V. DES POMOTOUS
Pomotous appartiennent à la race océanienne,
ent sur ces Îles basses et plates connues des
phes et des navigateurseuropéens par le nom ipel Dangereu.r de la mer Mauvaise, et qui ppelées dans la langue de ces peuplades Po- (:). Ces îles sont élevées sur le sommet des es sous-marines, et entièrement formées Icaire qu’y déposent les polypierssaxigèncs ; ace n'est élevée que de quelques toises audu niveau de la mer. Bordées par des récifs, tes par un très petit nombre de végétaux ers, privées d'eau douce, sans cesse mej'étre englouties par des vagues lors des perturbations de l'atmosphère, ces îles à l'espèce humaine qui les habite que des bornés et une existence précaire. Ces terltats du détritus des coraux , seroicnt comt inhabitables si des forêts de cocotiers, boix ont été transportées par les courants s possession du sol à mesure qu'il s’exsur la surface de l'Océan , n'étoient venues ux hommes, que des naufrages ou un excès Nation forcèrent à y émigrer, leur principale e pour y vivre. Toutes les iles basses de la Sud en effet, quelle que soit Jcur petite , commencent à être habitées dès que les s peuvent produire. Dans cette portion du existence de l’homme est donc intimement elle de ce palmier. On conçoit que des bens cesse renaissants, une industrie constamburnée vers les moyens d'accroître les resalimentaires, un manque de communication navires européens qui sillonnent ces mers, voir une grande influence sur ic caractère ces peuplades : aussi remarque-t-on qu’elles brageuses, défiantes, ct qu’elles présentent nde sauvagerie de mœurs.
ue nous traversâmes l'archipel des Pomogrand nombre de naturels vinrent à une distance de notre navire sans vouloir en apbien que nous enployassions les moyens propres pour éloigner leur défiance. Les s de l’île de Clermont-Tonnerre, que nous mes le 22 mai 4825, se servoient de piroalanciers. Ils nous adressèrent de longs disune voix forte et aigre, qui nous parurent roulement continuel de voyelles pressées.
leur crièmes-nons tayo, mot qui dans la pcianienne veut dire ami, ainsi qu'envmot,
collectif, les ou groupes des, et motous, îles rmées par des récifs,
qui signifie venes ici: ils se bornèrent à les répéter et à rire en gesticulant. Les étoffes rouges qu'on leur montra les tentèrent beaucoup; mais la peur fut la plus forte, ils n'osèrent approcher. Ces insu« laires étofent nus, si on en excepte un maro ou petit morceau d'étoffe qui voile à demi les parties naturelles. Leur couleur étoit d'un jaune bistre assez clair, et paroissoit brillante par la couche d'huile de. coco dont ils étoient frottés : leurs formes corporelles ne diffèrent point de celles des O-Taitiens ; leur manière de nager, leurs pirogues, et l’art de construire celles-ci sont également identiques.
Le 24 du mème mois nous longeèmes une autre île basse découpée en bandelettes étroites, ayant un lagon au centre, à laquelle le chef de l'expédition donna le nom d'éle d’Augier : cette île étoit couverte de cocotiers; aussi sa population étoit-elle nombreuse, et les groupes de naturels qui s’agitoient sur le rivage étoient armés de longues javelines. Hs mirent aussi plusieurs pirogues à la mer : elles vinrent toutes très proche ‘le notre vaisseau; mais aucune n'osa toutefois l’accoster. La taille de ces hommes étoit généralement élevée : des colliers de coquilles entouroient leur cou ; ua morceau d’étoffe blanche, fabriquée sans doute avec le mûrier à papier, ceignoit leur tête. Ceux qui étoient dans les pirogues se levèrent tous à la fois lorsqu'ils nous approchèrent, ct se tinrent debout en poussant de grands cris et en gesliculant outre mesure. Nous en remarquâmes un, entre autres, qui se plaça sur l’avant d’une pirogue en ne discontinuant pas d'agiter les bras et de les placer sur la tête d’une certaine manière: étoit-ce un signe d’amitié? étoit-ce une déclaration de guerre? Au reste la grande défiance qu’ils nous témoignèrent doit faire préjuger défavorablement de leur caractère.
Mais, si nous n’avons pu obtenir des renseignements positifs sur les Pomotous dans leur pays natal, ceux que nous rencontrâmes à Taïti nous ont permis de réunir sur eux quelques notes plus intéressantes. Ces naturels sont constitués comme les Taïtiens, auxquels ils ressemblent en tout point ; mais, s'ils ont leurs formes corporelles unies à plus de vigueur, ils n’en ont point le caractère bieaveillant ni les manières affectucuses ; leur aspect est rude, le. jeu de leur physionomie sauvage; l'ensemble de leurs traits est empreint d'une sorte de férocité; et ce qui ne contribue pas moins à leur donner des dehors repoussants est le tatouage, qui couvre non seulement le corps, mais même la figure. Les dessins de ce tatouage se composent de losanges gravés dans Ja peau du front, et de cercles nombreux placés sur les joues. Leur nudité disparoît en * que sorte sous la masse des dessins quis le corps; et sous ce rapport nous recônf grande analogie entre eux, les Nouveaux-Zélai "r
56 HISTOIRE NATURELLE
etles habitants des Marquises, tandis que les Taïtiens leurs voisins, avec lesquels ils ont des com- Munications fréquentes, ne se tatouent plus depuis lohg-temps que de dessins légers et peu nombreux.
Les Pomotous, qui habitent des îles pauvres en productions nutritives, et dont l'existence est par conséquent très précaire, regardent comine ennemi tout étranger qui cherche à y aborder; et leur premier mouvement est de repousser par la force tous les navigateurs qui essaient de communiquer avec eux. Par opposition, les Taïtiens, dont la vie molle et indolente s'écoule sans craindre les privations, n'ont jamais été renommés dans l'archipel de la Société par leur humeur belliqueuse, tandis que les Pomotous, mûs pas un instinct destructeur, sont éminemment guerriers. Obligés ensuite de tirer de la mer leur nourriture journalière, ils sont marins audacieux et pêcheu:s habiles : les poissons, en effet, composent une de leurs premières ressources. Sur les îles basses de ces archipels, qui sont découpées en bandelettes étroites de coraux, il ne croît point d'arbres à pain ni de spondias, mais seulement quelque peu de taro (œ'um esculentum) et du fara ou vaquois.
Les pirogues de mer des Pomotous sont deaiés et solidement construites pour les navigations lointaines ; et nous en vimes à Papaoa plusieurs qui, malgré la distance des îles basses à O-Taïli, venoient de s’y rendre après plusieurs jours de traversée. Ces pirogues, de la dimension des chaloupes de nos pécheurs, sont pointues à leurs deux extrémités, et fortement liées entre elles à deux pieds de distance par des madriers qui supportent une plate-forme solide : leur coque est pontée, surmontée d’un platbord; et les bordages sont très solidement chevillés. Sur la pirogue de gauche est établie dans toute sa longueur une banne en branches pliantes tissées à la manière de nos ouvrages de vannerie, et dont la surface est convexe en dehors et verticale en dedäns, où se trouve l'ouverture; car c’est en ce lieu que couche l'équipage, et que sont placés les vivres de campagne. Le gouvernail de ces doubles pirogues est fort remarquable par la simplicité de son mécanisme : c'est un long morceau de bois s’évasant à l'extrémité en queue de poisson , et tournant aisément sur une cheville. Le mât, en bambou, est fixé par des cordages tissés avec des écorces d’hibiscus : une grande natte quadrilatère sert de voile; et ce qu'il y a de singulier c’est que l’amure ne diffère
barde ; e:les sont ornées de sculptures trava 4 avec beaucoup de goût. Il en est de même deg pagaies, qui sont ornées de dessins très gracim
de leurs haches en coraux, et de quelques x ustensiles. Les femmes portent au cou des more de nacre taillés en rond et dentelés sur leurs b
qui forment un collier imbriqué d’un effet # agréable que brillant. Le goût de ces naturels pi l'uva-ava, boisson âcre et piquante qu'ils compu avec une plante propre à toutes les îles de k 1 du Sud, est très prononcé : aussi, contre l’usigl la plupart des Océaniens, recherchent-ils avec fw
nos liqueurs spiritueuses. C’est ainsi que pe notre séjour à O-Taïti nous reçûmes la visitA équipages de deux pirogues pomotoucs arrirk soir même : quelques verres d’une eau-de-
forte du Chili accueillirent ces hôtes, et chasii
de dessus leur visage les nuages sombres qi] gnoient. Ces naturels nous demandèrent la pen sion de danser, et voici à peu près le récit de oh se passa dans cette scène, Huit Pomotous se pl
rent sur unc seule ligne, en s’asseyant sur le tous, d’un commun accord, frappoient sur le:}t4 ties charnues des cuisses et des jambes avec k 118 disposée en creux; ce qui produisoit une sig
bruit harmonique dout la mesure lente devint! tôt plus pressée et plis rapide. Pendant cet les insulaires chantoient des couplets sur unit notone et lent, et modifioient la voix naturel manière à lui donner une inflexion rauque « macale. À mesure que le rhythme devenoit plu un des huit Pomotous assis se levoit avec pres et dansoit seul : toute sa pantomime se con de mouvements extrêmement rapides des jani des bras. Lorsque ce premier danseur se (n fatigué, un second, puis un troisième, se ler et c’est alors que cette pythique devenoit trèsi cente. Ces danses sont toujours caractérisliqu celles qui peignent les combats retracent tou habitudes de ces peuples dans leur manière de la gucrre, et sont en quelque sorte un mimx destiné à représenter sous les yeux de la tri hauts faits de ses guerriers : les Pomotous à si passionnément cet exercice, ils y mettent chaleur et d'action, leur âme est tellement id avec ce genre de plaisir, qu’on les voit bien letants de fatigue ei leurs corps rüuisselants de De même que tous les habitants des iles de ciété, leur langue, remplie de voyelles, leur}
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