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LA EAUKICATION ET L’EMPLOI DES ALLUMETTES

j miosriioitiquKS.

Danger pour la tanté des ouvriers. — La fabrication 1 «les allumettes chimiques, lorsqu’elle est faite sans précautions particulières, est la rause de maux bien cruels pour certains ouvriers, (’cs maux sont dus à la vapeur j «h* phosphore, qu’exhale d’une manière continue la ' pfltc inflammable, et cela d'autant plus fortement que : sa température est plus élevée.

Cette vapeur de phosphore passe à l'état d’acide phosphoreux, qui, restant suspendu dans l’air, le rend complètement nuageux et délétère pour les ouvriers. Le docteur Lorituer, do Vienne, a, le premier, en 4845, j appelé sur ce» maux l’attention de l’autorité publique I et do la médecine.

} Depuis cette époque, les médecins, dans différents ! pays, ont constaté avec ootn les accidents «jui se sont ; produits. En France, le docteur Théophile Roussel, dans un écrit présenté, le 4 6 février 1 84 G, à l'Académie | des sciences do l'Institut, et intitulé, Recherche $ sur le » maladies des ouvriers employé s à la fabrication de» allumette* chimiques, a décrit avec une grande exactitudo i toute» les affections qu'il a observées.

Les ouvriers qui exécutent les opérations que nous venons d’indiquer ne sont pas tou» exposés «le In même manière : ceux qni opèrent la préparation do la pâte et i le chimicage sont le plus en danger; cher eux la ma- I ladie se développe après qu’ils ont pratiqué ce» opéra- , tion» pcndantqnntre à six année». Les autre» y sont infiniment moins sujets. La malpropreté parait être une cause prédisposante pour tou»; les ouvrier» atteints «le carie de dents sont plus exposés que ceux qui ont une denture saine.

i Une ventilation convenable de» locaux où *e fait la préparation de la pâte, le chimicnge, le dessèchement «le» tiges armée» de ma»tic, le dégarnisaage de» presse» et l’arrangement des allumettes en paquet» et en Imites, diminue considérablement lo» chances qu’ont le» travailleur» d’âtre atteints.

la» fait» qui précèdei „, dont la gravité ne peut être • méconnue de personne, imposent des «levoir» k l’auto

rité et aux fabricant». Dès 4847, M. J. Preskel, à Vienne, a reconstruit bon usine dans l’espoir de soustraire ses ouvriers à ces affections. La résultat a couronné ses efforts. Isw maladies sont devenues tellement rares dans son usine, qu'on peut dire que le danger n'existe presque plus. Les modifications apportées pur M. J. Preshel consistent dans une disposition particulière des locaux ot dans le système de ventilation qui y est établi. La faculté de médecine do Vienne, uppclée il émottro son avis sur la valeur do ces modifications, les a complètement approuvées ot les a proposées pour un modèle à suivre dans la construction des autres fabriques d’allumettes.

Mais ce n'est pas le seul danger auquel les allumettes phosphoriques exposent la société, il en existe deux autres : les chances d'incendie et les empoisonnements accidentels et criminels.

Danger d'incendie. — Des paquets d'allumettes placés dans dus lieux trop chauds, ou bien frappés par la lumière solaire directe, penvenUprendre spontanément ton. La chaleur, déterminant l'inflammation spontanée do U pAto, a été la cause des incendies qui ont éclaté chez les débitants d’allumette* ou chez des particuliers qui avaient placé des allumettes en paquets ou en boites ouvertes dans un lieu trop fortement chauffé ou exposé au rayonnement d'un foyer.

Fendant l’été, lo feu a été mis aux granges et aux meules, dans les toits desquelles des malveillants avaient implanté quelques allumettes. Le danger pour la sécurité publique et privée existe donc; mais il n'est qu'un résultat prévu, inévitable des qualité* de l'allumette; il est en raison même de sa sensibilité, c'est-à-dire de la facilité avec laquelle elle produit du feu, lorsqu'on veut s’en servir* Pour que ces inconvénients disparaissent, il fant que le consommateur cesse de réclamer cette sensibilité.

Eu examinant tous les cas d’accident* signalés et en exceptant ceux causée par la malveillance, on s aperçoit aisément qu’ils dépendent, soit de l'imprudence, soit de l'imprévoyance dos personnes. Combien n’en existet-il pas qui abandonnent les allumettes en paquets ou en vaecs ouvert* et combustibles snr la tablette d’ono cheminée? Combien n'en trouve-t-on pas qui les laissent traîner partout ?

Empoisonnements causes par Us allumettes chimiques. — Reste la dernière cause de danger : les propriétés toxiques du phosphore contenu dans la pAte. Les propriétés vénéneuses du phosphore sont connues depuis plu» d'un siècle. On sait qn' introduit dans le corps en très-petite quantité, un centigramme, par exemple, il excite énergiquement l'économie animale et produit un orgasme vénérien. On sait, en outre, que cinq centigrammes ont souvent suffi pour déterminer la mort au milieu de convulsions. D’ailleurs, le phosphore, divisé dans des matières alimentaires, a été employé depuis quinze à vingt année* pour détruire les animnnx nuisibles. Dan» certains pays, des marchands ambulants colportent dans les campagnes de la pâte phosphoréc pour détruire les rats et les souris. On a donc appris au pèuplo que le phosphore peut donner la mort. Peut-on s’étonner, après cela, qu’il so soit servi du phosphore des allumettes pour commettre des crimes? Partout no trunve-t-on pas l'abus à côté de l'Usage? Mais le danger auquel e*t exposée la société eat-il bien grave? A certain point de vue, nous n’hésitons pas h déclarer que ce danger est immense. En effet, celui qui médite un crime a *ons la main le moyen de le perpétrer immédiatement. Ce qui doit, jusqu'à un certain point, rassurer la société, et ce que l’on no saurait proclamer trop haut, c’est que si l’empoisonnement est facile à commettre, les symptômes offert* par la victime trahissent toujours le crime, et qu'aprè* la mort il est possible, et mime facile, de constater la présence du poison.

D’ailleurs, les mets chauds et même froids auxquels on a ajonté du phosphore exhalent une odeur nauséabonde et possèdent un goût d’ail très-prononcé.

Existe-t-il un moyen do se procurer facilement du fou et de la lumière? Ce moyen n'expose-t-il pas la santé de l’ouvrier, no peut-il donner lieu ni à des incendies ni à nn empoisonnement, soit accidontel, soit criminel? Ce moyen existe, c’est l’emploi du phosphore rouge , découvert, en 4847, par le docteur Schotter, secrétaire perpétuel de l'Académie impériale de Vienne. Ce corps qu’on désiguc encore sous le nom de phosphore «morpàe, se distingue du phosphore ordinaire par un ensemble de propriétés. Ainsi, il ne produit ni émanations nauséabondes, ni lueur dans un lieu obscur; il no s'enflamme jamais s/>o*tanrmetil dans les conditions que l’on peut rencontrer dans un lieu habité ou habitable. Pour brûler, il lui faut au moins 200 degrés de chaleur. 11 est complètement dépourvu de propriétés vénéneuses; il en résulte que son maniement et son mélange avec les aliments ne peuvent pas altérer la santé. Le changement qu’éprouve le phosphore dan* la combustibilité, en prenant la forme du phosphore rouge, le suit dans sa manière d’être à l’égard de* corps comburants avec lesquels on le mêle. Ainsi, additionné de bioxyde do plomb, on de bioxyde et d’azotate de plomb, d’azotate de potasse, il ne s’enflamme plus par le frottement. Ces composés ne peuvent donc pas lui servir d’oxydant, comme c’est le ca* pour lo phosphore ordinaire. Jusqu’ici, on ne connaît que le chlorate ds potasse arec lequel il broie par frottement. Malheureusement, lo mélange de ces deux corps, soumis au frottement contre un corps dor et rugueux, produit une déflagration bruyante et des projections, phénomènes qui entraînent avec eux toutes sortes de dangers qui existaient dans le mélange de chlorate de potasse avec le phosphore ordinaire, et qui ont déterminé le remplacement de ce sel par des composé» de plomb.

D’après l’expérience que nous en avons faite, l’emploi des allumette» armées d’une pâte dans laquelle entrent .simultanément le phosphore amorphe et le chlorate de potasse, est tout aussi dangereux, sinon plus dangereux que celui des allumettes faites avec le chlorate et le phosphore ordinaire; un faible frottement enflamme celles-ci, tandis qu’il faut un frottement plus fort pour enflammer les premières, et parce frottement un pen énergique on détache presque toujours une partie do la pâte, qui est lancée au loin en pleine ignition. La déflagration de la pâte nous a paru d’ailleurs beaucoup plus bruyante. Ce dernier fait dépend-il de la composition des matières? c’est ce que nous ne savon» pas; mais ce qui nous fait supposer que cela dépend de la nature même du phosphore rouge, ce sont les propriétés de la pâte faite £nr un même fabricant à J’aide des deux phosphores. Dès 4847, M. J. Prcskel s’est servi du phosphore rouge, préparé par M . Schotter même, pour en confectionner de» allumettes. Or, cellesci cxplosionnent d’une manière beaucoup plu* bruyante, crachent plus que celles confectionnées au chlorate et au phosphore ordinaire.

Les inconrénients et les dangers que présentent les allumettes mviiifi d'une pâle au phosphore amorphe et au chlorate de potasse sont donc 'sis que la simple prudence oblige de les proscrire. Mai» de là il ne résulte pas nécessairement que le phosphore amorphe ne puisse pas remplacer le phosphore ordinaire. 11 a été fabriqué des allumettes spéciales n* s'enflammant par la friclion qu autant qu'on Us frotte sur vue surface particulière. On sait que les allumettes ordinaires s’enflamment par la friction contre une surface quelconque, pourvu qu’elle soit dure. La p.ito dont les nouvelles allumette* sont gamio* renferme du chlorate do potasse mêlé de matière* combustibles et d’un corps dur pulvd-

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raient; la ffuriàce sur laquello la friction so fait est recouverte d'un vomis contenant du phosphore amorphe disséminé dans uuo matière fort dure. Ainsi, la pâte de l'allumette no contient aucune trace de phosphore; ce corps en est séparé et déposé sur une surface préparée ad hoc, distincte de l'allumette, et qui lui en cède une trace tout l'influence de la friction. Trois fabricants ont envoyé A l'Exposition de 1855 un système d'allumettes basé sur le principe de la séparation de la matière comburante d’avec la matière combustible destinée il provoquer la combustion. Ce sont M. Bernard Furth, de SchUttcnhoffen (Bohême), M. J. Prcshol, de Vienne, et la fabrique de Jnnkopitig { Suède ) , représentée par M. C.-F. I.undstrom , copropriétaire do cette usina

Toutes les objections faites contre l'emploi des allumettes phosphoriques ordinaires tombent devant ce , système. La pdte, dottl le bout eit garni, peut être chauffée à une température presque égale à celle nécessaire pour la destruction du boit, tans prendre feu, et, lorsqu'elle déflagre, elle ne produit pas de projection de jmrties enflammées. La surlace , enduite de phosphore rouge, supporto également sans s'enflammer une température supérieure h celle nécessaire pour détruire les matières combustibles. Ni la pâte, ni la surface ne prennent feu sou* l'influença du frottement. Ainsi, la pâte adhérente au bout de la tige, la surface sur laquelle il faut opérer la friction, présentent une égale sécurité. Le uom d 'allumette» de sûreté on de briquet de sûreté , qu’on leur a donné, est parfaitement applicable

En examinant do près ce système d’allumettes, on voit qu'il repose sur le même principe que celui qui a donné naissance au briquet oxygéné. U est remarquable qu’après un demi-siècle «le recherches, on soit ramené au point «le départ. En effet, dans le briquet oxygéné, comme dans le briquet do sûreté, l'agent qui doit développer le feu est séparé de la matière combustible. Dans l'un, c'est l’acido sulfurique, corps liquide trèsaltérable ii l'air humble ; dans l'autre, c’ost un corps sonde, complètement iualtéruble «inns l’air, pourcu qu’on ne l e. i pose pas d fa radiation solaire dirtclt. l.’un repose sur le simple contact, l'autre sur la friction. Mais, quoique le principe soit le même, il y a un progrès évident, incontestable. (M. Stns». — Rapport du jury de 1855.)

ALUMINIUM. La décoavcrte de l'aluminium ou plutôt «le sa préparation h l'état métallique a frappé vivoment l’attention publique dans ces dernières annéos. Elle a conquis une justo popularité au savant chimiste M. II. Deville, dont lascienco n'était auparavant appré crée que dans le monde savant.

Extraire do l'argile, si commune partout, un métal analogue aux métaux précieux par sa résistance à l’action de l'air, aussi léger que le verre, la densité de l'aluminium n'est que 2,56, comparable h l'argent quant » l'aspect, bien qu'un peu bleuâtre (ce qui empêche de l'employer bruni), doué de beaucoup «le ténacité et par suite susceptible de nombreuses applications soit seul, soit à l'état d'alliages avec d'autres métaux, c’était à coup sûr obtenir de curieux et intéressants résultats bien dignes de frapper vivement l’attention publique.

L'aluminium se produit par la décomposition du chlorure d'aluminium au moyen du sodium ; le sodium, en s'emparant du chlore pour former du sel marin, îboIg l'aluminium de sa combinaison.

U y a donc iri trois faits à considérer et à étudier :

La préparation du sodium ;

La préparation du chlorure d’aluminium ;

1 I.e système île fabrication de nttieiiMoe est ceKiî vulgarisé « Paris par MM. foignet.

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Et enfin la réaction entre ces deux corps ; l'extraction de l'aluminium.

Nous procéderons suivant l’onlrc que noos venons d’indiquer.

Préfiaratim du sxxlium. — En s'appuyant des travaux de MM. Marcska et Donny, qui ont publié eu 4652 un excellent travail sur l’extraction du sodium , en modifiant très-heureusement lo genre de récipient plat, qu'ils avaient adopté, et aussi la composition du mélange, M. Deville est parvenu k produire du sodium avec une facilité et une abondance qu’on aurait volontiers, il y a quelque temps, regardées comme impossible.

11 s’est surtout attaché principalement i\ faire de la fabrication du sodium une opération continue, condition fondamentale pour une exploitation industrielle. 11 fulluit pour cola qu'on ne fût pas obligé de retirer la cornue du fourneau, après l'épuisement du mélange. 11 fallait, de plus, que cette cornue fût mise à l'abri de l'oxydation pour en prolonger ln durée et éviter ainsi les temps d’arrêt tout en diminuant la dépense. Un fait important qui résulta des expériences de M. Deville, c'est qu'on pouvait diminuer la température en augmentant la surface de chauffe et en rétrécissant l'ouverture qui doit donner passage A la vapeur du sodium. Toutes ces conditions se trouvent remplies par les disposition-! suivantes :

La bouteille à mercure, qu’on avait employée jusqu'ici, est remplacée par un tube de fer étiré, «l'un diamètre de 4 décimètre sur 4 «*,20 de longueur. ( L’expérienca a prouvé fi M. l>eville qu'un plus grand diamètre devenait bientôt désavantageux.) A l'une de se» extrémité», ce tube est fermé par une plaque «le fer souihie à la forge, et percée, non pas au centre, mais près de sa circonlérence, d’une ouverture dan» laquelle on visse un bout de canon de fusil de 4 décimètre, lequel constitue le tube de dégagement. Le tube se rend dans un récipient plat que I on vide dans l'huile de schiste toutes les foi» qu'il est plein. A l'autre extrémité du cylindre est un bouchon de f«>rto tôle, qu’on peut enlever et replacer à volonté, au moyen d'une |K»igaée en forme d’anneau. On recouvre ce cylindre d’un lut qui doit être un peu fusible, et qui est composé de terre à poêle et do crottin de cheval. Le cylindre est alors introduit dans un manchon de terre réfractaire, assez large pour qu’un espace annulaire reste libre cutre la paroi intérieure et lu surlace du cylindre. Cet espace est rempli par de la brique pilée.

L'appareil ainsi piéparé *o place dons lo fournoan horizontalement, de manière qno le tube «lo dégagement, qui a besoin d'être maintenu à une haute température, ne sorte que de 4 ou 2 centimètres. 1 ji culasse du cylindre traverse la face postérieure du fourneau, assez pour qu’on puisse facilement ôter le bouchon cl le remettre en place.

La disposition intérieure du fourneau est telle que l'opparoii se chauffe à la flamme. Cest, du reste, un fourneau h réverbère ordinaire. M. Dciilleaopéré sur deux cylindres à la fois, mais on pourrait facilement opérer sur un plu» grand nombre.

La chaleur {tordue du fourneau sert h chauffer un four voisin, où se calcine, dans de» pots de terre fermés «l'un couvercle, le mélange d'où l’on se propose d’extraire le sodium.

Voici la composition du mélange que M. Deville a

employé dons scs dernières opérations :

Carbonate de soude (en cristaux). . . 4,000 part.

Craie (blanc de Botigival) 450

Houille do Chnrlcroy pulvérisée. . . 450

Ces matières étant préalablement triturée* et mélani géea avec soin par un moyen mécanique quelconque, ' on le» calcine dan- le four dont nous avons parlé plus

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haut. 11 o*l nécessaire «le pousser la calcination assez, loin pour que le mélange «oit en masse compacte et non pulvérulente. I.e mélange est introtluit par gros fragments tlan* le cylindre, cl il n\v a plus qu’à chauffer et à adapter le récipient ou condensateur.

Quand le dégagement cesse, on ouvre le cylindre par la culasse; on enlève le* résidus avec une pelle demicylindrique, et on les remplace par une nouvelle charge, l'our opérer ce chargement avec plus de facilité, on peut mettre le mélange sou* forme de cartouches à enveloppes de calicot ou simplement de fort papier.

Le sodium qui coule dans la terrine est tout à fait pur çt n’a plu* besoin d’aucun traitement. Pans le récipient, on on trouve également une grande quantité, en hunes épaisses ou en gros fragments, très-lion* à recueillir. Mais le récipient contient aussi beaucoup de sodium divisé en petits globule* mêlés à du charbon, ou a J*nutres produits condensés. Ces résidus sont chauffés dans l'huile de schiste, dans une marmite en fonte, où «n les écrase à l'aide d’un pilon de métal. Au bout de peu de temps, une grande partie du sodium se ras- , somldc en grappes que l’on recueille. Cependant, le I résidu final e»t encore riche en métal; on le traite i comme un mélange, mais alors dans de simples bon- ■ teille* à mercure, cnr, dan* le grand cylindre, l'opération marcherait trop rapidement. 1-e sodium ainsi ni»- i tenu, du premier ou du second jet, est parfaitement pur, et se dissout dans l’alcool sans résidu aucun.

Il est facile déjuger, d'après ce qui précède, des perfectionnement* apporté* par M. Deville à la préparation dn sodium. L* introduction de la craie dans le njé- i lange a augmenté le rendement dan* une proportion inespérée. Ln houille agit comme excellent réducteur. ' Elle fournit de* gaz hydrogénés et à la fin du gaz hydrogène pur qui contribue à emporter la vapeur do sodium dan* le récipient, et à préserver le métal réduit contre l'action destructive de 1 oxyde do carbone, ("est un service de ce genre que la houille rend dan* la fabrication dn zinc. Par la sul»*titution des longs cylindre» aux bouteilles b mercure, l'opération est devenue possible à une température beaucoup plus liasse. De là économie do combustible, et. circonstance plus précieuse encore , possibilité de recouvrir le* cylindre* d’une enveloppe protectrice qui le* garantit do l’oxy- ! dation. . ’j

Enfin ln question de continuité dans l’opération , par i le non-dcp|iu*cment et ln multiplication de* cylindres, d’où dépendait essentiellement Tcxploitntion indus- | triolle. est complètement résolue. Il est certain qu'au- | jourd’hui, ainsi que le disait M. Dumas à l’Institut, 1 In fabrication tin sodium est pour le moins aussi facile ! que celle du zinc, avec laquelle clic a, du reste, la plus j grande analogie.

Le sodiiun peut être manipulé pan* aucun danger, pourvu qu’on prenne les précaution» que la prudence commande. Il peut rester fondu au contact de l'air *am { s'enflammer; on peut impunément le couper, l’étaler' sons le marteau et même le manier, b condition que l'eau en sera éloignée avec soin. Enfin, il ne peut pu* y avoir dan* la préparation du sodium d'accident imprévu. Le phosphore présente incomparablement plu» de danger*, ce qui n'empêchcpa* qu'on n'en rubrique journellement d » quantités considérable*.

Obtenu aujourd’hui à fi l'r. le kil., le sodium offre b l'industrie un élément d'une extrême puissance b réaction alcaline, qui jouera peut-être un rôle, dans l'avenir, analogue à celui de l'acide sulfurique. C'est, nu peut l'assurer, un progrès qui sera fécond en grands résultat».

Chlorurt d'a/unnnium. — On sait que le chlorure d’altfminium *e produit quand on fait passer un courant de chlore soc sur un mélange calciné d’alumine et de charbon clmuffé au roit^e. C’est M. Thénard qm’, le

premier, eut l'Idée de ce mode do préparation, mais on en doit l'exécution b Œrstedt*

.lusqn'b-présent, ce produit n'avait pour ainsi dire pas d’emploi dan» le* laboratoire», et le* collections le* mieux montée» n’en possédaient que quelques gramme» b titre d'échantillon.

Disons tout de suite comment M. Deville parvient aujourd'hui b le préparer par centaincsde kilogramme».

I-a pièce principale est une cornue en terre, de celle» qu’on emploie pour distiller lu houille dan* le* usines à gaz. Cette cornue, d'une capacité de 300 litre*, est pincée verticalement dan* un fourneau en maçonnerie, qui ln chauffe b la flamme dans toute sa huutcur, fig. 3107.

Elle c*t percée de quatre ouverture* : doux en bas et deux en haut. I.’une des ouverture» du bas O, est placée latéralement, b une certaine distance au-dessus du fond. Elle donne passage b un tuvnu do porcelaine par ou arrive le chlore, lequel tuyau pénètre jusqu'à l’axe de la cornue. I ai seconde ouverture, placée plus près du fond et du côté opposé b la première, sert uu nettoyage.

l’nr en haut, et au centre du couvercle, est le troupar où l’on introduit la charge. Sur le côté e*t l’issue dn chlorure d’aluminium qui va se condenser dan* une chambre I.eu maçonnerie, qu’il serait pin» avantageux, d’apfès M. Deville, de construire en tôle, et dont les parois sont recouverte» de plaques de faïence vernissée. La chambre à condensation communique elle-même, par un conduit, avec l’air extérieur, pour l’écoulement des produit» gazeux de la réaction.

L'alumine employée provient do la calcination de l'alun ammoniacal, auquel le sulfite d'alumine pourrait être substitué avec économie. Au lieu d'ajouter b l’alumine, d’abord du charbon pnlvérisé, puis de l’huile, pour rendre le mélange plastique, M. Deville emploie tout simplement le goudron de houille, déchet de* usine* à gaz, dont le prix est extrêmement minime, et qui remplace b la fois l’huile et le charbon. Ce mélange est distribué dans de* pot* de terre pour être calciné dans nn four b réverbère. M. Deville n indiqué d'opérer ici comme [tour le mélange b sodium, c'est-à-dire d'effectuer la calcination au moyen de l'excès de chaleur du fourneau b chlorure.

I.c mélange étant calciné, on en remplit ln cornue, et on chauffe progressivement jusqu’au rouge. Alor* ou fait passer par le tube de porcelaine dont nous avons parlé le courant de chlore qui *e produit dan» des hom- Iionjici do grès contenant du peroxyde de m»ngiuiè*o

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et «le l'acide chlorhydrique, et chauffée» sur un vaste bain de sable.

On pouvait craindre, dan» cette partie do l’opération, que le chlore n'attaquât la matière mémo do la cornue, mais heureusement il n'en est rien. Le chlore n'agit que suivant l'axe «le la cornue, et sur un rayon de I à 2 décimètres, de sorte que les paroi» se trouvent protégées par une couche épaisse de mélange inattuqué. Tout le chlore est rigoureusement absorbé, si rapide que soit son dégagement, et il n'en arrive pas la moindre trace dans la chambre de condensation.

Quand on voit diminuer la production du chlorure, on suspend l'arrivée du chlore, on débouche la cornue par en haut et par en bas pour la nettoyer et la remplir.

Voilà donc encore une opération continus et, par conséquent, tout à fait industrielle.

MM. Rousseau ont substitué avec grand avantage, à la production assez difficile de chlorure, et nu moyen du chauffage d'un mélange de sel marin, de matière alumineuse et de charbon, la fabrication d’un chlorure double liquide qui vient se condenser d'une manière continue.

Enfin l'emploi de la cryolithr, minorai du Groenland, qui est un Huorure double d'aluminium et de sotlium , est venu rendre presque inutile dans l’avenir cette préparation, et pourra remplacer le chlorure, lorsqu'on exploitera ce minéral sur une échelle suffisante. Dos usine», produisant des quantité» notables d'aluminium, sc servent déjà exclusivement dé ce minerai.

Aluminium : OKrstcdt la premier essaya de produire l'aluminium, en traitant son chlorure parun amalgame de potassium (alliage «le potassium et de mercure), mai» se» tentative» n'eurent aucun succès.

En 1827, M. Wœhler, le célèbre professeur de l'Université de Gœttinguc, attaqua le chlorure «l’aluminium par le potassium, dans un creuset «le platine, en employant chaque corps à équivalents égaux. Il obtint une poudre grise prenant l’éclat métallique sous le brunishoir, mai» infusiblo et décomposant facilement l'eau à fü(K

En 1845, M. Wœhler reprit scs travaux; cotte foi», il produisit des globules métallique», très-petits à la vérité, dont l’un put être laminé et fournir une petite lame de 41 millimètres. Mais ce métal ne pouvait »e fondre qu’au chalumeau, à l’aide du borax, et il continuait a décomposer l’eau à la température de l'ébullition.

Les choses en étaient là quand, dans ces derniers temps, M. Deville étudiu de nouveau la question, et il imjdrfin, avec un grand succès, les expériences de M. Wœhler.

I/aluminium obtenu par M. Deville était fusible dan* un creuset, inoxydable, sans action sur la vapeur d’eau aux températures les plu» élevées, et jouissant enfin de» propriété* remarquable» bien connues aujourd'hui. Il y avait loin de là, on le voit, à l'aluminium de M. Wœhler. Cette différence résulte «lu m«*le de préparation employé par le célèbre chimiste allemand. Préparé dans nn vase de platine et sans excès de chlorure, l'aluminium contenait à la fois du platine, qui le rendait presque infusible, et du sodium, qui le rendait attaquable par l’eau.

C’est on faisant passer le chlorure «l'aluminium eu vapeur sur le sodium contenu dans de» nacelles métalliques qu’on opéra d’abord ; mais, ainsi préparé, l'aluminium renferme toujours quelque* alliage» qu’il forme avoc le métal avec lequel il à été en contact, ce qui nuit à sa malléabilité et à son éclat.

Après bien dos essai», M. Deville a reconnu qu’avec l'addition d’an fon«lant convenable , qni permit aux globules d’aluminium de se réunir, on pouvait mélanger directement le» substance» entre lesquelle* la réaction doit s'effectuer. Aussi aujourd’hui c'est en mélangeant simplement le sodium et le chlorure d'aluminium,

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