‹ Compléments de Buffon [microforme]Chapitre 11 sur 514 · I. DES ARAUCANOS, OU ARAUCANS · texte numérisé non relu

I. DES ARAUCANOS, OU ARAUCANS

trémité méridionale du nouveau continent Éparses de nombreuses tribus, pour la plurées, ou sur lesquelles l’Europe ne possède notions vagues et incertaines. Les faits que ns présenter ne fourniront point de granres ; mais ils seroient encore intéressants

e qu'on n’en obtiendroit que quelques aperet utiles pour établir des rapprochements.

u des Araucanos habite cette partie de l’Améridionale qui est placée au sud du vieux ntre les Andes et la mer. Les Espagnols but temps redouté l’humeur belliqueuse des hos, qu'ils n’ont jamais pu dompter, et avec ils ont été jusqu’à ces dernières années état presque permanent d’hostilité, Les du Chili ont fréquemment foibli devent ces ; etsi les dominateurs de l’'Améique au

Mdes Pizirre et des Cortez eussent trouvé

8 Péruviens et les Mexicains éncrvés une partie de l'énergie des Araucanos, jamais ité n’auroit eu à gémir sur les excès de leur hte conquête, et la soif sanguinaire et avide agros et de leurs compagnons eût payé fort s premiers actes d’injustice dont ils se seendus coupables.

Araucanos forment donc une peuplade bellidivisée en tribus nomades ou sédentaires, nt des villages que régit l’autorité d’un caciréunies entre elles par une sorte de fédérasidée par le plus expérimenté ct le plus an- 8 chefs. Les tribus plus voisines du Chili ne parées de la province de la Conception que ours du Biobio, et se sont propagées jusque s murs de la ville de Valdivia, dont le territ'ainsi très resserré.

œurs de ces peuplades, bien que sous l’in- > d’un commencement de civilisation, sont

B à la cruauté. Des habitudes guerrières diri-

nsultez » pour plus de détails sur ces tribus , le dla mer du Sud deFrézier; Paris, 1732, in-4,

gées vers les moyens de fondre sur un ennemi et de le dépouiller de tout ce qu'il possède, absolument à la manière des Bédouins, ne laissent point éclorc cette pitié et ces idées de philanthropie qui sont le fruit des institutions perfectionnées. Tout en eux est sacrifié à l'égoïsme personnel et de famille; et ce sentiment, qui semble être le grand mobile de toutes les actions humaines, n’est point chez eux masqué par quelques qualités heureuses. Le droit du plus fort est leur suprême loi; ils n’en connoissent point d'autre.

Les caractères physiques des Araucanos sont loin d’être attrayants. Les hommes de cette tribu sont robustes, vigoureux, et remarquables par un système musculaire éminemment développé; leur taille médiorre et mal prise, leur visagecuivréaplati et large qu'empreint de férocité un regard sombre et défiant, des lèvres grosses, un menton arrondi et volumineux, une chevelure longue, épaisse et très noire, un ventre communément saillant, des gestes hardis, donnent à l’ensemble de leurs traits un caractère de sauvagerie repoussant, Bien que la plupart des auteurs regardent ces peuplades comme issues d’une source commune avec les Péruviens, les rapprochements qu’ils ont établis ne reposent que sur des suppositions auxquelles on ne peut s'arrêter un instant lorsqu'on a vu des individus de ces deux rameaux. Les Péruviens diffèrent des Araucanos autant par le physique que par toutes les habitudes de leur vie,

Un officier chilien, aide-de-camp du général Freyre, président de la république , que les hasards de la guerre conduisirent prisonnier au sein de ces hordes, nous fournit pendant notre séjour à la Conception du Chili quelques renseignements sur leurs habitudes, et-nous rapporta certaines particularités que le général Freyre sanctionna lui-même de son témoignage.

La province de la Conception, boulevart du Chili du côté du territoire des Araucanos, a presque constamment été le théâtre de leurs invasions. Leur nom seul inspire Ja plus vive terreur, et les villes de la Conception et de Taïisaguana, qu'ils ont saccagées il ya queiques années, portent des traces

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durables de leur irruption. Les inquiétudes sans cesse renaissantes que les gouverneurs cspagnols éprouvoient lorsque le Chili dépendoit encore de la couronne d'Espagne les portèrent, vers 1810, à entreprendre une gucrrc active et soutenue contre ces peuplades. Après diverses vicissitudes les chances couronnèrent leurs efforts ; et les Araucans, repoussés dans leurs limites, furent heureux do faire une paix pour laquelle ils donnèrent des otages, mais qu'ils rompirent vers.1815 à l’instigation des royalistes, et notamment du fameux Bena-Vidès, Les républicains , étant parvenus à chasser les Européens du Chili, réunirent toutes leurs forces contre les Araucanos , qu'ils mirent pour long-temps dans l'impossibilité de devenir agresseurs. Ils bûtirent aussi une forteresse sur le Biobio, et dans un détilé qui commande l'entrée du territoire de ces peuplades. Depuis ils gagnèrent, soit par des présents, soit par Ja douceur, les caciques de plusieurs tribus, et formèrent un corps de cavalerie composé d'Araucanos, dont la manière de combattre et la tenue sont abso- Jument celles des Cosaques.

Un Araucan ne se livre jamais à aucun travail manuel ; il croiroit déroger aux prérogatives de son sexe et s'avilir, Sa principale ct presque unique occupation est de dompter un cheval. On sait que ce précieux animal, abandonné à lui-même dans les vastes pampas du sud de l'Amérique, s'y est multiplié d’une manière prodig'euse , et que, vivaut en liberté par troupes considérables, il a conservé cette vigueur et cette énergie que n’a jamais ustes la domesticité. Les Araucunosne se donnent point la peine de l'élever : comme les Péons du Paraguay, ils s'exercent dès l'enfance à jeter le lacet en courant au grand galop, et de changer ou renouveler leur monture sans peine comme sans soins. Peu d'hommes pourroicnt être cités pour meilleurs cavaliers : aussi dans leurs combats ont-ils souvent employé un stratagème qui consiste à se placer sur un des flancs en s'y accrochant par unc jambe, et ils se redressent avec vigueur lorsqu'ils avancent sur un cnnemi surpris, où même près duquel leur pige est resté sans succès. Le pied des chevaux qu'ils montent est tellement sûr, ou leur adresse pour les diriger est si per fectionnée, qu'on les a vus descendre avec rapidité sur les pentes roides et cscarpées de hautes collines.

Habitués à boire dans leurs villages une liqueur fermentée , nommée cici, qu'ils tiroient de plusieurs plantes, et surtout du maqui ( aristotelia maqui), les Araucanos, dans leurs relations avec la province de la Conception, en ont pris un goût désordonné pour les boissons alcooliques, et l'ivresse est pour cux l'image parfaite de la félicité.

Chez tous les peuples dans l'enfance de la civilisation le:sort des femmes est un dur c:clavage ; mais c'est'principalement Chez les tribus adonnées à la

guerre que leur condition est pénible. Les fem

des Araucans ne sont guère, aux yeux de leu maris, que des bêtes de somme chargées de tous fardeaux de la vice, sans en avoir les plus légié douceurs. Ainsi leur sont dévolus en outre des sy

que nécessite l'intérieur de la cabane, ceux pi

pénibles d'en bâtir les murailles, et de laboureri terres qui fournissent la base de leur nourriture. ll femmes sont encore dans l'obligation de suivre lei maris dans leurs expéditions de guerre, de soi leur cheval, de le seller, de le brider au momet

de l'action, et de rester sur les derrières pourri sembler et prendre soin du butin conquis par! FE, D

époux.

Les enfants dès l'âge le plus tendre sont exe à galoper sur un cheval fongueux et à deyni saurai et les petits Zndiox, car c'est ainsi que les Chilea les nomment, devienuent de très bonne heuredés cellents cavaliers. On en rencontre un assez gui nombre dans la ville de la Conception que dep repts pauvres ont cédés à des habitants qui lesgé ploient comme domestiques.

Les Araucanog se nourrissent presque unig* ment de chairs, et leurs provisions dans les voyy copaistent en starké, qui est une viande dessih, au soleil et durcie sous forme de lanières miucs#4 effilées, ls consomment également un peu del ment grossièrement concassé et rôti. Mais, soi malpropreté qui couvre le corps, soit l'influ d'une nourriture presque uniquement animale, transpiration cutanée en contracte une odeur dé table, connue dans le pays sous le nom de :0

Ces peuples, dans les premiers temps de ke démélés aveg les Espagnols, ne faisoient point prisonnicrs. Ceux qui leur tombent entre lesn aujourd'hui sont occupés dans l'intérieur dux à garder les troupeaux.

La frocité naturelle des Araucanos peut s mer passugèrement , mais jamais d’une manièret plète, et c'est avec ardeur qu'on les ait saisir ( les occasions de donner cours à leurs habitudes lardes. Nous arrivâmes au Chili vers les pren jours de janvier 182%, et quelques mois ayatl tribus maritimes avoient assez bien arcueilli qu nayires haleiniers, mouillés sous l'ile Saintedont les équipages furent assez peu défiants abandonner les précautions les plus salutaires. aveugle sécurité les perdit; attaqués à l'improfl ils furent massacrés sans qu'il s’en échappât un et les navires furcnt mis çu pièces. Cet événem que plusieurs habitants nous rapportèrent, 04 aussiété confirmé par le capitaine Choice, coms dant le navire balcinier anglois la Sual-!

mouillé alors sur la cûte du Chili.

Les armes dont se servent les Araucans ser sent à la lance qu'ils manient avec une del

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cônisérvet lé souvenir de leürs actions ils &rit dés qüipos.

ifcipal ajustétient d'ur Arducan est le ponce d'étolfe quadrilatère, percée auceñitre pour latéié, et destiite à couvrir le haul du corps. clé, dont tous les Chilicñs otil üdopté l’übst fuit dé lüine de Guanaco, et tissé par lès

goût pôur la dänse tient de la fureur. Cetié é consiste d'abord qu'en pas lents ct graves;

s et sühs grâce, et finit par gräduellement r, ét se cofhposer de mouvements brusques, nnés ; tenant du délite. Le chant qui lui sert hpaghément est triste, monotone, ét (oujoürs 6 note basse et gutiurale. La datise la plus en parmi ces tribusest la stpalera: Comme chez peuples énicüre près de l’état de liberté, elle L'un épisode dramatique de la vie; c’est-à-dire est destinée à reproduire des Scènes d'amour, üpatera , dans laqüëélle ne paroïisseht qu’un Betuné fernmé, pélit assez bien et assez viveoulé l’histoire de ce qu’on nome ärbur :

à lés complaisahces, les soins, puis l'intéllieslégèrés faveurs, les bouderies qui leur süccèès faccommodements, et erifiii le dénouement 1l én résulte que cetté danse, d’abord cälfne, nieuse, s'anime et se termine par les mous les plus désordonnés de la licence. Au plaibrille dans les yeux des danseurs, on peut t totnbien ces id s'identifient avec léut les demoiselles espagnoles du Chili n’ont

poli dédatgné d'introduire parmi leurs plaisirs cette sapatera, qui n'est que le dituinuiit de leur fandango natiohal.

Pülsqué nous venons de parler du penchant ex ccssif que les Araucans oht poir l'äliour, ce q'il ne leur est du resté pas plis particuliér qu'à tout les peuplés non civilisés, hous rapborterohs, sans en garantir l'authentitité, né hisldriette qu'on nous räconta souvent avec coipläisancé dans les salons de là Conception. On dit que le fils d'u caciqué eut occasloh, dans ses relations dvec 1é8 dutorités chileines , dé voir üne demoiselle de celte ville dont it devint éperdument amouretix, et qu'il demanda en inarlage. Péü jalousé de régher aur des tribus gtotsières, où le soft des feitimes est un rude csclävige, celle-ci rejela avec dégoût une proposition peu faite pour là flatter ; mais le chef sduvage , peu habitué à des relié, Signifia à ses parenté qu'ils cüëssent à se décider sous tant de jours, où qu'il viendroit à là téte de ses tribus Incendièr leurs propriétés , sücciger la vile, et qii'il les égorgerolt sans pitié. La loiblesse des aulôrités qui craignoierit uné nouvelle guétre avec ces peuplüdes Ititéreint dans cette alfüire, et décida la famiillé à acquiescer à celte düre détnatide.

À ces rénselgnemetité mutilés se bornéht cé que nous nous sommes prociré sir les Araticanos dans leur propre pays; nous ajoitétons sûr eux quelques délails puisés dans le savant oüvragé de M. Bolbi, intitulé Atlus ethnographique di glôbe.

Les Motouclies, que les Esnaghols nofhmént Araücans ; parlent plusieurs diälectos, leg längues éhili duya, chiliin propre ou arüucün. Cette nation très nombteusé, qui forme là mossé priicipale de là population des Chili ancien ct houveaü, et dont une gritide partie conserve encore 6h Indépetidance, se divise, selon Falkncr, de là mañlère suivante : les Piviniches où les gens du nord ; qui habitent dans lés montagnes de Coquimbo jusqu'au-déssus de Sat: fago, et s'étendent du côlt de l’est presque jusqu’à Meïdüza dans le Cüÿo ou Chilt orlental. Les hia= bitantà de cetté dernière contrée s'appellent aussi Püelches, c'est à-dire otientdtt. LES Péltuénehes :

qui habitent la partie du Chili comptisé entre le trénteccitiquième el 16 quérantième parallèle, sont ge nommés Müilliches, c'est-à-dire gèns di midi. par les Picunchies, à catise dé leur position méridionale à leur égard. Ceux qui deméurent entre les rivières de Biobio et de Valdivia sont les Auca, Molouches propres ou Araucans, si célèbres par l’A4raucana d'Alfonso d'Ercilla, et quatre autres poëmes dont ils sont le sujet. Cette nation forme uue puissante république, qui, après avoir fait une longue guerre aux Espagnols, grâce à la sage conduite de don Higgins de Vallenur, président du Chili, reconnut la protection de l'Espagne vers la

fin du dernier siècle. Une partie de cette nation vient de jouer ua rôle aussi terrible qu'important dans la guerre qui a agité le Chili. Les Araucans passent justement pour être la nation indigène, encore indépendante, la plus policée de l'Amérique méridionale, et paroissent être le premier peuple du Nouveau Monde, qui, en se procurant de nombreuses et bonnes races de chevaux, s’accoutuma de bonne heure au manége, et forma des corps de cavaliers ; selon le Viagero universal, vers l’année 1568, il eut déjà plusieurs escadrons de cavalerie dans son armée, Comme plusieurs autres nations du Nouveuu Monde, il conserve le souvenir d’un grand déluge auquel il n'échappa que peu d'hommes. Les Araucans savent déterminer par le moyen des ombres les solstices, et leur année (sipauiu) offre encore plus d’analogie avec l’année égyptienne que celle des Aztèques. Les trois cent soixante-cinq jours sont répartis en douze mois (ayen) d’égale durée, auxquels on ajoute à la fin de l’année, au solstice d'hiver (huamathipantu), cinq jours épagomènes. Ils divisent le jour naturel qu’ils commencent à compter depuis minuit en douze parties, six de jour et six autres de nuit, comme font les Chinois, les Japonois, les Taïtiens et quelques autres nations. Ils divisent les étoiles en plusieurs constellations qui prennent leurs noms du nombre des étoiles principales qui les composent, comme les pléïades, la croix antarctique, etc. Ils appellent rupuepecu ou chemin de la table la voie lactée. Ils distinguent les planètes des étoiles, et les croient autant de terres habitées comme la nôtre. Ils pensent, comme Aristote, que les comètes viennent des exhalaisons célestes, qui s’enflamment dans la région supérieure de l’air, et les regardent comme les avant-coureurs des événements fâcheux. Malgré l’état imparfait de leurs connoissances géométriques, ils ont dans leur langue des mots pour désigner les différentes espèces de quantité, comme le point, la ligne, l'angle, le triangle, le cône, la sphère, le cube. Ils cultivent avec succès la poésie et la médecine, autant qu'on peut y réussir sans livres et sans écriture. La première n’est qu’un assemblage d'images fortes et vives, de figures hardies, de fréquentes allusions et d’exclamations pathétiques. Leurs chansons roulent pour l'ordinaire sur les hauts faits de leurs héros. Leurs médecins se nomment amfibes, et les chirurgiens gularves.

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