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STYLES ÉTRANGERS

Les Orientaux ne représentant jamais en relief le corps humain, les animaux, car cela leur est interdit par la religion tle -Mahomet, n’ont pas de statuaire; mais ils recherchent le luxe de l'orfèvrerie et des pierres précieuses, qui semble tout à fait convenir à l'éclat des décorations de l’Orient.

I’armi les produits remarquables de ce genre, nous citerons en premier lieu l’ornement îles armes, luxe principal de ces nations belliqueuses au temps.de leur splendeur. Xous en donnons un exemple curieux dans la représentation d'armes des Manielucks, ces souverains de l'Egypte. Nous reviendrons plus loin sur cette question en suivant, au sujet de l'emploi fait aujourd'hui 'des procèdes pour damasquiner et autres qui nous viennent de l'Orient et de l’Inde, le savant rapporteur de l'Exposition de Londres. M. le duc de Luynes.

La statuaire parait peu développée chez les Chinois et les Induits; nous ne connaissons leur art que par d'affreuses pagodes, ou des figures de peu de valeur. Il n'eu est pas de même de l'orfèvrerie cher ces derniers, l'Exposition de ttfâô nous en présenté des échantillons remarquables; on sent que les moyens d’exécution sont peu avancés, mais le goût d’ornementation est toujours extrêmement remarquable.

On doit surtout remarquer les liligranes, genre de bijouterie exécutée avec îles fils d’or ou d’argent, qui est né dans l'Inde et s'est propagé dans l'Orient. Ainsi l’exposition a montre des Imites, des paniers, des bijoux en filigrane, couvert d’étoiles, de rosaces, d’ornements de tout genre. C'est le bijou fabriqué à profusion par les industrieux ouvriers chinois, qui savent le fabriquer depuis bien des siècles avec une rare perfection. Le travail matériel ne laisse rien à désirer ; les soudures sont ]>arfaites, et ce n'est pas un petit mérite, car le bijou en liligraue présente beaucoup de

SCULPTURE, 0RFKVHK1UE. 14!

difficultés sous ce rapport ; la légèreté de ces produits est si extraordinaire que c'est ;k

Armes de* Mamelucks.

peine si de nos jouis on peut en approcher. Malheureusement tous les bijoux chinois pèchent essentiellement par la forme, par l'ornementation, par le goût. Les Génois exécutent aussi depids longtemps d'une manière remarquable, sous le rapport du travail matériel, les bijoux en filigrane, mais ou doit leur adresser le même reproche qu'aux Chinois : ils manquent de goilt et de variété.

Le filigrane proprement dit est un bijou dont l'ornementation est exécutée au moyen de deux fds d'argent ou d'or, très-fins, tordus ensemble de manière à imiter une corde d’une grande ténuité. A l'œil nu, cette corde semble être un fil gravé. On contourne ce fil à l'aide de tenailles de diverses formes, et de différents autres outils que l'ouvrier invente ;l chaque instant, et l'on parvient à former ce travail merveilleux

Bijoux en filigrane.

par sa délicatesse, dont nous plaçons un dessin (snus les yeux de nos lecteurs.

A UT INWSTRIEL.

En France, an lien de laisser le ■ liligrane ■ proprement dit faire tous les frais de l'ornamentation, aussi bien que de la charpente du bijou, li*» artistes français ont appelé à leur aide les ornements brunis, les émaux, les ors de couleur, le guilloché, la gravure, les dessins de toute nature; aussi ils sont arrivés à embellir, à varier de tant de manières ce bijou, que partout on le préfère maintenant, quoiqu'il soit encore un peu moins léger que celui des (lénois et des Finnois.

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