SCULPTURE, ORFÈVRERIE
boudoirs qui étaient recherchées et étaient préférées île beaucoup à des œuvres (l'un caractère plus élevé, mais moins séduisantes. On ne peut toutefois contester aux artistes de oc temps une souplesse extraordinaire de main , une grande habileté d'exécution, une gràre singulière dans l'entente du sujet.
I,a sculpture décorative employa surtout les enroulements, les racailles spéciales a
ce style. Nous en donnons ici qui b reuses.
■Iques exemples, qui en rappellent les variétés nom-
En parlant des décorations peintes, nous rappellerons l'emploi fréquent des tableaux de Bouché, de Yatteau, qui étaient encadrés dans les moulures des panneaux de la boiserie des appartements.
BnoNZE. — Le bronze doré vint sous Louis XV remplacer les incrustations et occuper une bien plus grande place dans l’ameublement que le bnmxe statuaire dont l’aspect paraissait trop sévère. Aux pendules en marqueterie succédèrent les groupes en ligures dorées, accompagnant le cadran, et les foyers se décorèrent de chenets, de garnitures très-riches.
Nous donnons ici un lustre d'après Oppenord, le grand décorateur de l’époque.
138 AIlT IMtl STKIKL.
Comme modification du style Louis XV et indication du style Louis XVI , nous
Luvtru d'Oppenord.
représentons un bréle-parfums qui indique assez bien les formes préférées de ce
Brûle-parfums Loui* XVI.
style. Dans le bronze, il occupe une place importante; et à la fin du Biècle dernier, le célèbre fondeur Gouttière produisit des œuvres justement célèbres, fie fut l'inspirateur et le guide de la sculpture d'ornement sous Louis XVI, lorsque, fatigué du style Louis XV, on en revint, par une transition assez brusque, dans les mœurs comme dans les arts, à une simplicité presque austère, à uue espèce de
SCILPTURE, ORREVRKRIK. , L'19
froideur dans les formes et dans les ornements, qui dut jiaraltre étrange quand elle détrèna les principes île l'école précédente.
Orfèvrerie. — I, 'orfèvrerie a montré durant cette époque les ressources multipliées que pouvaient offrir ses moyens d'exécution, en se prêtant à tous les caprices de la fantaisie, aux associations les plus bizarres dans la décoration ipie lit adopter l’école inspirée par le Borromini, et notamment du genre rocaille qui domina après que l'influence de I.onis XIV et la tradition des travaux de llallin eut été oubliée. Ce genre puisait ses inspirations dans les constructions en rocailles qui avaient commencé à ligurer dans quelques jardins du xvt* siècle. L'Allemagne comme la France, Augsbourg et Nuremberg comme Paris, voulurent du rocaille , recherchèrent en tout la capricieuse ornementation de ce style. On trouve des pièces d'orfèvrerie du temps de Louis XV qui sont ravissantes de fantaisie et de caprice, llien de régulier; des lignes ou des surfaces ondulées, contournées, insaisissables . indescriptibles.
Nous donnons ici un vaso de ce style.
Vus Louis xv.
Bijouterie, Joaillerie. — Ce fut surtout la bijouterie qui créa des merveilles à l'époque dout nous parlons; elle fit d'admirables progrès pour seconder le luxe dès toilettes des femmes. Originalité, délicatesse, variété, tels sont les mérites de ces produits. A la lin du régne de Louis XV les orfèvres étaient avant tout des bijoutiers; et sous le nom de ■ metteurs eu muvre ■ jouirent de certains privilèges accordés spécialement aux artistes.
Thomas Germain, dit M. de Lnynes, fut le chef d’une école dont les ouvrages délicats, étudiés et d'un grand mérite d'ajustement, ressuscitèrent la bijouterie , en llaltant avec grâce le go\H frivole d'un temps de plaisir et de luxe. On vit alors des bijoux d'une extrême richesse composés dans le seul style qui fut admis alors, avec
AHT INDUSTRIEL.
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toutes ses bizarreries, il est vrai, mais avec toute sa nouveauté et sa hardiesse : les montres, les châtelaines, les tabatières étaient couvertes de sculptures repoussées,- • émaillées, brillantes de pierreries; ce n'étaient que guirlandes, Amours, coquilles et rocailles contournées, ciselées en relief ou gravées, ouvrages peu classiques assurément, mais d'une composition aussi animée quelle était diverse, et parfaitement combinée pour déployer toutes les ressources du talent d'artistes maintenant inimitables. Le piqué sur écaille, formé de petits clous d'or réunis en dessins, était emprunté à la Chine, dont l'art européen ne dépassa jamais les prodiges d'adresse et de patience.
Sous Louis XVI, la bijouterie moins productive devint ftoide et avare d’ornements. Comme dans les autres arts, l'exagération que l'on répudiait fut abandonnée pour suivre une voie tout opposée. Les plus beaux bijoux étaient ornés d'émaux unis et transparents, bleus, gris de fer, opalins; les boites en écaille noire, doublées d’or, étaient ornées de portraits ou de miniatures sur vélin. La bijouterie courante se composait de médaillons en losange avec des gouac.hqs sous verre, entoures de perles, ou bien de colliers A plaques réunies par des chaînons polis.