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STYLE GOTHIQUE

La sculpture joua un grand rôle au xiii* siècle comme annexe de l'architecture, qui jetait tant d'éclat par la construction des cathédrales; ses progrès procédèrent de la même foi religieuse qui (devait ces monuments. Elle prit une plus grande importance

l'état des connaissances techniques alors mises à la disposition des artistes, et surtout les instructions les plus détaillées pour la confection des pièces d'orfèvrerie religieuse qui s'exécutaient le plus fréquemment, étant nécessaires au service divin dans chaque église, h savoir : le grand et le petit calice, la burette,- l'encensoir.

* Saint Eloi, né ver» IV88 à Catalac en Limousin, fit son apprentissage à Limoges, où existait une tradition de travaux d'orfèvrerie qui remontait au temps de la domination romaine. Devenu le favori de Dagobert, il fonda plusieurs couvents, notamment celui de Solignac en Limousin, dont les moines durent se consacrer h des travaux d’orfèvrerie religieuse.

AHT INDI'STHIKL.

qu’à l'époque précédente, i*lle eut à couvrir de statues ces admirables cathédrales, el par mie suite naturelle du développement de l'art, l'œuvre du sculpteur se détacha quelque peu du monument et devint souvent une œuvre remarquable par le senti- ■ ment qui y respire. Les figures du * style gothique, » au xni* siècle, ont des draperies très-amples, des plis peu nombreux, mais affectant toujours le mouvement, vertical. Toutefois elles sont bien plus voisines des proportions humaines que celles du style byzantin, et l’exécution en est bien plus large.

C’est de cette statuaire qu'un savant archéologue a pu dire avec raison : > La statuaire grecque produit en nous un sentiment très-pur : le sentiment du beau, mais du beau physique; la statuaire chrétienne développe le sentiment du beau physique et du beau moral, et plutôt le dernier que le premier. ■ Dans quelques cas, en effet, le sculpteur s'éleva à une grande puissance d'expression, en créant ces sveltes ligures d'une tournure si chaste et si ample, telles que celles de la cathédrale de Strasbourg, dues au ciseau des Steinbach.

Evidemment pour produire de telles œuvres, il fallut que l'étude de la nature reprit sa place dans l'art, que l'initiative de l'artiste devint plus grande. Nous reproduisons ici une Vierge du xiv' siècle, qui a bien le cachet religieux et chaste de l’art de cette époque.

Vierge, sculpture do xiv, siédi*.

Vers le xi\> siècle, par suite îles progrès de l'art, la sculpture tendit à se matérialiser. A mesure que s’effaçait le goût des compositions symboliques, héritage du style roman, le grotesque commença à s'introduire dans la décoration.

SUHL1TTRK. (IHKKVHKHIK.

lia sculpture sur bois prit aussi une grande place dans l'art et produisit des œuvres admirables destinées surtout à orner les chœurs des églises; les parties principales de ces œuvres rappellent en général les décorations et surtout les lléclies des façades des édifices.

Orfèvrerie. — Avant le xiie siècle, l'orfèvrerie u'ètail guère sortie des monastères; cependant la corporation des orfèvres existait déjà sous saint Louis. Limoges fut, pendant tout le moyen âge, un rentre très-actif de fabrication d'orfèvrerie; les» émailleurs de cette ville ont laissé une juste réputation d'habileté.

Oateoioir de Israël de Mecken

A l'époque du style ogival, l’orfèvrerie suivit les transformations de l'architecture, et, abandonnant le plein cintre, elle adopta l'ogive, les fléchés, les colounettes, toutes

ion A HT INIH'STHIKL.

les merveilles d'ornementation empruntées à l’art sarrasin. Ainsi dans les châsses, dans les petites constructions dont nous parlions ci-dessus, l'ogive remplace le plein cintre comme dans l'architecture ; elles sont presque toujours des imitations, sur une petite échelle, de la Sainte-Chapelle de saint Louis.

Coupe »ljle gothique alliinanJ.

Dans les derniers temps de la période dont nous parlons, les aiguières, les vases a boire se répandirent dans tous les châteaux ; la diffusion de l'art commençait.

La gravure en taille-douce, dont l'invention découla de la nicllure, et qui est due à Maso l’iniguerra, orfèvre de Florence, qui la fit en 1440, permit de multiplier les

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dessins, et l'œuvre des graveurs vint offrir une foule de motifs à l'étude. Elle reproduisait naturellement les œuvres de l'époque précédente qui étaient encore sous lés yeux de tous les artistes.

On doit'citer, parmi ceux qui ont laissé de brillantes études d'orfèvrerie, Israël de Mecken. Nous donnons ici ta reproduction, d’après un de ses dessins, d'un ostensoir de style flamboyant bien caractérisé. Nous y joignons une coupe de style gothique allemand, qui est une excellente étude faite par un artiste allemand, M. Halbig de Munich. (Exposition de Londres.)

STYLE RENAISSANCE

La renaissance fut une brillante époque pour la sculpture; une élégance toute particulière s'attacha aux produits de Jean Goujon, de Germain Pilon qui, en France, obéissaient ;l l'impulsion donnée par les grands artistes de l'Italie, et notamment par le plus éminent des sculpteurs, Michel-Ange.

A l'imitation de l'antiquité , à la réhabilitation de la beauté physique , à la recherche des formes plastiques, à l’élude des forces musculaires, pour laquelle il rivalisait avec l'antiquité, l'art nouveau joignit des tendances méditatives propres à la civilisation chrétienne, et souvent aussi, il faut le dire, la satisfaction d'idées sensuelles. la beauté, qui était un culte pour l'antiquité, prit souvent il la renaissance l’apparence de la volupté.

Nous donnons ici les Trois Grâces de Germain Pilou, une des plus charmantes œuvres de la statuaire moderne, qui, bien que rappelant l'antique, s'en sépare néanmoins par une recherche particulière -à la renaissance.

Les vues de quelques monuments de cette époque nous ont déjà montré la profusion de sculptures décoratives, et notamment de bas-reliefs qu’employait l’architecture. Exécutés par les grands artistes, le plus souvent, ces travaux ont toute la grâce, toute l'élégance de leur statuaire.

La sculpture sur bois fut utilisée de la même manière pour les décorations intérieures. Les lambris de la salle Henri 11, au Louvre, sont justement célèbres, et souvent cités, avec raison, comme des modèles de sculpture décorative.

Le caractère spécial de ce style réside dans la surabondance de compositions ayant une véritable valeur artistique, appliquées à de véritables œuvres d'art qui ne sont plus pour nous aujourd'hui que des produits industriels.

Les artistes de la renaissance reproduisirent à l'infini , et avec une profusion caractéristique de ce style , non-seulement les rameaux , les feuillages , mais encore les formes du corps humain, les enroulements de création fantastique, de syrénes , et cela avec autant de facilité que de pureté , car ils étaient excellents statuaires.

Bronze. — L’art du fondeur en bronze, à la renaissance, se releva en Itîilie avec le plus grand éclat. Florenct- s'en empara et se rendit célèbre par la supériorité avec

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laquelle elle mit l'exercer. Il subirait, pour le prouver, de rappeler les noms de quelques-uns de ses plus grands artistes en ce peine, notamment de Benvenuto f.ellini , dont les belles coupes cisèlera sont si recherchées, et celui de Lorenzo Ghiberti,

Le* Trois Grâce» <le Germain Pilon.

l'auteur de ces admirables portes du baptistère de Florence , que Michel-Auge déclarait dignes de former les portes du paradis, et qui , formées de scènes encadrées dans des contours géométriques , sont restées le modèle de l'emploi du bronze dans ce genre de décoration.

Nous donnons ici un vase tlorentm en bronze du musée de Cluny qui nous [tarait admirable de formes et de proportions, on l'on reconnaît la richesse de composition.

STX’UTI'HK, OHFKVHKRIIC. 1.11

la facilité de production «1<* petites statues qui caractérise les artiste;, de cette brillante période de l'art.

Vnxe florentin de l'Iunjr.

L'Allemagne a possédé, à la même épnqfle, de grands artistes dans Jes œuvres desquels on sent le sérieux de l'art allemand. La châsse de saint Sehald de Pierre Fischer' de Nuremberg, que nous reproduisons ici, est un chef-d'œuvre dégoût d une rare perfection. On y sent le mélange de la foi du moyen âge et de l'ardeur artistique de la renaissance. Les Apôtres qui entourent la châsse ont toute la perfection des meilleures statuettes de nos jours ; les animaux qui la supportent, les feuillages sont étudiés sur la nature, moulés, ciselés avec un soin incroyable.

OtitévREMB. — Les artistes de l'Italie et de la Flandre avaient déjà créé, avant cette époque , des œuvres bien remarquables’, les premiers pour les riches seigneurs d'Italie; les seconds, tant pour les puissants ducs de Bourgogne que pour garnir les dressoirs des riches marchands de Flandre. Les grands artistes de la renaissance, en Italie, furent aussi bien orfèvres que sculpteurs. Ohiberti était orfèvre. Ghirlandajo, le maitre de Michel-Ange, un des plus féconds et des [dus grands maîtres rie l'Italie, dut son surnom à une parure en forme de guirlande dont il était l'inventeur. La

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France, ruinée piu- 1rs guerres, fut bien en retard an siècle. Ce if est que bien pins tard qu'elle entra dans une voie où ses artistes devaient exceller

U’ caractère spécial du style de la renaissance, dans l'orfèvrerie comme dans les bronzes d'art, consiste en line surabondance de compositions, de créations qui donnent une singulière valeur a des objets qui, comme nous l'avons dit, étaient alors du domaine de l'art plutôt que de celui de l'industrie.

Nous emprunterons encore au musée île t’.luny une leuvre excellente de celte

1 Sculpteurs et orfèvres célèbres en Italie : — Michel-Ange. — Jtenvenuto C'ellini. — Ghiberli.

En France : —-Jean (ïoujon.— Germain Pilon. — Pierre Bonlemps.— Jean Cousin.— Jean de Bologne- . Ducereeiu. — Léonard, dit le Limousin, l'émailleur le plus célèbre du règne de François lm

modèle de décoration, par le grand noinlire (1e personnages, le bel agencement des détails, et une certaine retenue que ne possède pas l’école florentine.

Après Benvenuto Cellini, la décadence de l’art, déjà sensible en Italie, envahit l'orfèvrerie. Après le goût si élevé de l’école de Raphaël, l'amour des fioritures, du flamboyant, se répandit partout , depuis le Rosso jusqu'au chevalier de Bemin , qui peut être considéré comme le précurseur du style Louis XV.

L'art qui s’en allait de Florence et de Rome, dit M. Dufresne (Globe du 20 mai 18551, s’était réfugié à Venise, oit les rapports fréquents avec l’Orient firent naître un goût particulier très-reconnaissable dans la vieille orfèvrerie : ce sont des entrelacements, des ornements solides qui courent sur des fonds vennicûlés ; les formes d’aiguières, de bracelets, de liagues, de chaînes, les damasquinages, les filigranes de toutes sortes; les formes des coffrets même sont empruntées aux infidèles. C’est par Venise que sont venus les éléments arabes (pii se sont mêlés à ceux de la renaissance dans l’art industriel. Les relations de Venise avec l’Allemagne, au temps d'Hamnieling, d’Albert Durer, d’Aldegrave et de tous les graveurs germaniques qui multipliaient les modèles d'œuvres excellentes, lui firent aussi faire de grands progrès dans les arts.

SCULPTURE, ORFEVRERIE. 133

époque ; c’est l’aiguière de Rriot, orfèvre français, qui peut être citée comme un

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BnuirTERiE-JoAlLLEmE. — Le xvi' siècle nous a laissé une multitude dp travaux de Bijouterie, vases en cristal, coupes en sardoine, eu lapis, en jaspe, accompagnés de figures admirablement ciselées et émaillés; de camées richement montés sur des

Aiguière de Brio» |>luteau 1

vases, etc., etc, <e livres d’une telle Beauté, d’un travail si difficile, qu’on ne peut comprendre comment l’habileté humaine a suffi pour lest créer. Il faut lire les mémoires de Itenvenuto Cellini , si l’on veut juger des passions qui étaient souvent en jeu à l’occasion d’un bijou qui devait sortir des mains d’un artiste célèbre. Les têtes couronnées si- préoccupaithit des formes; les rapières et le poignard étaient enjeu pour vider les querelles engendrées par des rivalités d’artistes. I lu connaît l’histoire caractéristique de la duchesse d’Ktampes, qui allait tous les jours à l'hôtel de Nesle, chez f.ellini. pour voir travailler à loisir le bel Ascanio, à un lis en diamant resté célèbre dans les fastes de la bijouterie. On comprend facilement tous les efforts qui furent faits pour créer des œuvres remarquables dans une société où les œuvres d’art étaient si appréciées, où les artistes occupaient une si grande place.

sni’Lm'HE, tlItKKVUKHIK.

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STYLE LOUIS XIV

L'œuvre de la sculpture sous Louis XIV fut considérable; Puget ', Ooysevoix. Houston, furent, entre autres artistes, des hommes d'un talent supérieur. La fertilité des sculpteurs est bien prouvée par le grand nombre d’œuvres produites à cette époque; on sait l'immense quantité de statues, de groupes et de vases qu'exigea la décoration de Versailles.

Le style de ces artistes n'a pas un cachet différent de celui de l'architecture ; recherche du grandiose, peu de souplesse, si ce n'est chez quelques artistes (pii paraissent sentir l’époque suivante.

La statuaire décorative employa a profusion les trophées, comme on peut le voir aux Invalides. La sculpture sur bois les prodigua dans les intérieurs, au milieu de moulures variées. On peut en voir un bel exemple dans la célèbre galerie d'Apollon au Louvre.

Bronze. — lu reproduction en bronze de l'œuvre des statuaires ne fut à aucune époque plus remarquable qu'à celle dont nous parlons. Cet art fut restauré et amené à un point d'éclat iuconqiarable par les frères Relier, (pii surent suflire à la production la plus considérable sans que leurs œuvres eussent jamais rien de défectueux ; aussi sont-elles restées des modèles de l'ail du fondeur. Le bronze doré fut employé par Boule pour rehausser l'éclat des meubles. I In commença à goûter ce mode brillant de décoration.

Orfèvrerie. — L'orfèvrerie suivit le mouvement général ; les mêmes influences amenèrent les mêmes résultats que dans les autres arts, tout fut sacritié a la poursuite d'une fastueuse noblesse. Ainsi un chef-d'œuvre d'orfèvrerie qui se voit au Musée des Souverains, au Louvre, le coffret d’Anne d’Autriche, fut dit aux talents de Lebrun ' et de Puget, alliés à celui des ciseleurs. Le style Louis XIV ne se trouve nulle part mieux caractérisé que dans les nombreux dessins que nous possédons des artistes chargés de fournir des modèles aux orfèvres’. Nous donnons ici le dessin d’un vase d’après J. Lepautre. qui respire au plus haut degré cet air de splendeur opulente (pii semble appartenir spécialement aux créations artistiques de celte célèbre époque.

Joaillerie. — Ce ne fut guère (pie sous Louis XIV que la joaillerie ac(piit une certaine perfection dans l'exécution d'œuvres analogues à celles qu’elle crée de nos jours. 11

* Puget, l'un des plus grands sculpteurs des temps modernes, doit être placé immédiatement après Michel-Ange, pour l’ampleur cîe ses figures et l'énergique entente de ses beaux groupes.

* Clause Ballin fut le grand orfèvre «lu règne de Louis XIV ; orfèvre et sculpteur, il s'inspira de l’étude de Poussin, et les vases de bronze de la terrasse de Versailles montrent quell^, heureuse application il sut en faire. Pierre Germain, également célèbre, reçut directement l'impulsion de Lebrun. J. Lepautre, dont nous donnons un vase, fut le plus habile dessinateur d'ornements.

A HT ÎNDI'STHIEI..

n'y avait pas très-longtemps que les pierres et notainnieiit les diamants idwit la taille fut perfectionnée vers 1715) entraient dans la toilette des femmes, qu'on faisait d'autres

Vu sc de J. Leptiuire.

œuvres que des bagues d'évêques, ou des objets servant au culte. Le célèbre C.ardillac, notammenl, produisit de très-beaux ouvrages, dont les portraits et les peintures de l'époque peuvent nous donner une idée.

STYLE LOUIS XV

La sculpture , sous Louis XV, recherchant avant tout l'élégance, tomba dans la iniL'nardise et l'allèterie; ce sont surtout les œuvres les plus propres à orner les

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