‹ Compléments de Buffon [microforme]Chapitre 17 sur 514 · VI · texte numérisé non relu

VI

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point de celles de nos embarcations : l'écoute est

fixée sur l’un ou sur l’autre bord à une petite che- Lu een bois.

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pgue françoise on leur donneroit de l’ava-ava s-vie) pour l’humecter. D’autres fois ils se mot des Tuïtiens, soumis à la domination des nnaires anglicans.

keste les Pomotous doivent être une jeune co- Le l'archipel de la Société ; tous en eux rappelle he d'où ils sont sortis.

$ VI. DES O-TAITIENS.

aturelsdel’ile d’O-Taïti, si célèbresen Frarze récits pleins de charme et de naïveté que ville a publiés sur leurs mœurs et sur leurs ks, seront ici l'objet de notre étude. Notre ie coïncidera pas toujours avec celle qui est ralement répandue ; mais on voudra bien èr que cette notice historique a été tracée bux, et que par conséquent il ne nous est his de rien changer à notre premier sen-

Taïtiens sont le type de notre rameau océaen qu’on ait pensé que le peuple et les chefs enoient point à la même race : mais celte on des tiaous ou tiraras (les chefs) avec les (bas peuple) ne repose que sur des indicagues ct superficielles; car si la plupart des diffèrent des autres insulaires par une taille antageuse, par une teinte de peau plus claire, tà ce qu’ils sont mieux nourris et moins à l'influence du soleil : d’ailleurs on observe caste privilégiée quelques hommes contrerès basanés. Tous les Taïtiens, sans presque exception, sont de très beaux hommes :

embres ont des proportions gracicuses, mais e temps robustes en apparence ; et partout

Blies musculaires sont enveloppées par un

llulaire épais qui arrondit ce que les formes rop saillant. Nous mesurâmes deux des plus ommes du district de Matavai nommés Faeta aru : leur taille étoit de cinq pieds huit et quelques lignes, et il n’est pas rare de er des insulaires qui aient cette stature : celes dimensions les plus ordinaires du reste itants sont, terme moyen, de cinq pieds trois Douces.

ysionomie des O-Taïtiens est généralement hte d’une grande douceur et d’une apparence omie. Leur tête seroit européenne sans l'éht des narines et la grosseur trop forte des Leurs cheveux sont noirs et rudes, La teinte

de la peau est d’un jaune rouge très peu foncé, ou celle que l'on connoît vulgairement sous le nom de couleur de cuivre clair. Cette coloration varie toutefois d'intensité, et c'est ainsi que beaucoup de naturels des deux sexes n’ont que ce brun qui distingue les peuples. du midi de l'Europe. La surface de la peau cst très lisseet douce au toucher; mais il s’en exhale une odeur très forte et très tenace qui est due en grande partie aux frictions d'huile de coco dont elle est sans cesse lubréfiée, et cette odeur persiste malgré les bains journaliers dont ils font usage. Hommes et femmes portent les cheveux coupés assez ras; ni les uns ni les autres ne s’épilent; mais les premiers s’arrachent la barbe, et ne laissent croître que les moustaches qu'ils taillent de manière à former un léger rebord sur la lèvre supérieure. Les membres sont nettement dessinés, et les jambes, d’après nos idées sur la beauté, sont remarquables par leurs belles proportions. Tout le système muscu. loire est largement développé; mais comme il n’a jamais été façonné pour un exercice de force, il en résulte la mollesse et l’inertic qui sont propres aux Taïtiens. Leur démarche en effet est chancclante et comme mal assurée, et s'ils agissent c'est d’abord avec vigueur, mais bientôt leurs efforts sont épuisés. Comment en seroit-il autrement sur un sol où les produits alimentaires furent jetés en abondance, et où, pour les obtenir, il ne faut employer aucun travail ni aucun effort ? De cette heureuse position, de cette fécondité de la nature, il en est résulté pour les O-Taïtiens ces mœurs molles et cfféminées, cette enfance dans les idées, qui les distinguent. C’est à cause de cela que les habitants de Borabora , moins favorisés, s'adonnèrent à la piraterie , et leur firent souvent la guerre avec succès. C’est par la même

raison qu’ils ont adopté sans obstacle les nouvelles maximes qui leur furent portécs par les mission-

naires anglois, maximes qu'ont repoussées tous les

autres peuples de la même race dont l’âme cst plus

fortement trempée.

On a longuement discuté anciennement sur ce que les Américains ne présentèrent point aux premiers observateurs un système pileux aussi épais que celui de beaucoup d’autres peuples : la question est aujourd’hui bien résolue; mais, pour ne parler que des O-Taïtiens, cette partie accessoire de l’organisme est très abondamment fournie. Légers à la course, ces naturels sont habitués dès l’enfance à gravir à la cime des plus hauts cocotiers, et les arêtes des rochers les plus escarpés. Ils savent lancer les pierres avec la plus grande adresse, et leur coup d'œil est si juste qu’ils frappent le plus souvent le but qu'ils se proposent d'atteindre. Dressés dès la plus tendre jeunesse à la natation, les O-Taïtiens dans l'adolescence se plaisent à évolüer au milieu des récifs ; ils exécutent de très longs trajets sans éprouver

58 IHSTOIRE NATURELLE

de fatigue. Leurs sons, habitués à des observations toutes instinctives, leur font avoir la conscience d'un oiseau caché dans le feuillage d'un arbre éloigné, ou d'un petit lézard qui bruisse au loin sous une pierre, lorsqu'un Européen essaie en vain de voir ou d'entendre ces animaux. Mais cette faculté du reste ne eur est point ‘"lusiv., on sait qu’elle appartient à tous les peupie. .svlés ou disséminés sur la surface de la terre, qui en f int un usage journalier.

Dès leur bas âge les petits Taïtiens sont familiarisés avec les intempéries des saisons. Nous en avons vu qui restoient hors des cabanes-et dans un état de nudité parfait, bien que la pluie tombât par torrents. D'ailleurs ces enfants de la nature peuvent se développer en paix; lutter contre les vagues au milieu des brisants, grimper sur les arbres et parcourir sanscesse les bois, forme leur première éducation, et, d'après cela, il n’est pas étonnant que les membres acquièrent cette aisance dans les mouvements qui est si opposée à la roideur et à l’immobilité d'un Européen.

Les femmes d'O-Tuïti, ces prêtresses de Vénus, dont les attraits séducteurs sont peints avec tant de charmes dans Bougainville, Wallis et Cook, sont généralement très laides de figure. Ce n'est pas, nous le savons, l'opinion reçue en Europe; ct les tableaux gracieux et fantastiques qu'on a faits de leurs traits se trouvent en quelque sorte présents à la mémoire pour infirmer notre jugement, Mais nous avons vu la plus grande partie du beau sexe taïtien, et nous pouvons aflirmer sans crainte que dans tonte l'île à peine trouveroit-on une trentaine de figures passables d’après nos idées sur la beauté, ou en citer une dizaine qui aient une physionomie attrayante, et encore faudroit-il les chercher parmi celles qui sont à l'aurore de la vie; car la miternité et les travaux du ménage les flétrissent de bonne heure. Toutes les femmes âgées sont dégoûtantes par unc flaccidité générale, qui est d'autant plus grande qu’elle succède ordinairement à un embonpoint considérable, Les premiers navigateurs, cn abordant dans cette ile si belle par la pompe de sa végétation et la douceur de sa température, ont-ils été séduits par les plaisirs sensuels dont on les enivra après de longucs privations, ou bien la beauté du sang s'est-elle altérée à la suite des maladies vénériennes, ainsi que le pensent les missionnaires ? Tout porte à croire que la première idée est la plus probable; la vie des gens de mer s'écoule au milieu de rudes vicissitudes, de privations de toutes sortes, et, dans les courts moments où ils peuvent satisfaire leurs goûts, ils s’ylivrent avec un entier abandon. On conçoit facilement alors comment leur imagination dote de tous les avantages réunis le sol qui leur offre de faciles plüisirs, et l'éducation même ne garantit pas de ces prestiges, puisque nous voyons des

hommes graves partager le mêmo sentiment, Camoëns entre autres n’a-t-il pas consacré un el à peindre les voluptés que Gama et ses compy godtèrent dans une île fortunée ? Bougaini Wallis, Cook, Bligh, ont rivalisé, dans leurs tions, en peintures un peu vives et à Ja mani l'Albanc lorsqu'ils tracent les contours graci la tournure agaçante, les yeux langouren O-Tuitiennes, qui, au dire de ces navigateur, roient pu soutenir la comparaison avec les Frans dont le front n’est bruni que de cette demi-à qui ne messied point au visage des Andalousie Si ce tableau ne concernoit qu’un petit nomi jeunes filles, nous serions les premiers à en n noître la vérité; mais le sexe féminin, quoique assez universellement de certains traits dont se gueilliroient les Européennes, est tellement vorisé sous d’autres rapports, qu'un obse judicieux ne peut se dispenser de détruire le ventions fautives généralement répandues. I Taïtiennes, avant le mariage, présentent «id bonpoint raisonnable qui prète de la grâceauc en arrondit les contours, et est le signe lei infaillible d’une santé robuste; elles ont la jé

forte et bien proportionnée, les mains très piéé

l'élargissement singulicr des traits de la fix@ peut-être à l'usage qu'ont les mères de com dès l’âge le plus tendre la tête de leurs enfn manière qu'il en résulte l'agrandissement 4 bouc'e, l'aplatissement des ailes du nez et hs des pommeltes ; de sorte que le nez, qui ei généralement volumineux, et les lèvres fortg ne concourent point, comme on peut le pa l'embellissement du jeu de la physionomie, les avantages dont la nature libérale les a doi sont point à dédaigner. Elles ont, ainsi q

hommes, les dents du plus bel émail et pi

ment rangées ; leur œil est plein de vivacité feu, il est bien fendu, placé à fleur de tête, vert par de longs cils eflilés et abrité par un sourcil noir; leur clievelure est de cette da couleur, et le luisant qu’elle affecte est dù àl de l’huile de coco, on monofï, dont elle est # lement enduite ; leur sein offre avec assez de larité unc demi-sphère dont la fermeté suk toile qui le recouvre si imparfaitement; n bouton de rose que la libérale nature pk l'orbe d’albâtre de la femme issuc de race ui que n’a plus cet incarnat ct cette fraicheur; unc sorte de mûre noire, longue, grosse con bout du doigt, entourée d'une auréole couté papilles saillantes, et colorée en brun font sont les avantages physiques de 1'O-Taitit plus favorisée. La coloration de la peau desht est, ainsi que celle des hommes, d’un cuirtt Quelques unes cepondant sont remarquabl

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is grande blancheur, ct les épouses des cl.efs , qui ne sont point soumises à des travaux pi à l’action du soleil, ont une teinte brauoins foncée que celle des Provençales. Mais ssances précoces, le mariage et l'allaitement, ntôt détruit les avantages que nous venons ler, Vers dix ans les filles sont nubiles et bonne heure elles sont mères et très féconplus grand service que les missionnaires ns aient rendu à ces peuples est de les avoir abolir l’affreuse coutume de sacrifier leurs k le grand nombre de ceux-ci promet à la on d'O-Toïiti un accroissement d'autant essaire qu'elle avoit été diminuée par des des maladies, et des sacrifices hum'ins.

s regardent comme le plus sacré de leurs de nourrir leur progéniture, elles ne s'en t que dans des cas très rares; et les es chefs, qui jouissent là comme ailleurs frogative que ne partage point le vulgaire, jeules se dispenser de ce pieux devoir. Les entr'aident dans les douleurs de l’enfanplus proche voisine sert d'accoucheuse e cordon ombilical avec la valve tranne huitre. Aussitôt que le nouveau-né a F, on le plonge dans un l'ain d’eau fraiche ; allaite pendant long-temps, et nous avons fants âgés de trois ou quatre ans courir sein maternel. Une observation dont nous mes difficilement rendu compte est le pere de vieillards qu'on remarque parmi les ns. On ne rencontre en effet que très peu lus auxquels on puisse par diverses suppujonner ‘soixante-dix ans au plus. Aujourmissionnaires anglois tiennent des registres es mutations civiles, et cctte question sera omplétement résolue.

s hommes sont restreints dans la sphère de es, plus ils sont près de ce qu'on appelle ature, plus leurs liens de famille ont de ès O-Taïtiens en effet ont la plus vive tenbur leurs enfants ; ils leur parlent avec doub les frappent jamais, et ne goûtent ricn le sans leur en offrir. Ces bons sentiments h être détruits que par la force tyrannique rstitions religieuses; et tel père qui chéndrement son fils le voyoit sacrifier sans la demande et sur les autels du redouu Oro.

peut provenir ce grand nombre de bossus contre de toutes parts à Borabora, à Taïti, toutes les îles de la Société? comme ceux e, ils sont spirituels, gais, et portés à la es missionnaires attribuent cette dégénéresfunestes effets des maladies syphilitiques ; js ne partageons pas une opinion qu'ils ont

sans doute adopiée comme un thème de déclamation contre les navigateurs.

Ces bossus sont alertes, et plus d'une fois nous avons été étonnés de les voir gravir avec aisance jusqu'au sommet des plus hauts cocotiers,

Les travaux qui appartiennent à l’un ou l'autre sexe sont ainsi répartis : les femmes fabriquent les étoffes, tissent les nattes et les chapeaux de paille; clles sont 1à comme ailleurs les gardiennes des maisons. Les hommes élèvent les cabanes, creusent les pirogues, plantent les arbres, en cucillent les fruits, et cuisent les provisions dans les fours souterrains. Seuls ils vont à la pêclie, ou parcourent les récifs pour y recucillir les mollusques dont ils se nourrissent.

Puresseux par essence, les Taïtiens trouvent dans le sommeil ou le repos le souverain bonheur; ils se couchent généralement dès le crépuscule. Depuis l'arrivée des Européens, cependant, quelques familles ont pris l'habitude des courtes veillées; et là le père ou le grand-père, éclairé par la flamme vacillante que jette une mèche imbibée d'huile de coco et renfermée dans la coque de la noix, raconte à ses enfants des aventures de pêche, ou les instruit de l'histoire d'O-Taïti ou des mystères de leur religion. Le narrateur, dans ses récits, accommode ses gestes, les inflexions de sa voix, au sujet dont il s'occupe. Tous les membres de la famille couchent le plus ordinairement péle-méle dans une même pièce, sur des nattes jetées sur le sol. Nous avons fréquemment vu de jeunes époux couchés sur la même natte que leurs pères et mères, frères et sœurs. Les chefs seuls couchent sur des nattes tenducs sur des châssis, et des étoffes d’écorce d'arbre à pain sont suspendues alentour en forme de draperie. Ils ont aussi l’usage de la sieste, et tous les insulaires dorment habituellement depuis midi jusqu’à trois heures.

Lcs O-Taïtiens font trois repas principaux : nous disons principaux, car ils mangent presque à toutes les heures du jour. Cependant les repas de famille se font le matin de très bonne heure , vers midi à peu près, et le soir au coucher du soleil; mais il est bien rare de rencontrer un naturel sans qu’il ait dans la main un morceau de fruit à pain cuit sous la cendre, ou une noix fraîche de coco, dont ils aiment passionnément le lait émulsif.

Leur cuisine est simple, et la nature a pourvu d’une manière libérale aux substances alimentaires et aux fécules, que nulle part on ne rencontre en si grande abondance. Pendant sept à huit mois les arbres à pain ou maïore donnent leurs fruits; pen dant le reste de l’année ils ont ou des cocos ou des taros, des ignames ou des racines de téré (tacca pinnatifida, LiNNæ&us). Ils ont aussi le soin de faire des préparations destinées à varier leur nourriture

60 HISTOIRE NATURELIE

ou à servir dans des temps de disette : ainsi ils retirent des-fécules très pures et très belles des racines d'arsow-root et de taro ; ils font du saïpat, sorte de pouding composé de chair de fruit à pain et de coco, qu'ils nomment poe-taro lorsqu'on y ajoute des feuilles d'arum , et poe-pya lorsque c'est du jus de coco et. dela racine de pya râpée. Mais de toutes ces préparations la meilleure sans contredit est la confiture qu'ils appellent popoe-fayi, et qui est un mélange de fruits à pain cuits avec des bananes de montagnes.

D'après les idées nouvelles que leur ont transmises les missionnaires , les Taïtiens sont dans l’usage de n’allumer leurs fours souterrains que les samedis ou la veille des grandes fêtes; ct les alis ments qu'ils y font cuire servent pour toute la semaine : lorsque les provisions viennent à manquer, ils se bornent à rassembler devant leur porte quelques charbons sur lesquels ils grillent des fruits ä pain ou des racines. Quoiqu'on ait décrit bien au long les fours dont se servent surtout les insulaires de l'archipel de la Société, cette méthode est si avantageuse pour donner un goût exquis aux mets qui y sont soumis, elle est si simple, mais en même temps si remarquable, que nous ne pouvons nous dispenser d’en parler, au moins brièvement. A quelques pas de leurs cabanes les habitants creusent un trou circulaire assez vaste, mais peu profond, dont ils garnissent le fond avec des pierres (des morceaux de trachytes ); puis ils allument un grand feu, sur lequel ils placent une couche de terre pour empécher que la chaleur ne s’évapore. Lorsque le degré de caloricité est assez élevé, ils découvrent le four, et ils mettent au fond, sur un lit de pierres échauffécs , recouvertes de feuilles de bananicrs, un cochon, dontle ventrecstremplide pierres chaudes : on faitun lit de cesdernières par-dessus, et on renouvelle.lefeu par le moyen d’enveloppes filamenteuses ou brou de cocos très sec. En dessus ils forment des soupiraux, par où s'écoule Ja fumée en colonnes épaisses. Souvent ils placent en deuxième plan divers rangs de fruits à pain ou maivre. L'ensemble du four est ensuite recouvert, et le feu entretenu environ une demi-journée. Lorsque la cuisson approche de son terme,. on enveloppe le four entier d’une couche épaisse de terre, et la chaleur se concentre et donne le dernier degré de cuisson. Les pierres du pays, très poreuses d’après leur origine volcanique, sont très propres à propager la chaleur. C’est au moment de servir, dans les repas d’étiquette donnés par les rois, qu’on découvre le four ; et les fruits à pain qu'on en retire, et les viandes rôties, conservent un parfum délicieux et une succulence qu’on chercheroit en vain dans celles préparées par les procédés européens.

en fruits et en racines. La chair qu'ils cstimen plus est celle du cochon, qu'ils appellent) mais tous les habitanis ne jreuvent en goûte rarement, Ils aimoient autrefois les chiens {ow ils élèvent des poules (moena), ramassent les dans les brouissailles, et n'en font aucun us aiment passionnément le poisson, qu'ils man presque constamment cru, et consomment beau de coquillages, d'holothuries , d'uplysies, q mer jette à la côte , ainsi que de gros crustaci Mais la base réelle de leur existence est le qu'ils appellent matore, que l’utile arbre à produit, Avec le coco la Providence divine a à ces peuples une vie exempte de besoins, ou laquelle ils ne sont pas forcés de conquérir avecyd les premiers aliments.

Le rima ou fruit à pain se mange cuit : il png

pendant une partie de l'année des fruits verts x recueille au fur et à mesure qu'on en a besoin; en janvier, février, novembre et décembre, i 4 de produire. On a alors eu le soin de converié pâte en une sorte de conserve aigrelette qui dm

espace de temps, et qu'on mange conjoints@ avec les bananes séchées au soleil et pressées pr

fortes ligatures appelées piri, et qui ressen

entièrement à des carottes de tabac. Les Anghi@

timent beaucoup cette dernière préparation, | les marins font usage comme un excellent anik butique. Avec le rima frais ils fabriquent une dise en triturant so pâte unie à celle des bu cuites; ils étendent aussi sa fécule , qu'ils fon menter un instant, pour faire une boisson inst née qui a une saveur aigrelette, une cons épaisse, et une couleur blanchâtre qu'on n popoe.

Le cocotier paroît avoir été créé pour êtr dans toutes ses parties : aussi les Taïtiens roient-ils ce brillant palmier. Ses noix encor ches servent, de préférence, pour leur nouri et leur boisson. Ils appellent le palmier ari,«

moude le fruit : dans cet état ils aiment avec di

le lait butyreux contenu dans son intérieur mangent la chair molle qui tapisse les paroi noix en la râclant avec les doigts ou quelque un fragment de la coque, et la dévorent enu d'œil. Les jeunes cocos, non développés out en bourgeons dans la spathe, sont une friandi cherchéc qu'ils appellent couto.

Les cocos parvenus à parfaite maturilt conservés pour la fabrication de l'huile. M naturels vont dans les bois recueillir ceux qu germés, et ils mangent l’intérieur, qui es gieux, avec une grande sensualité, tandis rejettent la chair qui reste encore autour deh comme trop dure et seulement:propre à fou

… Les aliments usuels consistent donc en viandes " | l'huile,

n avec |’ n la bro boules « qui servi bananes s pmmatio:

bien eu à pain.

les pres t les séc:

lanières icrée, et mangé !

ainsi fi ps.

0 rôti fi ires, On 3 mais la èce de »

8 Angloi mission très bi Dour les Ehroniqu it d'auc blue aux Ils emple ules radic qu'ils ap racine le urs racine pux longs ç derme ro encore div ritives, et ls ne font nt la po ts l'orange muis au p spondias d ause d’un de, mais q r faire pla la chair, bn. Ce frui qu’il est m r. On le c ransporter mer, isson ordin s buvoient une liqueu ava, obten

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n la broyant et la soumettant au lavage, de

boules qu'ils dessèchent afin de les conserqui servent à fabriquer d'autres mets.

bananes sont également un artiele important pmmation ; elles sont mangées crues à l'état

bien cuites et mélangées avec du maiore à pain. On en fait des conserves nommées les pressant fortement les unes contre les

t les séchant au soleil après les avoir cou-

lanières. Dans cet «at elles prennent une icrée, et sont excellentes. Nous en avons mangé avec le plus grand plaisir. Elles ainsi ficelées et préparées, se conserver ps.

o rôti fait partie intégrante des matières ires. On en retire une très belle fécule par ; mais la plus estimée s'obtient des racines èce de maranta appelée tii (1), qui donne s Anglois appellent &rrow-root, et sur la-

D missionnaires ont imposé un tribut. Cette

t très blanche, très gommeuse, el est très pour les maladies consomptives et les dysbhroniques. Par elle-même, d'ailleurs, dit d'aucune propriété spéciale autre que plue aux fécules de pommes de terre, de Ils emploient encore, dans le même but, ules radiculaires que produit le tarca pinqu'ils appellent tévé, tandis qu’ils donracine le nom de pya. Les ignames foururs racines douces et sucrées par tronçons

bux longs de plus d’un pied , et recouverts

derme rougeûtre qu'ils nomment eoui. Ils encore diverses plantes sauvages éminemtritives, et ils ont en quantité une sorte de ls ne font que sucer la canne à sucre, dont nt la portion ligneuse. Ils ont d’ailleurs ts l'orange, le citron, la papaye, qu’on leur muis au premier rang on doit mettre le vy, spondias dulcis, dont la saveur déplaît d’aause d’un goût résineux qui domine dans ne, mais qui disparoît lorsqu'on enlève la r faire place au goût exquis et sans méla chair, dont il se fait une grande conon. Ce fruit est aqueux, et fond sur les lèqu’il est mûr; mais à ce point il ne peut se r. On le cueille iorsqu'il est encore vert, ransporter à bord des navires et le faire mer, isson ordinaire des O-Taïtiens est l’eau s buvoient, avant l'arrivée des missionune liqueur spiritueuse très enivrante, ava, obtenue de la macération dans l’eau,

etiroit du té, par la fermentation de la racine s l'eau, une sorte de rhumtrés fort.

pendant deux ou trois jours, de la racine du piper melhysticum. Cette liqueur occasionne un sommeil profond , puis des transpirations abondantes, ct par suite des ivresses furieuses. Ils s’en servent encore aujourd'hui, mais principalement comme remède. C'est par analogie avec l’ava, quant aux effets, qu'ils ont nommé ava-ava cette plante nauséabonde, dont ils ne font pas usage ou du moins fort peu, connue dans l'univers sous le nom de tabac.

Le goût des O-Taïtiens pour les vêtements d'Europe est effréné. Il semble que sous l’habit d’un homme éminemment civilisé ils doivent acquérir le mérite qui le distingue, et s’attirer la considération qu'on lui porte. Telles sont du moins leurs idées à ce sujet. Aussi les voit-on chercher par tous les moyens imaginables à obtenir des habits, des chapeaux, des cravates de soie, et particulièrement des chemises. Ils n'en sont pas encore au point de porter des culottes et des souliers. Le petit nombre des navires qui y relâchent, proportionnellement à la masse de la population, ne peut assez fournir de nos tissus pour vêtir la plupart des naturels : ils ont donc été forcés de conserver leurs anciennes étofles faites avec l'écorce des arbres, de s'habiller en mélant fréquemment les vêtements européens et taïtiens.

Le costume journalier est assez simple pour le commun du peuple : il se compose chez les hommes d’un morceau d'étoffe servant de pagne, et s'ujoute sur le muro. Quelquefois ils jettent sur les épaules une pièce légère, trouée au milieu pour le passage de la tête. Le pagne sert à recevoir divers petits objets. Les jeunes garçons jusqu’à l’âge de quatorze à quinze ans sont complétement nus, hormis l'étroit maro qui recouvre les parties génitales. C’est habituellement une bride étroite qui ccint les reins, et dont un pli enveloppe les testicules et retombe sur le pubis; un autres bout passe sur le périnée et l’assujettit. Les chefs ont des maro faits avec des écorces très molles et tissées à la manière des nattes fines : ils sont longs de plusieurs aunes, et larges de trois pouces. Les jeunes gens portent souvent un réseau de vieux filets sur la tête, et ont les oreilles percées pour recevoir des fleurs.

Dans les jours de cérémonie les chefs portent une longue pièce d’étoffe ouverte au centre, appelée tipouta , retenue sur les épaules par la tête, semblable au poncho des Araucans, et retombant jusqu’aux chevilles, à la manière des chasubles de nos prêtres. Sa couleur est blanche, mais les bords ct surtout les angles sont ornés de feuillages imprimés, et vivement colorés en rouge par le suc rutilant du maki. Une autre pièce d'étoffe ceint le corps, sa finesse est plus grande que celle de la précédente : elle forme plusieurs \ours’sur les reins: et.ses.couleurs varient du brun au jaune serin, Les'iaturels

62 HISTOIRE NATURELLE

savent tresser la paille, et ils s’en font des sortes de chapeaux: Ils remplacent quelquefois cette coiffure par un turban de toile.

Les chefs aiment à se vètir à l’européenne, et dans leur plus grand négligé ils portent aujourd’hui un chapeau de paille, une chemise et une natte très fine, très moelleuse, d'une couleur vive, qui enveloppe régligemment le corps.

Le costume des femines est le même pour tous les âges, lorsqu'il consiste en habits du pays ; mais il diffère là comme ailleurs suivant le rang ou la fortune de celle qui est empaquetée dans des robes veuues des manufactures d'Angleterre. Ce n’est que par des échanges, de cochons entre autres, qu’elles obtiennent les indiennes et les rubans qui les déligurent aujourd'hui, Ce qui est commun à toutes ce sont les petits chapeaux de paille dont elles couvrent leurs têtes, et qu'elles font elles-mêmes avec les jeunes écorces macérécs du pourao, ou les chaumes d’une graminée nommée moou. Ceux ci, beaucoup plus rares, sont satinés, brillants, et ont tout l'éclat des chapeaux de paille de riz ou d'Italie. Deux grandes pièces d'étoffe drapées avec art composent tout leur habillement : la première, d’une blancheur éblouissante, ceint les reins, el enveloppe tout le haut du corps: les deux extréinités sont jointes l’une avec l’autre, et engagées sous un pli qui les retient pour retomber avec grâce. Un long manteau couvre les épaules ; sa couleur est également blanche, Les deux bouts s’attachent au-dessus des épaules, retombent sur les bras, qu’ils laissent libres, tandis que lereste de l'étoffe fait plusieurs ‘circonvolutions autour des reins, et remonte voiler à demi le sein, plutôt pour la forme que par principe de pudeur. Cette espèce de tunique extérieure ne se porte que les jours de cérémonie ; dans leur intérieur elles sont à demi-nues. Pour la pluie cette longue robe antique est faite avec une étoffe plus épaisse, brune ou marron en dehors, et enduite d’une gomme qui la rend imperméable à l’eau. Les jeunes filles, et les plus coquettes surtout , ont sur les épaules, et sans autre voile, une sorte de petit lichu étroit, très blanc et travaillé en losanges à jour. Toutes les femmes indistinctement vont nu-pieds. La portion la plus brillante de leurs atours est sans contredit le goût qu’elles ont pour les guirlandes de fleurs : celles-ci sont de: plusieurs espèces, mais générale-

ment elles préfèrent à l'éclat des corolles les tiges fanées mais odorantcs du basilic par exemple. Cette plante qu'on 2 introduite à Taïti croit partout maintenant, ct les femmes portent de gros paquets de ses tiges fances sur Ja tête. C'est ordinairement la fleur de l’Aébisrus rose de Chine, qu’ellcs entrelacent pour former sur leur front un large faisceau, d'a ‘plus remarquable que cette fleur possède l'éclatle plus vif du vermillon uni au carmin : quel-

ques jeunes gens s'en fontaussi des couronnes. || autre fleur chérie des femmes est le gardenia,

l'odeur est très suave ct très pénétrante; elles t versent les lobes de leurs oreilles des longs tubes

ses corolles virginales qui se fanent bientôt, Qu

ques unes portent des perles fines enfilécs, en p de pendants d'orcilles, mais seulement d'un & côté. Cette coutume de se placer des fleurs dans oreilles est d'autant plus remarquable qu'on la trouve aujourd'hui chez presque tous les pep malais des iles de la Sonde ou des Moluques. Au à Taïti les femmes se font souvent des fleurs facts qu'elles placent au même lieu. Ce sont des feuil odorantes, des fleurs auxquelles clles accordent sens ou quelques propriétés, qu'elles attachent un petit bâton, et qu’elles conservent long-te ensuite, Peut-être cet usage cst-il propre auxfil peut-être que ce sont des dons d'amour, ce que ignorons. Elles parfument leurs vêtements ave noix de toumanou ‘calophyllum érophyll:m), Les femmes ont généralement, pour gra leur figure de la trop vive action du solcil, une sière faite avec les folioles du cocotier, et qu appellent niao : cette coutume cst aussi suivie quelques hommes et surtout par des jeunes go Lo fabrication des étoffes est l'occupation cipale du sexe féminin, et, quoique fréquemn décrite, elle mérite de fixer l'attention. On de la peine à croire en effet qu'avec des moya imparfaits et en même temps si simples ces pey aient pu se façonner des vêtements aussi ingéné et si commodes, en se servant d'écorces d'ark Les voyageurs jusqu'à ce jour n’ont mentionné le müûuier à papier ou le broussonelit comm végétal qui fournit son liber pour la fabrication toiles très fines : mais cet arbre, qui sert aux usages en Chine et au Japon, est rare à 01 quoiqu'il y soit cultivé; on n’emploie guère aij d’hui que ses fibres, dont on tisse des chapeau des sortes de fichus très légers. Plusieurs arbre des écorces que les O-Taitiens utilisent, maist qui fournit à l'habillement de presque toute pulation est l'arbre à pain. On choisit à cet ef branches les plus jeunes ou les plus tendres, ol fend longitudinalement, et on les dépouille facilité. Leur liber est épais, composé de plus couches, enduit d'un suc gommeux très (4 très propre sous le battoir à lier les fibres entre et à permettre qu’elles s'étendent largement,i surc qu’ellés perdent de leur épaisseur. On fi cérer pendant trois jours ces écorces, afin à dépouiller de l'épiderme qui les recouvre, 4 garde souvent le feuillet du liber le plus des fibres qui est coloré en marron. Ajout autres écorces, il sert à donner plus d'épais l'étoffe portée dans la saison des pluies, e9

ps que cellengue, tre le mùric tissus très fin fest universel ent encore at ceus, de cell mé or: etouc ook (aleurite.

quelques autr nus.

vant de comn ont mactérer ] ent ensuite la } biles et qu'on :

t alors que tro ongueur déte:

Ées soigneusen la toile déchir ent du battage ces sur un m:

ration est ent:

. Cet instrum pe, est long de quatrilatère, e et quatre à cir seul morceau celle avec laqu s, est rayée lo >u fortes et en p res diminuent ente; ainsi de rie de rainures qui sert à term ère façon, rs l’écorce cons b, et tenue fraic pé, est frappés eyeyé:, On a ci r le même endr oche, Cette opé ue tantôt dans 8 celui de la la ent agglutinée d'entre-croiseme Lorsqu'on arri:

le soin à n'étenc aire pour conse:

intenant des cal rs éloffes destiné 5 on condamne lé es fautes, ou qr ire tant de pièce les se réunissen ans CC cas une | > (oujours à l'opé

ouronnes, | jardenin, nte; ellest | longs tubes bientôt. Qu filécs, en pl ment d'un « ; fleurs dans ble qu'on la ous les peup foluques. At es fleurs fact ont des feuil es accordent es attachent vent long-te Jropre aux fl Iour, CE que tements avet ophyllin).

, pour gari Ju solcil, une cotier, et qu' t aussi suivie les jeunes get ’occupation pi que fréquemn ention. On à ec des moya ples ces pe s aussi ingéni 'écorces d'ark nt mentionné onelit comm la fabrication i sert aux st rare à O1 loie guère ai) e des chapeitt usieurs arbre lisent, maist sque toute h oisit à cet elkl s tendres, 01 es dépouille DOSÉ de pl eux très (el fibres entret largement} sseur. On fall rces, afin dt recouvre, ber le plus brron. Ajouté plus d'épais pluies) eo

ps que celle-ci prend la eouleur brune qui le nguc.

tre le màricr à papier principalement réservé tissus très fins, et l'arbre à pain, appelé ourou,

est universellement employé, ces insulaires se lent encore au besoin des écorces de l’hibiseus

ceus, de celles d’un arbre à feuilles lancéolées, mé orce1oua, de l'écorce du tiaïly ou plane ook (aleurites triluba), de celle du tamanou, et quelques autres dont les noms nous sont inpus.

vant de commencer leur préparation, les femont macérer les écorces dans l'eau; elles en apent ensuile la pâte dans un local où l'on fabrique piles et qu’on appelle huo : les morceaux de pâte

t alors que trois à quatre pouces de largeur sur

ongueur déterminée, et les parcelles sont cones soigneusement pour fermer les trous, lorsla toile déchire, ce qui arrive dans le premier ent du battage. Ces écorces malaxées sont apces sur un madrier en bois un peu épais, ct ration est entamée à l’aide d’un battoir appelé ÿ, Cet instrument, aujourd'hui très connu en pe, est long de quinze pouces; il est régulièrequatrilatère, et a un pouce et demi sur chaque et quatre à cinq pouces de manche; il est fait seul morceau de bois très dur. Ea première celle avec laquelle on commence:à frapper les s, est rayée longitudinalement par des lignes eu fortes et en pelit nombre; dans la seconde les res diminuent de profondeur et leur nombre ente; ainsi de la troisième; la quatrième est rie de rainures extrèmement fines : c’est aussi qui sert à terminer l’étoffe en lui donnant la ère façon.

rs l’écorce constamment humectée avec de l’a- ), et tenue fraiche dans des paquets de feuilles pé, est frappée dans le même sens par plueyeyé:, On a en effet le soin de ne jamais batr le même endroit : les coups vont de proche oche, Cette opération dure long-temps, et se ue tantôt dans le sens de la longueur, et tans celui de la largeur, de sorte que les fibres, ent agglutinées entre elles, forment une es d'entre-croisement qui imite la trame de nos Lorsqu'on arrive sur les bords, on apporte ge soin à n’étendre de l'écorce que ce qui est aire pour conserver la régularité du carré. Il intenant des cabanes consacrées à la fabricaxs éloffes destinées aux chefs ou aux mission- 5 on condamne les jeunes filles qui ont commis es fautes, ou qui ont eu quelques foiblesses, ire tant de pièces dans un temps donné. Soules se réunissent une dizaine pour travailler; ans ce cas une femme âgée et expérimentée > toujours à l'opération : clle porte le premier

coup, et ses jeunes compagnes continuent, en frappaut on mesure, sur l'air d'üne chanson du pays. C':st principalement à Borahora que souvent nous avons entendu cette harmonie assez bruyante, qui dans le lointain , au milieu des bois, produit un singulier effet.

Ainsi sont fabriquées les étoffes communes. Le même procédé est usité pour les toiles très fines, seulement on y apporte plus de soin. Quelques étoffes, ordinairement très blanches, et destinées à être jetées sur les épaules, présentent des dessins à jour. On les fait en se servant du battoir ordinaire; mais lorsque leur confection avance, on fait succéder un instrument fait exprès, dont les faces sont couvertes de ronds, de losanges, qui s'impriment sur la toile, et qui, en éclaircissant l'épaisseur de l'écorce, y applique les dessins qui sont sculptés sur ses faces.

Non contents d'être parvenus par des moyens si

simples à se vêtir, les O-Taïtiens ont voulu embellir les produits de leurs manufactures. Leur sol leur a encore fourni des matières colorantes que ne dédaigneroicnt pas nos arts, et ils possèdent surtout un rouge qui jouiroit d’un magnifique éclat s'ils savoient les moyens de le fixer solidement. Ce rouge est exprimé simplement du fruit d'un figuier, qui croit partout dans les bois des montagnes, et qu’ils appellent maki. La ligue du maki (!) est à peine de la grosseur d’une petite aveline ; elle est axillaire le long des ramcaux, l'arbre qui la produit est très rameux et peu élevé. San suc intérieur est verdâtre, ainsi que l'épicarpe; ce n’est que dans l'eau que la malière colorante rouge se dissout, étant avivée par le suc astringent et acidule du fruit d'un srbestier, La couleur du maki tient du vermillon uni au carmin, prend une teinte brillante, Nous avons vu les mains de quelques femmes occupées à y plonger des étolfes aussi rouges que si elles eussent été trempées dans un bain de pourpre. Mais son éclat se perd sur les toiles, parce qu'il faudroit, pour le fixer, l'emploi de l'alun ou d’un autre sel aussi actif. Avec ce rouge ils peignent ordinairement le milieu et les angles des grandes piècrs qu'on jette sur le corps. Les dessins du milieu sont informes, ceux des angles représentent un feuillage très découpé et très élégant, qu'ils impriment par le moyen des feuilles d'une jolie fougère des montagnes, nommée erimou. Ils trempent celte fougère dans la liqueur colorante toujours obtenue à froid, et ils lui font ainsi remplir l'office de planche, propre à transmettre ses découpures et ses formes. Ce rouge se. nomme menoutéoulé.

On teintencore ces toiles d'écorce d’arbre en jaune

{:) Ficus tinctoria, Forster, Prod,, no 403. Fol. oblique ovatis, obtusis , recept. turbinatis, besi calyculatis. Ins, societatis. Persoon, t. WU, pag. 610,

serin très tendre, nommé meuréaréu. Cette jautre couleur est obtenue d’un arbre appelé non (!).

Les lavages répétés dans l’eau courante, et en se servant des feuilles d’un convolvulus non volubile, nommé pouai, en place de savon, donnent aux étoffes usuelles une blancheur aussi pure que celle de la neige.

Ces naturels ont enfin trouvé le moyen de former des vêtements imperméables à la pluie, en les enduisant d’une gomme d'un brun rouge, dont l’origine et la préparation nous sont inconnues.

Après les vêtements, il est indispensable de parler de cet accessoire durable, dont la peau conserve des traces indélébiles, et qui résulte du tatouage. Les habitants des îles de la Société aiment passionnément ce genre de décoration, et ils ont poussé aussi loin que possible l’art de se tatouer. Chez eux et surtout à Taïti cet ornement servoit à indiquer les rangs de la société ou les services rendus par quelques guerriers. La mode ct les habitudes locales exerçoient aussi leur empire dans les distributions des dessins. Mais les missionnaires ont défendu sous des peines sévères les pratiques de ce tatouage, sous prétexte qu’il ne servoit qu'à produire de grands désordres, par les passions tumultueuses qu'il excitoit dans le cœur des femmes qui ne pouvoient

résister à un charme aussi puissant et aussi séduc-

teur. Les enfants nés depuis l'établissement du chris- ;

tianisme sont, malgré cette interdiction, les seuls qui ne soient point latoués; tous les naturels, et surtout les jeunes gens, sont si envieux de faire ajouter à leurs dessins des accessoires nouveaux qu’ils préfèrent fuir dans les bois pour s’y barioler le corps à leur fantaisie. Ce qui inquiétoit les missionnaires pendant notre séjour étoit le désir que manifestoient divers chefs pour sacrifier à cette ancienne coutume, et la conduite de ces ministres devenoit très embarrassante ; car le refus de même que l'adhésion avoient à leurs yeux des inconvénients réels. L'opération par laquelle on incruste des dessins dans la peau est nommée par les Taïtiens tatow, d’où nous avons fait le mot de tatouage. Elle se pratique au moyen d’un très petit morceau d'écaille de la largeur d'un ongle, et garni sur son bord d'une suite de dents très fines et très aiguës. Un petit manche est fixé à la portion opposée aux dentelures. On trempe ces dents dans du noir de fumée, qu’on obtient en brûlant l’écorce ligneusc de la noix de Bancoul (aleurites), et on les applique sur le lieu qu’on veut tatouer ; alors on tient de la main gauche cet instrument qu'on dirige, tandis qu’on a dans la droite une petite baguette légère, avec laquelle on frappe sur le manche pour faire entrer les dents sous le

() Morinda citrifolia, L. Rumph. Amb,. 2, pag, 158. Persoon, t.F, pag. 201,

HISTOIRE NATURELLE

derme. 11 faut beaucoup de temps et de patience graver les dessins nombreux qui couvrent leo des naturels; mais ces broderies sont renouvd plusieurs fois dans le cours de la vie, Les déchire qui résultent de l'introduction de l'instrumenl boursouflent et s'enflamment, et donnent sou lieu à une fièvre intense. Ë Le tatouage forme ainsi une sorte de vèt indélébile à des hommes le plus ordinairement

Aussi les mieux tatoués sont-ils fiers de cette di j

rure, qu'ils montrent avec orgueil : les représ tions hiéroglyphiques varient quant aux dé mais elles se ressemblent toutes par la dispo générale. Les O-Taïtiens n'ont aucun dessin «8 figure, ils diffèrent en cela du plus grand nai de leurs voisins du même archipel. Les prini et les femmes des chefs ont toutes les mains el jambes tatouées de la même façon, et de mini imiter des gants ou des brodequins élégant hs épouses des simples ratiras ont aussi le droit def ter des dessins gravés sur les fesses ct sur les né attribut plus spécial du haut rang. Ce blason, À

dans un endroit qui paroît peu convenable, se ©

pose de cercles nombreux ct entrelacés, tantiti ples ; tantôt dentelés, et se terminant en suir courbure de l'os iliaque. Chacun d'eux se co d’uneréunion de lignes tantôt droites, tantôt flo ses, tantôt étroites, tantôt larges. En un mot, | cution est bien supérieure aux dessins mit que portent sur le corps les matelots d'Europe, bras sont bordés, en dedans et en dehors, dek en losanges qui aboutissent aux doigts; et les ca et les jambes aux parties intérieures et extéié offrent de larges bordures. La poitrine est « revêlue de soleils, d’idoles, et autres représen plus ou moins bizarres. Un insulaire de Pox s’étoit fait recouvrir la moitié du corps d’un à dont l'effet étoit horrible : aussi passoit-il m guerrier fameux, mais féroce et sans pitié, paru, chef du district de Matavai, n'avoi

petit carré placé derrière l'oreille; ce qui, ca

tement avec d’autres circonstances , nous h penser qu’on attache à cet usage des idées doil ne possédons pas la clef. Du reste c’est aus nion des missionnaires, mieux instruits qu sur quelques unes des coutumes de ces mi Tout porte donc à croire qu’il étoit le symb fonctions de chaque individu , et l'armoirie & milles. Le tatouage se pratiquoit dès l’âge de ou quatorze ans, et l'opérateur recevoit pourf pense un cochon.

Les femmes avoient anciennement l’usageë ter en signe de deuil la chevelure de leurs p# parfois on la déposoit comme offrande sur les des dieux. Aujourd'hui ces cheveux, tressé une grande patience et nommés tomou, ne #

n usage, qui aborc construct elles sont des gens « és en terr hes d'égal res , mais Quelques } se comp s de fara nsporté a es feuill quets : po en un ce iant. L’e e libre. ( dimension ar Île faite » les toitu:

billeures Epays cix térieur 1 ges, pa nies en cc lde la mais Mabanes de.

ir y circule forment le Auvres, il les plus ind le pourtou a pluie. L'é érable, et a roite ouvert lusieurs fa bmbreuse lig xception, so s plantés !

le trois pied s pieux plan ces ceinture animaux, q ES porcs, ne cases des ch » Quant à 14 pis elles ont ents. Ceux-Q s compactes, aration des af hite, car elle haison. Dans

eM.Browna:

appelle panda des feuilles qui

t de patience couvrent leo sont renouvdi ie. Les déchire e l'instrumeni donnent sou

sorte de vète

rdinairemente!

fiers de cete M il: les reprit quant aux dé par la dispo ucun dessin «8 plus grand non pel. Les prinos tes les mains el on , et de mani quins élégar

aussi le droit dl sses ct sur les nd

ng. Ce blason, f* onvenable, se?

trelacés , tantiti%e$ ninant en suiri@ in d'eux se coniil

roites, tantôt Île 8, En un mot!

dessins milt telots d'Europe en dehors, def doigts ; et les ce jeures et extiri poitrine est 54 utres représen sulaire de Los u corps d’un si passoit-il po et sans pitié.

tavai, n'avoi lle; ce qui, ances , nous pl des idées doil este c'est ausil instruits qu nes de ces étoit le symi et l'armoirie ® oit dès l'âge de recevoit pourri

ement l’usagt® re de leurs pi rande sur les

heveux , tresé

g tomou, n°

n usage , et sont volontiers vendus aux Euroqui abordent dans l'ile.

construction des cabanes appartient aux hom-

elles sont toutes bâties sur le même modèle :

des gens du peuple sont formécs de bambous és en terre par une de leurs extrémités, ou en

hes d'égale grosseur et serrées les unes contre

res , mais de manière à laisser du jour entre Quelques traverses maintiennent le tout. La > se compose de chevrons qui supportent les s de fara ou vaquois (!); et ce mot de fara a nsporté aux cabanes même, qu'on nomme es feuilles du fara sont séchées et réunies quets : pour les mettre en œuvre on les asen un certain nombre sur des baguettes en jant. L'’extrémité lancéoléte de la feuille e libre. On applique ces baguettes, de la dimension, sur les chevrons, en commenar le faîte : elles s’adaptent tellement entre eles toitures fabriquées ‘e la sorte sont beauilleures pour l'usage que celles qu'on fait pays civilisés avec les ardoises ou les tuittérieur ressemble aux toits de chaume de ges, parce que les parties libres du fara inies en couche épaisse , tandis que dans l’inde la maison la toiture est iisse et régulière.

Rabanes des Taïtiens sont généralement vas-

ir y circule librement à travers les barreaux forment les parois. Souvent même, chez les pauvres, il y pleut dans l’intéricur, par les les plus industrieux ajoutent des nattes pour le pourtour et se garantir des vents régnants a pluie. L’élévation de ces demeures est peu érable, et on ne peut guère y entrer que par roite ouverture. D'ordinaire on y trouve pêlelusieurs familles établies, qui y résidentavec pmbreuse lignée. Les alentours des cabanes, xception, sont fermés par un entourage en s plantés très près les uns des autres et le trois pieds. On ne peut les enjamber que s pieux plantés à cet effet. Le principal avances ceintures est sans doute de s'opposer à ce animaux , qu’on laisse en liberté, et notames porcs, ne puissent s’y introduire.

cases des chefs sont grandes et vastes, con- , quant à l'extérieur, comme les précédenpis elles ont de plus un grand nombre d'apents. Ceux-ci ne sont point isolés par des S compactes , mais seulement par des treillis. aration des appartements ne s'élève pas juskite, car elle s'arrête au milieu de la hauteur baison. Dans ces sortes de cabinets sont des

e M. Brown a différencié du pandanus humilis, appelle pandanus spiralis, par rapport à l'indesfeullles qui vonten spirale,

nattes tendues sur quatre montants ou jetées sur lo sol, destinées aux divers membres de la famille,

Les maisons du domaine public, sortes de caravansérails où tout habitant d'un distriet qui va pour affaire dans un autre peut aller tendre sa natte ct résider, sont bâties sur de plus grandes proportions. Elles n'ont qu'une toiture supportée par desrangéces de piliers en bois d'arbre à pain.

Quelques missionnaires ont voulu se loger entièrement à la mode des sauvages, M. Nott entre autres. La plupart se sont fait édifier un vaste local dont les murailles, comme celles des temples du culte, sont formées par des lacis de branches flexibles entrelactes et recouvertes de chaux. L'intérieur, garni de planchers en beau bois rouge d'arbre à pain, est distribué à l’europtenne; seulement on a conservé judicieusement la méthode des naturels de ne point élever les cloisons jusqu'au toit, ce qui permet à l'air de cireuler librement,

Par la disposition que nous onons d'indiquer, on a vu que les cabanes sont ou ‘tes de manière à tempérer les effets de la chaleur du climat. Mais cet avantage est plus que compensé par les pluies abondantes qui tombent fréquemment à Taïti, et qui entrent dans ces demeures et en rendent l’intérieur humide et malsain. Les insectes , d'ailleurs , n’ont aucune barrière ; mais il paroît que, redoutables aux Européens, leur action est moins sensible sur le derme endurci des naturels. Les tipules et les mouches sont surtout insupportables,

Les habitations des insulaires ne sont établies que sur les bords de l’île d'O-Taïti, ct ne sont jamais beaucoup aggloméré:s ; car les villages qu’elles con courent à former ont souvent une très grande éter.duc par suite de cette disposition.

Le mobilier des O-Taïtiens se réduit à que:ques meubles usuels : ces peuples d’ailleurs n'ont que des besoins bornés , et ils n’en sont pas encore venus à désirer des objets de pure commodité ou d'agrément.

Les chefs ont pour lit des nattes tendues sur quatre montants en bois, ressemblant à nos anciennes couchettes. Le plus souvent, au lieu de nattes, c’est un fort lacis fait en fibres de cocotier, qui est élastique, mais très solide. Ils se couchent en s'enveloppant d’une aut' e natte très fine, Le commun du peuple dort dans les plis d’une natte de paille simplement étendue sur le sol, jonché de quelque peu d'herbe sèche, et ne ressemblant pas mal à nos étables.

Aux parois de la cabane sont pendus divers ustensiles, tels que des sacs en filets fort bien faits, des bambous vides destinés à recevoir l'huile de coco, des petites coloquintes vidées et qui servent de boîtes de senteur, des cocos dont les noix sont travaillées en tasses, en vases, ou en bouicilles,

66 HISTOIRE NATURELLE

Leurs priucipaux ustensiles de cuisine consistent d'abord en une sorte de molette nommée penow, façonnée et formée avec du basalte noir très dur, dont ils so servent pour broyer le fruit à pain et le con. vertir en bouillie avec d'autres substances ou le malaxer en pâte. On emploie comme espèce de mortier un petit vase épaiset solide, ayant quatre forts pieds, et creux dans son centre, retiré d’un seul morceau de bois. Ces deux objets sont de première nécessité, et servent à divers autres usages.

Les Taïtiens ont reçu des navigateurs tous les instruments de fer qui leur sont nécessaires pour la confection de leurs cabanes ou celle de leurs pirogues. Depuis long-temps aux haches de pierre ont succédé des outils de fabrique européenne. l'our savonner leurs étoffes, ilsemployoient les feuilles d’un liseron nommé poué (convolvulus pes capræ ).

La manière de prendre les repas ne demande pas un grand apprêt. Le sol, voilà la table et les chaises; quelquefois, chez les chefs, on se sert d’un petit siége en bois. Des noix de cocos font l'office de coupes et de plats; un coco plein de liquide est la bouteille. On conçoit que le service n’est pas compliqué, et que les doigts remplacent en ce cas et les fourchettes et les couteaux.

Jlen est des nations comme des individus : on

peut juger de leur degré de civilisation, de leurs besoins , de leurs idées, par les progrès de leur in- -dustrie. Les objets d’art que confectionnent les O-Taïtiens méritent donc notre examen ; au premier rang nous citerons les nattes qui leur sont indispensablement nécessaires : ce sont les femmes qui les tissent, et leur ampleur et la nature de leur fabrication demandent, pour leur entier achèvement, un temps assez considérable ; aussi ces nattes , appelées moua, sont-clles peu répandues dans le commerce d'échange : elles sont faites avec des bande- Jettes préparées et obtenues des feuilles du fara. On smploie des procédés différents pour tisser les nattes élégantes qui servent de pagnes aux chefs : celles-ci, destinées à en velopper le corps depuis les reins jusqu'aux genoux, sont garnies dans leurs bords de franges cfilées, et paroissent être faites par des moyens plus délicats, et avec des écorces fines et soyeuses.

Un des arts que les Taïtiens modernes semblent négliger est celui de l’architecture nautique. La fertilité de leur sol leur a rendu moins nécessaires les navigations lointaines. Ces insulaires cependant ont une parfaite connoissance des îles qui de toutes parts lesentourent, etqu’ils visitoient plus fréquemment autrefois soit cornme amis, soit comme ennemis. Nous voyons en cffet dans les gravures que nous ont laissées les premiers navigateurs qui abordèrent aux îles de la Société les pirogues ornées de sculptures emblématiques très soignées, dont on ne dé-

couvre nulle trace .en ce moment. Depuis que À naturels ont pu faire succéder à leurs instruma informes des outils de fer bien plus avantageuxp® l'exécution de leurs travaux, ils semblent af renoncé à polir et à orncr aussi soigneusement à trefois tous leurs ouvrages. Les embarcations ployées aujourd’hui sont étroites, non pontées À grandes, ct alors réunies deux à deux pour fini des pirogues doubles, ou simplement creuséesi}

un tronc d'arbre, et libres.

Ces pirogues doubles sont des embarcatinl# guerre qui appartiennent aux divers chefs d/f 4 tricts : leurs équipages se composent d'un ps nombre de nageurs, et l'arrière est habituelln® réservéaux personnes de distinction. Ces deuxp} gues fortement assujeulies entre elles par du

verses en bois sont unies sur l'avant par une plate- forme, sur laquelle se placent les guerrierà

jours des combats. En temps de paix ces emb# tions sont destinées à porter les présents de cod et de fruits divers que les chefs offrent au ri” forme de tribut. Les pirogues doubles sont con tes en bois blanc, et ontde trente à trente-cing; @i de loxgueur sur deux pieds et quelques poux fi largeur ; la coque en est le plus ordinairement sée dans un seul tronc d’arbre, et les bord:g«

la surmontent sont fixés par des lanières dep de chiens. Leur arrière se trouve élevé de 1

quatre pieds au-dessus de l’eau , et a la fornl

écusson. En creusant la pirogue les charpe laissent dans son intérieur des saillies sur les on place une petite planchette qui sert de sit nageurs : ceux-ci manœuvrent leurs pagais beaucoup d'ensemble, et souvent à la manix Malais en s’accompagnant par des chansuï embarcations, zu'on serre précieusement à sous des hangars pour les abriter de hi} naviguent quelquefois à l’aide d'une natte { latère qui sert de voile. Les pirogues simpk leur étroitesse ont besoin d’un contre-poids ne point chavirer; aussi ont-elles ce qu’onn un balancier qui les maintient avec solidité surface de l’eau.

Qu'on ne pense point que ce soit pour sl une vaine curiosité que nous donnons tous t tails : les arts que pratique une race humait

stationnaire sont tout aussi caractéristiques (

attributs physiques, les mœurs, les idées relit et la langue; et les pirogues par exemple pt servir à distinguer chaque rameau qui vit iles de la mer du Sud. Ainsi, comme nousl déjà dit, les pirogues doubles ou simples à li sont propres aux Océaniens ; celles à double cier, aux Papouans; et les pros, aux Carl Mongols-Pélagiens.

Les anciens instruments de guerre sont

aujourd'h:

uropéens , s lances :

qu'employ bitants d'e Ilen est e la noix des pierre:

flèches en ai, que jan r l’habitud pnnue à { celles que s dangere nt jadis à 1 Mics qui éto ue n'auroi . Leurs h:

vec soin, € emprunt uclques é n’a doi histoire d figureror roti étoit le: c'étoit | monies de « telques une lures faites ès de plume etc, Les pr chassoient ur lem r t dont les E Pntortillés, € lole sculptée O-Taitiens a rvoient , po ng de près à tronc d’arb amincies, e oïent tendue plus solen bit un grand ; celle du jor ûtc usitée da uable non p mais parce er autrement ant les sons t graves, ont

hu de roscau ,

son cxtrémit nie d'un diap a diététique une partie de

“4 Le?

. Depuis que À leurs instrumef 8 avantageuxpi 5 semblent is neusement (ii embarcations eff non pontées deux pour {ni

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ivers chefs 44 osent d’un gi est habituelles ion. Ces deux » elles par du vant par unet nt les guerrienà > paix ces embal présents de col

offrent au rois ubles sont con

e à trente-cinq) quelques poux nà ordinairement à

, et les bordagl es lanières de} ve élevé de tri , @t a la fornt ue les charpt saillies sur lesf ui sert de sig leurs pagai ont à la mani r des chansui cieusement à briter de h} d'une natte( irogues simph contre-poids les ce qu'ont avec solidités

e soit pour si onnons tous race humaint actéristiques ( , les idées relif ar exemple pe eau qui vit comme nous à simples à di iles à donbleh Ds, aux Cartl

guerre sont

aujourd'hui, depuis que , par la fréquentation uropéens , ils ont reçu des armes à feu. Les s lances à pointe eflilée ou en fer de hallequ’employoient leurs pères ne sont plus pour bitants d'aujourd'hui que des objets de com- Ilen est de même des frondes faites avec le e la noix de coco dont ils se servoient pour des pierres, et des carquois de bambous remflèches en roseaux. Nous ne croyons pas, à ai , que jamais cette arme ait été en usage chez r l'habitude de l'arc et des flèches paroît avoir pnnue à tous les Océaniens; et ces flèches, celles que nous avons vues, ne devoicnt pas s dangereuses. La patience et le temps connt jadis à la fabrication desrames de pirogues

Mics qui étoient finies avec une délicatesse de

ue n’auroient pas désavouée nos plus habiles

. Leurs haches de basalte étoient également

vec soin, et pour polir le bois ils se servoient empruntées à la peau raboteuse d’uneraie.

juclques années , et ces objets , que nul peué n’a daigné recueillir dans un musée conhistoire des races répandues sur notre plafigureront plus que dans les livres.

roui étoit le plus singulier de tous les objets

Me : c'étoit l'ornement du grand-prêtre dans

nonies de deuil, Les Taïtiens avoient encore belques unes de leurs solennités religieuses ures faites avec les plumes du phaéton, des ès de plumes rouges de perruches, ornés de etc. Les prêtres dans leurs fonctions sacerchassoient les mouches, que les chairs déur le m raï attiroient, avec une eorte de

Bt dont le: brins filamenteux étoient hebile-

bntortillés, et le manche terminé par une dole sculptée du dieu Oro.

O-Taïliens aiment la danse passionnément ; rvoient , pour marquer la mesure, d'un tammg de près de cinq pieds, dont le cylindre tronc d'arbre creusé et à parois très délicaamincies, et les peaux de chiens des extréoient tendues par des rubans d'écorce. Leur plus solennelle étoit la pomara à laquelle bit un grand nombre de naturels au milieu de ; celle du jour étoit nommée heiva.

ûte usitée dans les îles de la Société est fort uable non par la douceur des sons qu'on en mais parce que les habitants ne savent pas br autrement qu'en soufflant avec le nez, et ant les sons qui en’sorlent, quoique monot graves, ont quelque chose de gracicux : un u de roscau, d'environ un pied, ayant .ois son cxtrémité ouverte et un seul à celle qui nie d’un diaphragme , compose tout l'instru- La diététique d’un peuple insulaire tire d'orune partie de ses ressources des productions

marines ; aussi les O-Tuaïtiens , dont le sol est couvert de substances alimentaires farineuses, ont un goût extrémement vif pour les mollusques ct les poissons ; mais ce qui est fort remarquable est l’habitude qu'ils ont de manger le plus ordinairement cos derniers crus. Ils vont chercher les premiers sur les récifs, ou plongent à une certaine profondeur pour aller les détacher du lieu où ils se tiennent, Souvent ils jettent sur la surface de l'eau l'amande d'un arbre qu'ils nomment eoutuu (baringlonia), semblable au fruit du ménisperme, et qui jouit de la propriété de stupéfier les poissons qu'on prend alors avec la main. Ils emploient encore une sorts de foëne , formée d’un long bambou que terminent des pointes en bois, qu'ils dardent avec le coup d'œil le plus juste. Ils fabriquoient autrefois leurs hameçons ou matao avec des morceaux de nacre pointus et fixés sur un corps en bois ; ceux destinés pour les grands poissons, tels que les squales , ressembloient à des crochets , et étoient faits d’un bois très dur. De tous leurs moyens de pêche le plus ingénieux est celui connu dans leur langue sous le nom de poreo , destiné à aller chercher au fond de l’eau les poulpes et les autres céphalopodes. Ce po: ea se compose d’une petite baguette en bois, garnie à l’une des extrémités d’un grand nombre de fragments de la coquille d’une porcelaine, assujettis entre eux et formant un corps ovalaire qui descend dans l'eau par son propre poids, et qui, lorsqu'on l'agite, produit un petit bruit destiné à attirer les poulpes dont les bras ne tardent point à enlacer ce singulier appareil. Les femmes s'occupent encore à pêcher dans les rivières à l’aide de filets.

Nous avons plusieurs fois mentionné la fécondité du sol d'O-Taïti; l'agriculture se réduit donc à en creuser légèrement certains endroits pour y placer quelques végétaux. C'estainsi que par‘ois les O-Tattiens multiplient leurs arbres à pain par des rejets radiculaires ; qu’ils transplantent des pousses de bananiers ou des germes de coco qu'ils défendent de l'atteinte des animaux par un entourage, et qu'ils cultivent les racines de taro dans les lieux submergés où elles se plaisent, Chaque insulaire enveloppe sa cabane d’un petit verger; les massifs de bananiers , de cannes à sucre, les papayers qui le composent, contribuent à embellir cesagrestes demeures.

Les mœurs d’un peuple sont le résultat de ses institutions, mais sont aussi soumises à l'influence du climat qu'il habite, Ces mœurs sont très difficiles à préciser, et ce n’est point en ne demeurant que quelques jours dans un pays qu'un voyageur peut arrêter ses idées sur un aussi grave sujet; rien n’est plus ordinaire cependant ; et ne voyons-nous pas au dix-neuvième siècle des nations jugées dans l'ensemble de leurs habitudes sur la physionomie particulière de quelques individus? Les détails que nous

donnerons sur le moral des O-Taïtiens ne doivent donc étre considérés ici que comme des aperçus superficiels. L'influence du climat, avons-nous dit, se fait sentir sur les quulités et les défauts de toute une population, et là où tous les moyens d'existence sont nombreux, les besoins restreints, les mœurs auront un grand fond de douceur et de bienveillance. Ainsi les O-Taïtiens, vivant dans une île fertile et sous une température égale, sont généralement affectueux et indolents; tandis que les Nouveaux-Zélandois, qui leur ressemblent en tous points, jetés hors des tropiques , sous une climature âpre et rigoureuse, sont féroces et ne respirent que pour la guerre. Toutefois les actes de perfidie que l’on reproche aux peuplades océaaiennes, et dont tant de navigateurs ont déjà été victimes, ne sont que Ja sombre défiance d'hommes qui ne voient dans les étrangers que des ennemis déguisés dont ils doivent suspecter les intentions.

Les O-Taïtiens ne passent jamais les uns à côté

des autres, ou près d’un étranger, sans se saluer d’un iourana bienveillant, ayant pour signification, que la paix soit entre nous ; ou des mots {ayo eoa, qui veulent dire ami. Ils sont hospitaliers. Jamais nous n'avons rencontré un insulaire sur le seuil de sa cabane sans qu’il ne nous engageât à y entrer, et sans offrir avec un vif empressement un fruit à pain pour apaiser la faim, un coco pour étancher la soif, el la plus belle natte pour servir de siége. Ils sont d’une complaisance extrême pour guider les voyageurs au milieu des bois dans leurs montagnes, et leur rendre tous les petits services qui dépendent d’eux ; mais il est vrai de dire que, depuis leur fréquentation prolongée avec les Européens, ils semblent avoir perdu l'habitude du désintéfessement, et attendre quelque présent en retour de leurs bons offices. La curiosité est un sentiment naturel aux hommes comme aux femmes, et sous ce rapport ils ressemblent aux anciens Gaulois. Lorsqu'ils nous rencontroient dans nos courses journalières, ils aimoient à s’enquérir d’où nous venions, où nous allions, hommes, femmes, enfants, rangés en cercle et assis sur les talons, nous entouroient parfois, nous parloient avec volubilité, examinoient avec la plus scrupuleuse attention nos moindres gestes.

La religion chrétienne, que les ministres protestants leur ont portée, n’a pointencore éclairé leur csprit, mais a modifié quelques uncs de leurs habitudes ; l’histoire de cctte religion, que la majorité des naturels a long-temps repoussée avec force, les vicissitudes qu’elle a éprouvées, seroient fort intéressantes, mais ne se lient point à notre sujet; il nous suffira de dire qu’ils sont tremblants au nom de Dieu, mais du reste très peu religieux. Ils vont assidûment aux temples élevés dans plusieurs disricts, parce que leurs chefs, gagnés par les nom-

HISTOIRE NATURELLE

breux présents des missionnaires, Îes y contraig

par des punitions corporelles. On leur a défenk dimanche les jeux, les danses, les divertisseme

de toutes sortes, et ils ont pour tout dédommyë

ment de se réunir et de chanter en chœur quel

hymnes médiocres, traduites en mauvais tig

et comme leur voix est généralement douce et{ ble ; que leur langue, riche en voyelles, est mé dieuse, ces hymnes, auxquelles ils ont pris y remplacent leurs anciens chants ct leur server

récréations. Mais les missionnaires europécns,&

voyés dans la mer du Sud sous le prétexte dep pager l'Évangile, sont d'anciens artisans à étroites et souvent sans éducation, dont touts|

idées consistent en pratiques minutieuses el

cules, mais nullement en doctrines pures et# ment religieuses. Les O-Taïtiens, déjà un à corrompus par la fréquentation des Convicié s'échappent du port Jackson et qui infestent t les îles de la mer du Sud, s’étudient à la dis

lation, et nous ont donné mille preuves des mi cieuses pensées que les idées européennes fais ;

germer dans leurs cœurs.

Un des grands défauts de ces peuples étoitlei4 mais celle action n’a jamais été considérée chu comme chez nous, et regardée comme déshou

Entre eux la propriété étoit sacrée ; mais enverl étrangers qui débarquoient tumultueuseme leur rivage en tentant leur convoitise par milk jets différents, le vol nc pouvoit être qu'n d'adresse, et le voleur, comme chez les Spar devoit recevoir les applaudissements des siens qu’il avoit montré de la dextérité. En dernier! tat les Taïtiens sont habiles encore aujourd s'approprier le bien d'autrui, et cela de l’airlt innocent du monde. Leur conversation roule ralement sur des sujets licencieux. Ils ne un jamais sur cette matière, et paroissent éprou grand plaisir dans l'embarras le plus souven! qu'éprouvent les femmes ou les filles qui sont} de leurs vives plaisanteries. Il n’en est pas de pour satisfaire à leurs besoins naturels; car cachent avec les plus minutieuses précautions une de leurs habitudes les plus dégoûtantesa de border les sentiers les plus étroits et le pe des cabanes de leurs excréments ; cette malp n’est pas la seule, et, quoi qu’on en ait dit, il gênent nullement pour laisser sortir aveci par l’une et l’autre extrémité les gaz internes: toute politesse ils disent avec sang-froid pin mauvais, Un de leurs défauts habituels estl qu’ils mettent dans leurs échanges : l’Israélitek délié seroit leur dupe, tant ils sont expertst! pour profiter de toutes les circonstances qui F leur rendre le marché avantageux.

Un des objets qui doivent fixer mainteni

pn est l'an des îles de mportante tion qu’or ires du G Ique biza es religieu tion , elle des détai e instruc!

étendre la s hommes urs vices ( et leurs , smogonie pu l'app:

le dieux a naissan ma Feiou second n n’en « faïtien ra ises père sépulcre Dis puissa e nommo , Te Médo Mattiou, L'ooa tei te DA, Manou lieux dont des prières ces import s des sacri uhaniou oc Bts dans le d ou roi de l’

a ou Faroa, e la coquill avoit la fors t dans un

yant brisé c de terre (fes ent lieu aux vint vicux i qui en for

qui la reco

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Imissionury performed in » Comm. by

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qui infestent t idient à la disi É, preuves des pi

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comme déshon rée ; mais envi multueuseme voitise par milk oit être qu'un chez les Spari ments des siens té. En dernier!

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es précautions s dégoûtantes

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pnstances qui P

FCUX.

ixer maintenil

sn est l'ancienne tradition religieuse des habiles îles de la Société ; cette matière est d'autant portante qu'elle sert de base fondamentale à tion qu’on peut établir entre eux et les autres ires du Grand-Océan.

ique bizarres et souvent ridicules que soient es religieuses des peuples daus l'enfance de la tion, elles nous intéressent toujours en nous des détails pleins de nouveauté, qui servent e instruction en nous démontrant jusqu'où étendre la singularité de l'esprit humain. Dieu s hommes à son image, et ceux-ci le peignent urs vices et leurs défauts, en lui prétant leurs et leurs actions.

smogonie des Taïtiens se composoit (1), autant pu l’apprendre, de dieux d’un crdre supéje dieux puissants, qui au milieu du chaos a naissance aux ténèbres, et que pour cela ma Feiouhaniou po (né de la nuit); et des u second ordre qui sont nombreux quoique n n’en compte que neuf. Dans cet ordre aitien rangeoit son ange gardien, son T'ii, et lses pères, eatoua, qui voltige sans cesse ausépulcres.

bis puissants dieux qui durent l’existence à e nommoient :

, Te Médoua , le père, l’homme; E Mattiou , dicu le fils, le dieu sanguinaire et J'ooa tei te myde); DA, Manou te hooa, l'oiseau, l'esprit, le dicu

lieux dont la puissance étoit infinie ne rece-

des prières et des offrandes que dans les circes importantes; mais le culte d’Oro exigcoit s des sacrifices humains. Le grand temple uhaniou occupoit un vaste espace au milieu

Bts dans le district de Pari, résidence de l’eraou roi de l'ile.

a ou Faroa, lorsqu'il lui plut de faire le globe, e la coquille qui le tenoit emprisonné, laavoit la forme d’un œuf, et avec laquelle il t dans un espace immense au milieu du yant brisé cette coquille, il enfit la base de de terre (fenoa noui), Tuiti, et les parcelles ent lieu aux îles environnantes ; et à mesure vint vieux il ajouta pendant son mariage les qui en forment l’ossuaire , les arbres et les qui la recouvrent, et les animaux qui y

s’associa au dieu (?) l'esprit ou l'oiseau, et

missionury Voyage to the southern Pacific performed in the years 1796 to 1798 ; in the + comm. by cap. James Wilson: with Appenvol, in-4°, London, 1799,

scrvalions des premiers missionnaires.

épousa Taroa, Leur hymen fut tellement fécond : qu’ilseurent six enfants qui vinrent presque ensemble. Ce furent :

Avyi, eau fraiche;

Timidi, la mer;

Avua, les rivières ;

Matai, le vent;

Aryi, le ciel;

Po, la nuit.

T'aroa ne tarda pas à enfanter Mahanna, le soleil, “qui grandit rapidement, et se revêtit des formes d'un beau jeune homme qu'on nomma Oeroa Taboua.

Lorsque Muhanna eut reçu le jour, ses frères et ses sœurs furent renvoyés du ciel, et vinrent s’établir sur la terre; Aryi fut seulement excepté, et Matui eut la permission de se fixer dans l’espace intermédiaire où il occasionne les tempêtes lorsqu'il éprouve des contrariétés.

Tarca eut enfin une fille, Toounou, qu’il garda dans le firmament, et qu’il fit épouser à Oerca Taboua, Cet hymen fut fécond, car elle devint mère de treize enfants qui eurent pour fonctions de présider à chacun des mois de l’année lunaire taïtienne. Ce sont : apaupa (janvier), firia (février), teeri (mars), te tui (avril), ovarehou, faaahou, pipiri, aounounou, paroromoua, paroromouri, mouriraha, hiaia et tema (1).

Des mésintelligences s'élevèrent entre Tovunou et son époux. Celle-ci quitta le ciel, et vint sur la terre où Oeroa Taboua la suivit : de ses embrassements avec un rocher naquit Popohara Hareha, qui conçut Tetoubou amata hatou. Le rocher qui avoit eu la beauté d’une jeune femme reprit sa forme naturelle, et Toounou elle - même vint à mourir,

Le fils d’Ocroa Taboua se maria aux sables de la mer : il en eut un fils nommé T'ië, et une fille nommée Opira, qui restèrent sur la terre, et furent seuls après la mort de leurs parents. Ils se marièrent ensemble, et eurent trois filles, Ohira. Rini, Mounoa. Alors mourut Opira : avant d’expirer elle supplia son pou de la guérir de ses maux ; mais il refusa, et s’empressa d'épouser une de ses filles aussitôt après la mort de sa compagne. Tii eut de sa propre fille trois garçons et trois filles. Les premiers se nomment Ora, Ouanou, Titory. Les filles sont Hennatonu-Marourou, Henaroa et Nououya. Les garçons épousèrent leurs sœurs, sc répandirent sur la terre et la peuplèrent,

Telles sont les idées que les Taïtiens se sont formées de la création du monde, ct telle est la fable qu'on a pu obtenir des connoissances wils se transmettent par la tradition orale, non sans l’ai-

() Les Taïtiens les plaçoient bien différemment, fci ils suivent l’ordre de nos mois,

térer sans doute, On doit même croire qu'ils n'ont pu expliquer clairement des idées aussi obscures que celles que nous venons de rapporter, et que celles-ci doivent être erronées en bien des points.

Les dieux du second ordre étoient au nombre de neuf, Tii seul étoit redoutable par sa méchanceté. C’est le démon qui porte l'homme au mal, et qui fait pleuvoir sur lui les infirmités et les maladies ; aussi les Taïtiens cherchoient-ils à l’apaiser on lui offrant des aliments, et ils se reposoient sur leur ange tutélaire du soin de les préserver de sa cruauté. Son pouvoir étoit plus étendu dans l'autre monde que dans celui-ci.

Les habitanis do Taïti professoient le dogme de l'immortalité de l'âme, et aussitôt que leurs parents venoient à mourir, ils ne doutoient point que leurs âmes ne fussent à leur sortie du corps saisies par T'aroa ou le dieu esprit ailé, qui les &aloit dans l'intention d'en purifier Ja substance , ei de la pénétrer de la flamme céleste et éthérée que la divinité peut seule donner. Alors ces esprits purs, débarrassés de leur enveloppe terrestre , erroient autour des tombeaux, et avoient des prêtres consacrés à leur adresser des offrandes, et à les apaiser. par des sacrifices. Ces âmes houreuses se nommoient e:{oua, et tout homme qui profanoit par sa présence l'enceinte des moraïs ou les cérémonies mystérieuses des funérailles devoit subir la mort, L'âme seule des justes étoit admise à partager la divinité, et à devenir eutoua ; l’ame des méchants étoit au contraire précipitée dans l'enfer, qui avoit son ouverture sur la haute montagne Papeida, où se trouve un gra: d lac.

A Raïatea , autre île de la Société, près du grand réceptacle qui est aussi un lac (cratère éteint sur le sommet d'une haute montagne) ils pensoient que le dieu Ji résidoit sur les arbres voisins, el détachoit la chair des os des malheureux à l’aide d'une coquille qui étoit déifiée, 11 étoit défendu de manger le mollusque de cette coquille, sous peine de mort.

Les étoiles étoient dans l'opinion des Taïtiens les enfants du soleil et de la lune : elles pouvoient contracter des unions cutre elles ; et les étoiles fixes étoient les âmes ou eatouas de ces enfants célestes.

Tout homme qui avoit offensé catoua devoit s'attendre à mourir, à moins d'obtenir son pardon par des offrandes et par des sacrifices. La puissance attribude à ces âmes divinisées étoit immense; pendant la nuit elles se plaisoient à renverser les montagnes, entasser les rochers, combler les rivières, et donner ainsi des preuves non équivoques de leur pouvoir. Leurs demeures habituelles étoient les environs des tombeaux, la profondeur des forêts, la solitude des gorges des montagnes.

On les entendoit murmurer dans les on bruire dans le feuillage , ou voltiger comme fantômes blancs aux reflets argentés de la]

C'est l'Eatoua protecteur qui inspiroit les sx auxquels le Taïtien ajoutoit la plus ferme croyud Il pensoit jue son génie tutélaire prenoi à âme dans le sommeil, l’enlevoit du corps, « guidoit dans la région des esprits. De celui qui doit le dernier soupir on disoit, ari po, il vad la nuit,

Mais ce peuple n'avoit point borné aux dien aux esprits divinisés ses h mmages et son cul adressoit encore des prières à divers oiseaux 48 coquilles et à beaucoup de plantes. Les hi étoient sacrés, de même qu'un martin - pél appelé atataré. Parmi les plantes, plusieurs jf soient d’une rare estime, particulièrement uw pèce de fougère qui portoit même le nom de grand dieu Oro.

Ce culte des productions de la terre déco

la pensée qu'ils ont que la lune a des pays 18

et fertiles, plantés de beaux arbres couverif fruits excellents. Ils croient qu'un oiseau del*

vola une seule fois jusqu'à ce lieu, manga ER

fruit, et qu'à son retour il en laissa tomber ques semences. Il en nüquit un grand arbre qu oiscau recherche encore , tandis qu'aucun au

l'imite.

Muis outre ces divinités communes à tou insulaires, chaque famille avoit aussi ses à pénates . qui occupoient une partie de la al faconnés en idoles, dont les formes étoient bizarres que leurs ornements étoient absurk ridicules, Le plus souvent c'étoit l'image homme assis dont la physionomie étoit di D'autres fois c'étoit une tête humaine {en par un corps en bois, arrondi, et cout plumes d'oiseaux des tropiques. Lorsque Pomaré eut embrassé le christianisme il donné missionnaires ies dieux de la famille royal, figurent mainteñant au muséum britanniqu ont éié gravés dans le Missionnary register

Les idoles, chez tous les païens, comnit les peuples où les arts ont acquis un haut dé perfection, destinées à reproduire les attribuià divinité, ont toujours chez les premiers } une partie de la vénération qu'on porloiti dont e Iles étoient la représentation matériel

D'après les renseignements que les missiol ont pu obtenir sur les idoles , il paroit que là mière, nommée l'eriapotououra, éloit dei figurer un fils du grand Oro, qui étoit pr de Taïti et de quelques autres iles de la telles que Borabora, Ratatea, Taha et Mn eut un autre fils nommé Tetoimata, dont connoît point les fonctions.

neharo étoi maré , il ét htière de T ui reçut pc rotégeoit, a étoit roi Éole, avc r les flots des dieux tres idole:

étoient de:

décédés, , [pour les b n des mala venoient plus souv inspiran tels étoier pmestique nd prêtre é sacré po Mur les ct mire. Le Bi le man DS en pc es funèbr doles étoic availlées a truments oient enve x d'étofies het de long parre présid antiques, | elles occup banc.

acerdoce ét ui prenoier ps mystérier Daire sur l’e Étoit consid lui les di es aux diver lance des ait rêtres se di Heclé aux c sacrifices , CC titre de Tai condaire dan Tahouras des tères domest ès de la sociét rêtres jouisso ence la plus toncer les ve 8, guérir Je.

ns les on ger comme és de la!

piroit les son ferme croya ire prenoit à du corps, « De celui qui ripo,ilwad

rné aux dieu s et son cullt rs oiseaux , 18 ntes. Les h martin - péti y, plusieurs jà alièrement unt 1e le nom de

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charo étoit dieu principal de la famille royale maré ; il étendoit sa protection puissante sur ntière de Tañi. Cette divinité avoit pour frère ui reçut pour domaine la petite île de Muëlea rotégeoit.

étoit roi des vents; sa puissance, comme *Éole, avoit pour but de calmer ou de bouer les flots suivant ses caprices ou d'après les des dieux supérieurs.

tres idoles nommées Oro-Matouas, ou Eaétoient destinées à rappeler la mémoire des décédés, aux âmes desquels on adressoit des pour les bonnes actions, ou pour obtenir la des malades.

venoient les idoles des Tii ou desméchants plus souvent invoquées que les Éatouas, et inspirant les mauvais desseins et les favotels étoient les deux ordres de lares ou de pmestiques.

Bnd prêtre se servoit du tahirianaounaehnou, â sacré pour chasser les insectes qui vont se ur les chairs offertes dans les sacrifices, et re. Le fouet est en fibres végétales très le manche en est très soigneusement trajus en possédons un qui servoit également s funèbres des moraï:.

doles étoient ordinairement faites en bois vaillées avec soin, malgré l'inperfection truments que les Taïtiens avoient alors.

vient enveloppées de cordes, et parfois de x d'étoffes blanches, ornées de plumes de et de longs brins du phaéton. Le goût le arre présidoit à leur confection. Plus elles antiques, plus on leur portoit de vénéraelles occupoient toujours une partie secrète bane.

acerdoce étoit exercé par des hommes inui prenoient le titre de tahouras, et dont les ps mystérieuses avoient une puissance exaire sur l'esprit des insulaires. Le roi luiétoit considéré comme le premier pontife, lui les dignités les plus élevées étoient es aux diverses classes de la société, suivant tance des attributions.

rêtres se divisoient en deux ordres, dont fecté aux cérémonies des morais et aux acrifices , conféroit à. ceux qui en faisoient titre de Tahouras morai; ct dont l’autre, soudaire dans ses attributions, donnoit le ‘ahouras des Eatouas à ceux qui présidoient tères domestiques et aux petits intérêts des ès de la société, rêtres jouissoient dans l'opinion des Taitiens ence la plus surnaturelle ; lire dans l’aveboncer les volontés des dieux, interpréter 8, guérir les maladies les plus invétérées,

demander des offrandes , étoient leurs attributions les plus ordinaires et leurs occupations journalières. Honorés, respectés , leur personne étoit généralement sacrée dans les combats ; car ces Calchas, à l'exemple des anciens prêtres de Mars, unissoient l'encensoir au glaive, et après s'être battus sur un champ de carnage , ils adressoient aux dieux les prières de la tribu victorieuse.

Jongleurs astucieux , ils prêtoient aux dieux des volontés atroces et sanguinaires. Long-temps prosternés sur la pierre funèbre du moral, ils recevoient les offrandes des lidèles, consistant en fruits de la terre, ou bien en poules, en poissons, en chiens, en cochons même, et les déposoient sur l’autel d'Oro, attendant qu'il voulût bien ou rejeter ces dons ou en accepter les prémices. Mais dans tontes les circonstances un peu sérieuses, soit qu'il fallût attaquer ou repousser un ennemi, soit qu’il fallôt conjurer des maladies, des disettes ou d'autres calamités publiques, alors le T'haoura, morne et silencieux, repoussoit avec effroi les dons que le roi déposoit sur l'autel du dieu de ses pères, et, rompant enfin le silence qu'il observoit, il menagçoit au nom de la divinité l'ile entière des désastres les plus grands si on ne faisoit pas fumer aussitôt sur le pavé du morat le sang des victimes humaines. « Dieu est fâché contre Taïti, disoit-il au roi et aux chefs; il faut au plus vite détourner sa colère et obtenir son pardon. »

Le roi, très souvent, désignoit l’homme qui devoit servir de victime expiatoire ; mais lorsqu'il ne vouloit participer à la mort de ses sujets que d'une manière indirecte, il envoyoit aux ratiras et aux tavanus, chefs des districts, une petite pierre qui indiquoit à ceux-ci ce qu’on exigeoit d'eux , et qu’ils eussent à fournir pour le sacritice un homme de leur choix. Dans les grandes cérémonies le roi manquoit rarement d'expédier en divers endroits plusieurs pierres, et le nombre des malheureuses victimes act croissoit la solennité de la fête impie qu'on adressoit aux dieux.

Ces offrandes humaines étoient presque toujours prises dans la classe du peuple : ce n’étoit que dans des circonstances rares qu'on sacrifioit des femmes enceintes; et l’on dit même que les chefs ou le roi avoient le soin de choisir des individus qui, sans amis ou sans parents, n’excitoient les regrets de personne, ct dont la mort ne pouvoit occasionner de troubles. Souvent aussi on réservoit cette sorte de vengeance publique pour ceux qui s'étoient fait remarquer par leur turbulence ou par des actes criminels,

C'est au milieu des ombres de I&- nuit qu’on entouroit la maisun de la victime : on l’appeloit, et à

peine mettoit-elle le picd sur le seuil de la cabane qu’elle étoit mise à mort. D'autres fois des hommes vigoureux s’élançoient sur elle ; et alors le patient,

72 HISTOIRE NATURELLE

résigné à son sort et encore religieux adorateur du dieu qui ordonnoit son trépas, faisoit ce que les Taitiens appeloient tipapa, c'est-à-dire qu’il se couchoit et attendoit avec calme le coup de casse-tête qui devoit lui briser le crâne. Mais les odieuses divinités qui inspirèrent aux Taïltiens, doux par caractère, des superstitions aussi barbares, ne se bornoient point à voir arroser les marches des moraïs avec le sang humain ; elles leur inspirèrent la pensée, tant leur aveuglement sacrilége les asservissoit au culte affreux d'Oro, que le plus pur encens, que les offrandes les plus chères aux dieux, étoient les angoisses de la douleur, les tortures d’un être souffrant, ct la longue agonie d’un malheureux se débattant contre des tourments sans cesse renaissants jusqu'à ce -qu’un trépas vivement attendu vint l’y soustraire. Ainsi les victimes attachées aux arbres des moruïs étoient frappées avec des bâtons pointus, couvertes de blessures mortelles, et expiroient dans une lente agonie en adressant aux cieux des cris de douleur et de rage.

Les enfants étoient souvent offerts en holocauste, et la barbarie avec laquelle les laïtiens traitoient ces innocentes créatures ne peut se concevoir. Que le levier de la superstition est puissant pour transformer en choses sacrées des actions que la simple morale réprouve comme des atrocités!.. Les enfants, exposés sur les moraïs, étoient écrasés sur la pierre qui en formoit les marches. Leurs débris épars ‘étoient supposés servir de nourriture aux âmes renfermées sous ce tombeau. Parfois encore on leur attachoit au cou ou aux oreilles une grosse pierre, et on les lançoit à la mer, ou même dans les rivières des environs ; et les parents se réjouissoient de leur mort, comme si le bonheur de leurs enfants étoit à jamais assuré dans une vie future pour avoir servi d'offrande à la colère d’Oro. Telles étoient les sanglantes cérémonies que les Taïtiens (!) pratiquoient souvent avec un empressement barbare, et on dit même que chaque mois voyoit dresser les préparatifs d’une fête de cette sorte. Les victimes, après les sacrifices, étoicnt enveloppées de feuilles de cocotier. On les accrochoit aux parois des moraës, on on les suspendoit aux branches des arbres d’alentour. Les enfants étoient ornés de colliers et autres objets, qu’on regardoit ensuite comme sacrés. Les cadavres restoient ainsi en plein air jusqu’à ce que les lambeaux pourris tombassent sur le sol , où ils servoient de nourriture aux animaux immondes que leur odeur attiroit; ct leur sépulture darnière se trouvoit être l'estomac d’un cochon ou d’un chien, ou celui d’un oiseau de rapine,

(r) On ditqu'iln’y avoit que quatre-vingts ans qu'ils ayoiont reçu cette coutume sanguinaire de l'ile de Raïatea.

Les moraïs qu'ont décrits Cook, Wilson 44

tres, étoient formés de pierres de corail d'n lume parfois énorme, entassées avec régularié formant des gradins. Ces morais avoient de gn proportions, ct servoient de sépulture aux roÿ aux grands personnages, et étoient consacré divers ordres des dieux. Les Taïtiens ont p qu'ils sentoient parfaitement toute l'impression pouvoient faire dans l'âme du vulgaire des end ainsi consacrés, en les entourant de fables, des tres qui terrifioient ceux qui les approchoia même aujourd'hui, quoiqu’ils soient converi redoutent encore le voisinage de ces lieux qu'il visitent qu'avec crainte, et sur lesquels ils dé les histoires les plus absurdes. C’est du moinse nous avons eu l'expérience en visitant avec guides les ruines du grand moral royal de Par Les autels homicides des moraïs étoient ti placés dans des lieux retirés, au milieu desk sous des massifs de verdure formés par le giga que eyto, l'arbre des regrets et des morts (cusel

à feuilles de prêle), sous le feuillage sombre à manou (calophyllum), des haoutuu (baringtoni"ek des arbres à pain ; de larges liscrons festonno@êR

guirlandes ces temples rustiques, analoguesil

que nos pères arrosoient de leur sang, sous LR

teau des druides.

Les cérémonies n’avoient jamais lieu quel au moment où le crépuscule venoit apparoitre ter une clarté vacillante et éteinte sur la scène, peuple immense entouroit lorsque la nature fête le permettoit, mais qui n’étoit occupée q les initiés lorsqu'on devoit y pratiquer des off mystérieuses. Alors malheur à quiconque y) par hasard ses pas! il payoit de sa vie la faut avoit commise involontairement.

Les grandes cérémonies commencçoient p danse nocturne nommée pomara. Le son àÿ tritons (1) résonnoit au loin dans les gorges dé lées et la profondeur des forêts, et servoit à ing aux insulaires que le grand er«uhi alloit com les mystères. Les roulements rauques d'u tambour, ou tam-tam, ne cessoient point des entendre dans l’enceinte. Alors on déposoi mor ai les plus beaux régimes de bananes, ls les plus butireux, enfin des offrandes nombrt variées. C’est alors que le pontife dictoit ses t annonçoit la protection de son dieu, ou men sa colère, exigeoit des victimes, ordonnoit lg et promettoit la victoire, ou enfin décidoit del et des traités que les chefs devoient effectua le bien-être de tous.

Dans les cérémonies funèbres, tous lesh

(:) Trés grosse coquille qui leur servoit detro ils la perçoient d'un trou à sa petite extrémilk

itiés devo ou du mo faisoient onnuge d hortuaire, bai, À la:

la fuite, Ce nents de 1 e croissan la tête d masque.

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