‹ Complément du guide de la méthodeChapitre 31 sur 33 · N° IV · texte numérisé non relu

N° IV

EXTRAIT d'une lettre de MM. le Président et Secrétaires de la

Société pour V enseignement élémentaire, à M. B. JVilhem.

Paris, le 30 mars 1830.

M O BT S I E U B ,

La Commission chargée de suivre les travaux que vous présidez à l’école de la rue de Saio.t-Jean-de-Beauvais, d’en exa-

RAPPORTS, ETC

miner les détails et de rendre compte des résultats de votre nouvelle méthode , en a reconnu les avantages et s’est empressée d’applaudir à vos efforts et au zèle dont vous faites preuve. Le témoignage qu’elle en a rendu par l’organe de M. Francœur a entraîné l’approbation unanime du Conseil d’administration de la Société, et nous sommes heureux d’être chargés de vous exprimer sa reconnaissance et de vous transmettre le résultat de sa délibération.

La Commission a remarqué que ce qui fait le principal mérite de votr e I indicateur- Vocal consiste dans les clefs et notes mobiles, ainsi que dans le mode d’indication des demi-tons accidentels. Or, cette invention n’est réclamée par personne, et vous restez le possesseur de ce qu’il y a de vraiment remarquable dans cette partie de vos procédés.

Le Conseil, délibérant sur les conclusions du rapport, les a adoptées unanimement dans les termes suivants.

i° L’essai d’enseignement musical fait parM. Bocquillon-’Wilhern, dans l’école de la rue Saint-Jean-de-Beauvais , est approuvé ; la méthode dont il a été fait usage est adoptée pour toutes les écoles mutuelles.

2° M. B.'Wilhem sera félicité sur les succès qu’il a obtenus et remercié du zèle dont il y fait preuve et des sacrifices qu’il a faits; il sera prié de continuer ses soins.

5° Les tableaux et pièces manuscrites qui contiennent les développements de ces procédés seront contre-signés par le bureau , afin de constater l’époque où ils ont été rendus par l’application.

4° Le rapport sera inséré au Journal de la Société.

5° Enfin, une copie de ce rapport sera transmise à S. Exc. le Ministre de l’intérieur et à M. le Préfet du département de la Seine.

Signé : Le duc de la Vauguyon , président ;

Le comte de Lasteyrie, vice-président;

Le duc de Doudeauville, président honoraire ;

Le duc de la Rochefoucauld, président honoraire;

Le baron de Gérando, secrétaire général;

Jomard et Francœur, secrétaires.

N. B. SonJExc. le Ministre de l’intérieur et M. le Préfet du département de la Seine ont donné leur assentiment à celte délibération de la Société , et après avoir visité l’école où la méthode a été mise en pratique, ils ont encouragé la publication de l’ouvrage par la souscription du ministère de l'intérieur et par celle de la préfecture du département de la Seine. M. B. Wilhem doit compter aussi parmi ses récompenses honorables l’avantage d’avoir été appelé à la Société des méthodes d’ enseignement , et d’être admis au nombre des membres de l’un des comités composant le conseil de la Société pour V instruction élémentaire.

APPENDICE

EXTRAIT du Rapport fait par M. Francoeur, au nom du Co •

mité des méthodes de la Société d* instruction élémentaire , au Conseil d’ administration^ . (Séance du 6 décembre 1820.)

Messieurs

M. Massimino tous a adressé, il y a quelque temps, un solfège dont il est auteur, et qu’il prétend être propre à renseignement de la musique , par la méthode mutuelle. Le conseil ayant reconnu, par le rapport qui lui en a été fait, que cette prétention n’est pas fondée, a renvoyé ce solfège à la Société des méthodes d’enseignement, comme rentrant plus particulièrement dans l’objet dont elle s’occupe. Cette Société en a fait un examen attentif, et sa décision s’est accordée avec la vôtre, en ce qui concerne la méthode mutuelle.

M. Massimino s’est adressé au Ministre de l’intérieur pour se plaindre de votre oubli; S. Exc. demande l’opinion de la Société sur l’emploi que l’on pourrait faire de cette méthode dans l’une des écoles mutuelles de Paris.

Le Comité s’esl plus que jamais convaincu que la méthode de M. Massimino n'est point propre à l’enseignement mutuel. On est même fondé à croire que cet artiste ne connaît pas l’esprit de ce mode d’instruction.

Ce qui confirme le Comité dans cette opinion, c’est que M. Massimino, dans sa lettre au Ministre de l’intérieur, se plaint des nombreux plagiats dont sa méthode a été le sujet, et déclare que celle de M. Wilhern en est la preuve. Ce comité, qui connaît parfaitement ces deux méthodes, n’y trouve rien de commun , que le titre sous lequel elles sont présentées au public, titre que M. Wilhern justifie parfaitement et que tous les suffrages environnent. Votre approbation, Messieurs, est la preuve que le mode de M. Wilhern s’accorde parfaitement avec le mode d’enseignement mutuel.

La méthode de M. Wilhern et celle de M. Massimino sont différentes sous tous les points; elles ne reconnaissent pas plus l’une que l’autre de limites aux notions musicales; et, quoique la première n’ait encore, vu le peu de temps depuis lequel on l’a mise en activité, été appliquée qu’à des chants simples, elle peut s’élever à tous les genres de difficultés. L’autre n’est qu’une

(î) Journal d’éducation, tome II, page 109.

RAPPORTS, ETC

sorte d’enseignement collectif ou simultané, qui exige la présence, le zèle et le talent du maître, et réunit toutes les qualités et les défauts du mode auquel il se rapporte. Mais la méthode de M. Wilhem consiste essentiellement à faire passer l’instruction d’un élève à l’autre, et peut, comme toutes les autres branches d’enseignement admises dans vos écoles, se passer, des leçons directes du maître, qui n’enseigne que par ses moniteurs.

Page 1