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APPLICATION DE COULEURS

Les procédés du dessin, de la représentation des objets à l'aide d'une seule couleur, se divisent en deux genres bien distincts, que nous retrouverons dans les divers procédés de gravure, qui ne sont que des manières spéciales de dessiner offrant l’avantage de fournir des moyens de reproduction à l'aide de l’impression.

Le premier consiste à représenter les corps par la seule imitation des effets do la lumière qui éclaire ces corps et nous les rend perceptibles à la vue. Le dessin ;l l’estompe, le lavis sont los types de ce genre de dessin qui s’attache, comme on le voit, à une production de teintes plates ou dégradées, à rendre les oppositions de parties brillantes et de parties obscures; en un mot, à reproduire l'apparence du corps éclairé par la lumière qu'il s'agit de représenter.

Le second procédé doit être considéré comme supérieur au précédent. Au lieu de représenter simplement, par une quantité convenable do noir déposé d'une manière quelconque, le ton de la lumière qui éclaire la surface d'un corps, on cherche à figurer par le tracé des lignes les plus propres à donner, en même temps que l'effet de la lumière sur le corps, l'idée la plus exacte de la forme, le sentiment des lignes de courbure auxquels les artistes attachent avec raison tant de valeur. C’est ainsi que s'emploient les hachures.

Monge, dans son Traité dt Géométrie descriptive, explique l'intérêt de ses belles rechorches sur les lignes de courbure des surfaces, par l’utilité de leur emploi pour le dessin. 11 a prouvé que les lignes de plus grande courbure passant par un point d'une surface étaient toujours au nombre de deux et à angle droit entre elles. Par conséquent, pour chaque objet, et pour chaque partie de la surface d’un objet, il y a des contours de lignes, de hachures (formées sur ta surface du dessin par la projection

ART INDUSTRIEL

d’un système de lignes de grande courbure) plus propres (pie loup les autres à donner nne idée de la courbure de la surface, et ces lignes plus on moins larges, plus ou moins rapprochées, produisent en même temps les teintes voulues pour représenter les effets de lumière. Les dessinateurs emploient ces deux systèmes de lignes, préférables à toutes les autres, lorsque, pour forcer plus facilement leurs teintes, ils croisent les hachures.

Après avoir établi les principes des modes de représentation des objets par le dessin, et avant d’en arriver à leurs applications dans les industries qui ont pour but la multiplication de ces représentations, nous allons étudier les lignes, les contours destinés à l’ornementation et qui offrent un grand intérêt au point de vue de cet ouvrage.

L’histoire du dessin en général, des enlacements des lignes, est impossible à présenter sous une forme systématique satisfaisante. Rien n’est plus capricieux, plus facile à varier que le tracé de quelques lignes, et la création du type original doit être réservée nu domaine de l'art pur; toutefois il ne peut être douteux qu’aux diverses époques de l’art, les dessins qui plaisaient le plus aux yeux étaient d’un genre déterminé. C'est surtout pour l'ornementation qu’il en est ainsi; les éléments en varient moins, en effet, que la manière de représenter les objets et le mode de leur groupement ; c’est là ce que nous allons chercher à indiquer en étudiant les contours de quelques motifs d'ornementation en eux-mêmes, c’est-à-dire tels que les reproduit l’industrie par l’impression en noir.

Novis passerons successivement en revue :

1° Les tracés et combinaisons géométriques, essentiellement immuables dans leurs éléments constitutifs, dont l’emploi ou l'exclusion peut seulement varier dans les divers styles.

2° Les dessins qui, sans être formés géométriquement et sans rappeler directement les formes des objets naturels, sont créés par les artistes et par suite varient suivant les styles. On les rencontre employés pour la décoration des produits industriels, notamment des édifices aux diverses époques de l’art. On en a vu un grand nombre dans les exemples donnés surtout en traitant de l’architecture, et reproduits à une échelle suffisante pour qu'on pût apprécier les détails de l'ornementation. Ces tracés sont soumis entièrement aux principes que nous avons indiqués en parlant du cas plus complexe des formes ; c’est l'harmonie de leurs proportions qui en fait le charme Bien (pie souvent créés par le caprice, plus souvent encore ils proviennent d’imitations altérées de formes naturelles dont on n’a gardé que l'esprit du contour, les harmonies linéaires. Ils ne représentent plus les objets , mais ils en ont conservé les proportions et le caractère ; souvent, d'ailleurs, ils viennent se mélanger avec ces imitations dont il nous reste à parler.

.3“ Les dessins d’imitation d'objets pris dans la nature , de feuilles, de Heurs, etc., essentiellement produits par la fantaisie, rentrent dans l'art de la peinture; tout au plus peut-on les en séparer dans quelques cas où ils sont décoratifs plutôt que destinés à éveiller des sentiments. Cette partie est presque inséparable des couleurs; nous en traiterons brièvement ici pour y revenir en parlant des applications des couleurs.

Ce qui distingue essentiellement les deux premières divisions de la troisième, c’est que les éléments qui y sont compris sont nécessairement soumis à la répétition ; de

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simples entrelacements île lignes qui ne tendent pas a l'imitation ne peuvent être remarqués qu'eu se répétant: ne peuvent eomluire a l'harmonie on permettre d’éviter la confusion qu'en satisfaisant à celle condition rigoureuse.

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