‹ Complément du Dictionnaire des arts et manufacturesChapitre 305 sur 394 · STYLE GREC · texte numérisé non relu

STYLE GREC

l.es tirées furent les premiers architectes de l'antiquité. Bien que ne disposant que des ressources des Kgyptiens, c’est-à-dire ne sachant construire qu'avec des pierres horizontales placées sur des supports verticaux (en employant toutefois de plus, dans les intérieurs, des pièces de Itois qui par leur longueur leur ont permis d'obtenir des résultats tout différents), cependant, après avoir élevé dans leur pays des chefs-d'œuvre qui sont restés des types immortels du Beau, qui ont conservé la meme supériorité (paies chefs-d'œuvre de leur sculpture et de leur poésie, ce furent eux qui inspirèrent l'architecture romaine et construisirent la majeure partie des monuments de Rome.

Ce qui lit la supériorité de l'art grec, ce fut un sentiment admirable des proportions les plus heureuses des divers éléments de l'architecture, la juste appréciation de l'harmonie des grandes lignes de constructions, qui formaient une hase d'une grande élégance pour supporter les sculptures, les lias-reliefs qui venaient les décorer. Pureté des lignes, élégance d'éléments de dimensions assez restreintes, en rapport avec la grandeur îles végétaux de la tiréce. les lentisques et les orangers, décoration d'un

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goût rl il'imi* exécution admirable. tels sont les principaux caractères tic celte belle architecture.

Nous donnons ici le chef-d'teuvre île l'art grec, le Parthonon ce temple de

Pari lit* non.

Minerve, construit sous Périelès, dont les débris mutiles excitent encore IVutliousiasme des voyageurs. C'est le plus beau type qui puisse être offert de l'architecture ipti nous rappelle la plus brillante civilisation, ce siècle 'de Périclès, de Socrate, de Phidias , d'Alcibiade, etc., qui. dans l’art, l'éloquence, la philosophie , a pu être égalé, mais jamais surpasse.

Les colonnes de ce temple appartiennent à l'ordre dorique, qui a un caractère spécial de noblesse et de sévérité, (les colonnes sont dépourvues de base, leur fût est orné de cannelures larges et peu profondes, le chapiteau est composé d'une grande moulure en forme de rnupo, reposant sur deux ou trois petits filets, et surmontée d'un lailloireti forme de table carrée. Les triglyphes, ornements cannelés simulant

1 Ut monuments te* plus précieux des beaux temps de lu Grèce dont il nous soit parvenu de» débri* suffisants, son! : te Parihénon, dont Iclinua et CaMicratcs furent les architectes; — les Propylée»; — le Monument chorngique ; — le Temple d'Kgine.

Le Temple de Parslum dans 1a grande ttrèce, dont le» ruines sont si belles, est tout à fait d'architecture grecque.

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des extrémités île solives, que l’on voit dans la frise de l'entablement, apiiartieuueul exclusivement à cet ordre. Nous douuous ici le détail de la colouue et de l'entalilement de l’ordre dori<[ue, sur une échelle assez grande, pour en faire bien apprécier les détails.

L’importance des proportions de la colonne, des dimensions de ses diverses parties calculées en fractions de son diamètre, calcul à l’aide duquel on a cherché à surprendre la science des architectes grecs, eu déterminant parle même procédé toutes les parties

avoisinantes , et par suite de proche en proche, presque toutes les proportions des édifices, a fait donner le nom d’ordre aux colonnes. Nous dontjons ci-dessous un exemple de ce mode de détermination. Mais nous pensons qu’il vaut mieux s’en tenir à la déliuitiou de l’ordre que nous avons donnée plus haut ; c’est la seule applicable à tous les ras. Quoi qu'il en soit, il importe de parler ici des deux autres genres de colonnes des temples grecs, des deux autres ordres qui ont été si souvent imités.

L’un est l’ordre ionique, différant du dorique par ses proportions plus légères, par îles détails plus fins, par l’emploi des bases, par la forme de son chapiteau, qui est beaucoup plus allongé et orné à ses angles de grandes volutes; dans la frise de cet ordre commencent à paraître les sujets continus qu’ou ne rencontre que comme une exception dans l’ordre précédent

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Knfin lr •■orimliieii, di'i. dit-on, à ('alliiuai|iii> forme le troisième ordre. La colonne s'allonge davantage, le chapiteau est plus élevé que dans l'ordre ionique et s'épanouit en forme de corbeille ; la végétation la plus riche et la plus légère vient se mêler aux formes de ce dernier pour les décorer par des courbes gracieuses. Le tailloir du chapiteau cesse d'être carré pour prendre une forme curviligne, la frise est ordinairement ornée de feuillages enroulés et les ornements se multiplient.

Pour faire apprécier comment les Grecs savaient employer a propos cette colonne,

Colonne corinthienne. Monument de I.ysicrate,

nous reproduisons ici le mouuuieiit churajuque ulu chef de chœurs) de L y sic rate que Poil voit encore à Athènes, et dont rèlépanrc et la légèreté sont vraiment admirables. Sa

’ Une jeune fille «le Corinthe, dit Yitruve, étant morte au moment où elle allait se marier, sa nourrice recueillit dans une corbeille plusieurs petits objets auxquels elle avait été attachée pendant sa vie. Pour les mettre îi l’abri des injures du temps et les conserver, celte femme couvrit la corbeille d'une tuile et In posa ainsi sur le tombeau. Dans ce lieu se trouvait, par hasard, la racine d'une plante d’acanthe . au printemps, elle poussa des feuilles nt des tipps qui entourèrent la corbeille.

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hauteur est île deux diamètres, prise sous la cymaise de la corniche; la hauteur de la hase est de trois demi-diamètres.

Il nous resterait à donner les nombres ipii lixenl les rapports de la hauteur et du diamètre des colonnes des divers ordres, bien que reproduits inqierturbablement dans tous les traités d'architecture, les rapports donnes par Aignolc entre le diamètre de la hase et les diverses parties de la colonne sont contestés aujourd'hui, comme ayant été obtenus en arrondissant les chiffres. M. Zièglcr pense avoir trouvé dans le diamètre moyen (moyenne entre le diamètre du haut et celui du bas de la colonne, toujours de forme plus ou moins conique) la véritable unité. Ainsi, sur une colonne dorique, il a trouvé, en divisant en douze parties ce diamètre moyen :

Diamètre supérieur, 10. — Diamètre moyen, 12. — Diamètre inférieur, 14. — Et poulies autres dimensions qui s'eu déduisent : Hauteur du fronton, 28 douzièmes. — Entrecolonnes, 10 douzièmes. — Prise, 12 douzièmes. — Architrave. 8 douzièmes. — Larmier, 3 douzièmes. — Cymaise, 3 douzièmes. — Chapiteau, 0 douzièmes.

Nous ne parlerons pas ici des imitations si nombreuses du style grec qui ont été tentées dans les temps modernes et dans divers pays. Nous dirons seulement qu'en général, le plus grand défaut de ces imitations est d'avoir exagéré les proportions des monuments île telle sorte que les effets se sont trouvés tout différants, et que, par exemple, l'église de la Madeleine, à Paris, peut être a peu prés sendilable au l’arthénon, mais tellement grossi qu'il est devenu méconnaissable.

Nous compléterons, à ce propos, nos observations sur la question de l'imitation des styles, qui n’est pas toujours à repousser comme on le pourrait conclura de ce que nous avons dit précédemment.

L'époque à laquelle chaque monument d'un style déterminé a été construit permet, en général, (le déterminer facilement les idées qu'il était destiné à traduira, et, paisible, les circonstances où les études de ce style peuvent trouver une application convenable. 11 en est ainsi dans les cas où l'œuvre à réaliser est inspirée par des idées qui ont eu toute leur glorification à des époques antérieures à la notre ; c'est ainsi, pour prendre le premier exemple qui se présente à notre esprit, qu’en orfèvrerie il serait absurde de faire un reliquaire autrement qu'en style gothique, rappelant ceux qui, pendant tout le moyen-âge, pendant la plus grande splendeur du catholicisme, ont orné les cathédrales. Pour l'art grec, on pourrait de même trouver des exemples où il serait convenable pour un monument destiné à rappeler l'élégance, le goût des arts de la Grèce. Nous citerons comme excellente application la Glyptothèque de Munich , charmant monument grec destiné à contenir les chefs-d'œuvre île la statuaire, et où se trouve l'admirable bas- relief qui décorait le fronton du temple d'Egine

La rencontre de» coin» de la tuile força leurs extrémités à ic recourber, ce qui forma le commencement des volutes. Le sculpteur Callimaquc, passant prb» de ce tombeau, vit le panier, et remarqua la grâce avec laquelle ces fleurs naissantes le couronnaient. Cette forme nouvelle lui plut ; il l'imita dans les colonnes qu'il fit par la suite à Corinthe, et il établit, d'après ce modèle, les proportions et les règles de l'ordre corinthien.

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