralement exiger qu'on commence par procéder à la combinaison préalable de la fibre textile, qui l'absorbe en grande abondance, avec le tanin, surtout le tanin do châtaignier. On finit ensuite la teinture en passant la soie dans un bain de fer dont chaquo industriel fait mystère.

Coton. — Pour teindre le coton, on commence toujours par fixer le fer sur lo tissu qui l'attire avec énergie; on termine ensuite en faisant bouillir l’étoffe avec des décoctions de noix de galle plus ou moins mêlées de cam pèche.

De la pureté de » nuance».

Tels sont les principes généraux que l’expérience ù fait admettre. Pour les compléter, nous devons placer ici 1a remarque suivante & laquelle on n’attachc pas

assez d'importance, lorsqu’on analyse les ühéuomèncs optiques auxquels donne lieu l'examen d’une étoffo teinte en couleurs binaires. M.Chcvrenl a parfaitement fuit ressortir l’influence des faits sur lesquels je désire fixer l'attention, en l'étudiant sur l'art do mélanger les fils diversement colorés; il a tiré parti de ses observations pour dcfiuir et perfectionner l’art du tapissier. Le savant directeur des teintures aux Gobelins a cherché les modifications que les diverse» couleurs éprouvaient l'une à côté de l’autre, pour en déduire co qui doit se passer lorsque ces couleurs sont mélangées par une sorte «le porphyrisation. C’est, en effet, la même impression que perçoit l’oeil lorsqu'on broie des couleurs, lorsqu'on teint simultAuément des nuances différentes, ou lorsqu'ou superpose des ton* variés. D'après M Chevreuil, • l’art de mélanger les fils diversement colorés , soit en en réunissant plusieurs ensemble pour former un fil complexe, ou en les entre-croisant fl la manière de co qnc l’on appelle une hachure en dessin, et dans les deux ca*, avec l'intention do no produire qae la sensation d’une seule ooulcur, et do la produire sûrement telle qu’on la vout, cet art dérive d'un principe très-général qu’on nomme principe du mélangé de» couleur». a

Ce principe s’applique aussi bien au mélange des fils colorés qu'emploient le tisseur de châles, le tisseur d'étoffes de soie, le fubricnnt do mosaïques, etc., qu'à la préparation, par les méthodes de la teinture, des couleurs binaires, on des couleurs rompues et rabattues par le mélange des couleurs simples ou binaires avec le noir, eu appliquant sur de* étoffes des matières colorées aussi intimement mélangées que le sont celles des peintres.

Des études de M. de Chevreul sur lo principe des mélanges des ooulcur* il résulte, lorsqu'on applique sur de» étoffes des matières colorées qui n’ont point d'action chimique mutuelle capable de modifier leurs couleurs respectives, deux vérités que nous allons formuler en peu do mots.

Nous avons limité les circonstances dans lesquelles lus axiomes que nous énonçons restent en dehors de toute «liscussion. Pour préciser les faits, nous rappellerons comme exemple particulier lu superposition du jaune de garnie sur une étoffe colorée par du blou de cuve; les deux couleurs conservent leurs nuances respectives, mais elles produisent du vert par leur mélange.

Or, dans toutes les circonstances analogues, qu’il s’agUse de violet ou d'orangé,

I*» Pour obtenir des couleur» franches, orangées, violettes ou vertes, par le mélange du rouge avec lo jaune, du jaune avec le bleu, du bleu avec lo rouge, il faut que chnqne mélange ne renferme que les deux couleurs qui doivent constituer l'orangé, le vert et le violet.

2° Si les couleurs mélangées sont au nombre de trois, il en résulte toujours du noir ou du gris, et dès lors on obtient :

а. Du noir et du gris normal, si le mélange présente des couleurs mutuellement couipb-mcutuires;

б. Du noir ou du gris normal, plus une couleur sensible, si le mélange des couleur» n’ost pas mutuellement complémentaire. 11 en résulte co que le» teinturiers nomment une couleur rabattue, et co que le» peintres appellent une couleur rompue.

Ces deux principes sont applicables à tous les arts qui parlent aux yeux par le* couleur». I-es conséquence» en sont immédiatement applicables à l'art de la teinture. Si le teinturier sait, après une étude approfondie des qualités optique» des couleurs, connaître à fond celles qu'il peut appliquer sur uno étoffe donnée, ne peut-il pas être certain do faire toujours de» couleurs binaires parfaitement pures, s’il élimine toute

TEINTURE

TEINTURE

substance colorante capable d’introdui e une troisième couleur dans le mélange qu'il en fera.

D’un autre côté, ne fera-t-il pas assurément en noir ou des couleurs rabattues du tou qu’on lui demande, s’il sait créer sur l’étoffe des couleurs mutuellement complémentaires, qui se neutraliseront d’une manière exacte, s’il veut avoir du noir ou du gris normal, ou dont Tune sera eu excès, s'il désire une couleur rabattue ?

Ne sait-on pas que pour transformer en une étoffe blanche un tissu légèrement Coloré, il suffît d’en neutraliser la nuance par sa complémentaire ; tel est le principe de ce qu’on nomme l’azurngc des étoffes qui ont une légère couleur rousse. L’œil juge une étoffe ou généralement une surface quelconque blanche quoiqu’elle soit teintée d’une ornbre légère, tandis qu’il la jugerait colorée, si cette teinte ombrée se réduisait en les deux teintes complementaires qui seraient équivalentes. L’art de f.iira du noir en teinture donno le moyen de neutraliser une couleur en y ajoutant sa complémentaire; le blanchisseur emploie ce moyen pour qu’une étoffe, trcs-légèrement colorée, paraisse plus blanche qu’elle ne le paraîtrait, s’il «Ton avait pas neutralisé la couleur par la complémentaire de celle-ci.

§ X. DR LA TEUTTURK

contidèrte sous le rapport de la stabilité des couleurs.

Nous voyons, par ce qui précède, que les principes généraux sur lesquels 6e base l’art de la teinture reposent sur l'observation de» faits optiques, chimiques et mécaniques tout à la fois, et nous rappellerons ici qu’il est impossible de regarder les phénomènes do teinture couimo uniquement dus à l'affinité chimique, et qu'on n'est pas plus fondé lorsqu'on le* rapporte à do simples phénomènes mécaniques. Dans cette dernière hypothèse, la matière colorante devrait se conduire do la même manière vis-à-vis de U lumière, quelle que soit l'étoffe (laine, soie, coton) sur laquelle elle e>t appliquée; or, on p remarqué, sous ce rapport, de# différences tranchées que nous avons déjà signalées à titre sommaire, mais sur lesquelles nous pouvons revenir actuellement.

On s’explique les différences de stabilité d’nne même matière colorante selon qu'elle est appliquée sur des tissus de coton, de laine ou de soie, en prenant on considération les actions chimiques qui s'accomplissent au contact de la matière colorante et des tissus.

L'expérience a conduit M. Chevrcul à poser les conséquence* suivantes , après avoir étudié la même matière colorante dans scs rapports avec une étoffe déterminée qu'il plaçait simultanément dans lu vide , dans la vapeur d’eau , sous l'influence de la lumière solaire, à l'abri de la lumière solaire.

Nous coramencerous par exposer les phénomène* très-remarquables observé» sur le bleu de Prusse soumis dans le vide à l'action de la lumière.

Lorsqu'on place de» étoffes de coton, de laine ou de soie dans un flacon dans lequel on (ait le vide et qu’on l’expose à l’action do la lumière solaire directe, on voit ce# étoffe# blanchir en perdant du cyanogène, ce qu’on peut facilement constater on plaçant dans le flacon qui contient Tétoffe un petit tube ouvert rempli do fragments de potasse. Si le vido est humide, le cyanogèuo so transforme en une matière brune qui se dépose sur Tétoffe et sur le» paroi* du vase. Sou» l’influence de la lumière solaire le bleu de Pmsse se décompose donc en cyanogène et protocyanure de fer. Los étoffe# blanchies à la lumière, exposées au contact de l’air, sc colorent progressivement. Rien de semblable ne sc produit si Pair ou l'oxygène sont remplacés par de l’acide carbonique. Dans le premier cas , l’oxygène se portant sur une portion du fer forme du peroxyde de fer, ta .dis que lo cyanogène qui se sépare en propor.

lion équivalente convertit une certaine quantité de protocyauure en percyanure qui reproduit du bleu de Prusse avec le re»îe du protocyanure.

Pans le vide, avec une température de <70 "à <90° en dehors de la radiation solaire, les étoffes teintes on bleu de Prusse présentent les mêmes phénomène», »ans toutefois blanchir complètement , dans l'espace de quelque» heures ; la décoloration est accompagnée d’un dégagement do cyanogène. La coloration se reproduit sou# l'influence de l’oxygène ou de Pair atmosphérique, et dnns les deux cas on peut produire sur la même étoffe, un certain nombre de fois, cette succession remarquable de décoloration et do coloration tranchée».

Une étoffe de coton teinte en bleu se décolore encore au milieu de Peau distillée privée d'air, mais exposée directement à l'action du soleil il n’y a pas de dégagement gazeux ; Peau seule forme du bleu de PntBSO lorsqu’on y ajoute du cnrbonnte d’ammoniaque, do l'acide clitorhydrique et du protosuliatu do fer ; il y a donc encore ici dégagement de cyanogène.

A côté de ces remarquables observations nous niions placer le» faits suivant» que l’expérience a permis «le constater, et qui sont do nature à guider le teinturier dan# le choix des couleur» qu’il doit prendre pour l'application des couleurs simples , binaires ou ternaires sur un tissu déterminé.

Le cnrthame, le rocou , Porseillo, l’indigo, l’acide snltindigotique sur la soie se conservent dan# le vido.

Le curcuma s’altère dans le vide, mais moins que dans l’air.

Le curcuma et le cnrthame sont plus stables sur le coton que sur la laine et la soie.

Le rocou l’est plus sur la soio que sur le coton et sur la laine.

L’orseillc est moins stable sur le coton que sur la soie et la laine. La pourpre française est moins altérable encore sur laine et sur soie.

L’acide sultindigotique est beaucoup plus stablo sur la soie que sur la laine.

L'acide picrique, qui gagne sur la soie par une exposition de trois mois an soleil, perd ensuite, quand sur la laine il gagno, même au bout de huit mois, en virant à l'orangé.

Il faut ajouter ici, pour n’y pas revenir plu* loin, que certaines matière» organique» ou minérale» ajoutent a la solidité de» gouleur» adhérentes.

Nous reprendrons du reste ces fait» pour citer des exemples, lorsque nous définirons les couleurs de grand et de petit teint.

11 résulte encore de# recherches de M. Chevreul que l’intensité de lu couleur exerce sur sa résistance une influence notable. Cette observation est la conséquence de ce principe posé par le savant académicien, « qu’à la rigueur, on pourrait blanchir des étoffe» de ligneux, lors même que la matière colorauto serait plus inaltérable que l’étoffe elle-même, par la raison que la mntièro colorée »o trouvant en quantité très-faible on pourrait la détruire en détruisaut une quantité proportionnelle de l’étoffe sans que celle-ci fût sensiblement affaiblie dans sa ténacité. Cette remarque explique parfaitement comment des matières colorée» telles que Tindigotine, le» principes colorants de la garance, do la cochenille, de la gaude, etc., qui de tout temp» ont été réputées do bon teint, ne le sont plus à proprement parler lorsqu'elles ne sont appliquée» qu’en faible quantité de manière à faire les tons les plus clair» des gamme# dont les tons foncés sont avec juste raison déclarés do grand teint.

Gràcoaux tons clairs qu’on prépare aujourd’hui dans l'atelier des Gobelins, par interposition ou imprégnation, od peut à la rigueur exécuter un© foule do tons clairs solides qui manquaient à l'ancienne 'palette , en

ei4 TEINTURE.

recourant aux matières colorées inaltérables u l’air comme le bleu d'outremer, le cinabre, le» sesquioxydes do fer et de chrome, le phosphate de cobalt fondu, etc.

Cos mêmes observations ont conduit M. Chavreul à faire ie mbat des teintes rabattues au moyen des couleurs do bon teint qui sont complémentaire». Avec l'indigo de cuve, la garance, la gaude. on fait des couleurs grises on rabattues, qui ont une résistance bien supérieure à celle des gris faits au moyen des astringents et des sels de fer. On commence h produire aujourd'hui, d'une manière industrielle, de ces couleurs solides qui résisteut en raison de la grande intensité de leur nuance. Au reste, le fixateur fora lui- même ces nuance» en filant des mélanges voulus de fibres blanches et de fibre» teintes en nuance» foncées de coulcnrs déterminée».

Couleurs de grand et de petit teint.

Quelle que soit la nnturo de la matière textile qu’on veut teindre en uni. soit en fil, soit en tissu, les industriels divisent les teintures en couleur» bon teint, et en couleur» mourut» terni. A l’époque des jurandes et de6 maîtrises on distinguait, et ces désignation» se sont perpétuée», le* nuance» de grand et de petit teint, d'après leur origine; cetto division était complètement inexacte, incertaine, puisque de» expérience* de tou* le» jours ont fait voir qu’une couleur, selon la manière dont elle est appliquée ou fixée, peut contracter une combinaison intime avec la fibre , ou n'y adhérer que faiblement, rester inaltérable dans certaine* circonstance*, ou s'altérer et disparaître entièrement dans d'antre».

Nous ajouterons encore que plusieurs des sel» déposés mécaniquement sur les tissus ne résisteraient pas aux moyen» d’épreuve» que nous allons décrire, bien qu'il» résistent parfaitement aux influences de la lumière et de l’air. D'ailleurs, dans un autre ordre d’idées, M. Chevrenl a démontré l'influence de la nature do la fibre, mise hors do doute par ses nombreux travaux.

Non» citerons encore, pour corroborer cette opinion sur l'insuffisance de» moyen» d’essai pour classer les couleurs en grand et peut teint, un dernier fait tiré de l’action du campfichc. Lorsqu'on a formé des laques violettes en préparant l’étoffe avec un sel d'nlurnine, et en teignant, la couleur résiste h Tenu, fnni* s’altère fi l’air; quand on prépare une couleur d'application au moyen du protochlorure d’étain, ]a laque résiste àd’air, mais elle disparaît dans l’eau bouillante; enfin traitée par le chrornate de potasse, elle se rature d’oxygène, et dan* ces condition», elle résiste non-seulement a l’air, à l’eau, mai» encore aux autre» agents atmosphérique».

Lorsque Dufay fui chargé par l’administration supérieure de travailler nu perfectionnement de l’art de In teinture, son premier soin fut de reviser les statuts, ordonnance* et règlements des teinturiers en ce qui concerne particulièrement la distinction des teintures en grand et bon teint d’avec les teintures en petit teint, Les reglements révisés furent surtout ceux des année» <669 at <671 . D’après son travail :

Une couleur est réputé* de bon teint lorsqu’elle résiste su soleil et à la rosée des nuits, douze jours d'été et dix-huit jours d'hiver; elle est réputée de petit teint lorsqu'elle est plus on moins effacée dans les mêmes circonstances. Cette règle une fois admise, on juge mn* couleur A en exposant à l’air un petit morceau d'étoffe teint en une couleur R que l’on sait être de petit teint, comparativement avec un morceau do l'étoffe teinte en couleur A jnsqu’à ce que la couleur soit devenue ce qu’ello devient par une exposition au soleil pendant douze jour» d’été. Ce résultat obtenu, on compara A et B; puis on conolut. Dufay choisit ensuite pour étudier la résistance des couleurs de grand et petit teint les àébouiltie tels que l’alun de Rome, le tartre

TEINTURE

ronge et le savon blanc, d’après la considération de ne pn» décolorer le» étoffes de grand teint, et de réduire, autant que possible, les couleurs de petit teint à la même apparence que le fait l’exposition de douze jours an soleil d’été. Ce» principes furent confirmé* pat Heltot qui n’apporta que de légères modifications Ils servent encore de base à la distinction de» couleurs en couleurs de grand cl de petit teint que les art» ont conservées.

Lorsqu’on ne peut ou ne veut juger la solidité d'une nuance soit parce que le soleil manque, soit parce qu’on est désireux de connaître immédiatement le résultat d’un essai, le teinturier s’adresse aux réactifs chimiques ou plus rapidement aux épreuves anciennes que nous venons de nommer débouilli, ou débout i entrons ici dans quelques détails qui complètent ceux qui sont inscrit» à l’article teintüux de la z« édition de ce Dictionnaire.

Tour cette épreuve on a reconnu qu’il est nécessaire do séparer en trois classes toute» les couleurs dan* («‘.-quelles les hune» peuvent être teintes, tant en bon teint qu’en petit teint, et de fixer la composition des débouilli» , c’est-à-dire la dose des matières qui doivent altérer le» couleurs comprises dan* chacune deB trois dusses.

Les couleur» comprise» dan» la première classe »ont débouillies avec l’alun de Kome; celles de la seconde avec le savon blanc, celles de la -troisième avec le t irire rouge, c’est-à-dire avec le tartre brut encore mélangé de la mntière colorante qui se rencontre dans la lie du vin rouge.

Pour faire un débouilli, l’expérience et les conventions admise* fixent la dose des composé» chimique», la quantité d'eau, le poids de l’échantillon, la température du liquide, la durée do l'opération dont les résultats varieraient beaucoup sans cette précaution.

I* débouilli fait avec l’alun de Rome se prépare en mettant danB un vase de terre ou terrine <5 gr. «l'alun dan» 500 gr. d'eau. Lorsque la dissolution bout à gros bouillons, on y met 4 gr. de l’étoffe dont on veut taire l’épreuve; ou l’y laisse bouillir pendant cinq minutes, on la retire, on lave à Peau froide, on fait sécher, puis on compare.

Pour lo déboniili de savon blanc, on met seulement 7 à H gr. de savon blanc haché dam» 500 gr. d'eau ; on fait bouillir à gros bouillons, on jette l’écbuntillon et on maintient le contact pendant 5 minutes.

Le déhouilli de tartre rouge se fait de même et avec les mêmes doras que celui d’alun : il faut seulement employer le tartre en poudre et le dissoudre entièn-iuant avant d’y plonger l’étoffe à classer.

On doit déhouillir avec l’alun les cramoisis de toute nuance, l'écarlate de Venise et les nuances qui s’y rappoitent, les violets et les gri* de toutes nuauoes, les pourpres et les bleus. A l’inspection de la couleur après l'épreuve, on juge par la couleur qui rretc si la couleur est de faux teint.

On débouillit avec le savon blanc les jaune* clairs et foncés, toutes les naanccs de vert et de jaune, les rouges de garance, les bruns clair, cannelle, tabac, etc.

On débouillit nu tartre les couleurs dénommées sous la désignation do fauve ou couleur de boi* foncé ou clair. Quant au noir, il faut toujours en faire l’essai par un débouilli beaucoup plu» actif; air il faut voir si l'échantillon qu’on veut classer a reçu le pied de bleu qui lui donne de la solidité. Pour c«-tte épreuve on met dans 490 à 500 grnm. d’enu, 30 grain, d'alun de Rome, et 30 gr. de tartre rouge, on fait bouillir le tout et on y ictte l’échantillon qu’on maintient à l’ébullition tumultueuse pendant un quart d'heure; on le lave en»uite à l’eau fraîche. 11 sera facile de reconnaître a’ors si l’échantillon à reçu le pied d’indigo, car dan» ce en» il devra roster coloré en bien presque noir ;

TEINTURE

TEINTURE

dan# le ca# contraire le fond ne conservera qu’une couleur grise. Les gris de fer et do noix de gallo n’ont besoin de subir aucun débouilli; on les fuit tous de même, et si l'on s’est conformé d’nne manière complète aux indication» que nous avons données, ils sont brillants et de bonne qcnlité.

Depuis que les jurandes et les maîtrises n'existent plus, l’industrie est libre do faim des étoffes quelconque*, à moins de conventions spéciales entre l'acheteur et le vendeur. Toute garantie cependant no peut dis* parnitro pour l’acheteur, mais il faut qu'il domando au inn: chaud l'imlicatiou do la matière employée pour tcindfc la marchandise vendue. Si le commerce con sentait, pour les objets de valeur, ù devenir exigeant, il y aurait lieu do compléter l'éducation des masses ot de déposer nu Conservatoire des ai ta et métiers ou aux Gobelius, par exemple, une série de teintes exposées nu soleil, en permettant la confrontation des échantillons avec une série semblable soigneusement conservée dans des tiroirs à l'abri de la mdiation solaire. Ces Idée* émises par M. Chevreul contrarieraient les abus qui sont condamnés dans d’autres industries et que In loi frappe comme fraude sur la nature des marchandises vendues.

g XI. DE Lt TE1NTIRE consùlérée dans tta méthodes générales .

Ces préliminaires \ osés, nous pouvons aborder avec fruit l’étude des procédés de teinture.

On teint ou pour obtenir des fonds uniformes, ou pour faire naître par places sur des tissus donnés de# colorations interrompues ou variées.

Le but de lu première méthode est la teinture proprement dite. Le but de la seconde est obtenu par l’impression ; on imprimo quelquefois la préparation ( mordant) , quelquefois la couleur elle-même (enfam&Mge;, souvent de# parties qu’il faut réserver (réwrtes), souvent des substances destinées h faire disparaître dos parties colorées (enlevages}, souvent enfin des matières qui ont pour effet de convertir une couleur d’une nuance en une nunneo voisine ou fort différente (couleurs conversions). Mais cette seconde méthode n’exclut pas la teinture proprement dite; elle n'est qu’nn cas particulier de l'art de la teinture qui, presque toujours, à moins qu’on ne fasse que des colorations plastique*, exige comme complément la teinture elle-même. Occupons-nous des opérations de la teinture elle-même, c’c»t à-dire de la coloration qu'on obtient par l’immersion de l’étoffe entière dans un bain de teinture ou successivement dans des bains de teinture, et de préparations convenablement choisies.

Las matières premières, telles que le coton, la laine, la soie, le Un, lo chanvre qui sont destinés ru tissage ou à l'emploi direct, doivent être teintes par cette méthode; les tissus, les draps, les étoffes de soie et celle* de coton so teignent aussi fort souvent par cette méthode, mais la couleur n’a plu» alors ni la même solidité, ni la même intensité; les filameuts qui composent le fil ont reçu par le tissage et la filature une torsion qui ne permet pas & la couleur de pénétrer aussi profondément que lorsque la matière est brute. Ce dernier modo de travail est beaucoup plus économique, puisqu'il absorbe moins de matière coloranto; mais à la consommation on ne tarde pas à distinguer une étoffe teinte en laine d’un drap teint en pièce.

On teint encore ces matières premières en fils: c’e*t ce qu'on appelle teindre on échereau x ; cette méthode s’applique surtout h la laino et h la soie 5 elle tient nécessairement le milieu commo solidité, éclat ut dépense entre les deux précédentes. La couleur s’applique beaucoup plus facilement que sur l’étoffe même ;

on emploie encore un pea moins de couleur qne pour la teinture en filaments bruts en flocons ou en toison.

Les exemples que nous choisirons s'appliquent aux opérations de la teiuture sur laine, sur coton, sur soie, tant h l'état de flocons qu’à l’état de fils et sous forme de tissus.

txtine. — En parlant de la laine en flocons, nous la supposerons lavée ; de plus elle mira subi toutes les opérations qui suivent généralement la tonte et qui précèdent la teinture proprement dite. Mais nous dirons en Jeux mots cependant quo lo blanchiment ne s'exécute que rarement pour des laines qu'on doit teindre en rans-o et surtout en couleurs foncées. •

La laine se teint en flocons toutes les fois qu’on veut avoir des draps solides, d’une couleur bien uniforme ; il faut, toutefois, exclure la teinture en noir qui a pris actuellement une grande extension et qui se pratique sur des draps en pièce.

La teinture en laine filée satisfait aux besoins do la tapisserie, do la passementerie et du tissnge do toutes les étoffes de fantaisie si nombreuses aujourd'hui, dites étoffes de nouveautés, qui so fabriquent sur une très-gruude échelle.

Enfin la teinture en drap se donne aux draps noirs; dan» les autres genre*, la teinture est beaucoup moins solide que lorsqu'on ti-so de» fils préalablement teinta.

Soie. — La majeure partie des soies sont colorées à l’état d’échcvcaux. On les livre ensuite aux divers ateliers de tapisserie, de passementerie, de rubanncric et de tissage.

Coton. — Quant aux cotons, on peut les teindre soit à l’état brut, soit à l'état de fil, ce qui est l’exception, soit enfin h l’état do tissus. On colore les ouates à l’état de coton non filé, mais en quelques nuances seulement ; les fils sont teinta plus rarement, cependant les cotons en fil sont souvent teints eu bleu pour les tissus tricoté*.

Le lin et le chantre reçoivent moins souvent qne les autres matières les opérations du la teinture. Ou profite surtout de l’éclatante blancheur qu'ils possèdent lors qu’on a fait disparaître la matière ooiorantc qui les colore à l’état unturel pour les consommer à l’état blanc. Cependant les besoins du tissage pour certains piqués et quelques étoffes de lin demandent des fil» teints préalablement.

g XII. DISrOSITIOXB GÉNÉRALES d'une teinturerie.

Dans une teinturerie bien installée, pour ne pas gêner lo service il faut au moins trois salles affectées aux opérations do la teinture. Si l’on teint des laines, il est bon do réserver une snlle spéciale pour le blanchiment ou dessuintage ; on a dans tous les eus un atelier pour le bleu d'indigo qui nécessite une température déterminée, et deux chambres spéciales dans lesquelles ou exécute les autres nuances de grand et de petit teint.

Le laboratoire doit être spacieux, bien éclairé, suffisamment élevé, et convenablement disposé pour la préparation des drogues qui ne sont pas fuite» en fabrique et pour les essais de contrôle auxquels doit pouvoir se livrer tout fabricant intelligent et soucieux do sauvegarder ses intérêts.

Les marchandises teintes, oelle» à teindre, celles à destuinler, dans le cas où l’usine se charge de ce soin, doivent être séparées et placées dan» des magasins distincts, les premiers à proximité des ateliers d’apprêt et des chambres où se font la vérification et IVmpnquetage pour éviter le» pertes de temps et la circulation inutile des produits prêts pour la consommation , qu’ils soient à l’état de fils on de tissus.

Lorsque remplacement d’un atelier est arrêté,

616 TEINTURE

comme il contient les bains qu’on chauffe à l'ébullition, et les cuves d’avivage ou de rinçage, il faut se réserver dans In toiture ou sur les parois lu possibilité de donner à volonté des échappements aux vapeurs qui gêneraient le travail des ouvriers, ou qui retomberaient sous forme de gouttelettes entraînant les oxydes coloriés provenant du plafond ou des montants et tacheraient les tissus. Des pentes convenables doivent éconduire nu dehors, sans danger pour les marchandise*, les eaux de condensation et les poussières métalliques ou terreuses qu'elles peuvent entraîner. I/ntelier doit être pavé proprement, avec pente pour l'écoulement des enux; et lorsque le sol n'est pas en pierre inattaquable aux acides, il convient de l'enduire de chaux etde ciment pour que les eaux d'éclaboussures ou d'égouttages n'y

TEINTURE

on place, adossées aux murs, les caisses nécessaires ûla teinture, aux préparations des tissus, aux avivages et passages aux acides; de manière que desimples robinets placés immédiatement au-dessus de chacune des caisses, dont on a limité le nombre et déterminé l’usage, puissent amener ou la décoction ou la dissolution convenable qu’on prépare dans un ou des ateliers spéciaux qui peuvent n’être séparés do l’atelier principal que pur un mur de refend. Sur l’autre côté du rectangle on iii*| o*o les appareils» dégorger, h laver, à rincer, etc. , clupcau, plateau, battoir, cto.; ces deux séries doivent Orra séparées par un cours d’eau limpide, abondante, aussi pure que possible. De plus.de l’cnudoit Être distribuée a certaine hauteur eu quaulité suffisante dans tous les ateliers pour régler la densité des bains; les eaux

séjour uent pas. On peut se servir de la pente naturelle pour rejeter à l'extérieur les bains épuisés; mais il vaut mieux, et pour éviter les inconvénients de la vapeur qu'ils répandent dans l'atmosphère, et pour économiser la chaleur qu'ils conservent encore, les faire éconduire par des conduits enveloppant les tuyaux d'arrivée de l'eau froide dnns los bains. Dans tous les cas, tout doit être disposé pour que le travail s'exécute avec la plus grande propreté, la plus grande économie, la plus grande rapidité.

Un étendoir à l’air libre, un étendoir à couvert soit dans un hangar spacieux, soit dans un vaste grenier de manière qu'on y puisse en toute saison étendre et sécher à l'ombre les étoffes qui sortent des bains de teinture et de* cuves de rinçage, sont le complément forcé de tout atelier de teinture.

Le meilleur plan à donner à l’atelier est évidemment la forme d'un large rectangle; sur une des longueurs,

impures doivent être mises dehors aussi complètement que possible.

Le mode de chatiffago des tain* de teinture, ou des bouillons employés dans l'usine intéresse au plus haut point le génio civil ; jusque dans ces derniers temps, le chauffage à feu inc semble avoir été préféré ; mais si le chauffago il la vapeur directe n’a pas été généralement admis, parce qu'il change en quelque sorte u chaque instant la composition des bains par in condensation toujours constante do la vapeur qui s'ajoute, il ne peut en être de même du chauffage indirect par double fond ou par serpentin de vapeur. Ce mode offre bien, il est vrai, quelques inconvénients qui résultent d’un entretien plus coûteux, d'une surveillance plus assujettissante, à cause des robinets nombreux qu’il faut visiter souvent et des soubresauts que l'entrée de la vapeur occasionne toujours; mais il n'y a pas d'établissement dans lequel on l’ait introduit qui n'ait

TEINTURE

h se louer, après quelque temps «le pratique, d’une grande régularité dans les manœuvres, et d’uno économie notable souslo rapport du combustible.

Outillage.

Les bains de teinture,' le* diverses préparations qui mettent l’étoffo en état d’absorber les principes colorants dos bains de tointure, les bouillons, etc., doivent être conservés à des températures déterminées pendant le temps de l’opémtion ; on les y njgintiont duos des chaudières dont la disposition, la grandeur et la nature dépendent des opérations auxquelles elles sont destinées.

Chaudières. — Les chaudières «ont généralement de cuivro mage ou .de enivre jaune; il est urgent d’en avoir au moins une en étain destinée principalement à l’écarlate, et subsidiairement aux couleurs délicates dans la préparation desquelles la dissolution d'étain doit intervenir. Le cuivre jaune vaut toujours mieux que le cuivre rouge.

On peut substituer aux chaudières métalliques les cuviers de bois qui n'ont d'autre inconvénient quo de no pouvoir être parfaitement "nettoyés apiè9 chaque opération. Cette observation perd sa valeur si la même chaudière, dan» une teinturerie importante, ne sert qu’il In même couleur. Uue cuve d'une grando dimension, qu'on ne peut sans p.*rto do temps vider à la poche, doit être munie dnns sa partie la plus déclivo d’une ouverture qu’on ferme à volonté pour écouler le bain lorsqu'il est épuisé.

Il est à noter en payant qu'une grando causa de perto pour les teinturiers qui ne travaillent qu’à façon résulte généralement d’un outillage insuffisant, qui ne permet pas de réserver les bains incomplètement épuisés; lorsque la quantité de pièces à teindre n’est pus assez grande pour enlever la totalité de la matière colorante, ilTautbien perdre ce qui reste, si l’on n’est pas outillé pour réserver les bains appntivris pour des opérations subséquentes, quand elles se présenteront. Cette observation a sa valeur lorsqu'on traite des couleurs qui coûtent cher.

Les abords des chaudières doivent être faciles ; lorsqu’elles sont en métal, on peut les chauffer eu dessous à feu nu ou par nu double fond ; on les chauffe, lorsqu’elles sont en bois, par une circulation de vapeur. Pour plus do commodité, lorsqu'on chauffe directement, les oyert des chaudières sont placés sous uu même mania u de cheminée.

Si les chaudières sont chauffées par un houiQcur, il convient do le placer dans la partie do l’atelier la plus commode pour éviter une trop longue conduite de la vapeur. Ct-tte disposition permet de régler facilement la température des bains en pinçant nu plus loin les chaudières destinées à In confection des nuances qui ne doivent pas être portées à l'ébullition. Le matériel des chaudières doit être assez considérable pour qu’on n’ait pas sans oesse à vider, nettoyer et rincer celles qui viennent de servir et qu’on destine à la teiuture dans une nouvelle couleur. Il faut autant de cuves qu'on emploie de mélanges différents pour que le travail ne soit pas interrompu par un outillago insuffisant.

On dispose au-dessus de chaque chaudière, à diverse» hauteurs suivant les circonstances, des perches pour faire égoutter les étoffes ou les écbevcaux de laine et de soie, lorsqu'on n’en a que de petites parties à teindre ; par cette disposition le liquide qui s’écoule retombe dans la chaudière ; on passe des bâton» dans <0U9 les éche veaux, et ces bâtons sont mis en travers 6ur les perches.

On doit à M. F. Deshayos un appareil ingénieux au moyen duquel on peut opérer mécaniquement la teinture en écbevcaux. Nous allons le foire connaître, d’a-

• TEINTURE. 64*7

près le Bulletin de la société d'encouragtfneiU, t. VII, 2* série, p. 323.

Une caisse rectangulaire, en bols, en briques, en métal contient le liquide colorant ; il peut être chauffé, soit directement, soit par une circulation do vapeur placée dati9 le fond do la caisse. Dans cette caisse descend à volonté, par le moyen d’un système do crémaillères, un châssis qui reçoit dans une position'transversalo les bâtons sur lesquels on passe les échcvoaux. Cos bâtons ont une section triangulaire, uno de» faces légèrement courbe. Une chaîne de Yaucanson rencontrant les roues dentées qu’ils portent û leur extrémité los entraîne dans un mouvement de rotation continu circulaire, qui remplace le lissage u la main.

Deux bâtons voisins reçoivent un mouvement on sens inverse pour éviter que les échcveaux ne s’arrêtent et ne se mêlent pendant le travail. On obtient cette condition par une disposition très-simple qui consiste en deux chaînes engrenant avec les roues des bâtons alternants. Après que les échcveaux sont mis en place et les lissoirs fixés sur les tourillon» réservés snr lu châssis, on abat au moyen des crémaillères, et on mène plus ou moins vivement suivant la nature de la nuance qu’on désire obtenir, au moyen d’une mauivelle qui commande les deux chaînes de Vnuconson.

Lorsque l’immersion est suffisante on relève le châssis, toujours au moyen des crémaillères ; on laisse égoutter, pal» on procède h l'essorage.

A cet effet , la partie postériouro do l’appareil porte un bâti dans lequel sont engagés deux cylindres, l’un en bois, l'autre en caoutchouc ou en bois à surface recouverte d’uno toile de fil enroulée six à sept fois, qui frottent l’un sur l'autre, en vertu d’uno pression qu’on peut régler à volonté. Le cylindre inférieur porté uno échancrure dnns laquelle on engage successivement chacun des bâtons chargé des ééheveaux qn'il porte. La partie arrondie du bâton se met en dehors, et termine In surface du cylindre; par la rotation des deux cylindres, les fils sont comprimés, et l'excédant du ïiquido dont ils étaient chargés s’écoulo tians une rigole pour être ramené dans le bain sans aucune perte.

Après s’être dégagés des cylindres, les écbevcaux restent disposés pour recevoir une nouvelle passe.

On répète les opérations de l'immersion, du lissage et de l’essorage sans remaniement, autant Ho fois qu'on le juge nécessaire pour arriver à l'échantillonnage définitif.

Cet appareil est représenté en vue, fig. 3728. A représente le châssis mobile qui descend dans la cuve B; les lissoirs C et D supportent les écbevcaux ; ils portent l’un une rosette, l'autre une tige unie; E est la crémaillère qui, nu moyen de la roue F, fait monter lo châssis; G est le cylindre de l’essoreuse ; 11 le levier qui, avec le poids J, règle la pression pour chasser le liquide des fils dans le réservoir K, en agissant sur lo cylindre supérieur L ; M est la manivcllo qui met en mouvement les crémaillères, N un ressort qui sonlèvo les cliquet-» 00 quand on veut, en mettant le pied sur le Iras du levier P, faire descendre le châssis par son propre poids»

Q est une armature en fer sur laquelle glisse le lissoir, après qu’il se dégage du cylindre, lorsque les écho • veaux qu'il porte ont été suffisamment essoré».

La fig. 3729 est l'essoreuse vue par derrièro, dégagée de la caisse sur laquelle on la fixe ordinairement.

L’appareil de >1. Deshayes conduit à des économies notables, par suite do ln suppression des nombreuses manœuvres auxquelles on soumet le» échcveaux dans la teinture par les procédé» ordinaires. On supprime l’intervention des ouvriers dont l’apprentissage est long, souvent délient, toujours coûteux; enfin on donno à chaque brin, d’une manière régulière et rapide, la nnance demandée, quelle qu’elle soit; eu fin, «u con-

TEINTURE

TEINTURE

serve ail coton son nerf cl sa résistance en évitant le* torsions qui nmchurent les brins en contact immédiat avec lea chevilles dans l'essorage à l'espart.

Lorsqu'on doit teindre des pièces d’étoffe< entières, ou bien elles sont disposées sur un tour mobile au-dessus do la chaudière, mû par une manivelle, ou par un moteur mécanique placé suivant la naturo du bain à des hauteurs plus ou moius considérables.

Lorsqu'on craint que l'étoffe no *o crispe on l'enroulo sur un cylindre de bois qui s'ajuste par ses extrémités sur lieux fourches en fer# assujetties sur la plateforme du fourneau. On peut encore Caire usage de la machine a fimlordor ou è plaquer dont lions avons déjà donné la description.

On »c sert pour dégorger, riuecr. laver et sécher des up|Mircil» que nous avons déjà mentionnés lorsque nous avons traité du blanchiment. Nous n’aurons qu’à dire quelques mots de» conditions auxquelles doivent aatisfalrc les étuves ou les séchoir».

Séchoir 9. — lorsqu’on applique sur des tissus des ooulours délicate*, il faut les sécher promptement: on obtient ce résultat en portant les objet* teints dans los t hambrta chaudes; ce sont de vastes chambres, chauffées im-o des poules on des courants d'air appelés, soit par dus ventilateurs, «oit par des foyers spéciaux, soit enfin jior dos calorifères à eau chaude ou à vapeur.

Jji rlialcur doit s’y répandre uniformément, lo renouvoUemcnt de l'air doit être facile et lu température variable de 33 à 45 degrés suivant la nature des opérations.

Quand on n des soies à dessécher, on les suspend sur une perche mobile qu'on nomme branloir otqui, renouvelant l’air par agitation, hAto la dessiccation.

l orsque la chambre chaud* a la largeur suffisante (4 à 5 m.), les pièces sont étendues par les doux bouts , dans le cas contraire, le cadre qui supporte los pièce» est circulaire et la pièce est alors dite en limaçon; elle tire ce nom de la forme spirale qu’affecte l’étoffe à gécbcr. Coitarte on a besoiu de soufrer quelques tissus,

et qu’on peut avoir à reprendre dos tissus rctoin te qu'il faut épingler sur un métier, ou se réserve dans deux parties de l'étuve un soufroir distinct et un emplacement libre pour lo métier lui-mêmo.

Nous ne saurions indiquer ici ni le nombre ni la forme des instruments spéciaux que le teinturier doit avoir sons la main, mois il faut surtout qu'il soit rauui de thermomètres et d’aréomètres qui lui serviront à régler d'une part la température de ses bains, et d’autre part la force des décoctions ou des bouillons.

Pour éviter le* taches que les objets teints recevraient nécessairement s’il* se trouvaient en contact avec le fer, dont l’oxydation est si facile en préseneo do l'humidité, tous les ustensiles destinés au transport, à l'égouttage, au dépflt de» tissus doivent être en bois sain, à moins qu'on noies établisse en pierres inatta-

Jnubles aux acides. I>es brouettes et les barquettes oivent être chevillées en boissons fer; les banquettes doivent être en planches ou en maçonnerie revêtues do ciment hydraulique.

Manipulations. — Qu’on s'occupe de la teinture des laines, deB soies, du lin ou du chanvre, les manipulations qu'il faut leur faire subir sont à peu près les mêmes, et les seules différences qu'on remarque tiouneut plus à l'état sous lequel sc présente la matière textile, flocons, toison, fils ou tissus. Oit appelle «nies la partie qu'il faut teindre.

Si la laino est en toison ou en flocons, on peut renfermer dans des filefc à fortes mailles qui forment un paquet; on pose sur la chaudière uneespèco d'échelle très-large dont les échelon* sont fort rapprochés, et l’on y met la laino pour l’égoutter, l’éventer, ou pour la changer de bain.

Nous avons dit comment on opérait lorsque la teinture s’effectue sur de» écheveaux ; on passe des bâton* dans chacun des écheveaux qu’on manœuvre plu* on moins rapidement ; on trouvera tome II de ce Dictionnaire, article teinte itE, les nom», formes et figures

qu'on donne aux écheveaux suivant les besoins de l'opération ; nous ne les répéterons pas ici. Ou fait trem-

per, en les tournaut sur des bâton* placé» eu travers dos chaudières pour que chaque portion plonge à son tour, les fils soutenus par oc6 bâtons qu'on nomme lissoirs .

Lorsqu’on teint les tissus et les fils, il faut le» tordro pour exprimer l’excédant du bain maintenu jiar imbi binon et capillarité. On se sertd’uno pièce de boincylin- Irique scellée par nu bout dans un mur, simplement enclavée quelquefois dans la mortaise d'un potoau et qu'on nomme esftart. lui tète do l'espart ost arrondie et polie.

Un appelle brtret l'addition faite a un bain do composition détenninéo de* matière* qui lui donnent sc» qualités ; on se sert d’un rdft/e pour opérer le mé- Inngo du bain, et pour maintenir en suspension los résidus insolubles qui sc déposent au fond de* cuves.

Nous en savons maintenant pour décrire les

manipulations générale* auxquelles donucut lion les opérations de la teinture. Ces opérations ne sont ni difficiles ni compliquées; «lies ont pour objet de mettre la substance qu'on veut tciudre au contact de» matières colorantes qui sont en dissolution dans le bain, do faire concourir les actions de l’air, «le la lumière, de la chaleur soit à la fixation du prinoipo utile, soit à leur développement, soit à leur éclat, et d’éliminer avoc soin colles qui sont nuisibles ot qui par conséquent n'ont pas été fixées.

Lorsqu'on opèro la teinture sur les étoffes tissées, qu'on a plusieurs pièces entières, on les enroule sur le tour dont nous avons déjà parlé. On commence par euroulor ! sur le tour lo commencement de l'étoffe,^ lo faisant ' tourner promptement, ouïe charge d’une pièce, ou do

' Digitizetf by Googl

TEINTURE

TEINTURE

plusieurs pièces réunie* bout à bout, si le tissu n'est ni trop lourd ni trop épais. On le tourne ensuite à contre-sons pour que la partie plongée la première le soit la dernière à la seconde immersion, et que pnr là la teinture «oit aussi régulière qu’il est possible. Il arrive souvent que pour des pièces qui absorbent facilement la couleur et qui sont teinte* en foncé, on se borne à passer l'étoffe en boyau sur le tour qui n’eht plus cylindrique mais à section polygonale, et qu’on fait agir comme lissoir. Lo mouvement que reçoit le tour ou trinquet fait plonger alternativement dans le bain toutes les parties de la pièce ou deB pièces qui sont réunies.

L'art de la teinture comme la plnpnrt des industries possède son langngo d'atelier qu’il faut connaître et sur lequel il faut s'entendre; nous donnerons actuellement. pour abréger les descriptions qui vont suivre, l'explication de la plupart des termes employés dans le plus grand nombre de» teintureries dos villes. Nous les classerons par ordre alphabétique.

A ccs termes non* en ajouterons d’autres qui représentent chacune des phases diverses par lesquelles la matière à teindre doit passer.

Abattre la mise, c’est faire descendre la fibre, tissu, fil ou flocon dans le bain; cctto mémo expression sert encore pour indiquer l’opération pendant laquelle on retire la fibre du bain do tointnre, avant de l'éventer.

Apprêter , c’est communiquer aux articles à teindre plus d'affinité pour les substances colorantes au moyen des mordants; ce sont des intermédiaires tendant à les unir, à lus combiner chimiquement on plus grande quantité avec plus de solidité; c’est, en un mot, chercher par dos intermédiaires spéciaux à rendre les couleurs plus belles, plus intenses et surtout plus fixes.

Nous ne saurions encore parler actuellement d'une antre sorte d’apprêt* qui ne s’appliquent que lorsque le tissu est confectionné ; ils ont pour but de lui donner une fermeté, un brillant, un coup d'ceil favorables à la vente, comme de lo disposer et de le plier afin dele conservef et transporter plus facilement.

I.es apprêts qui procèdent du mordançage, et dont nous avons déjà fait connaître l’utilité sous le nom de mordants organiques, sont de plusieurs 6ortes : on distingue depuis longtemps, selon les termes de l’atelier, des apprêts gras et de* apprêts maigres.

On range parmi les premiers : les bains animalisês (bains bis, bain* de fiente), les bains huileux; (blancs ou jaunes], et les sicleioti j on classe dans les seconds : les bains alcalins et les bains astringents (do galle, sumac, cachou, nona, dividivi, etc.).

Il serait plus convenable, dans l’état actnel de l'art do la teinture, d’étendro cette division et de distinguer comme nous l’avons proposé les apprêts gras: 1® bains animalisês; *2° bains sickious; 3° bains blancs; 4" bains jaunes, qui ne se donnent qu'après des bains astringents et des mordants, et les apprêts maigres ; 5° les astringents, comme les bains de galle, etc., qui en général dans les ateliers sont connus sons lo nom d’r ngallagr, quoiqu’ils ne soient que très-Tarement préparés avec la Poix de galle seule ; 6° les apprêts résineux, nouvellement introduits et utilement appliqués avant plusieurs teintures métalliques ; chacun de ces apprêts sera conséquemment indiqué à l'article teinture do chaque différente couleur, puisque en efTet ils varient de nature, de propriétés, de force et de nombre, selon l le genro et l’espèce, le ton et la qualité des couleurs, 1 soit grand teint, bon teint et petit teint. Il est bien ! entendu que ces trois grandes divisions do la qualité : du teint ont des intermédiaires qui résulteront de lu , superposition de nuances de teints différents ; on donnera, par exemple, mm pied de bon teint dans quelque» procédés de bon marché, pour finir en petit teint.

Aviver, c'est soumettre à certaines opérations les

étoffe* quand elles ont subi V action de» bains colorants ; il est extrêmement rare, qu’une teinture n’ait pas besoin au moins d'une opération ultérieure pour être belle, pour acquérir toute sa pureté, ou pour être échantillonnée rigoureusement; tantôt il faut In débarrasser, iudé pendainment de ce que les mordant* peuvent avoir apporté, du dissolvant même do la substance colorante fixée ; tantôt il faut vivifier coite substance même, alliée naturellement à d’autres principes, et souvent il faut le Concours de plusieurs opérations instantanée* on successives pour arriver à ce résultat; l'ensemble do cos opération* so nomme avivage. Les lavage» et rinçages ne font qu'enlever les parties les plu* grossières non fixées et les résidus insolubles qui salissent l'étoffe teinte.

Pour choisir un exemple que nous emprunterons à l'industrie du garançage (teinture en rouge de garance), il reste toujours aux teints do garance une nuance fauve qui absorbe en pnrtic, qui cache, couvre et ternit la couleur rouge principale ; et lorsqu'on fait usage de cortains mordant», la séparation de ces deux couleurs est un problème hérissé do difficulté*.

La partie fauve de la garance uc peut pas s'enlever par l’action seule de* alcali», de l’uvivage ; il faut y joindre et y faire concourir aussi l’action du* acides, et lo rosage e*t nécessaire pour en débarrascr et purger pour ainsi dire complètement la eonleur; cotte opération oat lo complément de l'avivage; ce* deu* opérations, dans ce en*, sont inséparables, et elles concourent mutuellement à la perfection do la couleur que la première prépare, prédispose, et que la seconde finit. L'avivage bc termine pnr le rosage ; il comprend l'intervention d’un acide eu d'un sel acide, agissant sur les couleurs grand toint du moins, pnr une action spéciale au sel d'étain ou d'un acido sur la couleur débarrassée des principe* fugaces que contient la rncinc de garance ; comme ce mot l'indique, on a donné pluB d’extension à cette expression technique.

Cheviller , c’est tordre à la cheville, c’est-à-dire exprimer par torsion autour de Yesj^irt la partie du liquide qui n’n pris que par capillarité l'adhérence avec la fibre textile.

On sait aussi que le travail de» soies exige une Opération particulière à laquelle on donne le nom de chevillage. Le chevillage consiste dan* une sorte de traction àlaquclle on soumet les écheveaux après la teinture pour les rendre lisses; on opère généralement sur do» matteaux pesant de 4 à 500 gr.; avec plus on risquerait d altérer la soie par suite des effort» qu’il fuudrait exercer sur un diamètre trop considérable.

Pour cheviller à la main, l'échcveau pas»»'* dan* la cheville e«t enroulé sur lui-même tordu , détordu et tordu de nouveau, quand on a déplacé les points en contact avec la cheville. C’est un travail excessivement pénible, qu’on n’avait fait que de main d'homme jusqu’à ces dernières années, et qui s'exécute maintc-nnnt mécaniquement, au moyen d’un appareil ingénieux que j’ai vu fonctionner à Lyon dan* plusieurs teintureries importante». Je dois à l'obligeance do M. Guinon do pouvoir donner un nperçu du mécanisme nu moyen duquel on remplace lo travail do 10 hommes. Lo travail dure de 2 à G minutes; pour le* soies cuites, il n'est que de 2 à 3 minutes; pour les soie* simplement assouplie», il dure de 5 à 6 minute».

On doit à M. Guinon de Lyon la disposition qui permet d’éviter à l’ouvrier une manœuvre excessivement fatigante, quand il faut enlever ou retirer les soie» chevillées, ou quand il fnut soulever le poids do 100 kil. pour rapprocher les chevilles et passer une nouvelle série do matteaux.

Lodessin d’autre part représente (fig. 3730) l'ensemble du mécanisme ; les organes qnt concourent à son fonctionnement pouvent être essentiellement variables. A

TEINTURE

TEINTURE

Cid

est unu cheville horizontale en acier poli tournant autour d'un axe ; elle est placée immédiatement au-dessus d'une seconde cheville U coudée, pouvant recevoir un mouvement do rotation autour d’un axe vertical. Ce mouvement permet à l’écheveau pris entre les deux chevilles de se tordre sur loi-même; l’effet de la torsion raccourcit lo fil ; la cheville B peut donc s'élever en entraînant un poids do 400 ki). C , qui remplace l’effort musculaire do l'homme. Huit systèmes de ehevillos semblables sont juxtaposés et forment une sorte de batterie. La figure ci-dessous n’en représente que six, faute de place. Les chevilles enf ••rmées sont mises en mouvement nu moyen d’une crémaillère horizontale D, animée d'un mouvement de va-et-vient qui communique à la tige verticale le mouvement circulaire alternatif devant faire monter et descendre le poids en tordant la soie sur elle-même.

Lo moteur ost tel qu'on le voudra : ici c’est uno poulie Q, engrenant avec un pignon qni commande uno roue G. Cette demièro ost liée par une glissièro H b la crémaillère D, qui reçoit de la sorto un mouvement alternatif de va-et-vient horizontal. I est an volant monté sur l'arbre moteur qui don no en outre uux roues K un mouvement circulaire intermittent au moyen du levier brochet L. H (fig- 3731 et 3733) est

Ucliomlltr, c’est traiter pour les préparer b la teinture les fibres textiles qu’on doit immerger dans les bains colorants; on distingue dans la pratique en grand, des débouillis variable» avec la nature de lu teinture qu’on veut appliquer au coton filé; mais b titre plus général débouilli se dit do certains liquides de composition déterminée, b l'aide desquels on pourra classer les couleurs en couleurs grand et jKlil teint.

Pour les couleurs de grand teint, sans exception, lo débouilli su fait avec dos lessives alcalines do 4 b i degrés dons lesquelles on ajoute des bains gras dits arcincr* tirkiout, les résidus de l’opératiou du dégraissage, ou directement une certaine quantité d'huile ; l'opcrntion se fuit dans une chaudière autoclave.

Pour les cotons destinés b être teints en bleu do cuve, en jaune de gnude, de qncrcitron, un vert de bleu «le cuve et quercitron, en noir, etc., de bon teint, on »o contente généralement d'un débouilli b l'eau pure et b vase découvert.

Pour les couleurs ou nuances vives et claires de bon teint en général et pour quelques-unes do petit teint, outre le débouilli on donno un demi-blanc, ou même un blanc fin, sur le pré de préférence ou par le chlorure de chaux suivi d’un vitriolngo, selon les procédés déjà décrits.

une poignée assemblée nu point N , avec un levier tournant au point T, chargé h son extrémité d’un contrepoids O; en élevant le point N, le galet V tourne sur son axe et relève lo poids dont l’effort est dituiuué par la masse O. Cette dernière ost njauœuvréo facilement et sans effort au moyen d’uuo corde et d’un tambour P de la roue Q et du la mnnivello H qui met en mouvement un pignon monté sur l’arbre S. U représente le pignon que commande la crémaillère.

Les figures 3732 et 3734 font voir le détail des chevilles inférieures avec leurs poids et les galets qui sont logés dans leur intérieur. Dans toutes ces figures le» mêmes lettres désignent les mêmes organes ou les mêmes parties dus mêmes organes.

Dégorger, ou dégommer , c’est enlever ù l’étoffe ce qui n’y est pas bien intimement combiné et qui contrarierait dans l'opération de la teinture proprement dite. Il y a divers bains de dégorgeage ; le principal eu teinture do coton, en échenaux et en grand teint est le bain alcalin et huileux de fiente de mouton. Pour dégorger ou dégommer los mordants en indienne» on emploie plutôt la bouse de vache; do là le nom de bouter, synonyme de passer en boute.

Voyez l’article BOCSAGB de ce Dictionnaire. Pour la teinture en général, il y a d’autres agents, d’autres bains, qui remplissent le même but sur les diverse» préparations et suivant le teint qu’on veut préparer. Ainsi lus teinturiers distinguent, savoir; pour le grand et la

TEINTURE

bon teint, le* bains blancs, les sols, la décoction do t sumac, etc., l'eau de chaux, le phosphate de sonde et j de chaux (sel à bouter), la craie, etc. D’autres sont plus spécialement affectés aux petits teints, tels que : t° le bain faible du teint; 2n l'eau tiède; 3* le son; i° l'euu de savon légère, etc.

Disborder , c'est enlever la soie d'un bain de teinture ou d'eau de savon pour la lnver ; on donne le nom de disbordure h lu petite quantité l’eau dont onso sert [tour effectuer le lavage.

Donner un brecel , c’ost ajouter au bain des matières nouvelles.

Donner un bouillon , c'est amener par une passe l’étoffe à l’état de tissu mordancé. Dans los opérations de garançage, on appelle bouillon le bain de mordant, alumineux ou ferrugineux; on nomme rougir le bain de garance..

Dopner une fuisse, c'est immerger uno étoffe, un écheveau, un fil mémo, dans un baindc teinture ou dans

faisant glisser sur les lissoirs pour mettre alternativement touto la longueur dos fils en contact avec les bains ou les bouillons.

Mordancer, c'est préparer en les immergeant dans un bain convenablement composé les tissus qui ne so chargeraient pas do couleur lorsque cette couleur exigo pour so fixer le concours d’un intermédiaire. Nous ne reviendrons pas sur la signification do cotte expression qui, comme nous l'avons déjiidit. ne peint pas à l’esprit d’une manière exacte les phénomènes qui se passent pendant l'immersion ou l'acte de la teinture.

Pallier, c’est remuer avec le rftble le dépôt qui so forme quand on ajoute au bain nn nouveau dosage pour former un tout homogène; on pallie souvent un bain dans lequel on n'a rien ajouté pour éviter que le marc no s'attache à la cuve et n’occasionno des soubresauts.

Ronger, c'est enlever au moyen d'une composition alcaline, acide, dégageant du chlore on cédant do

une préparation métallique, lorsque la teinture exige pour être complète deux ou plnsienrs Immersions ; on obtient ainsi les bleus, los noirs etc.#par deux, trois ou quatre /tasses.

Downer un pied , c'est donner uno première teinture à des étoffes ou des fils qui doivent être rechargés d'tlne autre nuance pour obtenir une couleur composée binaire. Los noirs grand toint reçoivent ainsi généralement un premier j.ietl de bleu de envo.

Éventer la mise t c'est battre la mise, la mettre en contact avec l’air atmosphérique, en l'agitant le plus possible pour renou voler les surfaces et développer les réactions dans lesquelle* l'oxygène doit intervenir.

Lisser , c’est faire tourner les fils è teindre on les

l’oxygène une couleur déposée sur un tissu. C’est agir avec beaucoup plus-l'étiergic qu'on no le fait pourrirvr, ou pour débouillir. Bien que cette expression de rongeant, synonymo d’ altérant, d'cnlovngo, soit plus usitée dans l’impression sur étoffes, on s'en sert souvent pour la teinture proprement dite; elle devient synonymo alors de débouillir. On enlève par les altérants les couleurs des tissus qu'on reporte à la teinture pour en modifier la nuance. Les bains do chaux pour quelques couleurs métalliques, los chlorures do potasso, de sonde et d'nmmoniaqae, les acides oxalique, tnrtri<fuc, citrique, acétique, otc., sont employés comme rongeante. I^sur degré de concentration est proportionnel à leur force, et tel rongeant étendu ne sert que pour blanchir

622 TEINTURE

an tissu gxrancé, lorsque, plus concentré, il produit des enlevages.

L’acide hypochloreux libre peut être employé dans ces conditions, si l’on tient compte de la décomposition de l’hypochlorito de chaux en présence des sels de zinc.

En décomposant nn équivalent d’bypochlorite calciquo par un quart, nn demi, ou un équivalent entier de sulfate zincique, on obtient un liquide d’une force blanchissante de plus en plus énergique, et qui finit ' par présenter tous les caractères d une solution d’acide hypochloreux pur.

Les tissus passés dans ce bain dilué s'y blanchis- I sent parfaitement sans que la nuance des rouges et des ! roses se ternisse; ils paraissent, au contraire, s’y aviser. Cette méthode ost de beaucoup préférable à code proposée par M. Stcinbnch, il y a quelques années seulement. Lorsqu'on applique une solution d'hypoehlorite do chaux sur les pièces à blanchir, et qu’on les sèche ensuite sur des tambours chauffés à la vapeur pour convertir le sel en chlorate et chlorure, on arrête une action ultérieure; mais cette nouvelle application à l’art de blanchir les tissus garancés offre l’inconvénient de brunir sensiblement les rouges et les roses.

kottr, c’est porter «a rose, et en généralisant éclaircir, vivifier, développer, exalter une couleur bon teint ou petit teint. On emploie quelquefois aussi par analogie ce terme pour désigner l'action' du savon seul, employé directement après l’avivage.

Koser une étoffe ou toute autre matière h teindre, c’est changer le ton jaune d’une couleur rouge en une nuance qui tire davantage sur le cramoisi ou sur la couleur des roses.

Sicfcioufer »e dit de l’opération par laquelle on passe une étoffe dans un bain de sirkious, résidus des bains d’apprêts huileux des grands teints; ce nom vient des scliettys indiens. Cette opération se fait quelquefois après iu garançage dans le but de préparer a l’avivage; ce bain a nécessairement une réaction alcaline.

Teindre, proprement dit, s’entend de l’opération spéciale et bien distincte, au moins en grand teint, par laquelle on applique la substance colorante sur l’étoffe préparée par les opérations précédentes.

Ces diverses opérations, on le sait, ne sont cependant pas toujours distinctes; dans certains cas il n’y a pas d’apprêts organiques; dans d’autres, il n’y a pas de mordançage; la teinture se confond avec lo mordançage quand lo mordant fonctionne lui-même comme matière colorante; dans certains cas, de potit teint par exemple , on met immédiatement le mordant avec lo bain colorant, quoiqu’on général on puisse prouver qu’il y aurait un avantage réel, pour épuiser parfaitement les bains de teinture, h faire do même que pour les grands teinta, ces opérations séparément, ou d’après nn certain mode de pratique qui no les confonde pas absolument. La teinture, au reste, peut être simple, lorsque la cou- I leur est simple, double ou triple, lorsque la couleur est composée, et suivant les cas, chaque teinture devra ou pourra nécessiter les opérations antérieures et postérieures à la teinture proprement dite. Nous ajouterons, pour compléter l’ensemble dos observations qu’il convient de présenter ici, qu’il est souvent indispensable d’apporter k la succession dos passes quelques modifications en raison seulement de la nuance ou de la teinte qu’on veut produire ; il est facile de prévoir que pour une nuance très-elairo toutes ces opération» doivent être un peu différentes de celles convenables pour uno nuance très-foncée. C’est ainsi qu’un mordant faible bien lavé n’a besoin que d’un dégorgonge faible, et qn’ou peut même s’en passer. C'est ainsi que do faibles apprêts no suffisent pas pour uno teinture corsée et que do forts apprêts sont inutiles pour des couleurs légères; do même, les proportions des priucipes actifs du bain

TEINTURE

doivent être nécessairement augmentées et diminuée* par les mêmes motifs ; les liquide» employés pour aviver, roter ou virer les tointes faibles, un lilas clair par exemple, n'ont pas besoin d'autant de force, du même degré, et du même bouillon, que pour les nuances fortes, un violet pur et un plus foncé ; ce sont des observations de pratique auxquelles on ponrrait en joindre quelques autre*, qu’il serait impossible même de résumer ici, mais qui conduisent au succès complet de* opérations.

Virer, c’est modifier par nn dissolvant faible ou non la nuance que la teinture présente quand elle ne correspond pas à l’échantillon donné. I«e virago opèro nue sorte de conversion. Le bain qui lo produit a pour but, presque exclusivement dans les petits teints, de modifier la couleur directement par un sel avec excès de base ou d’acide pour l’amener soit h ln nuance, soit ru ton donné; ainsi, par exemple, en passant une couleur jaune de gnude dans un bain acide, on 1a détroit en apparence, elle devient blanche; mais en observant que la couleur n’est nullement enlevée du tissa, qu’elle n’est que virée, et qu’en passant dans un bain alcalin, le jaune reparaîtrait très-intense, on voit là l'exemple d’une nuance mixte où trop de jaune dominant sur l’échantillon peut être viré proportionnellement par un acide pour ln ramener au ton demandé.

L'alnnagc qu’on donne à quelques couleur* de grand teint, après un avivage et même après on rosage, sur les couleurs puce, pnlliacat , mordoré, giroflée, mauve, etc., fait encore l’effet d'un bain de virage, utile ici pour échantillonner; il s’applique aussi comma , rosage et comme mordant; l’alunage, dan» les dispositions oonvenables, a aussi la propriété d’nugmentcr le poids du coton , et on le donne encore quelquefois en vue de cctto seule spéculation jiar*questioo d’économie.

§ XIII. De LA TKIKTUKB

considérée tou» le rapport de» procédé» pratique» quelle met en usage.

Les détails dans lesquels nous venons d’entrer vont uons permettre d’exposer rapidement le» opérations de la teiuture en les appliquant aux diverses nuances qu'on produit journellement dans les ateliers. Le* manipula- ! t ions de la teinture, quoique peu variées et paraissant très-simples, exigent néanmoins des soins particuliers, une surveillance incessante et un coup d’œil trèsexercé, qui permette de juger le* qualités du bain, la température, la force, le degré d’appauvrissement des dissolutions, d'éliminer toutes les circonstances qui causeraient des inégalités dans les nuances, de détei • miner avec précision si le* mum# qui sortent du bain sont conforme» à celles qui servent d'échantillon, entin de graduer entre une série do nuancos les différences que le commerce et la mode imposent nu fabricant.

Tour échantillonner, il fant une très-grande habitude, et si cette opération, déjà difficile pour les lainages, offre de bion grand» obstacle* pour loa couleurs claires, il faut un œil bien exercé pour juger sur »o»c et sur coton lef couleurs foncée» rabattues, surtout cédés qui ne prennent leurs tons qn'après un avivage nécessité nnr les matières tinctoriales employées.

Appliquons actuellement les connaissances que nous avons acquises aux procédés de teinture applicables n ln laine, n la soie et nu coton.

Il non» semble inntile de donner dans cet article de nouveaux dosages; les recettes qu'on trouvera dans le deuxième volume de ce Dictionnaire, fournies par nu habile praticien, nous ont paru suffisantes. Nous n’aurons donc à nou» préoccuper des dosages usité* pouY la teinture de lu boie, de la laine et dit coton, qn'&u-

tant qu'elles seront nécessaires à l’exposé des méthodes.

Noua devons ajouter, d 'ailleurs, commo réserve s'appliquant auxdiverses recettes, que leur efficacité dépend en général de la mise eu pratique des tours de main et do la qualité des matières coloriâtes employées.

Les tours do main connus des ouvriers ne se décrivent pas, et telle indication suffisamment précUe pour celui qui sait, pour l'homme du métier, o»t obscure et souvent incomplète pour celui qui n'est pns initié. Dans tons les cas, les prescriptions que nous donnerons no doivent être considérées que commo des exemples dont il convient de ne pas trop s'écarter pour obtenir une Couleur donnée.

i. TEIXTUllE KW ROUflE.

La couleur rouge, comme nous l’avons vu, e'ohticnt avec différente* matières prises dans le règne végétal ou dans le règne animal ; quelques-unes sont empruntées aux matières préparées artificiellement. Le» rouges tirés de ces diverses substances varient dans leur teiute suivant leur origino et celle de la matière qui les fournit. On n’a pu jusqu’à ce jour les remplacer l'on par l’autre, en préparant au moyen de toutes les matières tinctoriales rouges une couleur uniforme.

Garance.

Lorsqu’on *o sert de garance, toutes les opérations doivent être soignées, et do plus la qualité do la garance, sa provenance, parfaitement connue; tantôt, eneffet, elle donne des nuances d’un rouge très-vif, tantôt, i au contraire, elle ne produit que des nuances h reflet» violacés ou jaunâtres, qui no sont acceptables ni les uns ni les autres. Dos observations précises ont permis d’expliquer ceseflcts et la richesse comparative des diverses garances; nous allons les résumer d’après M. Fersoz.

La garance doit être envisagée sous le point do vue de son origine, sous celui do son Age et sous celui des altérations qu’elle a pu subir. Il est admis aujourd'hui qu’en employant pour uno teinture en garance l'eau distillée d’une part, et do l’autre une garance provenant de terrains siliceux, on n’obiiondra pas de couleurs solides; tandis que lu môme garance, traitée pur des quantités convenables do carbonate de chaux, ou mêlée d'une garance provenant de terrains calcaire», donnera les teintes le» plus vives et les plus capables de résister aux agents atmosphériques lorsqu’on y aura recours pour aviver et blanchir les couleurs garancécs. La craie semble un élément indispensable à la teinture eu garance.

Eutre les garances Pnluds qui sont calcaires et celles d’Alsace qui ne le sont pas, il se trouve un grand nombre d'intermédiaires dont on n'aurait pas à s’occuper. s’il était possible, mois dépense inutile, de dépasser certaines limites dans la proportion de craie qu’il faut ajouter aux bains; mais il est constant que la craie lait fonction de base et qu'elle appauvrit lo bain en précipitant à l’état de laque une quantité considérable de l'élément utile. Il faut doue tenir compte et de la craio que coutieiit In garance et de cellu qu'apportent les eaux dont on fait usage.

Eu ce qui concerne l'âge, il résulte d'observations anciennes quo les garances d’un certain âge sont plus favorables à la teinture que les garances récemment récoltées. 11 faut faire intervenir le développement des racines.

Lorsque les eaux dont on fait usage sont pures naturellement on proviennent de la condensation des machines à vapeur, comme on s’en sert généralement pour ulimonter les bains de teinture, cet élément n'a quo peu d'importance; mais il n’en est plus de même lorsque co liquide se trouve mêlé de substances salines provenant

TEINTURE. 623

du sol qu'il traverse pour arriver au jour. Quuud les eaux sont chargées de calcaire à l'état de bicarbonate, on les en di-pouille ou par l'ébullition ou par l'addition d'une quantité de chaux égale à celle que contient le bicarbonate, ou par une addition de potasse et de soude, ou par du son de froment, ou pat une petite quantité d'acide sulfurique ou d’acide oxalique. S'il y a tout à la fois du bicarbonate de chaux et du chlorure de calcium, l’addition de la potasse précipko toute la chaux ; il so forme d’abord du carbonate do chaux et du carbonnte de potasse qui, réagissant sur lu chlorure de calcium, forme du chlorure de potassium et du carbonate de chaux; il s’ajoute au carbonate du chaux provenant du bicarbonate primitif. Il faut éviter cependant l’excès du carbonuto de potasse. Si tout le sel n’est pus précipité par l’addition de la potasse, on peut, ot c’est préférable, ajouter une certaine quantité du suvon. Ce moyen est plus dispendieux.

Lo mieux est dans beaucoup de cas de mettre la garanco en présence de matières qui possèdent, commo les principe» colorants do la garance, la propriété do précipiter la chaux, mais qui n'ont pas une aussi grande voleur; c’est ainsi qu’on explique l’addition du sumac et du quercitron.

Lorsque la chaux est à l’état do sulfate, on s’en débarrasse au moyen du carbonate de potasse ou de soude, qui par double échange forme du sulfate alcaliu et du carbonate de chaux.

La mngnésic se comporte à l’égard des réactifs qne nous venons d’indiquer, comme a l’égard de la teinture,

I exactement de la môme manière; il est donc facile d'on dépouiller l’eau ; d’ailleurs , on sait que les eaux magnésiennes sc présentent beaucoup plus rarement que les eaux calcaires.

Au point de vuo de la teinture en rouge an moyen de la gnranco, le fer est uu des éléments les plus nuisibles, car non-seulement il appauvrit les bains, mais il altère et fait grisonner les teintnres; on s’on débarrasse par le phosphate de fer ou par la crème de tartre ; il est indispensable de surveiller avec attention les eaux même les meilleure», qui par suite do crues accidentelles peuvent charrier ou dissoudre quelque peu d’oxydu de fer.

On à cherché par des expériences directes à se rendre compte de l'action qu’exerce la craie dans les opérations du garançage, lorsqu’elle a pour effet d ajouter à la gnrance d’Alsace un pouvoir qu’elle n’a pas par elle-même ; on s’est demandé si ce corps sature un acide dont l'existence est signalée dans le garançage, ou s’il devient partie intégrante do la combinaison colorée qui se combine avec le tissu lui-même. M. l’orsoz n'admet pas que la première raison soit sérieuse, cor s'il n’y avait qu'un acide à saturer, tout autre corps que la chaux conduirait nu même résultat: or l’expérience prouve qu'il n'en est pas ainsi. Au surplus, il a prouvé que dans l'acte «lu garançage il y a, lorsqu’on ajoute do la oraio , fixation d’une certaine quantité do chaux qu'on retrouve dans 1m cendres, avant comme après l'uvivatre.

Non -seulement la chaux ost remarquable par la nature de son action sur les bains de teinture , mais même les acides ot les alcalis ont une influence très-notable; elle est en sens contraire de colle quo la chaux parait exercer. D’après des essais publié» dans le Bulletin de la Société de Mulhoiue, les alcalis diminuent le rendement des garances et les acides nitrique, acétique, etc., tn font autant. Quant aux oxydes, il est remarquable, comme M. Schlumberger l'a déjà fait voir, quo l'oxyde, l’hydrate et le carbonate de cuivre, annulent complètement le pouvoir colorant d’une garance.

Il est digne de remarque que les acides cependant redonnent uno certaine force à des bains de gurauco épuisés, lorsque ces ucides, comme les acides sulfu

TEINTURE

TEINTURE

riquc, oxalique forment dos sol» calcaires insolubles. Il est vmi»eml<lable d'admettre que le bain so charge d'un précipité de chaux avec In matière colorante, et que cette dernière ne sc trouve mise h nu quo par le déplacement qui résulte de l'addition de l'acide.

Le garançage proprement dit se compose d'opérations distinctes, le bouillon et la rotigie. Ou pratique le bousago sur calicot et l’avivage sur toute teinture de garance. L'opération est quelquefois simple ; la première teinture prend lo nom de retirage, ot la seconde celui du garançage proprement dit. Cependant cotte distinction ne so fait pas toujours, parco que le fabricant a tout intérêt h rechercher une économie «le nmin-d 'œuvre.

Il ne faut pas élever h l'ébullition la température de la rougic , c’cst-u-dire le bain do garance , car on u remarqué qu’avt c la chaleur, lo principo jaune se fixait sur la laine. En supposant qu'on ait à teindre de la lnino en flocons, on compose le bouillon de la mnuièr» suivante, en prenant 100 kilogr. do laine pourha»e du calcul, 25 kilogr. d'alun, G kilogr. de tnrlie. Quand lu matière est dissoute, on plonge la lnino pendant trois heures «laits la chaudière, qu'on amène progressivement h l'ébullition , puis on la place , nprè3 l'avoir lavée, dan» des barqnes ou paniers, pour qu'ello reste sept h huit jours dans un endroit humide et fermé. 11 fuut éviter un excès de tartre qui ferait jaunir.

Pour faire la rougie, on mettra 50 kilogr. do garance d’Avignon extra-fine. On pallie, puis on plonge Ja laine qu on mène et qu'on mouille également. On lave avec soin pour éliminer les parties ligneuses qui sc fixeraient entre les filaments. On ajoute au garançage quelques kilogrammes do composition d'écarlnto pour faire virer nu ronge et donner à la teinture, en même temps «pie de l’éclat, «le la solidité.

Lorsqu'on travaille sur des pièce», le bouillon, pour une pièco do 20 mètres qui pèso de 18 à 20 kilogr., contient 3.5kilogr. d'alun et 1 kilogr. de tartro.

On fait bouillir pendant trois heure*, on évente et on porte à la cave. La rougie sc fait avec 6 kilogr. de garance et 4 kilogr. de composition d'écarlate ; on mèno vivement les pièces pour qu’elles ne soient pas tachées. On mot beaucoup moins de garance que dan 6 lo cas de la teinturo en toison, parce quo la couleur, no pénétrant que peu dans l'intérieur des fils, n'entculne pas uno aussi grande consommation . Nous avons cité col exemple» qui est général, pour faire compremtre co qui est déjà dit dan» l'article de ce Dictionnaire.

Teinture de la ioie. — D’après M. Gultlich, ou obtient avec la garance une très-belle teinture en rouge en prenant pour 4 k ilog. de soie 4 22gr. d’alun et 30 gr. de dissolution d'étain. On laisse reposer la liqueur et on décante. On immerge la soie qu’ou no laisso séjourner

3 ne 12 heures. On a fait «l’autre part une dissolution c garance avec 2 à 3 gr. bouillie dans uno infusion do noix do galle. On maiutieut pendant une heure lo bain a C0“, puis on porto à IVbullition eu donnant 5 h 6 bouillons pendant 2 minutes environ; on enlùvo lu soie qu’il suffit de laver k grands eau pour la faire sécher au soleil. Cetto couleur est vivo, éclatante, solide comme le ronge d'Andrinoplc. I.'alun peut être remplacé par uno «lissolution do fer qui donne uno teiutc violette très-riche. On petit lui donner plus d'éclat en l'avivant au moyen d’uno teinture au brésil qu’on njoute è la soio préparéo par lo sel d '«tain, comme nous allons lo dire.

Doit de Brésil.

J as rouge produit par le bois de Brésil s’applique aux étoffes communes ou tout nu moins à celles pour lesquelles ou no peut exiger une grande stabilité. Les ucidcs le font jauhir et les alcalis le font bleuir. On ne peut employer le bols en nature j l'usage ovt d’eu

fairo une décoction qui permette d'obtenir des nuances vives et nourries. 11 est d’usage aussi do conserver ces décoctions dans des cuves; car il est constant que le temps améliore lo principe colorant contenu dans le bois de Brésil en augmentant son pouvoir tinctorial.

D’aptès M. Chevrcul on obtient un très-benu rouge sur laine (rougo amarante), avec lo bois de Brésil en opérant do la manière suivante: pour 10 kil. de laine, on mon te la chaudière avec 2, 400 gr. d'alun et 4 ,200 gr. de crème de tartre; on y manœuvre pendant 2 heures, on lèvo et on évente. On monte un bain neuf avee du brésil, puis on y lisse la laine pendant un quart d'heure à la température de 60®. Lorsque la nuance est au point voulu, conforme k l'échantillon, on lève, et on met do côté les 2/3 du bain qu'on soutire par nu robinet, ou bien qu'on puise avec une poche; on refroidit avec de l’eau puro qu’on njoute nu bain pour remplacer le liqui.lo qu'on a rej* té : on fuit violeter la nuance avec do l'urine chargée d'ammooiuque. On lisse de nouveau, on lèvo et on lave.

Teinture de la soie. — Berthollot a fait connaître un dosage pour teindre In soio dans la nuance rougo cramoisi dont on s'éloigne pou même encore aujourd'hui ; d'après les dosages qu'il u donnés, on prend do la soie cuite k raison de 20 parties de savon pour 4 00 de soie. L'nlunago n'a pas besoin d'être aussi fort quo pour le cramoisi solide qu’on obtient do la cochenille. Ou lavo a la rivière et on lisse dans un bain de brésil d'une puissance déterminée par la nuance qu'on Veut obtenir. lorsqu’on a fait usage d'eau pure, du condensation de machino k vapeur, débarrassée «le sels calcaires, ht couleur est trop rouge , on la fait bleuir en passant la soio dans un bain légèrement alcalin ou même en lissant dans le bain additionné d’uu peu de potasse. On pout encore laver dans uno enu naturellement dure, jusqu'à ce quo la nuance voulue oit été produite.

Pqur préparer dos cramoisis foncé* ou brans, on ajouto à ln décoction do brésil uno infusion de campOche, après que ln soiu u reçu nn premier passage en brésil, puis on y mêle même uu peu de carbonate alcalin, selon lu nuance qu'on veut obteuir.

Mumide,

L'emploi de la murexido pour colorer les tissus ne date, ainsi que nous l’avons dit, quo de quelques années, et l'application do cette nouvelle matière colorante, ui peut être regardée comme une conquêto toute noerne, n'n pas été sans être accompagnée de nombreuses difficultés, tant dans ses rapports avec la teinture proprement dite quo dans ceux qu'elle présente actuellement avec l'art d'imprimer les étoffe». Nous n’aurons pas occasion de revenir sur l'article imi’rkssion pour étoffes, très-complet danile premier volume du Dictionnaire; nou» étudierons donc, en pariant des couleurs nouvelles que la science a fournie» à l'industrie, les conditions qui permettent d’appliquer à l'impression ors matières encore peu répandues.

Ln muroxide, ou carmin de pourpre, ne to fixe sur les matière toxtilos, noie, lnino, coton, fil que pur l’intermédiaire des oxydes métalliques, canailles de former avec ce composé des laques colorées ; «le véritables purpura^* insolubles.

Le» meilleurs résultats obtenus jusqu’à co jour dans la pratique ont été fournis par l’emploi des sels de mercure pour les nuances rouges et pourpres, et par le* sels de aine pour les nuances oranges et jaunes. Il parait indifférent de procéder comme pour les noirs en préparant d'abord avec les sels et teignant ensuite, ou bien en teignant d’abord ot fixant après ; il est mt'taio possible encore d’effectuer le mélange de» deux matières, de filtrer ot de faire passer lo ti«su qui s'empare de ln

TEINTURE

TEINTURE

«que au moment de sa formation au contact de la fibre. Par exemple, on teint Ja noie en pourpre, lorsque après avoir mélangé delà murexide et du mblimé corrosif, on lisse la soie dans la dissolution; la fibre textile absorbe la matière colorante en prenant une nuanco plus ou moins foncée, suivant qu'elle a séjourné plus ou moins longtemps dans le bain limpide plue ou moins concentré.

Pour teindre la laine en pourpre, on la mordante d'abord nvec un sel de mercure, soit du sublimé cor- . rosif additionné d'acide oxalique, soit du sulfate de mercure, soit du tnrtrate double de mercure et de potasse, préparé par l'ébullition du bioxyde de mercure avec de la crème de tartre.

A ces sels il faut ajouter, à cause de l’nction réductrice do lu laine, un corps oxydant, U*1 que l’eAu de chlore, du chlorure de chaux, du percblorure ou de l’oxychlorure d'étain. Après la préparation et le lavage de lu lnine, on la teint dans un bain de murexide, soit seule, soit mélangée d’un sel alcalin, comme, par exemplô, d'oxalnte de soude.

Pour teindre en jaune on remplace les sels de mercure par ceux de zinc.

On peut faire usage des mêmes procédés pour fixer les produits d'oxydation encore incolores de l'acide urique, comme, pur exemple, l’uljoxane, l'aUoxnntiue ou la simple dissolution de l'acide urique dans l'acide j nitrique. Les tissus qui en sont imprégnés acquièrent Hne. nuance rouge lorsqu'on les soumet a une température un peu élevée (par un courant d’air chaud, par le contact avec un métal chauffé, etc.). Pour fixer celte couleur, ou passe la toile à travers un baiu de sel de mercure ou de zinc.

Les produits d'oxydation incolores do l’acide urique se prêtent, suivant M. Brouman, assez facilement à lu production de genres enluminés.

On teint, par exemple, une toile de coton en uni ; on ronge ensuite U murexide au moyen de rongeants simples ou de rongeants mordants, qui, étant teints plus tard dans un bain d’une autre matière colorante, peuvent produire des dessins blancs, verts, noir», jaunes, etc.

Au moyen d'une solution de murexide et de divers sels métalliques, on peut préparer différentes laques insolubles ou très-peu solubles, dont plusieurs présentent des teintes extrêmement vives et variées. Complétons les notions générales qne nous venons d’exposer par dos exemples pris dans la teinture en murexide de la lnine, de la soie et du coton. Nous les empruntons aux communications publiées par le Rép rrtoire de chimie, V* année.

Teinture dt la lainei — Les essais publiés jusqu'ici pour la teinture de la laine en murexide ont donné des résultats très-tardifs. Les meilleurs sont dus à M. Wnrtz, directeur d’une fabrique de produit» chimiques à Leipzig, qui les obtint en se servant de nnirèxido préparée par MM. Depou'lly frères et C’* do Paris, en suivant le procédé breveté de ces 'inventeurs.

On commence par nettoyer h fond les fils ou tissus de laine en leur donnant successivement des bains tiède» de cnrbonate de soude et de savon assez concentrés.

Ce nettoyage est tellement indispensable pour l’obtention de belles nuances, qu’il faut y porter la plus grande attention et employer des solutions alcaline» aussi fortes que peut les supporter sans être altérée la fibre animale.

La laine, bien lavée, égouttée, éventée, est ensuite introduite dans le bain de teinture qu’on compose de la manière suivante :

Sur 42 k il- de laine :

Kau 350 litres.

Murexide en poudre. 500 gr.

Nitrate de plomb. . . 15,000 gr.

On délaye et dissout la murexide dans une partie d'eau tiède avant delà verser dues la chaudière; d'an autre côté, on dissout le nitrnte du plomb dans 30 à 35 litres d'eau bouillante ; on verse la solution dans la chaudière et on y introduit immédiatement la laine. La teinture ne s’efTectuc pas immédiatement, la combinaison de ta laque et du tissu est très- tente.

La température du bain ne doit pas dépasser 28 degrés centigrades; on le laisso refroidir peu à peu, graduellement. La laine doit y séjourner pendant quinze ou vingt heures.

On la retire, on la rince légèrement et on la fait passer dans le bain d’avivage et de fixage, dans lequel olle séjourne de cinq à sept heures, suivant que la nuance doit être plus ou moins bleuâtre.

Ce bain d’avivage, qui est toujours froid, se com-

pose de :

Eau 400 litres.

Sublimé corrosif. ... 4 kilog.

Acétate de soude. ... 3 kilog.

Après la teinture d’une pnrtio do laine, uno autre partie ayant le même poids peut être teinte de la même nuance, si l’on ajoute aux bains les trois quarts des matières primitivement employées.

D’après M. Depouilly, la murexide peut teindre la laine en cramoisi, mais cette dernière nuance demande des soins particulier» ; lu laine doit être préparée convenablement. Après avoir été bien blanchie et lavée, on finit par la faire passer dan» un bain d'enude chlore trèsfaible. Ce passage en chlore la rend un peu jaunâtre, mais cette légère coloration ne produit point d’effet nuisible & la teinture.

On donne un premier bouillon dans une solution aqueuse de sublimé corrosif et d’acide oxalique, renfermant 4 p. 100 de sel tle mercure. On lave et «tu teint «Ions une simple dissolution de murexide dan» l’eau.

On peut aussi procéder do la manière suivante • On pèse des quantité» égales de murexide et de carbonate de soude dans de l’eau à 60 degrés centigrades; on dissout d'abord le cnrbonato de soude, puis la matière colorante rouge. On rend ensuite le bain acide par l’addition d'acide oxalique, ou mieux encore, de bioxa latc de potasse, puisqu’il iaut éviter d'avoir au bain trop acide, qui no se conserve pas bien ; on teint h chaud h 60 ou 70 degrés centigrade».

Enfin, l'on peut aussi imprégner la laine d'une solution assez concentrée de murexide, l’exprimer fortement et la laisser sécher à l’air; on l’intrtaluit ensuite dans un bain qui marque au thermomètre 40 à 50 degrés, et qui renferme :

Eau 10kil.

Sublimé. 60 gr.

Acétato de soude ... 75 gr.

Tsifiturf de la soie. — M. Depouilly donne le» recettes suivantes pour teindre en pourpre ou en cra-

moisi. On chauffe de l’eau à 80 ou 90 degré» centigrades et on y dissout environ 5 p. 100 de «on poids de murexide. D'un autre côté, on préparo un bain du solution aqueuse de sublimé corrosif (4 p. 400 du poids de l’eau), qu'on acidulé par de l'acide acétique. Ce bain doit être parfaitement clair et limpide.

On ajoute à la solution froide de la matière colorante une quantité du bain de sublimé équivulonte h trois fois le pofd* do carmin de pourpre employé. On teint à froid et en agitant continuellement In soie et le bain coloré, jusqu'il ce qu'on soit arrivé a la nuance désirée.

On avive ensuite dans une solution aqueuse froide

TEINTURE

do sublimé, renfermant 3 p. <00 de ce ?el : cct avivage est très-important, puisqu'il donne do l'éclat à la couleur; on lire ensuite très-exactement, et lu nuance reste d’autant plus belle que le lavitgc a été plus parfait.

On peut opérer d'une autre manière, qui est surtout employée pour la teinture des tissus en soie de Chine.

On dissout dan* de Venu tiède autant d’acide oxalique qu’elle peut en retenir; dans cette solution on introduit le carmin de pourpre, et dès qu'jl est dissous on y verse immédiatement le bain de sublimé corrosif, composé d’après les préparations indiquées plus haut ; or» teint h froid.

Toute l’opération doit être exécutée avec une grande rapidité, parce que l'acide oxalique pont réagir sur le carmin de pourpre et le détruire, au moins en partie, ai l’on attend trop longtemps avant d’ajouter le chlorure merenrique. Un passage en eau do savon, h 80° centigrades et renfermant en savon 30 p. 100 du poids de lu soie, fait virer la couleur au cramoisi violacé.

Tour réussir dans de pareilles préparations, il c*t nécessaire d’employer une murex ide de bonne qualité, comme celle que MM. Dcpouilly préparent.

Pour teindre la soie en jaune, on opère comme précédemment ; seulement, au lieu de sublimé corrosif, on emploie environ la même quantité d'un sel de zinc quelconque, pourvu qu’il soit aussi neutre qne possible. Après la teinture, on passe la soie dans une solution de carlxxiate de soude tellement faible qu'elle marque & peine à l'aréomètre, et on finit par un lavage des plus soignés.

Imprenionx en muret ide. — L'application de la raurexide dans l'imprevdon des laines présente des.difficultc* toutes particulières, cett«- matière colorante no supportant pas le vaporisage et ne pouvant par conséquent point être imprimée eonjointemcntavecd’nutres couleurs-vapeurs. M. Th. Wurtx annonce cependant avoir réu«si à préparer des laques de mnrexide qui permettent d’imprimer sur laine, conjointement avec d’autres couleurs, la pourpre dans toutes les nuances, depuis le pourpre foncé jusqu’au rose clair le plus vif.

La murexide est employée pour l'impression sur coton ; voici, d’après M. Kopp, la méthode proposée | nr M. Lauth : ou commence par fixer sur le tis>u de l'oxyde de plomb, soit en plaquant en acétate de plomb, séchant et passant dans une solation d'ammoniaque caustique , soit en passant dans la cuve an plombate de chaux (solution d’oxyde de plomb dans de l'eau de chaux). Kn teignant ensuite dans un bain do murexide, on obtient une combinaison do la matière colorante avec l’oxyde de plomb. Mai» ce pnrpurate de plomb fixé sur le tissu ne présentant par lui-même une nuanco ni suffisamment belle, ni suffisamment vive, il faut encore le transformer en ptirpurnte de mercure. On y arrive en plongeant le tissu dans un bain renfermant 1 ii 1 ,5 p. 100 de nitrate mercurique, de sublimé corrosif, ou d'un mélange de ces doux sels, avec addition d'une certaine quantité «l’acétate de soude.

Pour l'impression, on prépare une couleur en épaississant «lu nitrate «le plomb à chaud et ajoutant ensuite h froid une quantité de murexide suffisante pour obtenir la nuance désirae. On imprime, on sèche et on passe le tissu dans un bain avivant et fixant, renfermant par hectolitre d'eau 1/2 kilog. de sublimé cortosif et 1 kilog d’acétate de soude, plus une certaine quantité d'acide acétique. D'après quelques fabricants, il est utile, après l'impression, de maintenir le tissu pendant plusieurs heures dans un endroit un pou humide, et de le faire passer ensuite à travers une chambre chauffée à 70° centigrades, et dans laquelle on fait dégng«'r du gaz ammoniac; le passage h travers cette

chambre doit être rapide : il ne faut pas qu'il dépasse

une minute.

La beauté de la nuance, sa vivacité dépendent de la pureté de la murexide employée et du pou «l'élévation de la température qu’elle a subie pour être fixée.

M. Kopp non» a lait connaître un second procédé. M. de Knrrer emploie la murexide en poudre ou en pâte ; il procède de la manière suivante.

On prépara d’abord la couleur d’impression.

Dans 72 litres d'eau bouillante «n dissout 24 kilog. de nitrate de plomb, et lorsque la solution s’est refroidie jusqu'à 62" centigrades, on y incorpore 5 kilog. do murexide sèche en poudre ou 15 kilog. de inurexMc en pâte en même temps que 36 kilog. de gomme pulvérisée. Le tout étant très-homogène, on fait passer à travées une toile ou un tamis fin. et on laisse refroidir la couleur qui est prête à être imprimée.

Après l'impression, les toiles sont suspendues dans un local humide, jusqu'à ce que les places imprimées se soient ramollies, puis on procède à la fixation dn purpura te plombique au moyen de l'ammoniaque. A cet effet, on suspend les toiles pendant une heure dans une chambre dans laquelle le gaz ammoniac se dégage graduellement d'un mélange de chaux vive et de sel ammoniac.

Les toiles, après avoir été soumises a l'action du gn* ammoniac, sont ensuite passées par le bain de sublimé corrosif, comjvosé de 2,6(10 gr. de sublimé Hissons «Inns 1,500 litres d’eau. A cet effet, on attache trois pièce* bout à bout (la pièce ayant *en moyenne 4'i mètres de longueur sur l mètre 20 do largeur), et on les manœuvre an moyen du tourniquet «lans le bain chauffé. Pour trois nouvelle* pièces il faut ajouter au bain chaque fois environ 100 gr. de sublimé corrosif. Si les pièces sont peu chargées, le bain peut servir avec ce* additions successive» de sublimé au passage de trente pièces ; mai* si celles-ci étaient chargée* de grands dessins, il faudrait renouveler le bain après le passage de vingt pièces.

Kn opérant de cette manière, on obtient de* impressions d’un rouge pourpre très-brillant. Pour obtenir dus nuances plus claire*, on n'a qu’à étendre la couleur d'impression avec du baiii «le gomme pure eu quantité plu» ou moins considérable.

Le* couleurs de murexide imprimées de cette manière sur coton supportent un savonnage à 60" centigrades san* grand préjudice et peuvent même être chlorées au rouleau; mai* elles ne supportent point le vaporisage, ce qui empdcho d’associer la murex ido aux couleurs -vapeurs ordinairement employées pour l’enluroinage.

Sur toiles teintes en nuance* unies par la murexide, on peut produire des dessins en modifiant la combinaison colorante au moyen d'agent* oxydants ou- réducteurs.

En imprimant, par exemple, un sel de zinc acide, on produit des dessin* orange ; avec un sel stanneux on obtient des dessins gris.

D'un autre côté, en appliquant la murexide sur toiles teintes on bleu d'imligo, un pou clair, on obtient des dessin* violets, et sur une toile jaune de* dessins orange très vif*.

Sur tissu» de soie ou de laine teints. eu murexide, on peut faire apparaître de» dessins jaunes en imprimant de l’acide picrique additionné d'un acide capable do détruire la murcxhle.

On peut préparer une couleur d'npplicntion sur coton en ajoutant à I litre de la couleur au nitrate de plomb 32 gr. de sublimé corrosif et notant d’acétate do soude dissous chacun dans 2*Hü centimètres cube* «l'eau bouil- Innte. Cette couleur ne peut être appliquée qu’avec de* planche» ou des rouleaux de bois, le* rouleaux métallique* décomposant le sublimé et altérant la nuance. .Les toiles imprimées sont suspendue* et éventées

TEINTURE

pondant trois à quatre jours et lavées ensuite dans de l'eau courante.

Après le passage des pièces dans le bain de sublimé, on les suspend dans de Tenu courante, et l’on finit par | le passage dans l'acétate de soude.

Le bain d'acétate de soude se compose de 3,000 litres , d’eau renfermant en dissolution 4 kilog. d'acétate de soude et 4 kilog. de sel ammoniac.

Dans ce bain, on agile euseunble dix pièces pendant ▼ingt minutes ; on les retire, on les rince dans l’eau courante, on les exprime dans l’hydro-extracteur, et on les fait enfin sécher à la température ordinaire ; dix nouvelles pièces sont traitées dans le même bain après qu'on y a lait dissoudre préalablement 4 kilog. d'acétate de soude.

Carthame.

Le prix élevé du carthame fait surtout réserver cette matière pour la teinture de la soie; au rostc, rien do plus facile que do faire cette teinture, lorsque le earilmnio dont on fait usage est convenablement préparé.

Teinture de la «oie. — Le carthame se combine avoc la soie sans aucune préparation ; l'acidc cartliamique est. tans contredit, l’une des matières tinctoriales le» plus facUesàmanier ; son affinité pour la soie et le coton est telle, qu'il suffit de plonger ces matières dans une enu qui tient en smpension ce principe nouvellement précipité pour qu'elles se colorent immédiatement en un beau rose brillant.

Si l’on veut avoir des nuance» très-délicates sur soie, il faut d'n bord appliquer la couleur sur le coton, le laver avec soin, puis dissoudre le rose dans le carhonate de soude; il reste en contact avec le coton un principe colomnt, jaune ou jaunâtre, dont la dissolution est dépouillée. Le carthnnmtc almlin est ensuite décomposé pur un acide faible comme le jus de citron, en présence dos écho veaux de soie sur lesquels ou veut transporter la couleur. On obtient ainsi des roses plus purs, plus brillants, plus unis.

On peut obtenir avec le carthame la couleur ponceau.

Il suffit de faire des passes successive* jusqu'à ce qne ta soie cesse d’enlever au bain de la matière colorante. C’est ainsi qu’on prépare le ton le plu» haut que Ton puisse préparer avec le carthame. On suit la mémo marche pour les cerises foncés et les nàearate ; mai», en pareil cas, il faut donner un pied de rocou. Au surplus, la cochenillo donne facilement sur sole les couleurs les plus viVes.

Cochenille.

Les plus beaux tons rongea qu’on puisse obtenir sur laine portent le nom d'écarlatc: iU ont un reflet jaune; les écarlates a reflet rouge sont connu* sons le nom de pouccau. L’emploi de ta Cochenille est basé sur ta propriété que possède ta matière colorante de la cochenille de se fixer avec la di -solution de tartre ou ' de protochlorure d’étuin. Les compositions d'étain ont, à cause de cette propriété, reçu dans l'industrie le nom décomposition d’écarlate, ou même simplement d’écarlate. La préparation de ces couleurs exige, comme les autres teintures en rouge, deux opérations successives, le bouillon et la rougis. On doit choisir de l'eau pure pour ta bouillon , ou du moins aussi pure que possible ; on doit éviter tas sels métalliques dont ta plu» grave inconvénient serait d'altérer 1a nuance. On doit se servir de bassines dVtain pour ta rougie : cependant on peut faire usage de caisses de cuivre, si Tou a soin, par de fortes cordes, de maintenir tas objets à teindre pour les empêcher de prendre contact avec la chaadière elle même.

Le bouillon contient toujours une première dose de cochenille ; cette précaution est indispensable pour les couleurs foncées. Lorsque ta bain est préparé pour le

bouillon, ou y ver»e la dose convenable de tartre et de cochenille , c’est à-dire jour 60 kilog. de drap, 3 kilog. tartre, 250 gr. cochenille, 250 gr. composition d’étuin. On pusse le» pièces ut on ta» mène pendant un quart d heure. On ralentit et on laisse bouillir pendant une heure et demie. On lave à l’eau courante les pièces préparée» par eo bouillon. On prépare un nouveau bain, dans lequel on jette à l’ébullition 2 kilog. 760 de cochenille qui vient former à la surface une sorte d'écume lie de vin. Quand cette écume crève, on rafraîchit ta bain pour y passer tas pièces; quelques minutes avant, on avait versé ta composition d'étain sous ta poids do 7 kilogrammes.

Le tou jaune de l’écarlate semble provenir do la destruction d’une partie du principe colorant rouge par suite du contact avec l’acide turtrique, ou l'acide chlorhydrique; on la regarde à co titre comme très-coûteuse ; on a cherché -s’il n’y aurait pas moyen de l’obtc nir avec économie par l’addition d’un principe jaune; le* essai» no réussissent guère que pour les étoffes grossières. Les matières colorante* jaunes «ont nlors le fustet ou le cure uma ; ils conduisent à des tons faux et rabattus. Quand on tait usage du fnstet, on l'introduit sous le poids d’un kilogramme dans ta bouillon dont les dose» ont été données plus haut. Quand on fait usage du curcuma, c’est généralement avec lu rougio qu’on l'introduit ; dans tas deux cas, on ehorche l'économie de ta matière coûteuse, de la corhenihe, en la remplaçant pcmlhut ta travail ; on diminue tas dose» de tartre et de composition d'étain.

Teinture des inities en echtceaut. — Comme on ne peut redouter l'inexactitude dos dosages donnés par M. Chdv rcul, directeur des teintures aux Gnbelins, nous emprunterons à ses communications désintéressées les procédés et dusages dont on se sert duns le» atelier» qu’il dirige au grand honneur des sciences appliquées.

On prépare sur laine avec ta cochenille, indépendamment de l’écarlate, du pot.ceuu, du rose, de la couleur groseille, de l’amarante.

Pour teindre en ponceau pour 40 kilog. de laine en écheveau, la chaudière étant à l'ébullition, on ta monte avec CAO gr. de solution d'étaiu pour l'écnrlnte, Güügr. Je crème de tartre, 400gr. de cochenille moulue, et 100 gr. de curcuma en poudre. On y lisse les échevenux pendant une heure et demi”; on lève les laine», poison ta» lave à l’eau courante. Voilà ponr le bouillon.

La rougie sa compose de 600 gr. do dissolution d’étain pour l'écarlate, «ta 200 gr. de crème de tartre, et 000 gr. de cochenille moulue. On lisse ta bouillon jusqn'àla nuance; on lève et ou lave à l'eau courante.

Pour les roses à la cochenille, toujours pour 40 kil. de laine, préalable ruent blanchie à l'acide sulfureux, puisque lu nuance est très-claire, ou monte ta bain avec de l’eau. qu on a fait bouillir, mai» dont ta température n’est plus qu’à 50 degrés ; on a fait dissoudre au bouillon I kilog.de crème de tartre et 25ügr. d'alun. On Ajoute plu» ou moins de cochenille ammoniacale, suivant la paissance de ta nuance qu'on veut préparer ; on lissa la laine le plus promptement possible t plus la ma* nccu ire est rapide, plus la couleur est éclatante.

Pour teindre eu groseille, on monte le bain aveo 2 kilog. do crème de tartre, 1 kilog. d'alun et I kilog. de cochenille ammoniacale ; ta quantité de cochenille est, du reste, variable avec ta nuance plus on moins foncée qu’on veut préparer, et jusqu’à laquelle on mène ta laine au bouillon, ce qui peut durer de une heure à une heure et demie. On lève, puis on rince à IVuu courante.

Pour obtenir l'amarante, ou monte la cuve avec 2,400 gr. d'alun, 1,200 gr. de crème de tartre, on mauoeuvre pendant deux heures sur le bouillon; on lève et ou évente ; on fait bouillir dans le buin pendant un

TEINTURE

quart «l’heure 1 kilog. de cochenille moulue; on arrête le bouillon; on entre le* laine», qu’on lisse pendant uno heure. Pour assurer la nuance, on donne un bouillon pendant un quart d’heure; on lève, on évente, puis on lave à l’eau courante.

Lake-dye.

On allie souvent à la cochenille le lake-dye. On opère au moyen de deux bains distincts. Pour obtenir la couleur ponceau, supposant qu’on veuille teindre 10 kil. de laine, on garnit la chaudière avec 1,200 gr. de dissolution d'étain pour écarlato, 1,200 gr. do crème de tartre, 100 gr. de cochenille en poudre, 100 gr. de curcuma pulvérisé; on lisse pendant environ une heure, on lève et on rince. On remonte ensuite le même bain avec 1,200 gr. de dissolution d'étain, 400 gr. de crème de tartre, 1.250 gr. de lake-dye pulvérisé; on lisse encore les laines pendant trois quarts d'heure ; on soutire le bain ; on lave de suite pour éloigner la matière résinoïdo que cotte substance tinctoriale contient en quantité notable.

On monte à neuf la chaudière avec 600 gr. de dissolution d'étain, 200 gr. de crème de tartre et 250 gr. de cochenille moulue ; on lisso au bouillon pendant une heure environ, ou mieux tnut que la nuance n'est pas obtenue; on lève, puis on rince à l'eau bouillante.

Kermès.

Lorsqu'on fait usage dn kermès pour .teindre la laine on distingue deux opérations, le bouillon et la rougie ; on se sert pour le bouillon de la même composition quo pour l'alunage de la laine. La rougie comporte en kermès les 2/3 du poids de la laine et quelquefois même le poids exact lorsque la graine n’est pas nom elle. Ou mène la mise jusqu’à ce qu'ou soit à la hauteur que l'on désire. La coulonr quo le kermès communique à lu laine a moins d’éclnt que celle que la cochenille reçoit après qu'on la fait monter avec les sels d'étain. On a pendant longtemps nommé l'écarlate au kermès écarlate de >j raine , parce qu'on confondait cet insecte avec une graine.

On nomme écarlato semi- graine la couleur obtenue par l'emploi simultané du kermès et de la garance. Ce mélange fournit une couleur très-solide, mais qui u'a pns tout l’éclat qu’on peut désirer. Le kermès donne néanmoins des teintes roses assez jolies; il est regrettable que son emploi ne soit pas plus répandu de nos jours.

Fuchsine.

La plus belle coloration rouge qu’on connaisse aujourd'hui s’obtient snr soie par la matière colorante extraite de l'aniline par MM. Renard frères, de Lyon, d’après les observations deM. Vergnin. Aucune rantière oolorante à ma connaissance, dit M. Chcvreul, n’est comparable à la fuchsine pour l'éclat, l’intensité et la pureté de la couleur. Avant la fuchsine, c'était la earthaminequi donnait le plus beau rose.

Aucune teinture, si ce n'est la carthamine, ne donne plus facilement tout ce qu’on en attend. 11 n’y a do précaution à prendre qu'avec certaines variétés d'origine déterminée, comme l'azaléine, qui sont accompagnées, pendant la transformation do l’aniline sous l'influence des agents transformateurs, d’un excès de sels d'aniline ou de matières résineuses qu’il faut éliminer avec soin.

Un bouillon dans une certaine quantité d'eau, puis uno filtration dans une chausse de laine, telles sont les précautions qui suffisent pour donner un bain convenable.

Quand on se sert de l’azaléine, on obtient généralement une nuance un peu pins violacée qu’avec la fuchsine de M. Renard; nous avons déjà dit que cette circonstance tient non pas à ce que la matière colorante

est difltèrente, mais bien à ce qu’elle ost accompagnée d'indisine ou d'un autro principe bleu différent de l'indisine et de la fuchsine.

La coloration de la laine et de la soie se fait sans préparation : cependant généralement on ajoute au bain un peu d’acide tartrique pour aviver la nuance. Ou n'opère pas au-dessus de 50 à 60 degrés centigrades; on mène vivement jusqu'à ce qu’on ait obtenu la nuance désirée.

Nos appréciations, au sujet du brevet de M. Renard, ont été vivement critiquées dans Y Industriel alsacien (Il octobre 1860).

Ces attaques, dont la forme semblerait dévoiler des intérêts froissés, me prouvent que les experts ont touché juste. Le document dont je parle se termine d'ailleurs par des conclusions qui ne tendent rien moins qu’à consacrer les droits de M. Renard et frères, de Lyon. NiM. Perkin, au premier jour, ni M. Hoffmann, actuellement, ne revendiquent pour eux l’honneur de In découverte du fait capital industriel qne M. Verguin a le premier observé, et que MM. Renard ont nppliqné. Tant que ces chimistes n’auront pus parlé, je persisterai dans mon opinion qui n'a rien de fiich-ux pour leur mérite, savoir : que M. Hoffmann n'avait pas attaché ‘la moindre importance aux colorations qu’il avait observées, colorations en dehors des recherches qu'il poursuivait, et qne M. Perkin n'avnit pas eu l'occasion de voir la coloration rouge dont on lui a tout d'abord attribué la découverte.

Page 1