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COLORATION DES PAPIERS ET ÉTOFFES

CHROMO-TYPOGRAPHIE. — CHROMO-UTI!Or,HAI'HIB.

Chromo-typographie. — Au lieu d'encre noire, on peut employer dans l'imprimerie typographique des encres de couleur, préparées également avec, de l'huile cuite, daus laquelle on incorpore des substances colorantes au lieu de noir de fumée. En imprimant sur la même feuille , et faisant en sorte que les contours obtenus par plusieurs gravures diverses soient disposés de façon A se juxtaposer, ou a tous les effets qui peuvent être obtenus A l'aide de teintes plates. L'Exposition de 1855 a montré des (ouvres remarquables obtenues par ce procédé ; et parmi celles-ci on doit placer au premier rang celles de M. Silbermann de Strasbourg et celles de l'Imprimerie impériale T Autriche.

riiROMo-LiTHOGRAPHiF.. — La facilité avec laquelle on dessine sur diverses pierres les

COLORATION

parties qui doivent donner des couleurs différentes (après avoir reporté le dessin principal, tracé sur une première pierrel a rendu l'emploi de la lithographie bien plus fréquent que celui de tous les autres procédés, pour obtenir des impressions en couleur. Cette facilité pour obtenir un dessin colorié en 20, 30, 50 couleurs et tons différents, a fait tenter en lithographie des œuvres remarquables, et fait naître de nombreuses tentatives d'imitation des œuvres d'art. Nous avons fait apprécier au commencement de ce chapitre pourquoi de semblables tentatives ne pouvaient réussir complètement; mais la chromo-lithographie n'en a pas moins un rôle très-important à remplir dans l'industrie pour remplacer l’enluminure , et vulgariser des œuvres où l’emploi déjà étendu des couleurs habitue l'œil à en sentir l'harmonie. Des imitations de petits tableaux obtenues à l’aide de la lithographie ont paru dans ces derniers temps et ne manquent certainement [ias d'intérêt, surtout quand le travail est terminé par l’impression à l’aide d’une pierre gravée à l'acide, dont la snrface n'est plus plate, ce qui donne au produit en partie l'aspect de véritables peintures, condition à laquelle satisfont les œuvres dont nous allons parler.

Taille-douce. — Dans ces derniers temps on est parvenu à obtenir, à l'aide de l'impression en taille-douce, des impressions en couleurs légères, des aquarelles d'un admirable éclat, supérieures à ce qui avait été tenté antérieurement. La gravure en creux qui permet de varier les épaisseurs des couleurs et a sous ce rapport une supériorité réelle sur les deux procédés ci-dessus, qui ne peuvent employer dans tous les cas qu'une même épaisseur de couleur, parait tout à fait propre aux effets de modification des couleurs par transparence, par superposition des teintes, comme aussi pour permettre l'imitation du grain du papier, de la toile, dans des imitations curieuses de peinture à l’huile, par une dernière impression d'une surface grenue.

Le procédé dù à M. Dujardin, perfectionnement de tous les essais analogues tentés à l'aide de la taille douce, repose sur une donnée logique et extrêmement remarquable. Il n'obtient pas ses impressions à l'aide d’irn nombre infini de planches, ce qui ferait de la difficulté vaincue une œuvre de patience seulement ; il n’emploie en général que 4 planches pour déposer les couleurs primitives et former les couleurs composées par transparence, c’est-à-dire dans l'ordre suivant :

1" Le jaune poqr toutes les parties qui doivent rester jaunes, et celles composées de jaune et d’une autre couleur, les verts, les orangés;

2" Le bleu qui donne les bleus, les verts par superposition sur le jaune, et cela dans des tons variables en raison de l’épaisseur du bleu;

3° Le brun qui donne les ombres, les contours;

4» Enfin, le ronge qui donne les rouges, les violets, et par lequel on finit, parce que cette couleur possède l’éclat qui donne une apparence artistique à une œuvre.

Ces couleurs sont en général suffisantes pour lutter avec l’enluminure à la main, car on arrive avec 4 planches seulement (deux rouges et deux bruns par exemple), ou tout au plus avec 5 ou 6, à des effets très-remarquables. Toutefois il faut bien dire que, pour atteindre ces résultats, l'intervention d’un graveur et d’un imprimeur habile dont le travail a quelque chose d’artistique, bien éloigné de l’exécution purement mécanique, est indispensable.

A HT 1NDUSTHIKL.

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