‹ Complément du Dictionnaire des arts et manufacturesChapitre 340 sur 394 · ÉPOQUE ACTUELLE · texte numérisé non relu

ÉPOQUE ACTUELLE

L'époque actuelle s'est repris pour la sculpture d’une passion justifiée par les u'uvres remarquables qu’elle a vu naître. Tboi'swaldsen, Srhvvantaler, Raucb en Allemagne, Canota, Pradier en France, ont, entre autres artistes, produit depuis le commencement du siècle des oeuvres d'un grand mérite, et ont, à bon droit, passionné leur concitoyens.

Nous ne pouvons nous arrêter à une élude de l'art de la sculpture, qui offrirait un bien grand interet, mais qui exigerait des études toutes spéciales ; elle nous ferait d’ailleurs sortir des sphères plus modestes de l’art industriel. Ce serait déjà un travail considérable que d’énumérer seulement les œuvres les plus remarquables dos seul [items

Sgpho dp Fradier.

modernes qui se distinguent par un beau sentiment île calme et de grandeur, comme la Madeleine de Canova. ly„lion de Lucerne de Thorswalden, cette image

SCULPTURE, BRONZES, de la diguité dans la mort, ou celles qui représentent la force ou la joie ; le danseur napolitain de Duret, ou le tueur d'aigles de Bell, que nous montre l'Exposition de Paris. En face de cette grande tâche, qu’il nous est impossible d’aborder, nous ne donnerons ici qu'un bel échantillon de sculpture moderne, la dernière œuvre justement célèbre jle Pradier, ce grand sculpteur que la France a récemment perdu.

Si nous passons maintenant à la sculpture décorative, nous dirons qu'à l'époque actuelle on en est revenu à l'emploi presque exclusif des moulures, bandeaux, genre eu rapport avec le mobilier. Ce n’est que dans des cas rares que la sculpture est ap- ]>clèe à orner les murailles à l’aide de sculptures, et encore est-ce le plus souvent à l'aide de dressoirs ou meubles plaqués sur celles-ci que l’on obtient cet effet. Toutefois le carton-pierre vient quelquefois provoquer l’emploi de la sculpture pour l’ornementation de grand luxe. C’est ainsi que M. Cruchet a décoré récemment le salon de Bade avec une richesse qui a quelque chose de féerique.

Eu général aujourd’hui, c’est le luxe des glaces, des tentures, des tapis qui brille dans les intérieurs , genre de décoration qui répond au grand nombre (1e fortunes de second ordre, et au petit nombre de fortunes princières de notre société; au reste, cette question de décoration ainsi posée, rentre dans l’emploi des couleurs dont nous parlerons plus loin.

Enlbi nous devons parler ici des imitations d’objets naturels, des fruits, par exemple, à l’aide de cire et du carton-pierre, mais surtout des fleurs à l’aide des étoffes et du papier, la fabrication des fleurs artificielles, qui fournit un élément si gracieux de la toilette des dames, est devenue une importante industrie parisienne 1 .

IIR0NZE8*.

L'industrie du bronze a pris en France une très-grande extension, qui s'explique par le développement de l'art statuaire, le goût de nos ouvriers pour ajuster les diverses parties fondues séparément, pour ciseler et réparer les imperfections de la fonte. Tous les chefs-d'œuvre de la statuaire ont été réduits pour fournir des ornements d’un gortl pur ; une foule de sujets de petite dimension ont été modelés par

■ C'est d’Italie que vinrent les premières fleur» artificielles employées à la toilette des dames et à la décoration des appartements. Il y a environ un siècle, s'établit k Paris Séguin, natif de Mende en Gévaudan, véritable artiste qui avait étudié la botanique et qui s’appliqua le premier k copier scrupuleusement la nature dans l'imitation des fleurs. Ce fut vraiment lui qui dota Paris d'une industrie qui a pris tant de développement.

* Pour ce qui va suivre, nous ferons de nombreux emprunts au beau rapport de M. le duc de Luynes sur l’Exposition de Londres. Aussi bon juge qu’amateur éclairé et savant, M. le duc de Luynes a renfermé dans ce travail toute l'histoire de l'orfèvrerie, de la bijouterie, des bronzes dorés depuis le commencement de ce siècle. Il parait encore d'une manière brillante à l'Exposition de 18>5, comme promoteur et collaborateur de plusieurs des plus belles œuvres que ces industries aient produites : l'épée ciselée par les frères Faunière, la Minerve en ivoire et or de M. Simart. Une industrie serait heureuse et (1ère de conserver toujours des juges de cette distinction.

A HT INDUSTRIEL

HA

nos artistes. Dans ce genre de créations le gracieux, l’agrément dans les motifs est surtout recherché avec juste raison ; la statuaire de si petite dimension ne peut guère, comme nous lavons dit, se proposer un but plus élevé. •

L'influence du procédé Collas, qui a mis en circulation d'excellentes réductions des .chefs-d’œuvre de l'antiquité, doit être surtout citée aussi bien que celle de Barre, qui par une étude exquise de la nature a fait faire un ]>as immense à la reproduction des animaux.

Dans ce qui précède nous parlons surtout du bronze d'art qui conserve la couleur du métal; dans ce qui suit nous aurons plus souvent en vue le bronze doré, dont la fabrication moins artistique est, et surtout était plus spécialement il y a encore peu de temps, l'objet de l’industrie des bronzes.

C’est dans ce siècle, et surtout à partir de 1 840, que l’art peut être considéré comme complet, grâce aux travaux antérieurs qui ont valu une juste réputation à Ravrio, Thomire, Deniére, ceux-ci qui améliorèrent, eu lui donnant mie grande importance, la fabrication des petits bronzes qui tendait à reualtre. Les artistes, devenus bientôt beaucoup plus nombreux, trouvèrent dans leur imagination et leur talent les ressources nécessaires pour tenir en éveil la curiositté et l’intérêt des acheteurs. Une foule de petites pièces de décoration et d’ameublement furent mises, par leur bon marché, à la portée des fortunes moyennes. Le plus souvent leurs ornements appartenaient au style Louis XV, qui offrait de magniliques modèles de pièces d'un grand éclat, donnant des produits d'un gotlt en général douteux et assez fréquemment mauvais'. Nos meilleurs fabricants cherchèrent à contenir le goût public soit en lui offrant, à un prix modéré, de belles choses, même dans le style qu'il préférait ; soit en excitant sa fantaisie par des travaux ornés et variés, d'un caractère nouveau et curieux à la fois.

Si maintenant nous passons en revue les œuvres remarquables en bronze qui ont paru aux dernières expositions, nous citerons :

M. Vittoz, qui exposa à Londres une pendule dite « les Heures du Jour, • ornée d’Amours (en bronze) sur un nuage et reposant sur un socle en marbre blanc. Le style Louis XVI y était observé avec beaucoup de goût.

M. Matifat fit remarquer une coupe de vieux Sèvres avec sa belle monture eu bronze doré. Nous avons donné à l’article Céramique un exemple du mélange de porcelaine et de bronze doré qui est assez à la mode, et que Sèvres parait adopter pour les pièces de grande dimension.

M. V. Paillard avait exposé une grande pendule avec candélabres dorés, style de la fin du régne de Louis XIV, et des flambeaux Louis XV à filt tordu et pied orné d'écussons.

A l'Exposition de 1855, pour l'application industrielle la plus importante, pour la pendule, il n’y a que peu de travaux à citer en bronze doré ; celui-ci cède la place au

t Destinée à satisfairo le» velléités de luxe de bien des modestes fortunes la division des fortunes est le caractère principal de notre société, celai qui réagit le plus puissamment sur l'art industriel a notre époque), l’industrie des bronzes, se ramifiant dans une infinité de petits ateliers, produit des pièces d'un goût douteux; le véritable progrès, celui qui, au reste, se réalise chaque jour grâce à l'épuration incessante du goût, consiste b faire entrer de plus en plus l'art dans la fabrication sans trop renchérir les produits.

BRONZES lift

bronze d'art place sur un socle qui semble dissimuler le cadran de la pendule, ("est • un résultat (pie l'Exposition démontre bien clairement. Tandis qu'elle offre ipiantité do magnifiques bronzes, il n'y a lias d'muvrea vraiment remanpiabli's en bronze dore pour les garnitures de cheminée; il y a au contraire de beaux produits de ce gefire pour décorer des meubles style Louis XVI (voir plus haut le meuble de M. lirohè, dont les bronzesont été obtenus en galvanoplastie par M. Ohrislollel, pour orner îles cliemi- . nées du même style; enfin il est la base de magnifiques lustres de grandes dimensions.

L'industrie des bronze est toute française et toute parisienne : rien de comparable ne se fait à l'étranger comme importance industrielle .et comme goût : aussi la fonderie de bronze est devenue une des plus belles industries de la France ; elle n'a pris dans aucun autre pays un développement comparable, et à l'Exposition universelle de - Paris on a pu compter vingt fabricants français pour un fabricant étranger.

Fonte et zinc. — La fonte de fer, le zinc sont venus récemment prendre place dans la décoration, ce dernier surtout depuis qu'on a pu le recouvrir de bronze par dépôt galvanique et qu'on a pu le mouler dans des moules métalliques, c'est-à-dire de manière à faire disparaître pour chaque pièce isolée la dépense du moulage. Ile magnifiques fontaines eu fonte de fer ornent aujourd'hui nos places publiques. A litre de spécimen d'un travail digue d'être considéré comme un des beaux produits de la

Amazone de Kim.

statuaire allemande, nous représentons l'Amazone de Kiss. fondue en zinc par (lois, de Berlin, et ipti a été justement admirée;! Londres.

Ht; ART INDUSTRIEL.

Nous citerons encore un produit très-estime c.lies les Anglais, ce sont leurs belles

cheminées de Shellield, en fonte et acier, destinées à recevoir de grands feux de charbon de terre, et auxquelles ils donnent souvent des formes très-heureuses.

ORFÉVRERIK.

La révolution lit disparaître les belles rouvres d'orfèvrerie; elles retournèrent à la Monnaie dans un temps où personne ne pouvait ni n'osait afficher de luxe, lorsque toutes les grandes familles étaient proscrites Aussi, lorsque sous l'Kmpire on voulut de grandes pièces d'orfèvrerie, la France avait oublié ses propres traditions, et si elle parut en retrouver quelques débris, c'est parce qu'elle avait inspiré autrefois les modèles qu'elle adopta alors, les produits demeurés à la mode en Angleterre. Les orfèvres eurent aussi à imiter les procédés perfectionnés d'estampage que leur entente

ORFEVRERIE.

de la mécanùpie et la prospérité de leur fabrication avaient fait adopter à nos voisins. A leur exemple, la fabrication française consista surtout dans l'application d'ornements estampés sur des pièces à contours gracieux.

An commencement de l'Empire, Auguste, l'ancien orfèvre de Louis XVI, ftdiot, Biennais, furent: les orfèvres en réputation . < Idiot surtout, nommé orfèvre de l'empereur, fut . chargé de travaux considérables. Nous citerons comme exemple de ses compositions, le berceau du roi' de Rome, pour lequel il fut aidé par Tfiomire, et dont les dessins fttrent fournis par Prudhon. t'ne élégante Victoire, à demi agenouillée sur tut globe, dominait l'arcade du berceau et soutenait sur la tête de l'enfant impérial une couronne d’étoiles, d'où partait la draperie de dentelles qui servait de rideaux. Les génies de la Forcé et.de la .Justice étaient debout devant les pieds antérieurs et postérieurs du lierceau, formés par des cornes d’abondance croisées.

Cette description permet d'apprécier le style de l'Empire dans les i ouvres d'art ; ou cherchait l'imitation de l'antique avec quelque chose de l'inexpérience d'une génération qui avait conservé peu de traditions de procédés techniques, dans laquelle les artistes spèciaux, les ouvriers très-habiles étaient peu nombreux .

Sous la Restauration, la transformation ipii tendait à se produire dans tous les arts se lit sentir immédiatement dans l'orfèvrerie. On ne faisait [dus des imitations de l'antique, mais ou conservait toujours les souvenirs classiques en cherchant plus de liberté et d'originalité. Fauconnier se distingua surtout à cette époque ; non-seulement il produisit quelques belles œuvres dans le style classique, mais encore ce fut lui qui tenta les premières pièce» d'orfèvrerie dans le style de la Renaissance. Ce fut dans son atelier que M. Barye lit ses premières études d'animaux, genre auquel il a su faire une si grande place. 11 forma ses neveux, MM. Fanniere, dont nous allons rencontrer les beaux travaux de ciselure.

Dans ces dernières années, les orfèvres français les plus célèbres furent d'abord : M. Odiot fils, lldéle en général au goût anglais, à la riche orfèvrerie; M. Lebrun qui se distingue par un grand talent de ciseleur; M. Durand, et enfin M. W agner, qui vint en I8,')0 remettre en honneur le repoussé, le procédé par excellence de l’orfèvrerie d'art, celui qui lui est tout spécial, et qui avait cédé la place aux procédés plus industriels de la fonte et de l'estampage. Au lieu de se borner A l’exécution de pièces utiles, Wagner accusa franchement la tendance des orfèvres de premier ordre à constituer un art complet, ;l créer des pièces ayant seulement une valeur artistique. Disons tout de suit*; que cette voie est périlleuse et que les orfèvres ne doivent jamais oublier les conditions toutes 'spéciales qui font de l'orfèvrerie un art industriel, ce qui ne veut pas dire qu'ils ne puissent produire des chefs-d'œuvre, mais seulement que ceux-ci sont d'une nature particulière, d'un autre ordre que ceux de la statuaire.

En 1 8.10 parut pour la première fois A l'Exposition un grand artiste que la France vient de perdre, M. Froment-Meurice. A une grande valeur personnelle, A un goût sûr qui le portait A trouver autre chose que l imitation des siècles [tassés, c'est-A-dire, l'originalité et un caractère propre A notre temps, il joignait les qualités organisatrices qui permettent la production rapide et excellente exigée aujourd'hui, et qui ne peut s'obtenir que par la réunion des efforts des collaborateurs les plus distingués. Eu effet, aujourd'hui, pour les œuvres de premier ordre, le concours des premiers artistes ciseleurs, émailleurs, est réclamé par les divers fabricants. Nous donnons ici

148 ■ A HT INDUSTRIEL

un vase rai* par lui à l'Exposition do IHii, offert par la ville ilo Paris à mi célébré

\’tunr tl«? M. Krouieiit-Meurio-

ingénieur, et son chef-d’œuvre, l’admirable toilette de la duchesse de Parme, qui recueillit tous les suffrages à l'Exposition de Londres, et lui valut la grande médaille.

Ce morceau capital consiste en une table à pieds d'argent richement décorés; la surface de la table est en argent niellé de fleurs de lis, encadrée d'unp bordure en acier gravé. Le miroir richement garni d’argent est flampié de deux candélabres en forme de lis, soutenus par îles anges portant les armoiries de la prinepsse. Des coffrets de forme gothique ornés de figures émaillées et polies, une aiguière et un plateau complètent ce bel ensemble, où les lis, les formes gothiques, rappellent avec la plus exipiise délicatesse à la fille de nos rois les vieilles traditions françaises, et où la brillante décoration des émaux, des décorations de tout genre, brille d'un éclat tout moderne.

Nous compléterons nos emprunts à M. de Luvnes, en citant parmi les artistes les plus éminents de notre époque, comme un maître complètement digne d'être mis en parallèle avec les maîtres de la Renaissance, M. Yechte qui exposa en 1857 au Louvre un admirable vase, exécuté au repoussé (procédé qu’il a amélioré par l'emploi de creux en bronze obtenus eu fonte par le moulage du modèle à exécuter, pour pré-

ORFEVRERIE. Ü'J

parer et avancer le travail), dont l'ornement représentait le combat îles Dieux contre

Toilette «le la duchene de Parme

le» Géants. Au sommet (le cette amphore, et sur le couvercle, Jupiter, assis sur son aigle et tenant les foudres, va frapper ses adversaires ; les Géants, armés de troncs d'arbres et de rochers, escaladent l'Olympe, se groupent en bas-reliefs sur la panse du vase, en ronde-bosse sou» les anses; au pied, les liassions de la Haine, et de la Discorde se débattant, déjà renversées et frappées par les traits de Jupiter. Ge vase admirable a figuré à Londres, à l'Exposition de MM. Hunt et Roskell.

Ce qui précédé montre assez clairement, ce nous semble, que l'orfèvrerie française tend, dans ses œuvres d'art, à se rapprocher de la Renaissance par la richesse des compositions, tout eu leur donnant un cachet propre à notre époque. Dans la décoration pure de l'orfèvrerie de table, le style Louis XV tient cependant encore une assez grande place. Nous allons compléter cette revue en disant quelques mots des (ouvres que nous otl're l'Exposition de 1 855, après un rapide examen des œuvres principales de l'orfèvrerie étrangère.

.Vnolktkbkk. — L'Exposition de Londres a bien montré ce que nous avons déjà

ART INDUSTRIEL

nommé le • goût anglais. . Son ornementation est en général mal conçue, confuse et peu raisonnée, mais la forme même des pièces de vaisselle de table est commode pour l'usage, bien appropriée aux dill'èrents besoins du service; elle possède cette perfection de formes d'articles usuels, pour laquelle les Anglais, qui ont presque inventé la chose, ont inventé le mot « confortable. » . ,

Les grandes compositions, dues à MM. Hunt et Roskell, les successeurs de Mortimer,' qui possèdent la plus importante fabrique d'orfèvrerie et bijouterie du monde entier, offraient à Londres, au dire de l'excellent juge que nous continuons à suivre, avec de nombreux défauts de compositions trop chargées, l'indication d'efforts évidents pour sortir d'une mauvaise voie ; comme chez plusieurs de leur rivaux, l'épuration du style se fait sentir et doit mener à une régénération assez prochaine du goût qui est l'aspiration de toute l'industrie anglaise. Us tendent à transformer ces grandes pièces d'orfèvrerie avec force personnages en argent mat, qui sont tout-à-lait antipathiques aux ressources et à l'esprit de la bonne orfèvrerie, et qui sont cependant trés-goiltèes des Anglais [Haïr leurs • testimoniale. • Il faut dire que ces figures, ces arbres, ces végétaux et aniçi.inv distribués sans pondération, sans beauté dans leur symétrie, sans, gràcejJJWjfc» irrégularité, paraissaient souvent des jouets d'enfants plutôt que des objets d'art, (in peut remarquer, dit M. de Luynes, dans tons les pays et dans tous les temps, que l'orfèvrerie et la fabrication des vases en terre cuite et en porcelaine suivent une marche à peu près identique et adoptent les mêmes formes avec une décoration du même genre. Les beaux produits de céramique du Straffordshire, notamment ceux de M. Minton, sont d'un heureux présage pour l'industrie anglaise.

L'exposition à Paris des produits de l’orfèvrerie anglaise* confirme ces préxisions et elle montre, en dehors des œuvres hors ligne de M. Vechte, nombre de créations d'un très-bon goût. Les progrès accomplis en quelques années sont incontestables.

Allemagne. — Un Allemagne, après Dingliuger, mort en 1731, l'orfèvrerie d'art cessa d'exister; le goût public s'attacha seulement à des ouvrages brillants, lustrés, très-finis dans leurs détails. Toutefois, la fabrication devint beaucoup plus considérable vers la fin du xviii* siècle, lorsque l'introduction de l'estampage rendit accessibles et à bon marché les produits de l'orfèvrerie.

L'imilation des procédés anglais fit adopter les formes anglaises , et encore aujourd'hui la mode s'attache en Allemagne à ce qu’on appelle le • genre baroque anglais. > Toutefois, de grands artistes dominent maintenant le goût public en produisant des œuvres qui ont un cachet artistique qui leur est propre et qui sont digues du rang si élex’é que la statuaire et la peinture allemandes occupent dans le monde des arts. I )n a beaucoup admiré à Londres une grande création de cet ordre due à M . Albert Wagner, qui formait la pièce principale d‘un surtout de table.

Nous no suivrons pas plus loin notre étude par pays, La Russie, où l'industrie des tissus d'or a été introduite par les Byzantins, en même temps que le christianisme; l'Italie, l’Espagne avaient exposé* quelques pièces remarquables ;t l'Exposition de Londres. Ce grand spectacle, la première et si éclatante manifestation du mouvement qui tend à la fusion des nations, a montré chez la plupart d'entr elles d'assez lielles œuvres pour prouver que les grands artistes ne sont le privilège d'aucun pays.

On ne voit pas, à l'Exposition universelle de l’aris, d'œuvres d'orfèvrerie d'un carac-

Page 1