STYLE BYZANTIN, ROMAN
l/alléralion du style romain, lorsqu il fallut construire les églises que réclamait h' culte chrétien, conduisit à deux styles d'architecture assez voisins par l'effet de deux influences réagissant l'une sur l'autre, celle de l'empire d'Orient, celle des nations du Nord.
I/altandou presque absolu de l'architrave, l'emploi constant de l'arc reposant sur des colonnes souvent trés-légéres, du dôme placé au centre des édifices religieux, sont, avec la profusion de la dorure, de la mosaïque, des |ieiutures sur fond d'or, les caractères distinctifs du style byzantin . d'où procède eu grande partie le style arabe.
A HT 1NDUSTHIEL.
•"«■st mi style liyzantin «pie se rattachent les monuments qui donnent à Venise un cachet si extraordinaire de riehesseet de grandeur.
i.'clrment asiatique qui s'est introduit dans les constructions de Byzance, dans Sainte-Sophie notamment, l'église type de ce style, édifiée sous Justinien, tendait déjà a se faire place aux premiers temps de l'empire romain. • Ce n'est pas d'aujourd'hui, disait Quintilien , qu'existe la distinction entre le style ■ asiatique • et le style * attique; » celui-ci serré, pur et sain, celui-là enflé et vide; l'un n'admettant rien de superflu, l'autre manquant surtout de godt et de mesure. ■
A l'Occident, aptes le style latin adopté par l'Église latine, et qui ne consistait guère qu’en une application imparfaite de la tradition romaine, vers le x' siècle, sous l'influence de l'admiration des raffinements de l’empire d'Orieut, les nations occidentales, qui ne possédaient rien de la tradition des proportions des ordres grecs, tendirent à manifester quelquo peu leur individualité par l'Architecture. Ils y réussirent autant que le permit l'Église par la constitution du style roman, qui a toujours conservé l'arc en plein cintre et a produit plusieurs édifices remarquables, notamment par leur belle conservation, dus en grande partie A l'emploi de l'arc eu plein-cintre, et grâce aussi à l'excès de solidité des murs et au diamètre généralement exagéré des colonnes.
Ces colonnes, en général massives, reçurent des ornements varies, eu zigzag, eu forme de câbles, de torsades, de pointes de diamant, furent couvertes d'étoiles, et prirent
Intérieur du rloilrc Soint-Trophiœe.
1rs chapiteaux. Les ligules de ceux que nous reproduisons à la page précédente donneront une idée de leur décoration
AHOHITECTl’RE. 37
un caractère spécial par la variété des combinaisons géométriques. la répétition unil-
liple di’s petit
Façade de Samt-Trophime
A HT ÎNPI'STHIEL.
Comme type du genre roman, dan» son alliance aver la tradition, c'est-à-di/e a liieii peu près byzantin, nous avons représenté une construction du midi de la France, oïl les traditions de l'art gréco-romain ont toujours subsisté : le cloître de.Saiut-TropInine. d'Arles, dont la première ligure représente la porte, et la seconde la cour intérieure.
Comme s'éloignant bien davantage de la tradition gréco-romaine, nous donnerons la façade de Notre-Dame île Poitiers, célèbre à bien juste titre. C'est assurément
pays qui convient le mieux à tous égards comme modelé, car il comprend tous les éléments de décoration des façades romanes du xn* siècle : une porte en plein cintre reposant sur de fortes colonnes, une rosace centrale avec des meneaux figurant les rais d'une roue: des arcatures formées par la rencontre de deux arti$lcs non percées ; une façade décorée de petites arcades en plein cintre ornéeMJe statues de saints.
Les travaux du style roman furent soumis aux autorités et aux traditions de l'Église, et, par suite, s’ils s'exécutèrent d’une manière d'abord très-remarquable pour l'époque, ils ne tirent point de progrès; les artistes ne purent donner aucun essor à leur génie. L'intervention de l'Église se fit jour, par l'action des couvents et de la francmaçonnerie, qui, partant de la Lombardie et de Home, devait naturellement construire des édifices qui se rattachaient a la tradition romaine, dont le style était le style roiftain altéré. #
Nolrr-Oamr dr Poitiers.
A Hl '.I I ITKCTI.' H K .
L’art chié lieu combiné avec las Utntlancps des races germaniipies, se fit cepenilant place dans ce style, surtout en cherchant a intéresser le sens moral bien pins qu’à flatter le sens physique. I.a grandeur, l’élévation qu’on donna aux églises pour diriger les idées vers le Ciel (tendance ipie l’état de la science des constructions ne permettait pas de contenter à l’époque des constructions romanes, et qui a engendré le gothique ogival dont nous parlons ci-après), la reproduction des légendes, des propagateurs dé la foi, souvent de pieux solitaires exténués par le jeune et les macérations, mais couronnés de saintes auréoles; tels sont les points de départ, les éléments traduits par les architectes à cette époque. Le symbolisme s’introduisit de toutes parts dans la décoration ét y occupa une place considérable. Hans l’ornementation de ce style, il faut tenir grand compte de la peinture qui couvrait les vntlles, des mosaïques, des vitraux de couleur prescrits par Charlemagne pour les églises de son vaste empire.
D’après ce qui précédé, on voit que, sous le nom de byzantin roman, nous comprenons plusieurs styles voisins qui ont inspiré les architectes pendant plusieurs siècles :
1" .Le byzantin 1 ;
?" Le latin, très-voisin du style romain de la (lu de l'Empire;
il" Le roman ’;
i" Le roman de transition, qui tend an style ogival.