IMPRESSION DES PAPIERS PEINTS
L'industrie du papier peint, qui nous vient île Chine, il’im nous recevons encore des produits peints ;i la main toujours très-curieux, se propose la décoration des habitations, et y parvient en remplaçant, soit les tentures d'étoiles qu'elle a le plus souvent pour objet d’imiter, soit les peintures à la fresque, llarpment elle se propose des reproductions d'objets d'art, ou bien ce n'est que comme tour de force, pour ainsi •lire, pour montrer l'étendue possible des ressources du procédé technique, du procédé le plus artistique, sans contredit, que possède l'industrie, plutôt que comme fabrication d’un produit commercial.
I.es couleurs étant déposées sur le papier préparé, à l'aide de planches de bois gravées, comme dans la fabrication des toiles, peintes, on voit que, théoriquement, toutes les reproductions do dessins sont possibles. Cela est vrai notamment pour les ressources que peut ollrir l'architecture, qui fournit beaucoup de motifs, la décoration des appartements ayant de sa nature quelque chose de monumental.
Tous les styles se traduisent dans les papiers peints et se matérialisent par l'execution facile des planches propres à reproduire le dessin-modèle de l'artiste. Cette facilité, qui donne à l’artiste l’audace de tenter des ell'ets souvent heureux, est aussi la cause de bien des produits de mauvais goût, dans lesquels tous les genres sont confondus, ce. ipii, plus encore que chez, nous, a lieu dans les pays étrangers qui ont essayé de lutter avec la France pour cette fabrication, et qui n’ont pas une école d'artistes peintres aussi distinguée que la nôtre pour donner l'impulsion au goût '.
Dans les derniers progrès de la fabrication, il faut citer les superpositions de couleurs qui font varier la dernière posée en raison de celle déposée la première. C’est le bon emploi de cette ressource qui a donné à nos papiers peints un aspect [dns artistique dans ces dernières années. K, Ile est venue s'ajouter heureusement au procédé employé dés l'origine de cette industrie pour obteuir les dégradations de teintes, et qui consiste à superposer partiellement la même teinte un certain nombre de fois.
Nous parlerions difficilement de l'harmonie des couleurs qui fait le charme des papiers peints: le procédé technique nous manque pour donner ici, à un prix modéré, des exemples propres à servir à développer le goût comme nous pouvons le faire pour des dessins, pour les contours. C'est eu étudiant des collections de produits fabriqués qu'on y parviendra, après, bien entendu, la première de toutes les études, celle des chefs-d'œuvre de la peinture.
i La fabrication du papier peint est fixée, à Paris, au faubourg Saint-Antoine, et y occupe une nombreuse population qui enfante avec une rapidité merveilleuse de nouveaux modèles, de telle sorte que la production par procédés mécaniques, pour lesquels les moyens de fabrication sont longs k créer, est constamment arriérée. Il s’y fait bien des produits de faible valeur artistique parmi ceux créés à bas prix et pour satisfaire tous les goûts, mais il s’y fait également des œuvres remarqua-, ble*, qui dépassent en quelque sorte la sphère où doit se tenir l'industrie du papier peint. Nous citerons M. Dclicourt, et M. Desfossé, le successeur do l'ancienne maison Mader, comme chefs des principales maisons où se fabriquent aujourd'hui ces produits hors ligne.
COLORATION. m
Revenons à la nature des dessins qui su répéterft 1h plus souvent dans et- genre d’industrie.
La décoration à l'aide de papiers peints ayant pour olijetde mettre en manufacture l’ornement des aiipartemenls, au lieu de la créer sur place, afin de les appliquer par un simple collage, il va sans dire que, dans la plupart des cas. les décorations sur ■grande échelle se font par une série de panneaux qui forment un ensemble.
Kn fabrique, au point de vue des dessins et eu laissant de côté les procédés de fabrication qui donnent les trois classes de papiers, ordinaires, satinés et veloutés, les deux derniers produisant des elfets d'éclat et de richesse tout particuliers, les veloutés notamment rappelant les velours, la sculpture par leur relief, on distingue *
Les papiers à raies, écossais, coutils, dont la décoration résulte de combinaisons de r lignes droites ;
Les papiers à ornements classiques, grandes lignes de cadre, panneaux à sujets, genre antique, retraçant les harmonies architecturales ;
Les papiers à araliesques. à enroulements de fantaisie, qui ne rappellent que vaguement des sujets déterminés, genre dont le papier représenté dans la figure ci-contre
Papier à arabesques. Papier à fleuri.
peut donner idée : c’est, avec les papiers rayés, la fabrication la plus courante, celle qui s'obtient en général par des gris de plusieurs tons, sans arriver aux couleurs ;
Les papiers imitant les bois, les marbres, etc. ;
■m ' AIIT INDUSTRIEL.
Les papiers à fleurs et bouquets" les uns tels que celui représenté dans la figure ci-dessus, employant le rose et le vert principalement, l'association de couleurs qui plaît le plus à l'œil ; les autres absolument semblables aux étoffes perses dont nous donnons plus loin un dessin et qui s'impriment avec les mêmes planches : ce genre est le plus brillant par l’harmonie des couleurs;
Les papiers genre régence, ornements formés de lignes ondulées rappelant le style Louis XV.
Parmi les progrès les plus remarquables de ces dernières années, après la superposition des couleurs dont nous avons parlé plus haut et dans un autre ordre d'idées, nous devons citer les bordures ou galeries découpées dues à M. Guichard de Paris et qui sont d'un excellent effet. Le même artiste a obtenu aussi d'excellents résultats en chargeant les dessins dans la partie destinée à s’approcher des plafonds, imitant, par exemple, des retombées d'étoffes, des pendentifs, en un mot, en développant l'idée d’assimilation des papiers peints aux tentures pour obtenir de riches effets.
Citons enfin les ombrés de Spo'iiin de Vienne, un des plus beaux progrès accomplis dans la fabrication depuis vingt ans.