COULEURS DANS LA CÉRAMIQUE
Les vases grecs, dit M. Ziégler, se divisent eu trois classes, selon les époques de leur fabrication. La couleur rouge pâle, avec figures noires et blanches, indique ceux de la première époque; ils remontent à 700 ans avant l'ére chrétienne. Les vases de la seconde époque sont fond noir avec figures jaunes. Enfin, ceux de la troisième époque sont de deux couleurs seulement, figures jaunes et fond noir; la perfection des peintures et leur extrême légèreté les distinguent particulièrement.
On voit que les colorations étaient déjà bien connues dans l'antiquité; toutefois ce n'est en général que par des superpositions de terres que les couleurs étaient produites, fie n'est que depuis la renaissance, depuis la découverte de la faïence , que la palette
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du peintre en poteries a été créer , et qu'un a pu produire tous ces tableaux émaillés extrêmement remarquables, malgré toutes les dinieultés que présente leur exécution.
Déjà, à partir do cette époque, les ressources de la coloration furent considérables : on peut en juger f>ar la richesse ries couleurs des majoliques italiennes et celle (les [ilats de l’alissy qui représentent des poissons, des coquilles, etc. Toutefois ce n’est que depuis les grands progrès de la chimie que la palette du peintre ou porcelaine a acquis une richesse suffisante pour rivaliser avec celle de la peinture a l'huile.
Nous répéterons ce que nous avons déjà dit : sauf quelques pièces analogues à celles en porcelaine tendre, style bouts X\ , faites pour orner les boudoirs, et décorées de scènes de bergerie ou attires de même genre, les tableaux ne nous semblent pas en général le mode de décoration propre. aux poteries, ait moinsjptand on n’emploie pas seulement les poleries à porter des tableaux de porcelaine, comme c'était autrefois le cachet de la fabrication de Sèvres. Leur vrai style nous parait devoir être celui qui sempproche du genre oriental dans lequel sont employés en proporiions convenables, avec la couleur du fond, les couleurs des décorations et l'or, qui. placé sur des parties saillantes, acquiert beaucoup d’éclat. Nous avons été contraint à traiter cr s questions au chapitre III (Céramique); nous n’y reviendrons ici que brièvement.
Nous dirons d'abord que l’étude séparée des décorations et des formes esl tellement naturelle, qu’elle correspond à une division frequente dans l'industrie. Ainsi, il existe à Paris un nombre considérable d'ateliers du décoration pour lesquels ou achète les pièces de forme convenable en porcelaine blanche et où on les revêt de brillantes décorations. Il y a là une division du travail parfaitement naturelle et très-favorable à sa perfection, vu la différence profonde qui existe entre ces deux natures de travaux. Toutefois il ne faut fias que le consommateur néglige de faire la différence de valeur et de solidité qui existe entre les couleurs au grand feu cuites avec la porcelaine et les couleurs de mondes formées avec des émaux quelquefois trop fusibles et pas résistants.
I.e premier résultat qu’ait montré l'Exposition de 1855, c'est l'élégance du style de Sèvres dont nous avons parlé à la Céramique, qui, par une réaction snr ses anciennes méthodes, ne décore plus sa belle porcelaine blanche que d'ornements légers , peu serrés, ne détruisant pas l'éclat du fond. Ce style a été adopté par l'un des premiers fabricants d’Angleterre, M. Minton.
l'n nouveau genre de décoration s'appliquant parfaitement aux couleurs grand feu et au fond céladon est celui produit par peinture et relief combinés. Ces ornements, formés par une partie transparente faite au pinceau venant rejoindre de hauts reliefs sculptés, sont d'un grand éclat.
l'n genre de décoration qui n’est pas entièrement nouveau a été employé avec un grand succès par M. Copeland, habile fabricant anglais, célèbre à juste titre par la beauté de ses statuettes en parian ; nous voulons. parler de la décoration de la porcelaine par des pastilles, des perles en émail qui ont beaucoup d’éclat. Des buires de forme et décoration style indou ont été admirées à l’Exposition par tous les conjiaisseurs. Eue pièce semblable fond bleu et parsemée de pastilles blanches est ravissante, et fait comprendre, par son éclat, le nom de porcelaine-bijou qu’on a donné à ces produits.
L’Exposition de 1855 a aussi fait connaître quelques teintes grand feu, à tons rouges
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et verte, obtenues par M. Hegnault, le savant directeur de Sèvres, en faisant naître' à volonté une atmosphère réductrice on oxydante, progrès technique important.
Enfin, nous rappellerons l'emploi de fonds vermicelles, pointillés, formés par une dorure très-fine , qui donnent sur porcelaine et surtout sur cristal des effets trèsheureux.