‹ Compléments de Buffon [microforme]Chapitre 13 sur 514 · ONS · texte numérisé non relu

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à sur les Patagons. On ne doit pas se dissimuler

ois que beaucoup d'écrits présentent de l’exa-

jon dans la stature de ces peuples qu’on a purtée

’à huit et dix pieds anglois ; aussi est-il plus con-

ble de se fier aux rapports des voyageurs moder-

plus amis de la vérité, qui la réduisent à des rtions plus voisines des nôtres, et qui nous ent la tribu des Patagons comme une race conpure, douce d’un physique imposant, pleine e et de vigueur. Dans l’état actuel de ce que avons sur ces peuples, il est sans doute plus simclasser les diverses opinions émises sur eux. ellan, dont le nom est attaché au fameux déil découvrit, est le premier navigateur qui nne la haute taille des Patagons. La mesure imative qu'il indique est à peu près de six t demi. La Barbinais a emprunté une tradis Péruviens, consignée dans l'Histoire du e l’Indien Garcilasso , et dans les œuvres de pada, qui rapporte « que les Péruviens, en dant des montagnes après un déluge, troules plaines occupées par une race de géants es mœurs étoient féroces. » Turner enfin it avoir vu une race de géants sur les bords ière de la Plata, et décrivit même les os qu’il leur avoir appartenu. En 1592, Cavendish quatorze palmes de longueur deux Patagons nesura. Le menteur Sarmiento (1579), qui partout des châteaux et des colonnades, ne B pas à dire que le Patagon qu'ils prirent étoit entre les autres géants. Hawkins dit de ces s que leur haute taille les fait appeler géants sieurs voyageurs. Pigafetta (1519) donne à port Saint-Julien huit palmes ou sept pieds.

(1592) donne quinze ou seize palmes aux du port Désiré ; et, renchérissant encore sur édécesseurs, Sebald de Wert (1598) accorde dix ou onze pieds de haut à ceux qu’il vit baie Verte. Olivier de Nort (1598) trouva au ésiré des hommes de grande stature, ayant d terrible, nommés Tireménen , et hauts de douze pieds. Jacques Le Maire et Guillaume n (1615) parlent des ossements de Patau'ils déterrèrent, dont les dimensions leur ent que ces hommes avoient dix ou onze Je haut.

pn (1764), qui communiqua avec les Patadont le nombre étoit de plus de cinq cents, tcomme des hommes dont les plus petits nt pas moins de huit pieds anglois, et parmi sil y en avoit de beaucoup plus grands.

(1767), dans la baie d'Elisabeth, vit deux p de naturels couverts de peaux de veaux

» €t exhalant une horrible puanteur. Ils A

étoient d’une taille beaucoup plus petite que ceux déjà précédemment vus, et le plus grand d’entre eux n’avoit pas plus de cinq pieds cinq à six pouces.

Cook, dans son premier voyage (1769) , décrit ainsi les naturels qu’il trouva à la baie de Bon-Succès : « Ils sout gros et mal faits ; leur stature est de » cinq pieds huit à dix pouces; les femmes sont » plus petites, et ne passent guère cinq pieds. » M. de Bougainville n’en a pas vu qui eussent moins de cinq pieds cinq ou six pouces, mesure de France, et aucun qui eût plus de cinq pieds neuf ou dix pouces. M. de La Giraudais, commandant la flûte l'Étoile (1766), dit que le moindre de ceux qu’il aperçut avoit cinq pieds sept pouces ; et-M. Duclos- Guyot, capitaine de la frégate l’Aigle, en rencontra de beaucoup plus grands. Forster, en parlant des Patagons, s'exprime ainsi, page 254 : « C’est un étrange phénomène de voir toute une nation conserver une stature si remarquable , tandis qu’au sud du détroit de Magellan, sur la Terre-de-Feu, on rencontre une race abâtardie et dégénérée, qui

paroitroit descendre de la tribu des Huilliches, décrite par M. Falkner ( Description of Patagonia). »

L'expédition de Malaspina , au détroit de Magellan, a donné des détails positifs sur ce sujet : ils nous paroissent concluants. Ils trouvèrent que la taille moyenne des Patagons est de six pieds et demi, etque les plus grands avoient sept pieds un pouce. De telles observations au dix-neuvième siècle sont décisives, et d’ailleurs elles sont confirmées par celles de M. Gauthier, capitaine d’un navire baleinier françois, qui les visita dernièrement.

Cependant, si on rencontre dans Pernetty, Frézier, le père Feuillée, et dans les auteurs que nous avons cités, des témoignages aussi unanimes, on trouve également des contradicteurs , tels que Wood, Narborough ( 4670). Les Patagons du Havre-Saint-Julien sont d’une taille médiocre, mais bien faits, dit ce navigateur. De Gennes (1696) s’exprime ainsi : Ce sont ces Patagons (Port-Famine ) que quelques auteurs nous disent avoir huit ou dix pieds de haut : le plus élevé d’entre. eux n'avoit pas six pieds. De nos jours (1825), le marin anglois Weddell tourne en ridicule les rapports des précédents voyageurs, qui représentent ce pays comme étant habité par une race de géants. 11 dit que, d’après les renseignements qu'il se procura, leur taille ne diffère point de celle des habitants de la Tierra del Fuego, qui est de cinq pieds cinq à six pouces au plus.

Tels sont les rerseignements les plus authentiques qu'on ait ajuurd'hui pour aborder une question intéressante en elle-même, et qui pendant long-temps a été l’objet de l’avide curiosité des gens insiruits. On ne peut nier que véritablement des

50 HISTOIRE NATURELLE

peuples de grande taille ne vivent à certaines époques dans les vastes pampas du détroit de Magellan. On ne peut se dispenser d'admettre, d’un autre.côté, que des peuplades de taille moyenne y hübitent également, et que, tour à tour prises l’une pour l'autre, elles ont été la source des discordances qu'on trouve dans les récits dont nous avons rapporté la substance.

On sait en effet que la Terre-de-Feu, la terre des États, sont peuplées par des hordes misérables et déjà rabougries par l’inclémence du climat. Tous les navigateurs peignent les Pescherais comme de dégoûtantes créatures. D’une autre part, les Espagnols ont écrit que les tribus nombreuses qui sont éparses dans les portions australes de l'Amérique varioient à l'infini, et que parmi des races de forte taille on trouvoit parfois des tribus de stature médiocre et ordinaire; et les naufragés du Wagger, de l'escadre d’Anson , qui traversèrent toute cette étendue de terrains , s'accordent sur ce point. Mais ces tribus errantes à la manière des Tartares, changeant de place et de lieu avec leurs familles suivant que les pâturages s’épuisent dans les endroits qu'elles fréquentent, se sont souvent transportées à de grandes distances ; et on ne peut douter que les Patagons cux-mêmes ne soient dans es? cas, et qu'ils ne parcourent ces immenses déserts suivant les époques et les saisons. Plusicurs auteurs disent que les Huilliche., qui habitent depuis l'archipel de Chonos jusqu’au golfe de Pennas, étendent leurs courses vers l'entrée du détroit. Il en est de même des Puel:hes où montagnards dont quelques uns ont jusqu'à sept pieds de haut, et que Falkner croit être ceux que plusieurs des voyageurs mentionnent dans le Havre-Saint-Julien ou au Port-Faminc. Les Tehuels, tribu des précédents, qui habitent entre Ja Comarea déserte et les Andes , hauts de six pieds communément, et souvent de sept, habitués au cheval qu'ils manient avec adresse, seroient également les Patagons montés sur des chevaux des naz vigateurs modernes. Au dire du même missionnaire ces peuples ne seroient donc pas confinés à ce qu’on appelle habituellement Patagonie, laquelle comprend le sud de l'Amérique à partir du quarantesixième degré de lititude.

Sans adopter aveuglément la haute stature accordée aux Patagons par les vieux écrivains, on ne peut aujourd'hui, à moins d’un scepticisme exclusif, ne pas croire à l’existence d’une race d'hommes robustes, de grande stature, qui sans être géants sont très supérieurs dux Européens par la taille. Ces tribus, placées sous un cicl tempéré vu même froid, ne sont point, comme les habitants du pôle Nord, rabougries par un climat rigoureux; on a même remorqué que du quarantième au cifquantième parallèle le climat étoit le plus propice pour

conserver aux hommes le développement de

stature que compriment et rapetissent les latityi plus élevées. Tel fut le nord de l’Europe ap officina gentéum , et qui pendant long-temps innfs les États voisins de ces grands corps à chemi blonds, connus sous le nom de Normands, etc.[* naturels de la Tasmanie sont plus grands et yË développés que ceux de l'Australie ; et on a à remarqué au port Jackson, où c'est une opiil vulgaire, que les enfants des colons grandi!

considérablement, et bien au-delà de la tailk |

leurs pères et mères.

Cependant il ne faudroit point conelure qu taille des hommes diminue d'autant plus qu'ul rapproche et de l’équateur et des pôles, parce de nombreux exemples témoïgneroien! du contrif

Ainsi les Océaniens sont des hommes superbes,f qu'ils vivent entre les tropiques ou à la Nour

Zélande ; et on retrouve ces avantages chez lai turels de plusieurs points de la Nouvelle-Bretg

et chez ceux de plusieurs parties de l'Afrique, & la ligne, au Congo par exemple. Il en est de ma

si l'on cherche quelques unes de ces lois da | le giganis 2 évourérti, couvrent de leurs forêts l'hémiyt@

règne végétal. Ainsi l'eucalyptus,

austral ( l'équateur a le baobab, et le nord, ss séculaires. Ce n’est que près des pôles, au G

land comme à la Nouvelle-Shetland , que les fi

deviennent des herbes, et qu'une nature expi pose son cachet sur les productions animés, même sur l’homme.

Les Patagons conserveroient par des reli pures et sans mélange la haute taille qui les dk gué. C’est ainsi que divers peuples de l'Eury frent encore des différencesgénéralement recon Les Saxons, les Danois, les Norwégiens et lnf dois, sont plus grands que les François ; ce que les Portugais; les habitants des plaines, ceux des montagnes, etc. Les rapports desp les uns avec les autres, et les croisements q résultent, détruisent à la longue ces diff Mais chez ces peuplades isolées, qui n'ont pi relations avee d’autres peuples, on concoit!

tel résultat doit long-temps se faire attendre peuples cités encore aujourd’hui pour une ha ture sont, outre ceux que nous venons de n0 en Europe, les montagnards de l'Écosse, Styrie, du Tyrol, les habitants de la Frise, de germanie, de l'Iéricodalie , du nord de l terre, etc. ; et anciennement les Gaulois et les mains ; en Asie, les montagnards du Coïmi du Boutan, les Katti, les nègres de Formo# tionnés par Valentyn, cte. ; en Afrique, j“ Guanches, et maintenant plusieurs peupladé Cafrerie, et les Hollendois du cap de Bonn rance ; dans l'Océanie, les indigènes des ils

-Christin:

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s, les Arl les monta même q les peupl individuel reçurent Goliath ns encore le la terre près des ss insectes vieilles lc de taille ( a vieux t( ossiles d’:

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Christina, des Navigateurs, des Mariannes, assummah de Sumatra, les Cugayanes de Luetc. ; en Amérique, les Mocoby, les Abipons, aycurus, les Paiagua, les Carybes, les Emés, les Arkansas, et en général les nations à les montagnes Rocheuses, même qu'il y a de nombreuses exceptions les peuples, de même il y a aussi des excepindividuelles parmi les hommes, et ceux-ci reçurent le nom de géants. La Bible nous Goliath haut de dix pieds et demi : nous y ns encore les géants enfants du démon et des de la terre, Og, roi de Basan, les géants d’'Euprès desquels les autres hommes n'étoient s insectes.

vieilles légendes se sont plu à nous retracer de taille de quelques uns des chevaliers ervieux temps : on à vu leurs squelettes, et pssiles d'animaux que l'ignorance ou l'erreur rent au paladin Renaud, à Roland, ou à s autres preux tout aussi célèbres , ont longbhez le vulgaire témoigné de la véracité de x chroniqueurs.

emonter si haut nous savons que la nature, tisse certains êtres, semble, par une loi Bsatrice de la matière, la distribuer sur certres pour donner tous les jours sous nos aissance à des individus de grande taille; prudente et sage même dans ses écarts, on oit jamais outre-passer certaines limites, et imum de sa puissance, pour créer ce que ppelons un géant, paroît s’arrêter entre six pieds.

e est du moins la taille que nous connoissons enir à ces hommes offerts le plus souvent à osité publique , et c’est alors qu’un juste renous-mêmes nous fait regarder comme défes des proportions qui ne se trouvent plus en t avec les nôtres. C’est ainsi que devinrent es les soldats de la garde de Frédéric, roi de , remarquables par une haute stature, s l'empercur Claude, Pline cite le géant Gabui avoit neuf picds neuf pouces de haut, Mar- Irio vit à Rouen en 4579 un Piémontois ayant e neuf picds. Jules Scaliger vit à Milan un d’une taille démesuréce. La Gazette de l'rance septembre 4719 annonça qu’on avoit trouvé e Salisbury un squelette humain de neuf pieds pouces, Gaspard Bauhin cite un Suisse haut it picds ; et Vanderlinden, un Frison de la taille. Stoller rapporte qu'un soldat de la de Guillaume Ie* avait huit pieds et demi.

ès les exemples que nous empruntons à y, et dont nous pourrions assez inutilement celte liste, le célèbre anatomiste Diemescite un homme. de huit pieds sept pouces ;

et Uffenback a vu le squelette d’une fille de cette grandeur.

Enña chacun a .pu voir à Paris, dans le mois de février 1826, Louis Baguclin, surnommé le Goliath moderne, âgé de vingt-deux ans, haut de sept pieds, et parfaitement proportionné dans toutes ses parties. Un tel homme peut nous donner l’idée la plus nette des Patagons ; et il ne répugne nullement de croire que ces tribus ne puissent présenter assez communément ce que la nature nc produit en France que comme un phénornène rare et curieux.

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