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III. DES ESQUIMAUX

Si nous avons vu une race privilégiée et de grande taille habiter l'extrémité méridionale de l'Amérique, nous trouverons par opposition, dans la partie boréale, un rameau distinct divisé en plusicurs branches secondaires, qui présentent loutes la même physionomie et les mêmes habitudes,

Les peuples que nous nommons Esquimaux, vivant dans les hautes latitudes du nord, sont soumis, au plus haut degré, à l'influence que peut exercer le climat sur l’homme comme sur les autres êtres animés. Leur physionomie, leurs habitudes, tout prouve que leur descendance provient de la race mongole ; et cependant, rapetissés dans leur taille, rabougris par les froids extrêmes des régions glacées du pôle nord, sur les limites duquel ils sont éparpillés, ils ont subi toutes les modifications que pouvoit faire éclore l’action prolongée d’une température rigoureuse, sans cependant offrir d’une manière invariable la petite stature long-temps attribuée aux seuls habitants des côtes du Labrador et des terres placées près du cercle arctique, auxquels le nom d'Esquimaux proprement dits a été réservé sans partage par quelques anthropographes.

La race mongole, même dans les pays tempérés où elle a pris naissance, est remarquable par sa taille médiocre, Aussi ses rameaux , disséminés sur le Groenland comme sur la Laponie et au nord du Nouveau Monde, en s'endurcissant au froid, ont pu se rapelisser, quant aux développement du corps, suivant les localités, tandis au contraire que d’autres tribus de la même famille, vivant sur un sol plus fertile et moins âpre, sont restées de taille ordinaire, tout en conservant les traces physiques de leur filiation.

Une similitude dans les usages ct dans les arts lie d’une manière assez nette les Esquimaux aux Sa-

() Celte notice a été primitivement rédigée pour le trenle-sixième tableau de l'Atlas ethnographique du globe, par M. Adrien Balbi,

moïèdes ét aux Ostiaques, et même aux habitants de la presqu’ile de Kamtschatka et des îles Aléoutiennes. Mais on remarque au milieu de ces peuplades boréales une tribu qui paroît évidemment étrangère, dont la taille est bien plus développée, et qui s’est répandue sur les bords du détroit de Behring.

Toutes les nations qu’on peut appeler polaires, séparées depuis long-temps, sans communication entre elles, ne peuvent être isolées sous le rapport physique et moral. Elles composent une grande famille que plusieurs naturalistes ont nommée race hyperboréenne, et qu'ils ont caractérisée par les particularités suivantes. Les hommes de cette race ont une taille qui ne dépasse guère quatre pieds six ou huit pouces. Leur corps est trapu, sans être gras; leurs jambes sont raccourcies, mais assez droites et très fortes ; leur tête est arrondie et d’un volume assez prononcé pour paroître peu en rapport avec l'ensemble du corps. Le visage a cela de remarquable d’être large, court, et plat vers le front. Le nez est écrasé, sans être trop large; les pommettes sont fort élevées. La bouche-est grande ; les cheveux sont plats et noirs, naturellement gras et durs. La barbe est rare. Fabricius, dans sa Faune du Groenland, avoit déjà dit : « On a remarqué que les hommes » du Nord avoient un teint plus blanc, une cheve- » lure plus blonde, à mesure qu'on s’avance vers » les climats plus froids; mais, par exception, les » habitants des environs du cercle polaire, tels que » les Lapons, les Samoïèdes, sont de petits hommes » très bruns de peau, à cheveux et barbe très noirs. » La nature plaça près d'eux, et par un singulier

contrasie , les grands ct lympbhatiques Finois; et » près des Groenlandois les blonds Islardois, plus » méridionaux. » La couleur des Esquimaux est en effet d’un jaune rougeûtre sale.

Les habitudes des Hyperboréens sont à peu près identiques partout où on les a soigneusement observées. Vivant sur des points du globe où la nature semble expirzate, ensevelie sous les glaces éternelles du pôle, leur industrie, toute instinctive, s'est tournée vers la chasse et la pêche, leurs seules ressources pour se nourrir : aussi y ont-ils acquis une grande liabileté. La rigueur du climat pendant de longs hivers les a forcés à se creuser des abris souterrains, et à y entasser des vivres pour l’époque où la pêche ct la chasse sont impraticables. Dans les longues nuits polaires qu'éclairent à peine les aurores boréales, ensevelis sous la glace et la neige dans des yourtes profondément creusées sous terre, les Esquimaux vivent de poisson sec, de chair de cétacés , et boivent avec plaisir l’huile de baleine qu'ils conscrvent dans des vessies, Ils consent avec des nerfs leurs vêtements d'hiver, qui sor:t faits de

pcaux de phoques dont les poils servent de fourrure: |

HISTOIRE NATURELLE

ceux d'été sont taillés dans les intestins de grn cétacés , et ressemblent à des étoffes vernissées, Les huttes estivales, de forme circulaire, @

couvertes de peaux de daim. Toutes ces tribus à

struisent sur un même modèle leurs élégantes pi gues, lougues de douze pieds et très étroites, des peaux d’amphibies que supporte une mx charpente en bois. La construction de ces pirogual

baïdars est caractéristique pour ces peuples:04

ces embarcations sveltes et légères, sans balance n’ont qu'unc ouverture à leur milieu, dans lai se place l’Esquimau. Celui-ci semble être idenÿ avec cette nacelle, et sait se relcver avec dexti

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lors même qu’elle chavire; ce qui arrive fréquié

ment. É L'industrie de toutes ces peuplades se marit dans le travail d'une pierre grise et poreused elles font des vases et des chaudières, qu'ellses bellissent par des dessins variés, ct aussi dans de tailler le jade, dit pierre de Labrador, et d’enb des bijoux à leur usage. Le goût des cosméi est aussi très vif chez elles.

L'Esquimau est adroit à la chasse des renan

des zibelines, dont les fourrures lui servent de d tement ou d'objet d'échange avec quelques 1à

quants du Nord. Il sait harponner avec audaé cétacés; ct les dards dont il se sert, faits d'osu pierres aiguës, sont surmontés de vessies goik dont la résistance sur l’eau use les forces deh leine, qui vient plus souvent respirer à la su de la mer, et qui éprouve une plus grande dif à s’enfoncer. De nouveaux javelots l’accablai core jusqu’à ce qu’elle ait succombé. Alors el dépecée; et ses lambeaux, partagés entre plus familles, assurent pour long-temps leur existe Superstitieuse à l’excès, la race polaire, i près de quelques nuances, a présenté dans les tribus des idées religieuses identiques. Ma morale très relâchée a fait adopter aux homn polygamie, prostituer sans pudeur leurs fe et leurs filles, qu’ils ne considèrent que comm créatures d’un ordre inférieur dont ils peuvent ce que bon leur semble. Les Esquimaux quié des communications avec les Européens « reçu un goût désordonné pour les liqueurs tueuses ; et ceux du Labrador et du Groenland qu’ils aient eu au milieu d'eux pendant long des missionnaires moraves, n’ont faitaucun pl dans la religion chrétienne. Quelques uns di quimaux , moins septentrionaux , sont pasteur élèvent des troupeaux de rennes qui leur s une fortune, se servent de chiens pour tir traineaux sur la neige, et emploient pour de larges patins faits en forme de raquettes. sont, comme on doit le penser, très mélangé La pctite taille des Esquimaux est remar|

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es imparfaites ou des êtres en miniature; tel surtout le célèbre Bébé, le mieux fait des ue cite l’histoire, car la plupart d'entre eux t que le résultat du rachitisme : mais il est

Me de croire qu'elle ait voulu donner le jour à

uples de pygmées , à ces Quimos que réprou-

es lois de l’organisation humaine. Quant à

nédiocre stature qui paroît être dévolue aux aux, n'est-il pas naturel de penser que l'ac- Pun froid vif et permanent suffit à la longue opposer au développement de l'organisme, cette action constante doit concentrer le plus » le développement des organes? Cette opià répugne nullement à l'intelligence ; car la réatrice semble s'anéantir vers les pôles, et bre des êtres destinés à y vivre a reçu une tion appropriée , et diminue d’une manière e règne végétal n'offre t-il pas l'exemple emarquable de cette influence? Les plantes Me glaciale, rabougries dans leurs formes, es pour ainsi dire pendant les neuf dixièmes fe, n’aticignent jamais qu’à des dimens petites; et c'est ainsi, pour en citer une palpable, que le bouleau du Nord finit par les formes humiles d’une herbe près des Fdu pôle!

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